Subjonctif ou indicatif ?
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Thierry dit à Emilie qu’il n’est pas possible qu’ils soient allés au cinéma.
Il n'est pas possible : on affirme cette impossibilté. → indicatif.
qu'ils soient allés au cinéma : la réalité de l'action "aller au cinéma" est niée. → subjonctif.
Bonjour,
Quel mode mettre après "rien ne prouve que" ?
Exemple : "Rien ne prouve qu'il soit coupable." ou "Rien ne prouve qu'il est coupable."
Le mode indicatif se justifierait parce qu'on affirme un fait : nous n'avons aucune preuve de sa culpabilité.
Mais le mode subjonctif se justifierait aussi parce que, faute de preuves, sa culpabilité est donc douteuse.
Qu'en pensez-vous ?
Vous avez parfaitement justifié les deux positions et de fait on rencontre les deux chez les bons auteurs, mais le subjonctif me semble quand même plus fréquent puisque le locuteur, celui qui s'exprime et a le choix des temps, est dans le doute.
L'indicatif dans la subordonnée serait tout de même très peu logique…
Car ce qui est affirmé, ce n'est pas la culpabilité, c'est seulement que rien ne la prouve (principale à l'indicatif, forme négative).
En revanche, puisque rien ne la prouve, la culpabilité demeure dans le virtuel, et le subjonctif dans la subordonnée se justifie pleinement :
Rien ne prouve qu'il soit coupable.
Si la principale avait été à la forme affirmative, en revanche, on aurait écrit :
Cet indice prouve qu'il est coupable.
Jehan a écrit :En revanche, puisque rien ne la prouve, la culpabilité demeure dans le virtuel, et le subjonctif dans la subordonnée se justifie pleinement :
Rien ne prouve qu'il soit coupable.
Dans la plupart des cas, oui. Mais on peut imaginer d'autres circonstances qui rendent l'emploi de l'indicatif possible.
Une jeune femme se fait agresser dans la rue par son voisin dont elle reconnaît bien le visage. On arrête le voisin, mais celui-ci dispose d'un alibi, sa mère affirme qu'il a dîné ce soir-là avec lui. La jeune femme, dépitée, constate : "On l'a relâché faute de preuves ; rien malheureusement ne
prouve qu'il est coupable, mais moi, je sais bien qu'il l'est".
Prenons cette autre phrase, tirée de
ce livre :
On doit présumer que le lien du mariage subsiste toujours, tandis que rien ne prouve qu'il est rompu.
Cet indicatif me semble donner un sens à la phrase très fort. Il emporte avec lui une idée de
certitude sur la rupture du lien pour aller contre la présomption d'existence du lien. Le subjonctif serait moins fort.
Je conviens que toutes ces nuances sont parfois subtiles et subjectives.
D'accord avec ces subtiles nuances.
Quant à la dernière phrase, elle serait plus compréhensible de nos jours en écrivant :
On doit présumer que le lien du mariage subsiste toujours, tant que rien ne prouve qu'il est rompu.
Merci beaucoup Lamaneur. Et bonne soirée !
Bonjour à tous,
Très heureux de vous retrouver après un moment d’absence.
1-Je viens de lire cette phrase dans mon journal:
<< Cela ne veut pas dire que l'islam SOIT une religion hostile à la démocratie >>.
-Cela ne veut pas dire que, est-il toujours suivi du subjonctif?
2-Supposons qu'une soirée aura lieu le samedi à venir.
Quelqu'un me demande lass tu viendra à la soirée.
2-Puis je lui répondre? je suis malade, ça ne veut pas dire que je ne VIENNE pas
L'indicatif est peut-être possible, mais à mon sens le subjonctif est ici nettement préférable :
il marque mieux la distance avec la prétendue "vérité générale" de la subordonnée.
Cela ne veut pas dire que l'islam soit une religion hostile à la démocratie.
Pour la deuxième phrase, qui ne prétend pas discuter d'une "vérité générale", on peut aussi utiliser le futur simple :
Je suis malade, mais ça ne veut pas dire que je ne viendrai pas.
Bonjour
Derrière le verbe « nier », employé dans une proposition affirmative, on trouve toujours, me semble-t-il, un subjonctif, jamais un indicatif ou un conditionnel (en regardant ces deux modes comme distincts).
Derrière le verbe « nier », employé dans une proposition négative ou interrogative, on trouve le plus souvent un subjonctif, et quelquefois un indicatif.
Maintenant, quand le verbe « nier » est employé dans une proposition négative ou interrogative, il paraît logique qu’il puisse aussi être suivi par un conditionnel, et une phrase telle que « je ne nie pas qu’il serait un bon parti pour votre fille » semble correctement construite. Le problème est d’en trouver une analogue dans la bonne littérature, et non chez des auteurs à peu près inconnus. Quelqu’un serait-il capable de réaliser cela ?
Voici tout ce que j’ai trouvé :
"Je partis, je revins ici, parce que ma mère était malade. Ce ne fut pas un prétexte, non; cependant, je ne nierai pas que je n'aurais pas saisi même un motif aussi sacré avec tant d'empressement, si je ne m'étais aperçue que j'étais quelquefois de trop au château, que ma présence y était une gêne" (D’Israeli, Le Mystère de Rebecca, dans la Revue britannique de janvier 1844);
"On ne peut nier ici qu'en effet, si la raison nous était donnée directement par un Être qui serait la vérité même, elle s'imposerait à nous avec une autorité bien plus grande que lorsque nous la considérons comme une habitude" (Jean-Baptiste Prudence Boissière, Anthropodicée du pouvoir de l’habitude);
et, apparenté :
"Et certes, je ne le nierai pas, j’aurais un mépris bien profond pour un défenseur qui, dans les circonstances au milieu desquelles je suis placé, ne partagerait pas ma détermination" (Nicolas-François Bellart, Plaidoyer pour la veuve Michel).
Peut-être ma manière de chercher est-elle en cause. Merci d’avance.
Cordialement et respectueusement.
J'ai un problème avec cette phrase:
Tu n'ignores pas que ma mère (être) malade
Je pense que le verbe "être" doit être mis au subjonctif mais j'ai un doute.
Merci d'avance de vos réponses
Non, pas de subjonctif ici. Indicatif. Fait réel et avéré.
Tu n'ignores pas que ma mère est malade = Tu sais que ma mère est malade.
Salut à toutes et à tous,
Dans le cas suivant, je pense devoir utiliser l'indicatif puisque l'idée exprimée est de l'ordre factuel. Pouvez-vous me donner une confirmation?
C'est la meilleure course que j'ai faite.
Au lieu de
C'est la meilleure course que j'aie faite.
J'ai quand même un doute…
Les deux modes peuvent se concevoir.
L'indicatif exprime certes un pur constat, mais dans une telle tournure, comme le note Riegel, il est souvent moins approprié.
Quant au subjonctif, toujours selon Riegel, il exprime ici non pas l'irréalité du fait, mais l'ensemble des possibles dans lequel s'effectue la sélection exprimée par l'antécédent.
Voilà, vous avez mis en mots clairs ce que je percevais d'une manière vague :
Quant au subjonctif, toujours selon Riegel, il exprime ici non pas l'irréalité du fait, mais l'ensemble des possibles dans lequel s'effectue la sélection exprimée par l'antécédent.
Merci beaucoup et bonne nuit !
Salut à tous,
je rencontre une difficulté en version, et je ne sais pas si ma phrase est correcte en français - je n'ai pas réussi à obtenir une réponse tranchée.
Je crains qu'il n'en viendra jamais à bout.
Dans la phrase d'origine (en italien) il est certain que le sujet ne viendra pas à bout de son activité: est-ce que "je crains que + indicatif" est grammaticalement correct?
Merci
Il faut le subjonctif après "craindre que".
C'est bien ce que je… craignais. Merci🙂
Les Le Bidois observaient :
Les verbes craindre, trembler, avoir peur et autres semblables, sont suivis du subjonctif dans la subordonnée. C'est que la crainte est (comme le désir) la passion la plus apte à tendre le ressort psychologique qui déclenche le subjonctif. Sans doute, on rencontre parfois aussi l'indicatif futur ou même un conditionnel, mais c'est une exception, et dans une intention spéciale.
Fénelon, que Littré recommande de ne pas imiter, est le spécialiste de ces constructions :
La construction de craindre, suivi de que et d'un verbe, est le subjonctif ; il faut donc se garder d'imiter ces phrases de Fénelon :
FÉN., Dial. des morts, n° 37: Je crains bien que tous ces petits sophistes grecs achèveront de corrompre les moeurs romaines.
FÉN., ib.: Je craignais que les Grecs nous communiqueraient bien plus leurs arts que leur sagesse.
FÉN., ib. n° 21: Ne craignais-tu pas que Pythias ne reviendrait point et que tu payerais pour lui ?
C'est un archaïsme.
Dans un devoir, il faut s'en tenir au subjonctif laïc et obligatoire. Dans la vraie vie, c'est plus discutable. Il est en tout cas certain que les constructions avec l'indicatif ont toujours cours, témoin ces deux billets :
https://chouxdesiam.hautetfort.com/archive/2006/11/06/craindre-que-indicatif-ou-subjonctif1.htmlhttps://chouxdesiam.canalblog.com/archives/2008/06/28/9737094.htmlPouvez-vous me dire pourquoi le subjontif me heurte dans la phrase lue ce matin :
"Je m'étais habituée à l'idée que l'existence soit une longue liesse alcoolisée…"?
Sans réfléchir j'aurais évidemment mis est et non soit… :/??