Subjonctif ou indicatif ?

Langue française

573 réponses · Page 9 / 29

Le subjonctif marque la persistance d'un doute.
A comparer avec : " Je m'étais habituée à l'idée que la terre est ronde. "
Merci pour cette réponse rapide.
J'ai plusieurs questions en retour.
Le subjonctif est-il obligatoire ou est-ce le contexte qui détermine si c'est le subjonctif ; ou bien encore est-ce l'intention de l'auteur?
Est-on dans un registre soutenu ou est-ce utilisable à l'oral ?
Dans ce type de phrase, c'est l'intention de l'auteur, sa subjectivité, qui compte.
Pour une même assertion, certains douteront davantage que d'autres.
Merci Jehan.
J'imagine que cela relève du registre soutenu.

J'ai rapidement parcouru ce sujet. Il y a quelque chose que je ne comprends pas.

Quand il y a doute --> subjonctif.
Je doute qu'il soit là.
OK, ça me va.

Par ailleurs si j'ai bien compris, outre le sens du verbe lui-même, c'est le sens que l'on veut mettre dans son discours qui compte (cf ton dernier message).

Mais je ne comprends pas cette règle avec penser, croire…etc.

Je crois qu'il est là.
Ok ça me va.
Je pense qu'il est là.
Tout va bien.
Pourtant, selon moi, il me semble que le doute est intrinsèque au verbe penser (idem pour croire). On peut même renforcer le doute par le contexte de la phrase et donc l'intention claire de l'auteur : je pense qu'il est là mais je n'en suis pas sûr.
Je n'imagine pas un minute écrire : je pense qu'il soit là mais je n'en suis pas sûr.

Je ne comprends donc pas…Il ya certainement un élément qui me manque 😞
Tu pourras dire :
- Je pense qu'il est là, mais je n'en suis pas sûr.
- Je doute qu'il soit là.
- Je ne pense pas qu'il soit là.
- Je doute qu'il soit là, mais il se peut que je me trompe.
- Il se peut qu'il soit là, mais j'ai peut-être tort.
Quand on dit : "Je pense qu'il est" ou "Je crois qu'il est", même si la certitude n'est pas absolue, la probabilité positive prime tout de même sur le doute.
Que l'on explicite ou non la légère réserve qui demeure ("mais je n'en suis pas sûr") n'y change rien.

En revanche, quand on dit : "Je ne pense pas qu'il soit" ou "Je ne crois pas qu'il soit là", la réalité de la présence est fortement remise en question.

De tels subjonctifs relèvent du registre courant…
Ce qui relèverait du registre soutenu, ce serait d'utiliser l'imparfait du subjonctif quand la principale est au passé, par respect rigoureux de la concordance des temps.
Je ne croyais pas qu'il fût, par exemple.
Je ne comprends pas plus (voire moins) :
Dans la phrase d'Amélie Nothomb que je cite plus haut c'est l'intention de l'auteur qui fait que le subjonctif est nécessaire, me dit-on.
Je ne comprends donc pas pourquoi le doute de l'auteur n'est pas considéré dans la phrase je pense qu'il est là, mais j'en doute.

NB : ma question sur le registre ne concerne pas ces exemples courants mais la phrase d'Amélie Nothomb qui me semble nettement moins couler de source.
Il faut reconnaître qu'à côté des grandes tendances indiquées ci-dessus pour départager indicatif et subjonctif, il y a des usages qui imposent l'un ou l'autre sans que cela obéisse de manière aussi évidente aux tendances générales dégagées. Ainsi, la différence entre je souhaite que tu viennes et j'espère que tu viendras, .
Il y a plus de certitude que de doute dans la phrase d'Amélie Nothomb. Sémantiquement parlant, je pense que… a un degré de conviction personnelle supérieur à 50%.
Mithridate a écrit :Il y a plus de certitude que de doute dans la phrase d'Amélie Nothomb. Sémantiquement parlant, je pense que… a un degré de conviction personnelle supérieur à 50%.
Je commence à comprendre. On prend en considération le doute si celui-ci est plus "fort" (>50 %) que la certitude (< 50 %).

On est bien d'accord, la phrase d'Amélie Nothomb est celle-ci :
"Je m'étais habituée à l'idée que l'existence soit une longue liesse alcoolisée…"?
Donc, le bienfondé du subjonctif voudrait dire que l'auteur a voulu signifier que, tout en s'étant habituée à cette idée, elle n'y avait jamais cru.
Est-ce bien çà?
Je repose alors ma question : est-ce du registre courant? Si oui comment ai-je pu passer à côté de çà?
Ici, c'est bien plus simple. Il fut une époque où Amélie Nothomb pensait que la vie était rose et joyeuse et, à ce moment-là, elle aurait très bien pu dire : "Je m'habitue à l'idée que l'existence est une longue liesse alcoolisée[…]" ! Depuis, par un quelconque moyen, elle a découvert que ce n'était qu'un leurre. Enfin, je ne fais que spéculer. Tout ce qui est certain, c'est que son opinion a changé. Elle ne dira donc plus cette même phrase, mais plutôt : "Je m'étais habituée à l'idée que l'existence soit une longue liesse alcoolisée […]".
Elle est probablement persuadée à plus de 90% de la véracité de ses dires, ce qui veut dire qu'elle doute à au moins 90% du fait que l'existence soit une longue liesse alcoolisée. J'ai choisi un tel pourcentage parce qu'il y a très peu de nuance ici. À vrai dire, je n'en vois pas !
Au risque de lasser… Je n'ai toujours pas compris.

Elle y croit : "Je m'habitue à l'idée que l'existence est une longue liesse alcoolisée" .

Elle n'y croit pas : " Je m'habitue à l'idée que l'existence soit une longue liesse alcoolisée[…]" ?? 🙄

Elle y croyait, ou non, mais aujourd'hui elle y croit : "Je m'habituais à l'idée que l'existence est une longue liesse alcoolisée" .

Elle y croyait, ou non, mais aujourd'hui elle n'y croit pas : " Je m'habituais à l'idée que l'existence soit une longue liesse alcoolisée".

Peut-être pourriez-vous me donner d'autres exemples (puisque c'est du registre courant).
Pour faire simple : l'indicatif ici exprimerait un pur constat de façon neutre, le subjonctif présente la chose en y mêlant une appréciation personnelle implicite.
Libre à chacun de spéculer sur ladite appréciation.
Mais il n'est pas sûr que l'idée exprimée (existence = longue liesse alcoolisée) soit forcément considérée comme un leurre par l'auteur.
Tout ce qu'on peut dire, c'est que cette idée pour elle n'a pas tout à fait la neutralité d'un pur constat, quelles qu'en soient les raisons.

La nuance est donc fort ténue ici entre subjonctif et indicatif, et aucun de ces modes ici n'est strictement "obligatoire".
Merci Jehan mais je jette l'éponge 😞

Tout çà est très vexant car on me dit que c'est du registre courant et non une subtilité réservée aux fins lettrés. Tout le monde sait donc parfaitement ce que j'igore et n'arrive pas à comprendre… Il faut sans doute s'y faire! :/
Tout le monde sait donc parfaitement ce que j'ignore et n'arrive pas à comprendre…
Tu ne crois pas que tu extrapoles un peu ?
Dire que c'est du registre courant n'implique pas forcément que la nuance soit clairement consciente chez tous les usagers quand ils en usent spontanément…
Ce qui n'empêche pas les "fins lettrés" ou grammairiens de tenter d'analyser la nuance éventuellement exprimée.
L'analyse de l'emploi du subjonctif fondée sur la probabilité de vérité ne convient pas dans tous les cas, et pour la phrase en question, il me semble que Mithridate est / soit parti sur une fausse piste…
la concordance des temps du français est souvent differente de celle de l'espagnol et de l'italien.
donc tu dois revoir la concordance de l'italien et voir comment sa se traduit en français.
Séraphin, l'usage du subjonctif, ce n'est pas une simple histoire de concordance des temps…
Le sens du verbe de la principale, la conjonction introduisant la subordonnée,la construction de la phrase, le genre de nuance que je viens d'expliquer, tout cela est à prendre en compte…

Et je ne vois pas en quoi il serait nécessaire d'apprendre ou de revoir l'italien pour maîtriser le subjonctif en français. D'autant plus que tu dis que c'est différent.
J'ai toujours compris que dans le cas d'une complétive interrogative avec inversion, le subjonctif est nécessaire. Est-ce juste?

Qu'en est-il dans le cas d'une complétive négative? Quelle est la différence de nuance dans l'emploi des deux modes?

P.ex.
Je ne crois pas qu'il viendra.
Je ne crois pas qu'il vienne.
Petite remarque: ce n'est pas la complétive qui est interrogative ou négative, c'est la principale…

Dans chaque cas, subjonctif ou indicatif sont tous deux utilisables.

Crois-tu qu'il vienne ? = Le demandeur doute de la venue et n'émet qu'une hypothèse.
Crois-tu qu'il viendra ? = Le demandeur considère que la venue a de grandes chances d'être effective….Du moins l'espère-t-il fortement.

Je ne crois pas qu'il vienne. = Je ne suis pas sûr de sa venue, qui n'est qu'une hypothèse.
Je ne crois pas qu'il viendra. = Je suis presque certain qu'il ne viendra pas.

Mais si la complétive est en tête de phrase, elle est au subjonctif dans tous les cas, puisque sa valeur de vérité ou son degré de probabilité ne seront précisés qu'en fin de phrase :

Qu'il soit malade, je le crois.
Qu'il soit malade, je ne le crois pas.
Qu'il soit malade, c'est certain.
Jehan, merci.

En fait, je me demandais si cela valait pour les différents types de complétives, que le CLE (je crois) classe en verbes de tête et de coeur, les premiers à diviser entre des verbes qui expriment un voir, un penser et un dire.

Les verbes dits «de tête» expriment une certitude, du moins une forte probabilité, que la négation ou l’interrogative vient précisément remettre en question. Est-ce que la distinction entre simple hypothèse ou certitude du contraire vaut dans chaque cas?

Comme un exemple vaut mieux que mille mots :

VERBES DE «VOIR»
(voir, constater, observer, remarquer, noter, se rendre compte ; il est évident, il est clair, cela saute aux yeux, il va de soi)

+ NÉGATION

=> J’ai constaté que ce garçon est fou.

1. Je n’ai pas constaté que ce garçon est fou.
2. Je n’ai pas constaté que ce garçon soit fou.

sens?

1. = Le garçon est fou, mais je ne l’avais pas constaté (?).
2. = Je ne pense pas que ce garçon ‘‘est’’ fou (?).

==> Est-ce qu’on pourrait dire que dans

1. ce qui est remis en question par la négation, c’est ma perception (constater que), mais pas son objet (le fait du garçon d’être fou)
2. ce qui est remis en question par la négation, c’est la thèse avancé mais pas ma perception/mon jugement.

Dans ce dernier cas, pourrait-on inverser la négation ainsi :

Je n’ai pas constaté que ce garçon soit fou = Je pense que ce garçon n’est pas fou.


+ INTERROGATIVE INVERSÉE

Peut-on dans ce cas encore utiliser l’indicatif comme le subjonctif?

1. As-tu constaté que ce garçon est fou?
2. As-tu constaté que ce garçon soit fou?

sens?

1. = Je pense qu’il est dingue, mais je voudrais avoir ton opinion pour être sûr.
2. = Je ne crois pas qu’il soit timbré, mais je voudrais avoir ton opinion pour être sûr.

VERBES DE «PENSER»
(penser, croire, supposer, imaginer, présumer, estimer, juger, tenir, deviner, considérer, trouver ; être sûr, certain, convaincu ; il est sûr, certain, exact, vrai, probable, garanti)

+ NÉGATION

=> Je crois que Pierre a eu un accident.

1. Je ne crois pas que Pierre a eu un accident.
2. Je ne crois pas que Pierre ait eu un accident.

sens?

1. = ?
2. = On m’a dit que Pierre a vraiment eu un accident, mais je n’arrive pas à le croire.


+ INTERROGATIVE INVERSÉE

Peut-on dans ce cas encore utiliser l’indicatif comme le subjonctif?

1. Crois-tu que Pierre a eu un accident?
2. Crois-tu que Pierre ait eu un accident?

sens?

VERBES DE «DIRE»
(dire, déclarer, proclamer, prétendre, assurer, affirmer, garantir, certifier, admettre, signaler ; il est assuré, admis)


+ NÉGATION

=> Elle m’a dit qu’elle ne me chérit plus.

1. Elle ne m’a pas dit qu’elle ne me chérit plus.
2. Elle ne m’a pas dit qu’elle ne me chérisse plus.

sens?


+ INTERROGATIVE INVERSÉE

1. T’a-t-elle dit qu’elle ne te chérit plus?
2. T’a-t-elle dit qu’elle ne te chérisse plus?

sens?


=> Je sais que je vous présente un sandwich taillissime à la digestion, mais j’avoue que l’usage indicatif-subjonctif me grille un peu les neurones… alors merci pour votre aide !!

bon, les volontaires ne se bousculent pas je vois… 😀