El Desdichado de Nerval

Littérature

79 réponses · Page 2 / 4

qui a t'il de commun entre les personnages historiques ou légendaires, ainsi que les lieux géographiques ou mythologiques évoqués au fil de ce poème ? et quelle est leur fonction?

Il me semble que tu as ici toutes les réponses à ces questions : explique chaque personnage, chaque lieux. Nerval ravive ici des mythes très anciens que le romantisme à réactivé, il constitue sa légende personnelle. On voit des réseaux lexicaux qui reflète des tensions de polarsation opposé : quête de l'harmonie, combat à l'intérieur de l'être ("soleil noir") noblesse/malheur; Hauteur (Tour/ Pausillippe/ étoile (astre))/ profondeur (Tombeau/grotte/Achéron). Mort/retour à la vie. éléments naturels/éléments mystiques. Musique et chant (luth, lyre, Orphée). sert toi du déroulement du texte. Tout le charme du texte réside dans ces associations de personnages et lieux étranges, et par ce que l'on en fait ce texte renaît à chaque lecture avec une puissance préservée .
Ce n'est pas des comparaisons qu'on demande…mais ce qu'ils ont en commun.

Autre question : Quel est le genre de ce poème ? lyrique ? mélangé avec épique ? qu'est-ce que ça donne ?
N'est pas mettre en commun que de comparer?
Mettre en commun, c'est plus mettre en parallèle, c'est un peu différent.

P.S : Quel est le genre de ce poème ? lyrique ? mélangé avec épique ? qu'est-ce que ça donne ?
je ne pense pas que ce poème soit épique, plutôt lyrique. tu penses à épique à cause des mythes?
Si les demandes d'Andréa sont faites dans le cadre scolaire, MERCI de transférer la suite sur le bon fil
Comment je fais ? je crée un topic ? titre : aide scolaire sur El Deschidado ? Je verrais, je le crée https://www.etudes-litteraires.com/13503.html#p13503
El Desdichado : en miroir !
Éclairage nouveau sur ce poème, voir le titre calligraphié sur cette page
https://web.archive.org/web/*/https://www.vulgum.org/article.php3?id_article=376
On le lit à l'endroit comme à l'envers…
Bonsoir Jean-Luc,

Dites, Jean-Luc, vous n'avez jamais pensé que là :

"Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée."

il parlait de lui et de sa mère… : "Les soupirs de la Sainte" pour la conception dans le plaisir, et "les cris de la fée" pour la mise au Monde… ? C'est sa Sainte… C'est sa Fée… C'est sa Mère… qui lui a tant manqué… Il ne parle que d'Elle dans ce poème… ?

Muriel
Interessante hypothèse Muriel, que je n'ai vue mentionner nulle part encore !

(psitttttttt une question pour Edy, "vue mentionner" ou "vu mentionnée" ?)
Pour moi, ce poème, c'est le plus bel hymne à la Mère manquante…
Bonjour Muriel,

Votre interprétation est recevable au titre de la psychanalyse freudienne. Nerval pourrait effectivement n'avoir pas réglé son oedipe.
Sa mère lui a manqué et il a lui-même connu des troubles psychologiquess puis névrotiques.
Pour ma part, je préfère m'en tenir à l'ambivalence de la relation amoureuse en général sans aller jusqu'à une explication trop sacrilège. Il est cependant certain que l'ombre de la mère absente a plané sur toute la vie du pauvre Gérard.
Bonjour JeanLuc,

Je ne pensais pas à une explication freudienne, encore moins au fameux complexe…
Je pensais plutôt à une quête des origines, une immense interrogation sur ce qu'il (Nerval) représente en tant qu'être humain. Est-il fils d'Amour ? ou de Lusignan ? En d'autres termes, est-il l'incarnation de l'alliance (alchimique) des principes mâle et femelle, masculin et féminin, dans l'union d'Amour ? ou n'est-il qu'un produit de la descendance génétique ?
J'ai l'impression que la disparition physique de sa mère a généré en lui (et pour le reste de sa vie) l'impossibilité chronique de se "métamorphoser" en "Fleur"… Il n'est qu'un "prince d'Aquitaine"…
Son père était assez froid et distant.
Ce qui peut être supportable pour le commun des mortels ne peut pas l'être pour Nerval qui ne peut pas ramener à son essence profonde ce qu'il a appris en pratiquant l'alchimie spirituelle.
C'est sans doute le drame de sa vie.
Sa quête le conduit à une régression vers sa propre conception, d'où la double et inverse traversée de l' "Acheron"… : la première fois sous forme de spermatozoïde, la seconde sous forme "achevée" et en "devenir"… ( et, effectivement, comme vous le dites, "il n'a pas pu en "ramener" sa mère"…).
Vie et mort mêlées… Indissociables pour le restant de ses jours.
Il bute, il ne peut pas aller au delà de sa propre conception physique, il ne sait pas de "quoi" il est "fait"…
Il ne peut pas appréhender l'Eternité, "la mer (mère ?) allée avec le soleil (père ?)" de Rimbaud…
Il ne peut pas "vivre" son savoir ésotérique.

Ce sont les élucubrations murièlesques…
(j'en pense autant pour "Artémis"…)

Muriel
Bonjour Muriel,

Ces élucubrations n'en sont point.
Nerval a eu un culte pour Isis, la déesse-mère.
Est-ce l'absence de la mère qui ne lui a pas permis d'accéder à l'âge adulte ? Pourquoi a-t-il régressé vers les origines tout en y voyant un avenir syncrétique donc fusionnel ?
Pour les garçons, c'est plutôt l'absence du père qui ne permet pas la maturation. C'est le père qui doit couper symboliquement le cordon ombilical entre l'adolescent et la mère. Or ce père s'est montré distant. Nerval n'aurait pas eu de plateforme identificatoire…
Je ne suis pas un spécialiste de la psychologie des profondeurs, mais je n'oublie pas que Nerval a souffert d'impuissance, l'origine (ou la manifestation ?) de tous ces tourments.
Sa traversée régressive de l'Achéron peut être aussi liée à une naissance difficile, nous découvrons qu'il existe une vie intra-utérine et que le foetus connaît une véritable communication avec sa mère et avec le monde extérieur par le truchement de sa maman… Alors vos intuitions ont une part de vraisemblance !

Amicalement.
Jean Luc,

Je crois que ce qui lui a terriblement manqué, peut-être encore plus que la mère "physique", c'est la "Tour"… l'Athanor" dans lequel on "finit" de se construire… Le ventre extérieur, quand la Mère est Là… Et elle n'était plus là… Je crois que les pères ne sont jamais des Athanors…
Nerval était un initié ; à quels arcanes exactement c'est assez difficile à savoir. Peut-être lui a-t-il manqué un véritable guide sur une voie spirituelle (alchimie ou tarots)? Dès lors un "fatras" entre catholicisme et syncrétisme, un mélange de mythes qui se ressent très esthétiquement dans ses poèmes, mais qui n'a pu qu'accentuer un déséquilibre et une fêlure personnelle
Non Léah, rien de tout cela. Nerval AVAIT la Connaissance.

P.S. et en aucun cas un "fatras"…
Croyez-vous qu'il savait ? Dans quelle voie alors ?
C'est une voie qui ne se communique pas. C'est une voie qui se "vie".

… qui se vit… encore un lapsus…
Jean Luc,

Je crois que les pères, c'est pour l'Homme ; les mères sont pour l'Enfant. Et pas d'Homme sans Enfant… C'est la mère qui "construit" le pré-Homme, et uniquement elle. C'est le père qui met debout. Encore faut-il que l'enfant soit "debouïfiable"… Le père n'est rien sans la mère… (comme peut-être l'homme n'est rien sans la femme). L'inverse est peut-être moins vrai. (et je ne dis pas cela parce que je suis mère et femme…).

Amicalement moi aussi,

Muriel