Plus de vocabulaire en anglais qu’en français ?
24 réponses · Page 1 / 2
Bonjour,
Il me semble que j'ai lu quelque part que la langue anglaise compte au moins sept fois plus de mots que le français.
Cela me surprend, car j'aurais plutôt l'impression que les deux langues sont aussi riches en vocabulaire l'une que l'autre, ou même que le français est plus riche!
Savez-vous si il y a vraiment une si grande différence, s'il est possible de le savoir?
Pour les verbes, en effet il en existe plus en anglais qu'en français
prenons des exemples :
to clang ( verbe simple) se traduira par "faire un bruit métallique" ( pas de verbe seul pour désigner cela en français..et il y'en a des tonnes des cas comme ça…je ne sais pas pourquoi j'ai pris celui-là d'ailleurs…y'a-t-il un psychanalyste dans les parages… 😂)
Pour les adjectifs j'aurais tendance à dire le contraire, il me semblerait qu'il y'en ait plus en français mais pour les noms de façon générale il me semble assez difficile de faire un constat valable.
C'est juste une impression basée sur ma pratique de bilingue pendant 25 ans et sur mes lectures:
je crois qu'en anglais le déscriptif est priviligié et en français le subtilité du geste. Ainsi il me semble qu'il y a plus de substantifs et adjectifs en anglais et plus de verbes et adverbes en français.
Donc les deux langues ont à peu près la même quantité de mots en tout ?
Il y a tout de même des mots que l'on peut difficilement traduire…
"Unexpectedness" par exemple… Pour traduire l'idée en français, il faudra l'expliquer par plusieurs mots (et encore, il faut vraiment trouver des mots clairs, parce que ce n'est pas facile…)
Ce n'est pas la première fois que je lis que l'anglais est plus riche que le français.
C'est très discutable ! l'épaisseur des dicos me paraît sensiblement la même
Le français a très probablement plus de catégories grammaticales que l'anglais, parce que sa grammaire est plus complexe: plus de formes verbales, plus de pronoms, plus d'articles puis que le français différencie les genres…
Mais d'une manière générale, il y a des mots anglais (composés d'un radical simple et de nombres suffixes et préfixes) qui sont difficilement traduisibles…
C'est tout aussi vrai dans l'autre sens, chère Oreg 🙂
Pour la grammaire?
Pour les mots, oui, bien sûr…
J'avais essayé de voir combien de mots sont contenus dans le Oxford Concise Dictionary, le Collins English Dictionary et le Pëtit Robert I. Je les estime assez équivalents en variété et utilité..
Malheureusement les préfaces ne sont pas très claires à ce sujet.
L'épaisseur? Sans doute, il dépend de l'épaisseur du papier, le font des caractères, la générosité des exemples et dérivations…. Déjà le nombre de mots par page n'est pas pareil entre les trois.
Oregann a écrit :Pour la grammaire?
Pour les mots, oui, bien sûr…
Pour les deux
JSC, il suffit de comparer le Robert & Collins anglais/français pour voir que les deux moitiés sont quasiment d'égale importance : 987 pages partie français 1089 partie anglais
; autrefois on le constatait avec (je crois) le classique Harrap's.Le Random House Webster's, dico venu des States, atteint le respectable nombre de 1555 pages, écrit assez petit et serré ; le Robert atteint 2131 pages, dans une police un peu plus large mais sur deux colonnes (par page) moins larges
On ne peut pas regarder la taille des dictionnaires puisque les choix semblent être bien différents dans les deux pays.
Il y a une discussion à ce sujet sur le net.
https://www.languefrancaise.net/forum/viewtopic.php?id=3536 (Je n'arrive plus à mettre un lien correctement.)
Les choix de quoi ?
Pour donner mon avis, j'aurais tendance à rejoindre celui d'Ina. Il y a beaucoup plus de verbes en anglais qu'en français notamment en ce qui concerne la démarche, le regard, la lumière ou le bruit… C'est parfois assez difficile de rendre toutes les nuances en français (ah les versions…). Pour les adverbes et les adjectifs, j'ai l'impression que c'est à peu près équivalent. Pour les noms, difficile d'évaluer.
Mais je ne pense pas que l'argument de l'épaisseur du dictionnaire tienne.
Voici les deux liens concernant cette discussion visant à comparer la richesse lexicale des langues en se basant sur l'épaisseur des dictionnaires:
richesse lexicale anglais/français1suite
Les choix différents concernent d'abord les entrées ( exemple récent de
dialogal qui n'apparaissait que sous le mot
dialogue , alors qu'il y aurait eu deux entrées différentes dans un dictionnaire anglais) , ensuite le comportement élitiste des dictionnaires français qui n'entérinent pas rapidement les néologismes entrés dans l'usage .
L'épaisseur des dictionnaires ne suffit peut-être pas pour comparer les langues.
Je n'ai pas dit qu'il suffit, mais c'est un bon début que de se rendre compte que les dicos anglais ne sont pas plus épais que les dicos français, à qualité égale (dicos autres que de poche)
Je crois avoir lu que la langue francaise avait environ 200 000 a 300 000 mots alors que la langue anglaise en avait jusqu'a 600 000, la raison etant que l'Academie Francaise regule notre langue et decide de ce qui est francais ou ne l'est pas, alors qu'il n'y a pas d'equivalent a cette institution dans le monde anglophone.
Je déterre cette conversation, car elle a piqué mon intérêt.
En clair, ça signifie que la plupart des mots anglais sont inusités ? (parce que si, en langue courante, les anglais en utilisent le même nombre que nous, alors ça donnerait 300 000 à 400 000 mots désuets pour seulement 200 000 à 300 000 mots utilisés…)
C'est pas un peu beaucoup ? Y en a-t-il autant en français ? Est- ce que l'on compte les mots transformés (comme forest et forêt…) en anglais (je n'ai pas déquivalent anglais, désolé) parmi les 600 000 ?
Hélas! Je ne puis pas vous donner des exemples des mots anglais riches de subtilité et plutôt oubliés, ni de mots rares, mais élégants à mettre dans un écrit, car les règles de ce forum interdisent des postes utilisant les mots d'autre langue que le français. 😞
En quoi, la question perd un peu de son sens.
On peut peut-être aborder la question par une autre voie. Car, après tout, ce qui fait réellement la richesse pratique d'une langue, ce sont bien les mots qu'on emploie ? La richesse théorique, c'est à dire les mots qu'on pourrait employer, est probablement indéterminable : bien sûr les termes de métier, les termes des spécialistes de tout poil, juridiques, médicaux, scientifiques… mais surtout mots trop rares, enfouis au fin fond des dictionnaires ou même disparus (chienlit avant le Général), trop élégants (le français n'aime absolument pas le langage élégant) ou trop "précieux" pour être utilisés dans la conversation de tous les jours.
Or, un auteur comme Victor Hugo, en a utilisé, du moins dans ses écrits, environ 3500 si ma mémoire est bonne. Racine et Molière un peu moins. Mais Shakespeare ? Dix mille, donc, comme disent les collégiens, y'a pas photo… Et c'est la même proportion pour les grands écrivains anglais, par comparaison avec leurs contemporains français.
Voltaire lui-même était convaincu de la richesse immédiatement utilisable de l'anglais. Il a essayé, je ne sais plus dans quelle lettre (je crois bien que c'est dans une lettre) de défendre le français en donnant comme exemples les mots pouvant qualifier un homme qui mange : il y en a effectivement beaucoup, plus qu'en anglais, de goinfre à petit-mangeur, en passant par une vingtaine d'autres, au moins. Mais il reconnaissait le caractère pilotracté (?) de bon nombre d'entre eux. Et de toute façon quelques exceptions ne sauraient annuler une règle que chacun, à supposer que l'on ne la lui enseigne pas, découvrira tôt ou tard, à l'occasion d'une version, par exemple : il faut souvent faire des périphrases pour rendre une expression anglaise. Peu de mots français sont déclarés intraduisibles en anglais. Le contraire est hélas parfaitement faux.
Comme la richesse de pensée n'est sans doute pas moindre en France qu'en Angleterre, on a été amené à penser que les mots français ont (en règle générale) de plus nombreux sens que leurs équivalents anglais. Cela me semble exact. Mais l'un d'entre eux est toujours prépondérant et l'utilisation de mots dans un de leurs sens non habituels donne vite un caractère affecté au langage.
Et puis finalement tout dépend du niveau de langue auquel on se réfère : les manoeuvres anglais et français "tournent" avec deux ou trois cents mots, at most. La langue soutenue environ dix fois plus. La richesse de vocabulaire serait donc un concept pour bourgeois éduqué ?
Cétait pour détendre un peu l'atmosphère.