Bonjour à tous,
Je suis en seconde et je dois faire une dissertation littéraire sur la citation suivante d'Albert Camus :
"Un roman est un exercice de l'intelligence au service d'une sensibilité."
Il faut que j'analyse cette définition du travail d'un romancier, il faut que je fonde ma réponse sur les exemples empruntés au corpus, aux lectures scolaires et personnelles.
Le corpus est composé de 3 textes : l'un de Delly, Comme un conte de fée; l'autre de Balzac, La femme de trente ans et le dernier du planétarium de Nathalie Sarraute.
Ces trois textes content un court passage des vies de trois femmes amoureuses.
Sous le pseudonyme de Delly furent composés de très nombreux romans
sentimentaux qui connurent un succès populaire considérable.
Dans Comme un conte de fées, Gwennola de Pendennek vit heureuse avec ses parents
dans le château familial. Un jour, au village voisin, arrive un certain Monsieur Wolf. Ils
s’éprennent l’un de l’autre. Un soir, dans « la clarté rose du couchant », elle descend dans
la roseraie cueillir une corbeille de roses…
Je pensais à un plan analytique (explication/illustration/commentaire).
Ma problématique est : Cette citation est-elle vraie ?
Mais faut-il que je montre 'l'intelligence' d'un auteur en citant un passage d'une de ses oeuvres ?
Un auteur doit être censé pour pouvoir transmettre des émotions à ses lecteurs. 'Intelligence' est un mot un peu dur, mais on peut utiliser 'logique', 'sincère'. Dans le corpus choisit, l'auteur décrit l'amour, la sensibilité du personnage …
Le roman permet à un auteur de montrer sa sensibilité, sa passion, grâce à son don de l'écriture.
Est ce que je suis sur la bonne voie ?
Merci d'avance
Cyrielle
Je suis en seconde et je dois faire une dissertation littéraire sur la citation suivante d'Albert Camus :
"Un roman est un exercice de l'intelligence au service d'une sensibilité."
Il faut que j'analyse cette définition du travail d'un romancier, il faut que je fonde ma réponse sur les exemples empruntés au corpus, aux lectures scolaires et personnelles.
Le corpus est composé de 3 textes : l'un de Delly, Comme un conte de fée; l'autre de Balzac, La femme de trente ans et le dernier du planétarium de Nathalie Sarraute.
Ces trois textes content un court passage des vies de trois femmes amoureuses.
Sous le pseudonyme de Delly furent composés de très nombreux romans
sentimentaux qui connurent un succès populaire considérable.
Dans Comme un conte de fées, Gwennola de Pendennek vit heureuse avec ses parents
dans le château familial. Un jour, au village voisin, arrive un certain Monsieur Wolf. Ils
s’éprennent l’un de l’autre. Un soir, dans « la clarté rose du couchant », elle descend dans
la roseraie cueillir une corbeille de roses…
La corbeille était pleine maintenant. Gwennola s’attardait cependant un peu dans la
tiédeur parfumée de la roseraie. Elle rêvait, la sage Gwennola – car elle n’était plus en ce
moment que l’amoureuse Gwennola, évoquant le souvenir du bien-aimé.
Et voici qu’elle entendait, sur le sol sablé, son pas bien connu – son pas ferme et
décidé d’homme énergique, un peu autoritaire. Il apparut, souriant, une flamme ardente dans
les yeux qu’il attachait sur la jeune fille rougissante, arrêtée au milieu de l’allée.
– Une fée de roses, dans cette lumière du soir… Une belle princesse des contes de
fées.
Il s’inclinait, prenait la main que ne songeait pas à lui tendre Gwennola saisie par
une étrange timidité, par un trouble frémissant.
– …Mademoiselle, je viens de voir vos parents et ils m’ont autorisé à venir vous
rejoindre ici, pour vous dire moi-même mon désir… mon très ardent désir. Voulez-vous
m’accorder le bonheur d’être pour toute la vie votre compagnon, votre époux très fidèle et
très aimant ?
Les yeux que Gwennola avait un instant baissés se relevèrent, offrant à Franz leur
pure lumière et le bonheur ingénu d’un cœur virginal dont il se savait déjà le maître.
– Si mes parents le veulent bien, Monsieur… moi je serai très heureuse. J’ai en vous
la plus grande confiance…
– Cela ne vous déplaira pas trop de vous appeler seulement Madame Wolf, vous qui
êtes une Pendennek ?
Elle secoua la tête, en souriant avec une tendre douceur.
– Oh ! non ! Vous possédez tant de qualités supérieures qui sont tellement au-dessus
de tous les quartiers de noblesse! Et puis…
Au moment de laisser l’aveu franchir ses lèvres, elle s’interrompit, un peu plus
rougissante, les cils d’or battant au bord des paupières frémissantes.
– Et puis, vous m’aimez un peu, Gwennola ? Vous aimez Franz Wolf, tout
simplement ?
– Tout simplement, oui.
Elle souriait de nouveau, en levant sur lui ses yeux dont le bleu velouté s’éclairait
d’un chaud rayon d’amour.
Franz se pencha et posa un long baiser sur la main qu’il tenait entre les siennes.
– Moi, je suis tout à vous, Gwennola, précieux trésor que Dieu a mis sur ma route. Je
vous promets amour et fidélité… Mais il faut que je vous confesse – comme je viens de le
faire à vos parents – une petite tromperie – oh ! pas bien terrible !
Elle le regarda avec étonnement, mais sans inquiétude, car il souriait avec une douce
ironie.
– Une tromperie ?
– Oui, chère Gwennola. Je ne m’appelle pas Franz Wolf, mais Franz-Josef, archiduc
d’Autriche, prince de Sohnberg par ma mère, dernière descendante de cette famille autrefois
souveraine.
Delly, Comme un conte de fées ©Flammarion (1935)
Quand les manœuvres furent terminées, l'officier d'ordonnance accourut à bride abattue, et s'arrêta devant l'empereur pour en attendre les ordres. En ce moment, il était à vingt pas de Julie, en face du groupe impérial, dans une attitude assez semblable à celle que Gérard a donnée au général Rapp dans le tableau de la Bataille d'Austerlitz. Il fut permis alors à la jeune fille d'admirer son amant dans toute sa splendeur militaire. Le colonel Victor d'Aiglemont à peine âgé de trente ans, était grand, bien fait, svelte ; et ses heureuses proportions ne ressortaient jamais mieux que quand il employait sa force à gouverner un cheval dont le dos élégant et souple paraissait plier sous lui. Sa figure mâle et brune possédait ce charme inexplicable qu'une parfaite régularité de traits communique à de jeunes visages. Son front était large et haut. Ses yeux de feu, ombragés de sourcils épais et bordés de longs cils, se dessinaient comme deux ovales blancs entre deux lignes noires. Son nez offrait la gracieuse courbure d'un bec d'aigle. La pourpre de ses lèvres était rehaussée par les sinuosités de l'inévitable moustache noire. Ses joues larges et fortement colorées offraient des tons bruns et jaunes qui dénotaient une vigueur extraordinaire. Sa figure, une de celles que la bravoure a marquées de son cachet, offrait le type que cherche aujourd'hui l'artiste quand il songe à représenter un des héros de la France impériale. Le cheval trempé de sueur, et dont la tête agitée exprimait une extrême impatience, les deux pieds de devant écartés et arrêtés sur une même ligne sans que l'un dépassât l'autre, faisait flotter les longs crins de sa queue fournie ; et son dévouement offrait une matérielle image de celui que son maître avait pour l'empereur. En voyant son amant si occupé de saisir les regards de Napoléon, Julie éprouva un moment de jalousie en pensant qu'il ne l'avait pas encore regardée. Tout à coup, un mot est prononcé par le souverain, Victor presse les flancs de son cheval, et part au galop ; mais l'ombre d'une borne projetée sur le sable effraie l'animal qui s'effarouche, recule, se dresse, et si brusquement que le cavalier semble en danger. Julie jette un cri, elle pâlit ; chacun la regarde avec curiosité ; elle ne voit personne ; ses yeux sont attachés sur ce cheval trop fougueux, que l'officier châtie tout en courant redire les ordres de Napoléon. Ces étourdissants tableaux absorbaient si bien Julie, qu'à son insu elle s'était cramponnée au bras de son père à qui elle révélait involontairement ses pensées par la pression plus ou moins vive de ses doigts. Quand Victor fut sur le point d'être renversé par le cheval, elle s'accrocha plus violemment encore à son père, comme si elle-même eût été en danger de tomber. Le vieillard contemplait avec une sombre et douloureuse inquiétude le visage épanoui de sa fille, et des sentiments de pitié, de jalousie, des regrets même, se glissèrent dans toutes ses rides contractées. Mais quand l'éclat inaccoutumé des yeux de Julie, le cri qu'elle venait de pousser et le mouvement convulsif de ses doigts, achevèrent de lui dévoiler un amour secret ; certes, il dut avoir quelques tristes révélations de l'avenir, car sa figure offrit alors une expression sinistre. En ce moment, l'âme de Julie semblait avoir passé dans celle de l'officier. Une pensée plus cruelle que toutes celles qui avaient effrayé le vieillard crispa les traits de son visage souffrant, quand il vit d'Aiglemont échangeant, en passant devant eux, un regard d'intelligence avec Julie dont les yeux étaient humides, et dont le teint avait contracté une vivacité extraordinaire. Il emmena brusquement sa fille dans le jardin des Tuileries.Je n'ai pas reussi à trouver le texte de Nathalie Sarraute.
Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, 1831
Je pensais à un plan analytique (explication/illustration/commentaire).
Ma problématique est : Cette citation est-elle vraie ?
Mais faut-il que je montre 'l'intelligence' d'un auteur en citant un passage d'une de ses oeuvres ?
Un auteur doit être censé pour pouvoir transmettre des émotions à ses lecteurs. 'Intelligence' est un mot un peu dur, mais on peut utiliser 'logique', 'sincère'. Dans le corpus choisit, l'auteur décrit l'amour, la sensibilité du personnage …
Le roman permet à un auteur de montrer sa sensibilité, sa passion, grâce à son don de l'écriture.
Est ce que je suis sur la bonne voie ?
Merci d'avance
Cyrielle



