Littérature latino-américaine
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J'ai entendu parler d'un boom de la littérature latino-américaine dans la seconde moitié du XXème siècle. J'aimerais en savoir plus, et profiter de vos conseils de lecture.
J'ai déjà lu Cent ans de solitude de Garcia Marquez. J'ai apprécié ce qu'il est convenu d'appeler "l'art du conteur", en revanche je n'ai pas compris grand chose à la symbolique de l'oeuvre. On la dit douée d'un sens caché, il m'a échappé.
J'ai également lu deux livres du péruvien Vargas Llosa. Le premier, éloge de la marâtre, est étonnamment européen. Si les descriptions de la toilette quotidienne, quasi-obsessionnelle, de Don Rigoberto, ont pu m'écoeurer un peu, l'application minutieuse dans les détails, la finesse de l'écriture, toute en lascivité et séduction érotique, n'a pas laissé de me charmer, non plus que la mise en forme très originale, mêlant plusieurs récits à des tableaux de maîtres.
J'ai rempilé avec un deuxième roman: la ville et les chiens, qui raconte la vie de jeunes gens d'horizon divers réunis dans un lycée militaire. Le talent de Vargas Llosa, en tant qu'homme de lettres, y est moins éclatant. Il n'a pas la délicatesse qu'on lui trouve dans l'éloge de la marâtre, ni la facilité accueillante de Garcia Marquez, qui excelle dans la manière de brosser des décors, des personnages et des scènes en quelques lignes. Par contre, le livre est passionnant pour son contenu humain, pour sa maturité intellectuelle. Sinistre, dur, éprouvant, mais essentiel peut-être pour comprendre les hommes.
Ces deux auteurs m'ont donné envie d'en découvrir d'autres. Merci d'avance de vos conseils avisés.
Je recommande chaudement la lecture des oeuvres d'Alejo Carpentier, merveilleux (à tous points de vue) écrivain cubain. Je ne l'ai lu qu'en traduction car je ne comprends pas suffisamment l'espagnol, mais j'ai vraiment "accroché".
Concert baroque et
Le Siècle des Lumières sont des oeuvres passionnantes, colorées, denses, fines et intelligentes, parfois à la limite du surréalisme ("réalisme magique" est, je crois, le terme officiel…). Il a aussi consacré des écrits à la réalité politique cubaine (
Chasse à l'homme). Ses essais (que j'ai découverts tout récemment et pas encore vraiment explorés) ont l'air intéressants aussi.
Présentation et oeuvres ici :
https://web.archive.org/web/*/https://www.cubaliteraria.com/autor/alejo_carpentier/https://www.larousse.fr/encyclopedie/litterature/Carpentier/172259Je me risque à dire Quiroga, un auteur vénézuélien, dont j'ai lu deux courtes nouvelles qui 'mont beaucoup plues.Mais je ne sais pas si ça rentre en ligne de compte.
Merci. Les réponses ne se bousculent pas au portillon, mais c'est déjà ça. Je me suis procuré Concert Baroque.
Pourquoi Quiroga ne rentrerait-il pas en ligne de compte?
Dona Flor et ses deux maris de Jorge Amado ( Brésil).Humour, sensualité, gastronomie, réalité et imaginaire , pour moi cette lecture fut un régal 🙂
Je te conseille la lecture de l'écrivain argentin Cortazar, notamment le roman Rayuela (Marelle), qui est l'une des oeuvres emblématiques du "Boom" des années 60.
D'entrée de jeu (nous jouons à la marelle ne l'oublions pas), Cortazar propose à son lecteur deux options: une lecture classique, continue, qui suit l'ordre des chapitres, ou un nouveau mode de lecture, qui déconstruit l'ordre du roman pour proposer un nouvel itinéraire. Il faudra alors naviguer de chapitre en chapitre, pour se lancer dans une quête éperdue de la Mage, La femme enchanteresse…
Les deux lectures permettent d'envisager le roman sous un angle différent, et révèlent l'incroyable talent narratif de l'auteur, qui met les jeux formels au service de son propos, de son intrigue.
Un roman surréaliste, attachant, intelligent… qui t'amènera tout naturellement à lire "64 maquette à monter", autre folie douce de Cortazar dont le point de départ est un chapitre de Marelle.
Et puis tu te laisseras peut-être tenter par un "Tour du jour en quatre-vingt mondes" (oui tu as bien lu!)…. Réjouissante lecture de Verne à la lumière du surréalisme argentin.
Bonne lecture!
Je recommande voyez le Littérature Brésilienne dans ce même forum.
Adresse: Accueil » Autres littératures » Littérature brésilienne
Salut. Je suis de Córdoba (Argentina), et je suis en train d'apprendre le français. Alors, je doute de la correction de mon envoi.
Horacio Quiroga est argentin (ou d'Uruguay, je ne suis pas sûr), et pas de Venezuela. Il est mort avant du boom. Il est de 1910, 1920… Il est un escellent narrateur, contes, etc.
Le boom est fait principalement par de narrateurs de l'Amerique Latine, dès les soixantes. Julio Cortázar (Argentina), Gabriel García Márquez (Colombia), Mario Vargas Llosa (Perú), Carlos Fuentes (México), Alejo Carpentier (Cuba), etc. Ce sont deux choses: un boom de créativité, et un boom chez les maison d'edition dans le mondee entier (bah, je ne sais pas…).
Beaucoup de nouvelles techniques de narration, inconnues dans la narrative precedente d'Amerique Latine. On parle des villes, de la vie contemporane, et pas du campagne. Beaocoup d'ecrivains voyagent dans Europe, à France, par exemple (Fuentes, García Máquez, Cortázar).
Ce sont peu d'idées, les miennes, maintenant. A bientôt,
Pablo
Hola Tamarit !
Horacio Quiroga était urugayen mais a vécu en Argentine, je ne sais pas d'ailleurs si une de ses femmes n'était pas argentine. Autre grand écrivain urugayen : Mario Benedetti, écrivain et poéte.
Personnellement je conseillerai de découvrir Francisco Coloane, écrivain chilien, auteur de romans et de nouvelles,
https://www.bibliomonde.com/auteur/francisco-coloane-216.html https://www.bibliomonde.com/auteur/francisco-coloane-216.html
qui était un formidable conteur.
Il ne faut pas non plus oublier les poètes chiliens, Gabriela Mistral et Pablo Neruda, qui furent tous deux prix Nobel de littérature.
Salut, Acanthe. 🙂
Oui, Quiroga a vécu en Argentina. Dans "el litoral" (Misiones, Corrientes, Entre Rios). Le litoral est une terre pleine d'eau, de végétation, dangereuse (au debut du XXeme. siècle, du moins). Beaucoup de contes de Quiroga y se deroulent. Sa vie a été très difficile.
Je ne connais pas ce chilien. Merci pour le lien.
Il y a eu beaucoup de très bons poètes, l XXeme siècle. Octavio Paz. Bah, Borges. Borges appartient au boom, mais il fait d'autres choses, je pense. Il est très europeen. Nicolás Guillén et José Lezama Lima, dans Cuba, ont fait très belle poèsie, chacun de manière differente.
A bientôt,
Tamarit
PS: Benedetti est très popular, ici et a Uruguay.
Je conseille vivement la découverte des oeuvres de Ana María Shua (Argentine). Elle est l'auteur d'une quarantaine de livres. A lire absolument: le roman La muerte como efecto secundario, malheureusement non traduit. Ses micro-fictions, par contre viennent d'être publiées.
Robert
Salut Robert, je te remercie pour ta tentative de réponse, mais je ne vois pas vraiment a quoi répond ton aide dans le sens d mon travail. Tout compte fait, je te prie de m'en donner u n peu plus d'explication, dans la mesure du possible, pour la considération de ta piste. Je te rappelle que mon travail est sur la diglossie littéraire dans le roman( rapport de fonctionnalité entre créole haitien et français dans un même discours).
Bien a toi
Je
Bonjour Jeric,
Robert ne te répondait pas : ton sujet
ici…
Muriel
Bonjour!
Je suis mexicain et suis en train d'apprendre francais. N'oubliez pas Elena Garro. Son roman, Los recuerdos del povernir, peut être considéré un des précurseurs du réalisme magique. Ce roman est magnifique, dur, triste, réel! Elle a aussi écrit des pièces de théâtre.
Luisa Valenzuela. Elle appartient à la deuxième génération du "boom". Ses romans sont violents. Novela negra con argentinos est génial.
Juan Rulfo. Un grand, grand écrivain mexicain de la deuxième moitié du XXe. Il a publié seulement deux textes: El llano en llamas (recueil de contes) et Pedro Paramo. Les histoires se situent aux "pueblos" (campagnes), il y a un mélange de voix très intéressant.
@Alph: pourquoi vouloir à tout prix chercher un sens à la poétique de Garcia Marquez?
dans la littérature latino américaine et en particulier chez cet auteur, absurde et fantastique sont intimement lié. GM mène son lecteur complètement en bateau, c'est ça qui est plaisant!! il fait appraître, au détour d'une page, un noyer qu'on vénère comme un dieu, un fantôme qui parle… le tout inséré dans une réalité prosaïque, comme si ces phénomènes étaient totalement normaux et anodins.
peut-être serait il plus judicieux de se laisser porter par sa qualité de conteur, comme tu l'as si bien souligné.
Si tu as aimé Vargas Llosa, je te conseille "conversation à la cathédrale". c'est un de ses livres les plus salués, il joue totalement avec la construction temporaire dans une perspective synchronique et au delà de l'aspect technique, c'est, à mon sens, une excellente peinture de la société péruvienne des années 50. Sinon, de la même génération, il y a aussi Roa Bastos, paraguayen, et "fils d'homme". On y retrouve également le traitement de la réalité latino-américaine, mais dans un style totalement différent. Quand à "100 ans de solitude", la symbolique est totalement rattachée à tous les univers mythiques, en colonne vertébrale la création du monde et l'apocalypse biblique.
Un des grands oubliés, et pourtant un très bon, c'est Ernesto Sabato, trois livres simplement, apparement trois chef d'oeuvre (je peux pas être trop catégorique vu que je suis au coeur de Héros et tombes, mais ça vaut franchement le coup).
Ce sujet s'est bien développé. Merci pour tous ces conseils. Je vois qu'il y a des passionnés. J'ai pris note des noms qui ont été cités, et je pense vraiment en lire un bon nombre.
Pour GM, je dirais que je me suis laissé porté tranquillement sans trop me poser de questions. J'ai bien aimé, c'est sûr, mais tout en le lisant, j'avais le sentiment très ferme que quelque chose m'échappait totalement. Je crois que ma connaissance des mythes est quasi nulle, c'est pourquoi je n'ai vu dans ce livre qu'un agréable et fantaisiste voyage dans le temps à travers plusieurs générations.
Je ne sais pas si tu as lu Zoé Valdès, Alph, mais j'aime beaucoup ses romans, à la fois drôles et émouvants (quand elle parle de l'exil, notamment)…Je te conseille Café Nostalgia 😉 .
On peut ajouter Isabel Allende, Alfredo Bryce Echenique, Julio Cortazar (déjà cité, mais c'est un incontournable, surtout dans le domaine de la nouvelle), Jorge Luis Borges (lui aussi un monument), Benedetti…