Supervielle, Paquebot

Entraide scolaire

13 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, j'ai quelques questions à traiter au sujet du poème de Jules Supervielle : "Paquebot" in Débarcadères.

Voila les questions avec mes réponses :

1. En quoi peut-on parler d'opposition dans la 2e strophe ? Que révèle-t-elle ?

Dans la 2eme Strophe, On ressent l’intensité de l’Atlantique à travers un confort moderne, et une sécurité apportée par « cette grande pièce » « ce salon ». Mais cette sensation de tranquillité, l’impression d’être dans une bulle protectrice n’est que éphémère : tout d’abord par le verbe « feint » qui signifie Présenter comme réels des sentiments qui n'existent qu'en apparence. C’est affluât de beauté, de sérénité est fait pour que le voyageur oublie le réel danger qui est qu’a tout moment le bateau peut souffrir « d’un tremblement maritime » et que même lorsque que l’océan est calme « quiétude suspecte » le bateau est toujours menacé.
La puissance de l’océan est encore plus renforcée avec l’utilisation de « même la lourde cheminée » qui souligne bien que cette puissance est capable de tout.
Nous avons donc bien dans cette deuxième strophe une opposition entre la beauté et le luxe de l’environnement de l’homme face à la puissance de la mer qui est capable de tout.
Cette opposition révèle que Le paquebot à beau être luxueux, et grand, l’océan sur lequel il se trouve est un danger perpétuel, qui même calme se révèle menaçant

2. Quelle figure de style domine dans la 4e strophe ? Que révèle-t-elle ?

Dans la 4e Strophe nous avons une métaphore du bateau : « quelques cubes en pierre de taille avec fenêtres et pots de géranium, un coteau dominé par la gare d’un funiculaire et un drapeau ». Les passagers du bateau pensent que le Paquebot sur lequel ils se trouvent peut aisément dominer cette mer qui « prend toujours » dans le sens qu’elle prend des vies avec les noyés qu’elle emporte et « refuse » dans le sens qu’aucun homme ne peut se vanter de la dominer.
L’auteur dénigre volontairement le paquebot « quelques cubes en pierre de taille » pour montrer que le paquebot n’est rien devant l’immensité de la mer. Ils se remémorent sûrement le naufrage du Titanic arrivait quelques années auparavant.


Merci d'avance pour les réponses. Désolé si il y a quelques fautes d'orthographe.
Bonjour Bencoco,
L'Atlantique est là qui, de toutes parts, s'est généralisé depuis quinze jours,
avec son sel et son odeur vieille comme le monde,
qui coue, marque les choses du bord,
s'allonge dans la chambre de chauffe, rôde dans la soute au charbon,
enveloppe ce bruit de forge, s'annexe sa flamme si terrestre,
entre dans toutes les cabines,
monte au fumoir, se mêlant aux jeux de cartes,
se faufilant entre chaque carte,
si bien que tout le navire,
et même les lettres qui sont dans les enveloppes cinq fois cachetées de rouge au fond des sacs postaux,
tout baigne dans une buée, dans une confirmation marine,
comme ce petit oiseau des îles dans sa cage des îles.

La voici la face de l'Atlantique dans cette grande pièce carrée si fière de ses angles en pleine mer,
ce salon où tout feint l'aplomb et l'air solidement attaché
de graves meubles sur le continent,
mais souffre d'un tremblement maritime
ou d'un quiétude suspecte,
même la lourde cheminée avec ses fausses bûches éclairées à l'électricité qui joue la cheminée de château assise en terre depuis des siècles.

Que prétend ce calendrier, fixé, encadré, et qui sévèrement annonce samedi 17 juillet,
ce journal acheté à la dernière escale et qui donne des nouvelles des peuples,
ce vieux billet de tramway retrouvé dans ma poche et qui me propose de renouer avec la Ville ?

Que témoignent toutes ces têtes autour de moi, tous ces agglomérés humains,
qui vont et viennent sur le pont de bois mouvant entre ciel et vagues,
promenant leur bilan mortel,
leurs chansons qui font ici des couacs aigrelets,
et prétendent qu'il faudrait à cette mer qui prend toujours et se refuse,
quelques cubes en pierre de taille avec ces fenêtres et pots de géranium, un coteau dominé par la gare d'un funiculaire et un drapeau
tandis que sur le côté,
des recrues marcheraient; une, deux, une deux,
sur un terrain de manoeuvre.

Mais sait-elle même qu'il existe
l'homme qui fume ces cigares
accoudé au bastingage,
le sait elle, la mer, cette aveugle de naissance,
qui n'a pas compris encore ce que c'est qu'un noyé
et le tourne et le retourne sous ses interrogations ?

Jules Supervielle "Paquebot" in Débarcadères, 1922
En réponse à tes questions, je te livre la rapide analyse que j'ai faite de ce poème.

Ce poème est écrit en vers libres. Il évoque les nombreuses traversées de l'Atlantique effectuées par le poète à l'occasion de ses voyages entre ses deux terres d'élection, à savoir la France et l'Uruguay. Supervielle y décrit la vie à bord des grands paquebots transatlantiques et nous livre ses réflexions sur ce monde étrange.

1. L'océan, un milieu envahissant et colonisateur
a. l'odeur
b. La buée
c. La salinité
2. Le paquebot, un simulacre de terre (à noter l'humour du poète)
a. Un milieu fermé dans un paysage ouvert et infini
b. Un milieu factice
c. Un lieu perdu entre deux escales
3. La dérision des prétentions humaines (à noter l'humour du poète)
a. Dérisoire volonté de coloniser ou d'humaniser l'océan
b. l'homme est mortel, la nature est pérenne
c. l'océan cruel ou l'homme incompréhensible pour la nature.

Supervielle nous donne là un poème original sur les liens entre l'homme et la nature, dans la tradition de Jules Laforgue, même si le sujet diffère. C'est dans cette alliance de pessimisme discret et de moquerie légère que s'inscrit la filiation avec l'auteur des Pierrots tristes. Supervielle nous y révèle incidemment son angoisse de la mort et de l'oubli qui l'accompagne.

Au début du poème, l'océan s'immisce partout. Il n'est pas seulement la grande étendue liquide que l'on voit à perte de vue, il est aussi odeur, buée et sel qui s'infiltrent partout.
La deuxième partie évoque le paquebot comme un simulacre d'un château ou d'un hôtel cossu à terre. Supervielle se moque de ces prétentions peu raisonnables. En effet, la terre est le lieu de la réalité, des sécurités, alors que l'océan est essentiellement informe et fuyant. Sur le paquebot, l'homme perd ses repères quant à la localisation et au temps : il est comme perdu entre deux escales.
Dans la troisième partie, on peut analyser l'opposition entre l'homme rêveur, mortel (terme cité auquel il faut ajouter noyé) et une nature durable (éternelle ?), aveugle, cruelle.

Si la première réponse convient, il n'en va pas de même pour la seconde. Personnellement je vois plutôt de l'ironie comme procédé dominant.
merci pour la réponse, je vais donc essayer de travailler l'ironie meme si je ne vois pas vrément comment elle se dégage je vais me creuser l'esprit et essayer de mieux voir.

Merci en tout cas !
Voilà, j'ai un commentaire à faire pour demain j'ai déjà mon plan :
I Océan milieu envahissant
a un paquebot imprégné de l'essence marine
b un navire coupé du monde

II le paquebot : un simulacre de terre
a un morceau de terre artificiel
b un lieu clos entouré d'un océan infini

III un territoire s'opposant à l'arrogance humaine
a la prétention des hommes critiqués
b un océan sauvage non domesticable

voilà, mais je n'ai aucune idée sur ce que je peux développer dans ces parties.

merci d'avance !
C'est dommage que tu ne saches pas développer car tu as cerné les thèmes du poème
Essaie de voir par l'analyse stylistique comment Supervielle arrive à te transmettre tout ça

Il y a aussi le thème du temps ("odeur vieille comme le monde")
Je verrais bien un clin d'œil de Supervielle au Vieil océan de Lautréamont
L'oubli de l'apparence des choses du quotidien, qui est autre chose que l'arrogance que tu as bien ressentie surtout ici
que prétend ce calendrier… ce journal… ce vieux billet…

Une incompatibilité entre l'humain et l'océan : que savent-ils l'un de l'autre ? On peut ici penser au Grand Bleu -quand l'homme rejoint l'océan-
Supervielle est ici en observateur des hommes et de l'océan. C'est lui qui en quelque sorte voit les choses telles qu'elles sont.

Il y a aussi une réflexion sur le langage : nous savons ce qu'est un noyé parce que nous pouvons le nommer

Bigre, quel beau sujet !

Une page sur Supervielle
https://supervielle.univers.free.fr/supervielle.htm
Je te remercie de ton aide et je vais continuer à réfléchir et voir pour la réflexion supplémentaire que tu m'as apportée 😉
Regarde aussi le mouvement ascencionnel dans la description du paquebot ; le lourd de la soute qui arrive au léger des cartes à jouer et de la fumée des cigarettes
Au-dessous et autour l'océan son odeur et le SEL : pourquoi le sel plutôt que les poissons ?

Quel est aussi la place de l'homme, pas seulement son arrogance, en terme de durée ?
Une petite question : est-ce que je pourrais changer ma 1re partie comme ceci ?
I les perceptions de l'auteur
a les notions de temps
b les perceptions sensorielles
et donc parler des différentes notions du temps et le fait que Jules n'est que spectateur.
Axer sur les perceptions de l'auteur et son attitude te permettra en effet de mieux mener ton analyse stylistique
C'est bon mon commentaire est achevé j'espère que celui-ci satisfera mon professeur (ce qui n'est généralement pas le cas ! lol) et je te remercie encore une fois de ton aide qui m'a aidé à mieux comprendre ce poème !
Le poème précédent dans le recueil Débarcadères
Si tu as le temps de reprendre l'intro ça serait pas mal d'en dire quelques mots (il aurait été plus qu'interessant de faire le commentaire sur les deux poèmes à la suite, si ç'avait été le sujet bien sûr)
Comme un boeuf bavant au labour
le navire s'enfonce dans l'eau pénible,
la vague palpe durement la proue de fer,
éprouve sa force, s'accroche, puis
déchirée,
s'écarte,
à l'arrière la blessure blanche et bruissante,
déchiquetée par les hélices,
s'étire multipliée
et se referme au loin dans le désert houleux
où l'horizon allonge
ses fines, fines lèvres de sphinx.
Les deux cheminées veillant dans un bavardage de fumée,
le paquebot depuis dix jours,
avance vers un horizon monocorde
qui coïncide sans bavures
avec les horizons précédents
et vibre d'un son identique
au choc de mon regard qui se sépare de moi,
comme un goéland, du rivage.
mer qui ne puise en soi que ressemblances,
et qui pourtant de toutes parts
s'essaie aux métamorphoses,
et vaine, accablée par sa lourdeur prolifère,
se refoule, de crête en crête, jusqu'au couperet du ciel,
mer renaissante et contradictoire,
présence fixe où hier tomba un mousse
détaché d'un cordage comme par un coup de fusil,
présence dure qui, la nuit,
par delà les lumières du bord et la musique cristalline,
et les sourires des femmes,
et tout le navire, rêves et bastingage,
vous tire par les pieds
à six mille mètres de silence
où l'eau rejoint une terre aveugle pour toujours
dans un calme lisse et lacustre, sans murmures ;
mer, qui fait le tour du large,
coureur infatigable,
quelle nouvelle clame-t-elle
dans l'atmosphère avide où ne pousse plus rien,
- pas une escale, pas un palmier, pas une voile, -
comme après une déracinante canonnade ?
Et tiens-nous au courant de la note et des commentaires du prof 🙂

J'ai été très heureuse de relire Supervielle avec toi 🙂
Bonjour ! Je doit écrire un commentaire sur le poème : Paquebot de Jules Supervielle. Mais je suis bloquée, je n'arrive pas à cerner le poème. Est-il possible de faire un "découpage" du poème et s'en servir comme plan?
Bonjour Louise,

As-tu lu les messages plus haut ?