Prévost, L’enterrement de Manon Lescaut - Je demeurai plus de vingt-quatre heures…

Entraide scolaire

15 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
bonjour
Ma liste de bac contient le texte de Manon Lescaut qui met en scène son enterrement …

Je demeurai plus de vingt-quatre heures la bouche attachée sur le visage et sur les mains de ma chère Manon. Mon dessein était d'y mourir; mais je fis réflexion, au commencement du second jour, que son corps serait exposé, après mon trépas, à devenir la pâture des bêtes sauvages. Je formai la résolution de l'enterrer et d'attendre la mort sur sa fosse. J'étais déjà si proche de ma fin, par l'affaiblissement que le jeûne et la douleur m'avaient causé, que j'eus besoin de quantité d'efforts pour me tenir debout. Je fus obligé de recourir aux liqueurs que j'avais apportées. Elles me rendirent autant de force qu'il en fallait pour le triste office que j'allais exécuter. Il ne m'était pas difficile d'ouvrir la terre, dans le lieu où je me trouvais. C'était une campagne couverte de sable. Je rompis mon épée, pour m'en servir à creuser, mais j'en tirai moins de secours que de mes mains. J'ouvris une large fosse. J'y plaçai l'idole de mon coeur, après avoir pris le soin de l'envelopper de tous mes habits, pour empêcher le sable de la toucher. Je ne la mis dans cet état qu'après l'avoir embrassée mille fois, avec toute l'ardeur du plus parfait amour. Je m'assis encore près d'elle. Je la considérai longtemps. Je ne pouvais me résoudre à refermer la fosse. Enfin, mes forces recommençant à s'affaiblir, et craignant d'en manquer tout à fait avant la fin de mon entreprise, j'ensevelis pour toujours dans le sein de la terre ce qu'elle avait porté de plus parfait et de plus aimable. Je me couchai ensuite sur la fosse, le visage tourné vers le sable, et fermant les yeux avec le dessein de ne les ouvrir jamais, j'invoquai le secours du Ciel et j'attendis la mort avec impatience. Ce qui vous paraîtra difficile à croire, c'est que, pendant tout l'exercice de ce lugubre ministère, il ne sortit point une larme de mes yeux ni un soupir de ma bouche. r.Aussi, ne demeurai-je pas longtemps dans la posture où j'étais sur la fosse, sans perdre le peu de connaissance et de sentiment qui me restait.
Je croyais avoir bien compris ce texte mais en réalité je ne comprend pas le sens de la 1ère partie :
I) le dépouillement
a) le décors
b) du style
c) les moyens
Le terme dépouillement me gêne et je ne voit pas de quoi je pourrais parler dans cette partie … aidez moi Svp !!!!

Merci d'avance
Symbiose et vénération.
merci mais vous ne m'aidez pas plus ….
j'aurais parlé d'ensevelissement. le chevalier est elliptique sur la mort de Manon alors qu'il developpe son ensevelissement ! fetichisme de la part de Prevost.
Bonjour, deb.
Le Chevalier s'exprime à ce sujet dans les paragraphes qui précèdent la citation.
Pardonnez, si j'achève en peu de mots un récit qui me tue. Je vous raconte un malheur qui n'eut jamais d'exemple. Toute ma vie est destinée à le pleurer. Mais, quoique je le porte sans cesse dans ma mémoire, mon âme semble reculer d'horreur, chaque fois que j'entreprends de l'exprimer.

…………. N'exigez point de moi que je vous décrive mes sentiments, ni que je vous rapporte ses dernières expressions. Je la perdis ; je reçus d'elle des marques d'amour, au moment même qu'elle expirait. C'est tout ce que j'ai la force de vous apprendre de ce fatal et déplorable événement.

Mon âme ne suivit pas la sienne. Le Ciel ne me trouva point, sans doute, assez rigoureusement puni. Il a voulu que j'aie traîné, depuis, une vie languissante et misérable. Je renonce volontairement à la mener jamais plus heureuse.
oui je sais qu'il ne parle pas de la mort dans ce passage, mais c'est juste pour montrer la difference entre l'evocation de la mort (courte, peu detaillée) et l'ensevelissement qui lui est plus detaillé … d'ou un certain fetichisme de Prevost! passage important de l'ensevelissement dans le recit de Des Grieux.
je ne rentre pas dans la question initiale c'est vrai, mais le contexte …
deb=3 a écrit :d'ou un certain fetichisme de Prevost!
Mot à manier avec précaution 😉 fétichisme.

Je suppose par la suite que tu voudrais parler de la renaissance de de Grieux, car il lui aurait fallu neuf mois après la mort de Manon pour se retrouver en fin du roman?
bonjour tout le monde,
je suis en ce moment en train de préparer mon bac de français et je me suis posée une question à laquelle je n'arrive pas a répondre qui est sur la mort de manon…
Ce dénouement est-il morale?. je me rappelle qu'une personne de ma classe était tombé sur cette question au bac blanc et je ne vois pas du tout ce qu'on peut dire sur cet extrait de texte et cette question.
est ce que quelqu'un voit ce qu'il aurait pu mettre?.
Bonsoir celinou.
As-tu songé de chercher "moral" et "morale" dans un dictionnaire?
Sur ce site, par exemple
moral
morale.
Je suppose par la suite que tu voudrais parler de la renaissance de de Grieux, car il lui aurait fallu neuf mois après la mort de Manon pour se retrouver en fin du roman?
je suis desolée, je n'avais meme pas vu ta reponse …
et oui je pensais tout a fait a ce que tu as ecris 😉
Alors {il y a un aspect moral à trouver dans ces idées:}
- la vie des hommes
- l'homme par rapport à la religion
- la responsabilité réciproque des hommes et la socité dans laquelle ils vivent
- rompre son épée = nier son origine noble
- la décence ~ la loi (mais cette dernière ne devrait pas juger la morale, même si elle juge des mœurs)
- dignité de la mort
- l'émotion, connaît-elle la moralité ou l'écarte-t-elle?
merci de m'avoir répondu JSC…
mais je ne comprend pas comment on peut répondre a cette problématique avec cet extrait de texte…je m'explique: il est certain que ce roman n'est pas moral à l'époque ou il a été écrit, enfin je pense, mais comment s'appuyer sur ce texte… je suis désespérée, je suis sur que c'est pas si compliqué que ça mais je n'y arrive pas…
Pourtant, mon dernier message parle bien de seul ce textez, non pas le roman entier…..
désolé mais ça ne m'éclaire pas plus!
j'ai besoin d'aide pour mon commentaire littéraire sur l'extrait suivant:

Je demeurai plus de vingt-quatre heures la bouche attachée sur le visage et sur les mains de
ma chère Manon. Mon dessein était d'y mourir; mais je fis réflexion, au commencement du second jour, que son corps serait exposé, après mon trépas, à devenir la pâture des bêtes sauvages. Je formai la résolution de l'enterrer et d'attendre la mort sur sa fosse. J'étais déjà si proche de ma fin, par l'affaiblissement que le jeûne et la douleur m'avaient causé, que j'eus besoin de quantité d'efforts pour me tenir debout. Je fus obligé de recourir aux liqueurs que j'avais apportées. Elles me rendirent autant de force qu'il en fallait pour le triste office que j'allais exécuter. Il ne m'était pas difficile d'ouvrir la terre, dans le lieu où je me trouvais. C'était une campagne couverte de sable. Je rompis mon épée, pour m'en servir à creuser, mais j'en tirai moins de secours que de mes mains. J'ouvris une large fosse. J'y plaçai l'idole de mon coeur, après avoir pris le soin de l'envelopper de tous mes habits, pour empêcher le sable de la toucher. Je ne la mis dans cet état qu'après l'avoir embrassée mille fois, avec toute l'ardeur du plus parfait amour. Je m'assis encore près d'elle. Je la considérai longtemps. Je ne pouvais me résoudre à refermer la fosse. Enfin, mes forces recommençant à s'affaiblir, et craignant d'en manquer tout à fait avant la fin de mon entreprise, j'ensevelis pour toujours dans le sein de la terre ce qu'elle avait porté de plus parfait et de plus aimable. Je me couchai ensuite sur la fosse, le visage tourné vers le sable, et fermant les yeux avec le dessein de ne les ouvrir jamais, j'invoquai le secours du Ciel et j'attendis la mort avec impatience.
le plan du commentaire est le suivant:
I Le souvenir d’un épisode pathétique
1. Le récit d’un souvenir
• Un récit rétrospectif (temps verbaux)
• Un souvenir personnel (statut du narrateur-personnage)

2. Un souvenir douloureux
• Une scène pathétique (par son dénouement même)
• La difficulté de dire la mort de Manon (parataxe, refus d’effets rhétoriques) : une douleur toujours présente qui se révèle sans parvenir à se dire.

3. une absente présente
• évoquer Manon, y compris de ce moment tragique, c’est perpétuer sa mémoire

II Un amant héroïque
1. l’enterrement de Manon comme un acte héroïque
• le triomphe momentané de la raison sur le sentiment
• le lexique hyperbolique de l’effort physique, l’enterrement comme un chemin de croix qui grandit le héros
• la valeur symbolique de l’épée

2. le renoncement tragique au monde
• la structure cyclique de passage
• l’expression pathétique du désir de mort (champs lexical de la mort qui souligne le caractère obsessionnel de ce désir)

III le récit comme représentation de la force des passions
1. la transfiguration du récit : scène d’amour
• vocabulaire du corps
• proximité des pronoms
• lexique de l’amour
• la fosse comme métonymie de l’être aimé
• refus de la séparation : un amour qui triompherait de la mort
2. l’amour comme un valeur sacrée et suprême
• le culte de l’aimée : vocabulaire de l’éloge, tournure hyperboliques vocabulaire du sacré, refus de la souillure par la terre
• le sacrifice de soi (renoncement aux valeurs aristocratiques – l’épée comme un instrument de fossoyeur)
• prière final au ciel qui sonne comme un blasphème : le péché de désespoir
3. ambiguïté du passage
• condamnation de cette force des passions, mais aussi représentation sublime de l’amour