Peut-on dire qu’écrire son autobiographie consiste seulement à aller à la recherche de soi-même ?

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Ça, c'est le sujet que je dois faire mais je voudrais des idées pour les questions et des suggestions de plans de dissertation.

Questions :

1. Quelles difficultés liées à l'écriture autobiographique les textes B, C et D mettent-ils en évidence ? (3 points) La réponse à cette question doit être rédigée mais brève, de l'ordre d'une demi-page, une page maximum.

2. Les textes A, B, C et D sont des débuts d'autobiographies. Quels éléments précis permettent de l'affirmer ? (3 points) La réponse à cette question doit être rédigée mais brève, de l'ordre d'une demi-page, une page maximum.
Texte A : Raymond Queneau, Chêne et chien, 1937.
Raymond Queneau naît au Havre en 1903 dans un milieu modeste. Il deviendra l'un des auteurs les plus connus de son époque. Toute son œuvre a consisté à inventer de nouvelles formes et à exploiter toutes les ressources poétiques du langage.

Je naquis au Havre un vingt et un février
en mil neuf cent et trois.
Ma mère était mercière et mon père mercier ;
ils trépignaient de joie.
Inexplicablement je connus l'injustice
et fus mis un matin
chez une femme avide et bête, une nourrice,
qui me tendit son sein.
De cette outre de lait j'ai de la peine à croire
que j'en tirais festin
en pressant de ma lèvre une sorte de poire,
organe féminin.
Et lorsque j'eus atteint cet âge respectable
vingt-cinq ou vingt-six mois,
repris par mes parents, je m'assis à leur table
[…]
Mon père débitait des toises de soieries,
des tonnes de boutons,
des kilos d'extrafort(2) et de rubanneries
rangés sur des rayons.
Quelques filles l'aidaient dans sa fade besogne
en coupant des coupons
et grimpaient â l'échelle avec nulle vergogne,
en montrant leurs jupons.
Ma pauvre mère avait une âme musicienne
et jouait du piano ;
on vendait des bibis(3) et de la valencienne(4)
au bruit de ses morceaux
Jeanne Henriette Evodie envahissaient la cave
cherchant le pétrolin,
sorte de sable huileux avec lequel on lave
le sol du magasin.
J'aidais à balayer cette matière infecte,
on baissait les volets,
à cheval sur un banc je criais " à perpette "(5)
(comprendre : éternité).
Ainsi je grandissais parmi ces demoiselles
en reniflant leur sueur
qui fruit de leur travail perlait à leurs aisselles :
je n'eus jamais de sœur.

(1) toise : mesure de longueur, environ deux mètres.
(2) extrafort : ruban dont on garnit Intérieurement les coulures.
(3) bibi : petit chapeau de femme.
(4) valencienne : dentelle fine fabriquée à Valenciennes.
(5) à perpette " : familier, pour " à perpétuité ".
Texte B : Simone de Beauvoir, Mémoires d'une jeune fille rangée, 1958.

Je suis née à quatre heures du matin, le neuf janvier 1908, dans une chambre aux meubles laqués de blanc, qui donnait sur le boulevard Raspail. Sur les photos de famille prises l'été suivant, on voit de jeunes dames en robes longues, aux chapeaux empanachés de plumes d'autruche, des messieurs coiffés de canotiers(1) et de panamas(2) qui sourient à un bébé ; ce sont mes parents, mon grand-père, des oncles, des tantes, et c'est moi. Mon père avait trente ans, ma mère vingt et un, et j'étais leur premier enfant. Je tourne une page de l'album ; maman tient dans ses bras un bébé qui n'est pas moi ; je porte une jupe plissée, un béret, j'ai deux ans et demi, et ma sœur(3) vient de naître. J'en fus, paraît-il, jalouse, mais pendant peu de temps. Aussi loin que je me souvienne, j'étais fière d'être l'aînée : la première. Déguisée en chaperon rouge, portant dans mon panier galette et pot de beurre, je me sentais plus intéressante qu'un nourrisson cloué dans son
berceau. J'avais une petite sœur : ce poupon ne m'avait pas. De mes premières années, je ne retrouve guère qu'une impression confuse : quelque chose de rouge, et de noir, et de chaud. L'appartement était rouge, rouges la moquette, la salle à manger Henri II, la soie gaufrée qui masquait les portes vitrées, et dans le cabinet de papa les rideaux de velours ; les meubles de cet antre sacré étaient en poirier noirci ; je me blottissais dans la niche creusée sous le bureau, je m'enroulais dans les ténèbres ; il faisait sombre, il faisait chaud et le rouge de la moquette criait dans mes yeux. Ainsi se passa ma toute petite enfance. Je regardais, je palpais, j'apprenais le monde, à l'abri.

(1) canotier : chapeau de paille à bord plat
(2) panama : chapeau de paille importé de Panama
(3) Hélène, surnommée "Poupette"
Texte C : Marguerite Yourcenar, Souvenirs pieux(4),1974.

L'être que j'appelle moi vint au monde un certain lundi 8 juin 1903, vers les 8 heures du matin, à Bruxelles, et naissait d'un Français appartenant à une vieille famille du Nord, et d'une Belge dont les ascendants avaient été durant quelques siècles établis à Liège, puis s'étaient fixés dans le
Hainaut. La maison où se passait cet événement, puisque toute naissance en est un pour le père et la mère et quelques personnes qui leur tiennent de près, se trouvait située au numéro 193 de l'avenue Louise, et a disparu il y a une quinzaine d'années, dévorée par un building. Ayant ainsi consigné ces quelques faits qui ne signifient rien par eux-mêmes, et qui, cependant, et pour chacun de nous, mènent plus loin que notre propre histoire et même que l'histoire tout court, je m'arrête, prise de vertige devant l'inextricable enchevêtrement d'incidents et de circonstances qui plus ou moins nous déterminent tous. Cet enfant du sexe féminin, déjà pris dans les coordonnées de l'ère chrétienne et de l'Europe du XXème siècle, ce bout de chair rose pleurant dans un berceau bleu, m'oblige à me poser une série de questions d'autant plus redoutables qu'elles paraissent banales, et qu'un littérateur qui sait son métier se garde bien de formuler. Que cet enfant soit moi, je n'en puis douter sans douter de tout. Néanmoins, pour triompher en partie du sentiment d'irréalité que me donne cette identification, je suis forcée, tout comme je le serais
pour un personnage historique que j'aurais tenté de recréer, de m'accrocher à des bribes de souvenirs reçus de seconde ou de dixième main, à des informations tirées de bouts de lettres ou de feuillets de calepins qu'on a négligé de jeter au panier, et que notre avidité de savoir pressure au-delà de ce qu'ils peuvent donner, ou d'aller compulser dans des mairies ou chez des notaires des pièces authentiques dont le jargon administratif et légal élimine tout contenu humain.

(4) Pieux : pleins de tendresse et de respect quasi religieux
Texte D : Cavanna, Les Ritals, 1974.

C'est un gosse qui parle. Il a entre six et seize ans, ça dépend des fois. Pas moins de six, pas plus de seize. Des fois il parle au présent, et des fois au passé. Des fois il commence au présent et il finit au passé, et des fois l'inverse. C'est comme ça la mémoire, ça va ça vient. Ça rend pas la
chose compliquée à lire, pas du tout, mais j'ai pensé qu'il valait mieux vous dire avant.
C'est rien que du vrai. Je veux dire, il n'y a rien d'inventé. Ce gosse, c'est moi quand j'étais gosse, avec mes exacts sentiments de ce temps-là. Enfin je crois. Disons que c'est le gosse de ce temps-là revécu par ce qu'il est aujourd'hui, et qui ressent tellement fort l'instant qu'il revit qu'il ne peut pas imaginer l'avoir vécu autrement.
Commentaire :

* Vous commenterez le texte de Raymond Queneau (texte A) à partir du parcours de lecture suivant :
- Quelle image Queneau donne-t-il de son entourage familial et social et de la place que ce milieu accorde à l'enfant ?
- Comment fait-il percevoir au lecteur à la fois les sentiments éprouvés par l'enfant et la distance teintée d'humour que prend l'adulte à l'égard de ces sentiments ?

Dissertation :

* Peut-on dire qu'écrire son autobiographie consiste seulement à aller à la recherche de soi-même ?
Vous répondrez à cette question en un développement composé, prenant appui sur les textes du corpus et sur ceux que vous avez lus et étudiés.
Bonjour à tous !

Voilà je suis nouveau sur ce forum mais j'ai besoin d'aide et j'espère que vous pourrez m'en apporter ! J'ai fait des recherches sur ce site tout comme sur d'autres sites mais je n'ai rien trouvé d'intéressant. Je suis actuellement en 1ère S et mon problème concerne un sujet de dissertation que je ne dois pas tarder à rendre. Voici le sujet en question :

"Peut-on dire qu'écrire son autobiographie consiste seulement à aller à la recherche de soi-même ?".

Evidemment, comme vous pouvez le constater, je vais devoir suivre un plan dialectique comprenant une thèse ( l'autobiographie sert à aller à la recherche de soi-même ) et une antithèse ( mais pas seulement ). J'ai déjà rédigé mon introduction et un premier argument concernant la thèse.
Mon problème est que pour les deux autres arguments que je dois mettre dans cette partie, je ne trouve pas d'oeuvres à citer qui soit concrète pour défendre ma thèse : je dois vous avouer que la lecture n'est pas mon passe-temps favori et de ce fait ma culture littéraire est assez médiocre, mais même en faisant des recherches, je n'ai pas trouvé une seule oeuvre dont la motivation première de l'auteur et de faire le bilan de sa vie ( aller à la recherche de soi-même ). Evidemment, tout auteur qui écrit une autobiographie le fait forcément, dans une moindre mesure, afin de faire le bilan de sa vie, même si cela n'est pas sa principale motivation : cela veut-il dire que je dois citer n'importe quelle oeuvre autobiographique ?

Quoi qu'il en soit, je vous remercie tous d'avance pour votre aide et vos réponses.
Dommage que tu n'aies pas regardé hier soir le documentaire sur Malraux, parfait exemple d'autobio "arrangée" ! Tu peux essayer de trouver un résumé des Antimémoires pour argumenter ta deuxième partie
Bonjour,

Comme je l'ai souvent dit sur ce forum, une oeuvre chimiquement pure n'existe pas.
De plus aller à la rencontre de soi ne signifie pas simplement établir le bilan de sa vie.
Donc toute oeuvre autobiographique est un peu (beaucoup) un voyage à l'intérieur de soi-même avec un cocktail de motivations diverses dans des proportions elles aussi très diverses :
Ces discussions
ici
ou là
pourraient t'ouvrir l'esprit.

Nous en reparlerons après si tu as des questions.
Merci pour vos réonses ! Jean-Luc je suis tout à fait d'accord avec toi, tu as absolument raison mais justement, là est mon problème. Je ne vois vraiment pas du tout comment rédiger les deux arguments qu'il me reste à rédiger pour la thèse, quelles oeuvres choisir, comment en parler ! Je ne sais pas si tu arrives à véritablement comprendre mon problème. Sachant qu'aucune oeuvre ne défend réellement cette thèse, car l'auteur ne dis pas que sa motivation PRINCIPALE est d'aller à la recherche de soi-même ( en tous cas je n'en ai trouvé aucune ), dois-je citer n'importe quelle oeuvre, comme par exemple Les Confessions de Rousseau ou celui-ci, si je me souviens bien, cherche surtout à justifier certains actes, certaines choses de sa vie ( je ne suis pas très sûr de ce que je dis, pour celà excusez-moi si c'est n'importe quoi ). Et encore une fois, même si j'arrive à me décider sur le choix des oeuvres que je citerais, je ne vois vraiment pas du tout comment je devrais rédiger tout cela ! Pour ma deuxième partie Léah, je te remercie de ton information mais je ne pense pas qu'elle me posera trop de difficulté. Ça ne m'était jamais arrivé d'étre aussi bloqué, c'est pour cela que je vous demande de l'aide concernant cette thèse ! Merci à vous tous pour vos aides !
Je crois que dans les Souvenirs pieux Yourcenar part, non seulement à la recherche d'elle même, mais de toute sa lignée d'ancêtres pour mieux comprendre qui elle est Je vais relire le début, attends un tout petit peu 😉
Merci énormément Léah, j'attends le résultat avec impatience! Sa serais une énorme aide si le résultat se trouvait être pertinent! Merci encore Léah!
Si je peux me permettre, j'sais pas si ce sera vraiment pertinent, mais pour une autobio qui n'est pas seulement faite pour se connaitre soi même, il y a Jean Jacques Rousseau, les Confessions, qui sont une justification

Et je crois que Leiris, dans l'Age d'homme, fait quant à lui son autobio pour se connaitre vrm lui-même, d'ailleurs il est à la base d'une forme d'autobiographie qui est basée sur une psychanalyse de lui même
Tu es bloqué parce que tu n'as pas défini ce qu'est la rencontre de soi-même et parce que tu recherches une oeuvre qui explicitement revendique la recherche de soi-même. Admets qu'un écrivain ne peut revendiquer impunément un tel narcissisme ou un tel égoïsme sous peine de faire fuir ses lecteurs potentiels.
Rousseau recherche implicitement le bonheur enfui dans sa rédaction des Confessions alors qu'explicitement il recherche la justification.
Stendhal dans Souvenirs d'égotisme recherche cette fréquentation mais s'en défend au même moment, il sait aussi qu'il écrit pour the happy few.
Pour en savoir plus, va voir ces deux liens :
ici
ou là
Chateaubriand revendique explicitement un bilan de sa vie dans les Mémoires d'outre-tombe, mais implicitement il élève un mémorial à son propre génie.
Il faudrait donc que tu envisages d'abord le projet autobiographique comme un besoin pour son auteur, voire un plaisir. Un auteur cherche à se comprendre, à s'apprivoiser, à mesurer ce qu'a été son existence, à conjurer le temps qui passe… et cette quête commence par la rencontre de soi-même.
Oui mais je pense qu'en première partie (thèse) lmek que tu connais pas voudrait montrer que des auteurs sont partis à la recherche d'eux-mêmes. Yourcenar qui se situe en "observatrice "détachée de cette enfant parle de sa "curiosité" de la difficulté à établir une passerelle entre le bébé dans sa poussette et l'adulte qu'elle est devenue
En fait lmek k'je connais pas il te suffirait de lire les DEUX premières pages de Souvenirs pieux pour trouver ces quelques passages ! Pas si terrible !

Mais "partir à la recherche de soi-même" est en effet à définir !
Merci à tous pour vos aides! Je pense finalement que je vais citer Stendhal Souvenirs d'égotisme et Chateaubriand Mémoires d'outres-tombe même si je ne sais pas encor comment je vais formuler ces deux arguments restants: auriez-vous une idée? Pensez-vous que celà soit un bon choix d'oeuvres pour défendre cette thèse ( l'autobiographie sert à aller à la recherche de soi-même )? Merci à tous!
Bonjour,

Oui c'est une bonne idée !
D'abord à cause du mot égotisme (ego = moi en latin) chez Stendhal.
Ensuite parce que tu dois pouvoir montrer que l'oeuvre autobiographique est un miroir, que quasiment tous les écrivains ont connu cette tentation du reflet.
Finalement leur meilleur sujet, celui qu'ils maîtrisent le mieux, c'est leur propre personne.
Tout commence par la surprise, l'intrigant qui suis-je ? initial pour finir dans l'oeuvre élaborée, recomposée de leur propre vie, ou de fragments de leur propre vie.
Un auteur qui pourrait également t'aider dans cette démonstration est Charles Juliet avec son très pathétique Lambeaux.
Merci à toi Jean-Luc et merci à tous! Il ne me reste plus qu'à essayé de me renseigner sur cette dernière oeuvre que tu viens de me donner Jean-Luc ( merci ), mais surtout de rédiger ces deux arguments qui me posent tant de problème…je pense que je dois pouvoir y arriver maintenant! Merci encor!
Un autre émouvant roman est Au nom du fils de Hervé Bazin (inspiré de sa ie) ou bien sûr Vipère au poing
Merci à toi Léah!
Une fois que j'aurais rédiger ma dissertation, pourrais-je la rédiger ici pour me donner vos avis, me dire ce que vous en pensez et me conseiller sur ce que je pourrais améliorer?
Et pourquoi pas tout simplement le plan détaillé qu'il est recommandé de mettre au brouillon avant la rédaction finale ?

Et pour Lambeaux, tu pourrais aller voir ce lien parmi d'autres
https://www.voixauchapitre.com/archives/2001/lambeaux.htm ici.
Je préférerais rédiger la totalité de ma dissertation, une fois celle-ci rédiger, si celà est possbile évidemment! Est-ce possible?
Tu peux malgré le travail que cette relecture va nous demander.
🙂Pour ma part, j'ai exactement le même sujet que toi à rendre pour la semaine prochaine, et ma prof nous a demandé de nous appuyer sur les mots de Jean-Paul Sartre. Alors tu devrais peut-être t'y référer. 🙂