Anthologie poétique sur le thème du rêve

Entraide scolaire

126 réponses · Page 2 / 7

Bonjour j'ai une anthologie poétique sur le thème du rêve et il me reste un dernier poème dont j'ai besoin dans le courant du 16éme siècle autre que "Songeant la nuit" de Scalion de Virbluneau

Serait-il possible d'avoir un titre de votre part s'il vous plaît ? merci 😀
Clément MAROT (1497-1544)


De celui qui ne pense qu'en s'amie

Toutes les nuits je ne pense qu'en celle
Qui a le corps plus gent qu'une pucelle
De quatorze ans, sur le point d'enrager,
Et au dedans un coeur (pour abréger)
Autant joyeux qu'eut oncque damoiselle.

Elle a beau teint, un parler de bon zèle,
Et le tétin rond comme une groselle :
N'ai-je donc pas bien cause de songer
Toutes les nuits ?

Touchant son coeur, je l'ai en ma cordelle,
Et son mari n'a sinon le corps d'elle :
Mais toutefois, quand il voudra changer,
Prenne le coeur : et pour le soulager
J'aurai pour moi le gent corps de la belle
Toutes les nuits.
Merci BEAUCOUP je commençais à désespéré sur google
je commençais à dérivé vers le cauchemar 😂
Une réponse en moins de trente minutes … 🙂
j'ai une dernière demande en fait j'ai cherché un poème qui date du 17 ème mais j'hésite si il convient avec le thème du rêve alors je demande si on pourrait m'éclairer sur celui-là ou bien m'en proposer un autre meilleur 🙂

Voilà le poème que j'ai trouvé :
Pierre LE MOYNE (1602-1671)

L'Île du Plaisir

Sous un climat étrange, où sept fois tous les jours
La mer change d'assiette, et la vague de cours,
Il se voit sur les eaux une île vagabonde
Qui flotte sans arrêt au mouvement de l'onde,
Comme un navire errant que le phare et le nord
Auraient abandonné, loin de rade et de port.
Sur ses bords jour et nuit des troupes de sirènes,
Flatteuses de la voix et du coeur inhumaines,
Font de leurs doux attraits des pièges aux passants,
Plus cruels à l'esprit qu'agréables aux sens,
Corrompent la raison par la vue éblouie,
Empoisonnent le coeur du plaisir de l'ouïe,
Et par un rare effet de leurs malins accords
Mettent de la discorde entre l'âme et le corps.
Un printemps éternel, qui sa rive environne,
De myrte et de palmiers lui fait une couronne.
Là des essaims d'Amours sur des branches perchés
À des jeux innocents paraissent empêchés.
De noeuds et de festons les uns par couple lient
Les palmes qui sous eux de respect s'humilient,
Et par les doux transports de leurs âmes de bois
Soupirent sans esprit, et se parlent sans voix.
D'autres jettent des fleurs d'épines désarmées
Et d'un ambre incarnat teintes et parfumées,
Qui semblent faire en l'air de leur pure couleur
Un nuage innocent de flammes sans chaleur.
Mais de ces vains jouets la montre peu fidèle
De loin est agréable, et de près est cruelle,
Et les infortunés qui suivent ces appas
Sous un plaisir trompeur trouvent un vrai trépas.
Je te suggère :
Les agréables pensées

Mon plus secret conseil et mon cher entretien,
Pensers, chers confidents d’une amour si fidèle,
Tenez-moi compagnie et parlons d’Isabelle
Puisque aujourd’hui sa vue est mon souverain bien.

Représentez-la-moi et dites-moi s’il est rien
D’aimable, de charmant et de rare comme elle :
Et s’il peut jamais naître une fille assez belle
Pour avoir un empire aussi grand que le sien.

Un coeur peut-il rendre à de plus belles choses ?
Ses yeux sont de saphirs et sa bouche de roses
De qui le vif éclat dure en toute saison.

Ô que ce réconfort flatte mes rêveries !
De voir comme les cieux pour faire ma prison
Mirent des fleurs en oeuvre avec des pierreries.

Tristan L’HERMITE (1601-1655)
Merci Floreale je trouve que celui là est moins complexe que l'autre 😀
Tant mieux s'il te convient, tu le "défendras" d'autant mieux … 🙂
Salut j'ai un petit problème parce que je n'arrive pas retrouver 2 poèmes;
un sur le 17ème et l'autre du 20ème
mais ces poèmes doivent se rapprocher dans le sens du souhait/désir/aspiration
et non pas du rêve en lui même… Enfin si c'est un rêve en fait

Bref merci de m'aider
😀
Je ne comprends rien à ce que tu souhaites. Pourrais-tu être plus clair(e) ?
Si j'ai bien compris…

Pour le XVIIe siècle
Théophile de Viau


D’un sommeil plus tranquille à mes Amours rêvant
J’éveille avant le jour mes yeux et ma pensée,
Et, cette longue nuit si durement passée,
Je me trouve étonné de quoi je suis vivant.

Demi désespéré, je jure en me levant
D’arracher cet objet à mon âme insensée,
Et soudain de ses vœux ma raison offensée
Se dédit et me laisse aussi fol que devant.

Je sais bien que la mort suit de près ma folie,
Mais je vois tant d’appas en ma mélancolie
Que mon esprit ne peut souffrir sa guérison.

Chacun à son plaisir doit gouverner son âme :
Mithridate autrefois a vécu de poison,
Les Lestrigons de sang, et moi je vis de flamme.
Pour le XXe siècle
Aragon

Les mots m’ont pris par la main

Je demeurai longtemps derrière un Vittel-menthe
L’histoire quelque part poursuivait sa tourmente
Ceux qui n’ont pas d’amour habitent les cafés
La boule de nickel est leur conte de fées
Si pauvre que l’on soit il y fait bon l’hiver
On y traîne sans fin par la vertu d’un verre
Moi j’aimais au Rocher boulevard Saint-Germain
Trouver le noir et or usagé des sous-mains
Garçon de quoi écrire Et sur la molesquine
J’oubliais l’hôpital les démarches mesquines
À raturer des vers sur papier quadrillé
Tant que le réverbère au-dehors vînt briller
Jaune et lilas de pluie au cœur du macadam
J’épongeais à mon tour sur le buvard-réclame
Mon rêve où l’encre des passants abandonna
Les secrets de leur âme entre deux quinquinas
J’aimais à Saint-Michel le Cluny pour l’équerre
Qu’il offre ombre et rayons à nos matins précaires
Sur le coin de la rue Bonaparte et du quai
J’aimais ce haut Tabac où le soleil manquait
Il y eut la saison de la Rotonde et celle
D’un quelconque bistrot du côté de Courcelles
Il y eut ce café du passage Jouffroy
L’Excelsior Porte-Maillot Ce bar étroit
Rue du Faubourg-Saint-Honoré mais bien plus tard
J’entends siffler le percolateur dans un Biard
C’est un lieu trop bruyant et nous nous en allons
Place du Théâtre-Français dans ce salon
Au fond d’un lac d’où l’on
voit passer par les glaces
Entre les poissons-chats les voitures de place
Or d’autres profondeurs étaient notre souci
Nous étions trois ou quatre au bout du jour assis
À marier les sons pour rebâtir les choses
Sans cesse procédant à des métamorphoses
Et nous faisions surgir d’étranges animaux
Car l’un de nous avait inventé pour les mots
Le piège à loup de la vitesse
Garçon de quoi écrire Et naissaient à nos pas
L’antilope-plaisir les mouettes compas
Les tamanoirs de la tristesse
Images à l’envers comme on peint les plafonds
Hybrides du sommeil inconnus à Buffon
Êtres de déraison Chimères
Vaste alphabet d’oiseaux tracé sur l’horizon
De coraux sur le fond des mers
Hiéroglyphes aux murs cyniques des prisons
N’attendez pas de moi que je les énumère
Chasse à courre aux taillis épais Ténèbre-mère
Cargaison de rébus devant les victimaires
Louves de la rosée Élans des lunaisons
Floraisons à rebours où Mesmer mime Homère
Sur le marbre où les mots entre nos mains s’aimèrent
Voici le gibier mort voici la cargaison
Voici le bestiaire et voici le blason
Au soir on compte les têtes de venaison
Nous nous grisons d’alcools amers
Ô saisons
Du langage ô conjugaison
des éphémères
Nous traversons la toile et le toit des maisons
Serait-ce la fin de ce vieux monde brumaire
Les prodiges sont là qui frappent la cloison
Et déjà nos cahiers s’en firent le sommaire
Couverture illustrée où l’on voit Barbizon
La mort du Grand Ferré Jason et la Toison
Déjà le papier manque au temps mort du délire

Garçon de quoi écrire
merci pour l'aide mais je ne comprends pas trop celui du 20ème
il m'a l'air un peu plus complexe
Désir d'évasion, échapper au quotidien par la puissance du langage poétique, incantation, recréation du monde, rêve éveillé…
ah d'accord je voyais pour le désir d'évasion mais le reste je le voyais pas vraiment
et j'ai une dernière demande Est-ce que quelqu'un ici pourrait vérifier mon anthologie quand je l'aurai terminer demain afin de la corriger et me dire ce qu'il en pense
Il y aura toujours quelqu'un, ne t'inquiète pas. Veux-tu prendre rendez-vous ? 😀
oui si c'est possible merci 😉

je galère un peu pour faire cette anthologie et les commentaires que j'ai fait ne sont pas corrects d'après mon prof
Tiens, comme c'est drôle, je suis là… Bon, voyons ce que tu as.
ah ben vers 18h c'est ok ?
parce que maintenant je suis à l'école
Désolée, rendez-vous manqué. Quelqu'un d'autre te répondra sûrement.
Paul ÉLUARD

Recueil : "L'Amour la poésie"



Mon amour pour avoir figuré mes désirs
Mis tes lèvres au ciel de tes mots comme un astre
Tes baisers dans la nuit vivante
Et le sillage des tes bras autour de moi
Comme une flamme en signe de conquête
Mes rêves sont au monde
Clairs et perpétuels.

Et quand tu n’es pas là
Je rêve que je dors je rêve que je rêve.

La Quête, chanson de Jacques Brel