bonjour!! j'ai un exposé à faire sur l'enjeu du voyage dans candide mais je ne trouve pas beaucoup de pistes alors un peu d'aide serait la bienvenue! J'imagine qu'il faut parler du voyage qui rend Candide un homme car désormais il a vu et est moins naïf. donc le voyage est plutôt positif mais en même temps il découvre le malheur. Mais je ne sais pas quoi mettre d'autre dans cet exposé. Donc si quelqu'un à des idées!! merci beaucoup et a bientôt!!!!
Exposé sur l’enjeu du voyage dans Candide
6 réponses
Bonsoir Mistouflette,
Je vais essayer de te fournir des pistes pour ton exposé sur "l'enjeu du voyage dans Candide". Tu énonces une idée très importante à ce sujet quand tu écris que "le voyage rend Candide un homme". Ce conte fonctionne en effet en grande partie comme un roman d'initiation ou un roman d'apprentissage. C'est par l'expérience qu'un humain se construit (V. les théories de Locke à l'époque, connues de Voltaire) et l'ensemble du conte qui va de la naissance à la vieillesse de Candide, est l'histoire d'une succession de voyages dans des pays choisis à dessein (il ne voyage ni en Inde, ni en Chine, ni dans les colonies anglaises d'Amérique du nord, par exemple).
S'il rencontre surtout des malheurs et des catastrophes, c'est que l'homme est un loup pour l'homme (Hobbes) et que, sorti du cadre protecteur de l'enfance et de la famille, il doit sans arrêt affronter un monde hostile et sans pitié. C'est donc à une leçon de réalisme et de pragmatisme que Voltaire conduit son lecteur. Mais il ne s'agit pas de sombrer dans le pessimisme outrancier, voire une misanthropie conduisant au repli sur soi. La morale du jardin invite plutôt au travail patient et courageux dans l'ombre au besoin pour rendre la vie supportable. La vie selon des critères humanistes est donc possible et souhaitable, à condition de retrousser ses manches…
L'enjeu du voyage est essentiel dans "Candide" sous l'angle de la recherche du meilleur endroit possible pour bien vivre sur la terre. Candide y consacre l'essentiel de sa vie jusqu'à la découverte de la Propontide qui lui parait la contrée la moins repoussante et la plus agréable, comparée à tous les autres pays qu'il a connus. Le climat y est doux, la vue magnifique et fruits et légumes y poussent bien. Les autres pays sont rendus invivables par le fanatisme et l'arrogance sectaire de leurs habitants. En Angleterre on tue les amiraux vaincus, en France on vole, on escroque, on ment et on persécute: quand Candide réussit à quitter ce pays, il croit être délivré de l'enfer! La description faite de la vie parisienne et de sa cohue est toujours valable aujourd'hui à mon avis…
A noter l'importance majeure de la visite de l'Eldorado qui symbolise le pays idéal, utopique. Ce pays est également insupportable, car il ne s'y passe rien (arrêt de l'histoire) et les habitants sont empêchés de partir comme dans un pays communiste! Cela ressemble donc à un vaste camp de concentration dont Candide se tire parce qu'il est étranger: profonde leçon anticipatrice des dictatures du XXème siècle.
Au cours de chacun de ses voyages, Candide a l'occasion d'expérimenter les conditions de vie dans différents pays, avec différentes religions (toutes sectaires et criminelles, haïssant les croyances des autres), différentes idéologies, dirions-nous aujourd'hui. Le pays idéal n'existe pas et il faut s'accommoder des moins mauvaises conditions que l'on peut rencontrer, si l'on a le choix.
Telles sont quelques idées qui me viennent à propos de ton exposé, en espérant qu'elle te seront utiles.
Je vais essayer de te fournir des pistes pour ton exposé sur "l'enjeu du voyage dans Candide". Tu énonces une idée très importante à ce sujet quand tu écris que "le voyage rend Candide un homme". Ce conte fonctionne en effet en grande partie comme un roman d'initiation ou un roman d'apprentissage. C'est par l'expérience qu'un humain se construit (V. les théories de Locke à l'époque, connues de Voltaire) et l'ensemble du conte qui va de la naissance à la vieillesse de Candide, est l'histoire d'une succession de voyages dans des pays choisis à dessein (il ne voyage ni en Inde, ni en Chine, ni dans les colonies anglaises d'Amérique du nord, par exemple).
S'il rencontre surtout des malheurs et des catastrophes, c'est que l'homme est un loup pour l'homme (Hobbes) et que, sorti du cadre protecteur de l'enfance et de la famille, il doit sans arrêt affronter un monde hostile et sans pitié. C'est donc à une leçon de réalisme et de pragmatisme que Voltaire conduit son lecteur. Mais il ne s'agit pas de sombrer dans le pessimisme outrancier, voire une misanthropie conduisant au repli sur soi. La morale du jardin invite plutôt au travail patient et courageux dans l'ombre au besoin pour rendre la vie supportable. La vie selon des critères humanistes est donc possible et souhaitable, à condition de retrousser ses manches…
L'enjeu du voyage est essentiel dans "Candide" sous l'angle de la recherche du meilleur endroit possible pour bien vivre sur la terre. Candide y consacre l'essentiel de sa vie jusqu'à la découverte de la Propontide qui lui parait la contrée la moins repoussante et la plus agréable, comparée à tous les autres pays qu'il a connus. Le climat y est doux, la vue magnifique et fruits et légumes y poussent bien. Les autres pays sont rendus invivables par le fanatisme et l'arrogance sectaire de leurs habitants. En Angleterre on tue les amiraux vaincus, en France on vole, on escroque, on ment et on persécute: quand Candide réussit à quitter ce pays, il croit être délivré de l'enfer! La description faite de la vie parisienne et de sa cohue est toujours valable aujourd'hui à mon avis…
A noter l'importance majeure de la visite de l'Eldorado qui symbolise le pays idéal, utopique. Ce pays est également insupportable, car il ne s'y passe rien (arrêt de l'histoire) et les habitants sont empêchés de partir comme dans un pays communiste! Cela ressemble donc à un vaste camp de concentration dont Candide se tire parce qu'il est étranger: profonde leçon anticipatrice des dictatures du XXème siècle.
Au cours de chacun de ses voyages, Candide a l'occasion d'expérimenter les conditions de vie dans différents pays, avec différentes religions (toutes sectaires et criminelles, haïssant les croyances des autres), différentes idéologies, dirions-nous aujourd'hui. Le pays idéal n'existe pas et il faut s'accommoder des moins mauvaises conditions que l'on peut rencontrer, si l'on a le choix.
Telles sont quelques idées qui me viennent à propos de ton exposé, en espérant qu'elle te seront utiles.
Bonjour Arisvolte!
Je te remercie pour toutes ces idées qui me sont très utiles: d'une part pour mon exposé et d'autre part, pour moi car je n'avais pas vu Candide sous tous ses angles ( par exemple pour Eldorado insupportable). J'aurais encore deux, trois petites questions à te demander: Candide arrive a la Propontide au chapitre 29 mais dans le chapitre 30, dans le jardin, il s'agit toujours de la Propontide? Et sinon penses-tu que je dois parler de Cunégonde? Car après tout s'il fait ce voyage c'est essentiellement pour elle! Et enfin penses-tu que je devrais parler de la Providence la destiné?Voila! à bientôt!
Je te remercie pour toutes ces idées qui me sont très utiles: d'une part pour mon exposé et d'autre part, pour moi car je n'avais pas vu Candide sous tous ses angles ( par exemple pour Eldorado insupportable). J'aurais encore deux, trois petites questions à te demander: Candide arrive a la Propontide au chapitre 29 mais dans le chapitre 30, dans le jardin, il s'agit toujours de la Propontide? Et sinon penses-tu que je dois parler de Cunégonde? Car après tout s'il fait ce voyage c'est essentiellement pour elle! Et enfin penses-tu que je devrais parler de la Providence la destiné?Voila! à bientôt!
Bonjour Mistouflette,
Je te remercie pour ton message qui me permet d'apporter quelques précisions:
- le dernier chapitre a lieu indubitablement en Propontide: le jardin dont il s'agit est celui de la métairie que Candide a pu acheter et garder. Cacambo va vendre des légumes à Contantinople qui est tout près, ainsi que le bon vieillard qui suggère à Candide la solution à ses problèmes.
- L'Eldorado est effectivement insupportable parce qu'il ne s'y passe rien et surtout parce que Cunégonde, son pur amour de jeunesse, sa passion, n'y est pas! On peut y voir là une des grandes leçons du conte: les humains sont mus par leurs passions, ce sont elles qui font le sel de la vie, le moteur de nos actions et qui nous rendent beaux. Malgré tout, il faut savoir les contenir au maximum, si l'on veut garder un restant de libre arbitre (c'est le siècle de la raison, il ne faut pas l'oublier). Cela amène à parler de Cunégonde. Elle constitue le fil conducteur du récit et la motivation de Candide en quelque sorte. Ce n'est pas directement ton sujet, mais la question des rapports amoureux et même celle de la sexualité tiennent une grande place dans le conte où elles sont traitées de manière pessimiste: ce sont des ingrédients illusoires et comme négatifs (vérole, Cunégonde enfin "possédée", mais devenue laide et acariâtre…)
- La question de la Providence et celle de la destinée sont également traitées dans le conte. En termes contemporains, on dirait qu'il s'agit de la contradiction entre notre liberté et nos déterminations. Voltaire refuse le déterminisme et la prédestination: c'est aux humains de construire leur vie et leur devenir en tâchant de s'en sortir malgré tous les pièges.
Je voudrais revenir sur ton sujet qui porte sur l'enjeu du voyage. La géographie de "Candide" constitue, à mon avis, la trame et le plan du conte qui est très rigoureusement construit. On a trente chapitres que l'on peut diviser en trois parties à peu près égales. Premièrement jusqu'au chapitre X, on est en Europe. Dans l'ordre, Candide parcourt la Westphalie, la Hollande, la Portugal et l'Espagne d'où il s'embarque pour l'Amérique à partir de Cadix. La deuxième partie concerne le voyage en Amérique et couvre neuf chapitres jusqu'à l'Eldorado (chap. 17 et 18). Il comprend les deux chapitres du voyage aller (l'histoire de la vieille, récit dans le récit pour universaliser le destin de Candide, qui mène le lecteur en Italie, en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, en Russie etc. un tour d'Europe et de Méditerranée où toutes les cruautés et tous les malheurs sont vécus chaque jour par les habitants). En Amérique le héros traverse l'Argentine, le Paraguay, l'Amazonie, le pays idéal qui n'existe pas et le Surinam.
Enfin la troisième partie va des chap. 20 et 21 (traversée retour vers l'Europe), au chap. 30 en passant par la France, pays de voleurs, l'Angleterre (vive traitée car Voltaire ne veut pas trop critiquer la monarchie parlementaire britannique qu'il admire), Venise et enfin Constantinople et sa région, terme du voyage.
On a donc un bel équilibre du plan, avec l'épisode de l'Eldorado, qui occupe une position centrale importante: il symbolise la fin des rêves de jeunesse et des illusions. Sur le plan temporel je placerais l'Eldorado à peu près à la fin de l'adolescence, au moment du passage à l'âge adulte, quand il faut abandonner l'idéalisme et commencer à s'accommoder du réel si l'on veut survivre.
Voilà pour aujourd'hui. Si cela t'intéresse, je pourrais te communiquer les coordonnées d'un ouvrage sur "Candide". Mais tu n'en as pas besoin véritablement maintenant. Ce serait pour le plaisir d'approfondir.
Bye-bye.
Je te remercie pour ton message qui me permet d'apporter quelques précisions:
- le dernier chapitre a lieu indubitablement en Propontide: le jardin dont il s'agit est celui de la métairie que Candide a pu acheter et garder. Cacambo va vendre des légumes à Contantinople qui est tout près, ainsi que le bon vieillard qui suggère à Candide la solution à ses problèmes.
- L'Eldorado est effectivement insupportable parce qu'il ne s'y passe rien et surtout parce que Cunégonde, son pur amour de jeunesse, sa passion, n'y est pas! On peut y voir là une des grandes leçons du conte: les humains sont mus par leurs passions, ce sont elles qui font le sel de la vie, le moteur de nos actions et qui nous rendent beaux. Malgré tout, il faut savoir les contenir au maximum, si l'on veut garder un restant de libre arbitre (c'est le siècle de la raison, il ne faut pas l'oublier). Cela amène à parler de Cunégonde. Elle constitue le fil conducteur du récit et la motivation de Candide en quelque sorte. Ce n'est pas directement ton sujet, mais la question des rapports amoureux et même celle de la sexualité tiennent une grande place dans le conte où elles sont traitées de manière pessimiste: ce sont des ingrédients illusoires et comme négatifs (vérole, Cunégonde enfin "possédée", mais devenue laide et acariâtre…)
- La question de la Providence et celle de la destinée sont également traitées dans le conte. En termes contemporains, on dirait qu'il s'agit de la contradiction entre notre liberté et nos déterminations. Voltaire refuse le déterminisme et la prédestination: c'est aux humains de construire leur vie et leur devenir en tâchant de s'en sortir malgré tous les pièges.
Je voudrais revenir sur ton sujet qui porte sur l'enjeu du voyage. La géographie de "Candide" constitue, à mon avis, la trame et le plan du conte qui est très rigoureusement construit. On a trente chapitres que l'on peut diviser en trois parties à peu près égales. Premièrement jusqu'au chapitre X, on est en Europe. Dans l'ordre, Candide parcourt la Westphalie, la Hollande, la Portugal et l'Espagne d'où il s'embarque pour l'Amérique à partir de Cadix. La deuxième partie concerne le voyage en Amérique et couvre neuf chapitres jusqu'à l'Eldorado (chap. 17 et 18). Il comprend les deux chapitres du voyage aller (l'histoire de la vieille, récit dans le récit pour universaliser le destin de Candide, qui mène le lecteur en Italie, en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, en Russie etc. un tour d'Europe et de Méditerranée où toutes les cruautés et tous les malheurs sont vécus chaque jour par les habitants). En Amérique le héros traverse l'Argentine, le Paraguay, l'Amazonie, le pays idéal qui n'existe pas et le Surinam.
Enfin la troisième partie va des chap. 20 et 21 (traversée retour vers l'Europe), au chap. 30 en passant par la France, pays de voleurs, l'Angleterre (vive traitée car Voltaire ne veut pas trop critiquer la monarchie parlementaire britannique qu'il admire), Venise et enfin Constantinople et sa région, terme du voyage.
On a donc un bel équilibre du plan, avec l'épisode de l'Eldorado, qui occupe une position centrale importante: il symbolise la fin des rêves de jeunesse et des illusions. Sur le plan temporel je placerais l'Eldorado à peu près à la fin de l'adolescence, au moment du passage à l'âge adulte, quand il faut abandonner l'idéalisme et commencer à s'accommoder du réel si l'on veut survivre.
Voilà pour aujourd'hui. Si cela t'intéresse, je pourrais te communiquer les coordonnées d'un ouvrage sur "Candide". Mais tu n'en as pas besoin véritablement maintenant. Ce serait pour le plaisir d'approfondir.
Bye-bye.
Bonjour Arisvolte!!!
Encore merci pour ces nouvelles informations qui me permettent de mieux comprendre cette oeuvre. Je me renseignerai sur le livre que tu m'a conseillé, car désormais je suis curieuse d'en connaitre plus sur "Candide".
J'imagine que je ne suis pas la seule à profiter de tes précieuses informations et que quelques uns de mes camarades de classe auront la chance de les lire.
Je viens de terminer mon travail et je te ferais part, avec plaisir, de la suite des évènements…
A bientôt!!!
Encore merci pour ces nouvelles informations qui me permettent de mieux comprendre cette oeuvre. Je me renseignerai sur le livre que tu m'a conseillé, car désormais je suis curieuse d'en connaitre plus sur "Candide".
J'imagine que je ne suis pas la seule à profiter de tes précieuses informations et que quelques uns de mes camarades de classe auront la chance de les lire.
Je viens de terminer mon travail et je te ferais part, avec plaisir, de la suite des évènements…
A bientôt!!!
Bonjour Mistouflette,
Bravo pour avoir terminé ton travail avant le week-end et merci pour ton intérêt. Je suis sûr que tu feras un exposé brillant et super-intéressant!
Si tu veux, je peux revenir brièvement sur les étapes du parcours de Candide qui n'est évidemment pas le fruit du hasard. On a écrit qu'il s'agissait en quelque sorte d'un "roman à tiroirs" et que Voltaire avait pu à loisir rajouter des pays visités comme autant d'épisodes, comme il l'a fait pour le Surinam. En fait, il ne faut pas perdre de vue l'équilibre général du conte et l'harmonie de sa construction.
Candide est élevé en Westphalie, en territoire germanophone qui évoque la Prusse où Voltaire a eu maille à partir avec Frédéric II. C'est l'occasion de critiquer certains préjugés allemands de l'époque (nobiliaires, prétention et dogmatisme intellectuels, lourdeur etc.) La guerre entre Bulgares et Abares (nom inventé), symbolise toutes les guerres de l'époque et n'a donc pas de lieu précis. En Hollande, Candide reçoit un pot de chambre rempli sur la tête car il ne croit pas que le Pape soit l'Anté-Christ (dénonciation de la charité chrétienne qui ne s'applique qu'à ceux qui partagent les mêmes préjugés, qui est monnayée en quelque sorte). Au Portugal, Candide fait l'expérience du tremblement de terre qui avait profondément marqué Voltaire au point de lui faire écrire un fameux "poème sur le désastre de Lisbonne" (1754). Le voyage au Portugal et en Espagne s'impose pour dénoncer les horreurs de l'Inquisition, quand l'Eglise toute puissante persécutait tous ceux qui refusaient d'adopter les mêmes croyances (sorte de dictature idéologique comme on en a connu tout au long du XXème siècle à droite et à gauche et qui perdure aujourd'hui sous de nouvelles formes).
En Amérique, Candide ne manque pas de passer par l'Etat jésuite du Paraguay (appelé "Réductions"), théocratie chrétienne où "Los Padres y ont tout et les peuples rien". Voltaire y règle une fois de plus ses comptes avec les Jésuites ses maitres, dont il fut l'élève le plus brillant et le plus sarcastique. Enfin, après l'Eldorado, au sens symbolique si fort et si futuriste (on dirait de la science-fiction avec une garde armée composée de femmes et commandée par des femmes! Une abondance de biens et de nourriture qui anticipe sur la société moderne de consommation etc.), le passage sur le Surinam qui permet à Voltaire d'ajouter l'esclavage des noirs aux ingrédients du meilleur des mondes.
Au retour en Europe, Candide fait à nouveau l'expérience des absurdités de la vie en France (chapitre qui a posé le plus de problèmes d'écriture à Voltaire tant il connaissait le sujet!), de la vie superficielle et mondaine à Venise. Il n'a toujours pas trouvé de point de chute valable. Candide va à Constantinople pour retrouver Cunégonde et il décide d'arrêter là sa quête ne croyant plus trouver ailleurs de quoi réaliser ses anciens rêves. La Propontide rappelle les rives du lac Léman où Voltaire lui-même a posé ses bagages, notamment dans sa maison des "Délices". Mais il ne s'est pas encore installé à Ferney, près de la frontière franco-suisse où il cultivera enfin le jardin évoqué dans "Candide". A ferney, devenu indépendant et stabilisé, il mettra en valeur la contrée et s'entourera d'amis pour y vivre enfin avec recul et sagesse, comme son héros… Mais non s'en s'occuper encore de dénoncer les vices du monde, en réhabilitant Calas, par exemple.
Très bon week-end et à bientôt.
Bravo pour avoir terminé ton travail avant le week-end et merci pour ton intérêt. Je suis sûr que tu feras un exposé brillant et super-intéressant!
Si tu veux, je peux revenir brièvement sur les étapes du parcours de Candide qui n'est évidemment pas le fruit du hasard. On a écrit qu'il s'agissait en quelque sorte d'un "roman à tiroirs" et que Voltaire avait pu à loisir rajouter des pays visités comme autant d'épisodes, comme il l'a fait pour le Surinam. En fait, il ne faut pas perdre de vue l'équilibre général du conte et l'harmonie de sa construction.
Candide est élevé en Westphalie, en territoire germanophone qui évoque la Prusse où Voltaire a eu maille à partir avec Frédéric II. C'est l'occasion de critiquer certains préjugés allemands de l'époque (nobiliaires, prétention et dogmatisme intellectuels, lourdeur etc.) La guerre entre Bulgares et Abares (nom inventé), symbolise toutes les guerres de l'époque et n'a donc pas de lieu précis. En Hollande, Candide reçoit un pot de chambre rempli sur la tête car il ne croit pas que le Pape soit l'Anté-Christ (dénonciation de la charité chrétienne qui ne s'applique qu'à ceux qui partagent les mêmes préjugés, qui est monnayée en quelque sorte). Au Portugal, Candide fait l'expérience du tremblement de terre qui avait profondément marqué Voltaire au point de lui faire écrire un fameux "poème sur le désastre de Lisbonne" (1754). Le voyage au Portugal et en Espagne s'impose pour dénoncer les horreurs de l'Inquisition, quand l'Eglise toute puissante persécutait tous ceux qui refusaient d'adopter les mêmes croyances (sorte de dictature idéologique comme on en a connu tout au long du XXème siècle à droite et à gauche et qui perdure aujourd'hui sous de nouvelles formes).
En Amérique, Candide ne manque pas de passer par l'Etat jésuite du Paraguay (appelé "Réductions"), théocratie chrétienne où "Los Padres y ont tout et les peuples rien". Voltaire y règle une fois de plus ses comptes avec les Jésuites ses maitres, dont il fut l'élève le plus brillant et le plus sarcastique. Enfin, après l'Eldorado, au sens symbolique si fort et si futuriste (on dirait de la science-fiction avec une garde armée composée de femmes et commandée par des femmes! Une abondance de biens et de nourriture qui anticipe sur la société moderne de consommation etc.), le passage sur le Surinam qui permet à Voltaire d'ajouter l'esclavage des noirs aux ingrédients du meilleur des mondes.
Au retour en Europe, Candide fait à nouveau l'expérience des absurdités de la vie en France (chapitre qui a posé le plus de problèmes d'écriture à Voltaire tant il connaissait le sujet!), de la vie superficielle et mondaine à Venise. Il n'a toujours pas trouvé de point de chute valable. Candide va à Constantinople pour retrouver Cunégonde et il décide d'arrêter là sa quête ne croyant plus trouver ailleurs de quoi réaliser ses anciens rêves. La Propontide rappelle les rives du lac Léman où Voltaire lui-même a posé ses bagages, notamment dans sa maison des "Délices". Mais il ne s'est pas encore installé à Ferney, près de la frontière franco-suisse où il cultivera enfin le jardin évoqué dans "Candide". A ferney, devenu indépendant et stabilisé, il mettra en valeur la contrée et s'entourera d'amis pour y vivre enfin avec recul et sagesse, comme son héros… Mais non s'en s'occuper encore de dénoncer les vices du monde, en réhabilitant Calas, par exemple.
Très bon week-end et à bientôt.



