Subjonctif ou indicatif ?
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Je sais que ce n'est pas l'objet de votre question mais je constate que vous avez complètement fait l'impasse sur une éventuelle concordance des temps.
1. Je n’ai pas constaté que ce garçon était (est)fou.
2. Je n’ai pas constaté que ce garçon fût (soit) fou.
Dans beaucoup de cas, l'un et l'autre peuvent se dire et s'expliquer, mais il y a certains exemples où je sentirais mieux son application stricte, par exemple :
T’a-t-elle dit qu’elle ne te chérissait (chérit) plus?
une éventuelle concordance des temps
À vrai dire, il me semblait que dans mon exemple il faut garder le présent en tant qu'il exprime une vérité générale, du moins actuelle.
Oui, et cela s'applique bien au fait d'être fou qui, s'il est avéré, doit être actuel et permanent. En revanche, justement, je trouve que ça s'applique justement mal au fait que la personne ne me chérit plus, qui renvoie à une rupture passée.
Bon,
peut-être y a-t-il une distinction à faire entre les verbes qui expriment un processus cognitif (verbes de voir et de penser) et ceux dites "de dire" où seul applique la concordance des temps particulière pour le discours indirect? 🙄
Mais j'ai des doutes, car tout en appliquant la concordance des temps comme en 1. ci-dessous (antériorité => plus-que-parfait), il me semble qu'on puisse néanmoins utiliser un subjonctif en raison de la négation.
Elle a admis qu'elle a volé ma montre.
1. Elle n'a pas admis qu'elle avait volé ma montre.
2. Elle n'a pas admis qu'elle ait volé ma montre.
Le subjonctif me semble ici possible à moi aussi…
Phrase 1 : Elle n'a pas admis qu'elle avait volé ma montre.
Ici, c'est un double constat de la victime du vol : le refus de la voleuse d'admettre le vol, la réalité du vol par cette voleuse.
Phrase 2 : Elle n'a pas admis qu'elle ait volé ma montre.
Il me semble qu'en utilisant ici le subjonctif, on insiste plutôt sur le point de vue de la voleuse en question… Son refus d'admettre la réalité étant souligné à la fois par la négation dans la principale et par le subjonctif dans la subordonnée.
Mais tu auras peut-être d'autres avis !
Jehan merci,
donc cela voudrait dire que l'indicatif suggère la réalité du fait avancé, tandis que le subjonctif le met en doute?
Cela marche-t-il avec les différents cas présentés, à savoir verbes exprimant une sensation, une pensée et un dire? Cf. mon post précédent un peu long…
Merci pour tes réactions
Bon… Par petites tranches alors ! 😜
1. Je n’ai pas constaté que ce garçon est fou.
À ce moment du passé, je n'ai pas constaté ce qui maintenant s'avère exact.
2. Je n’ai pas constaté que ce garçon soit fou.
Je ne l'ai pas constaté, et je ne suis toujours pas convaincu de la réalité de sa folie.
1. As-tu constaté que ce garçon est fou?
Il est avéré que ce garçon est fou. As-tu fait toi aussi le constat de sa folie ?
2. As-tu constaté que ce garçon soit fou?
On peut douter de la folie de ce garçon. L'as-tu pourtant vraiment constatée ?
Jehan,
ok pour cette tranche. Tu traduis mieux que moi ce que je pensais tout bas… 😀
J'attends la prochaine lamelle avec une impatience à peine soutenue …
Encore une petite tranche…
1. Je ne crois pas que Pierre a eu un accident.
Avec "Paul ne croit pas", ce serait plus simple. Ce serait un constat de l'incrédulité de Paul quant à un fait pourtant avéré.
Avec le "je", on est quasi obligé de supposer un présent de narration. À ce moment du passé, je suis encore incrédule… Mais par la suite j'ai pu constater la réalité de l'accident.
2. Je ne crois pas que Pierre ait eu un accident.
Je doute de la réalité de l'accident.
1. Crois-tu que Pierre a eu un accident ?
Le fait me semble plus que probable. Qu'en penses-tu pour ta part ?
2. Crois-tu que Pierre ait eu un accident?
Le fait me semble peu probable, mais il est possible… Qu'en penses-tu pour ta part ?
merci…
encore un petit effort… 😉
il reste les 100 derniers mètres…
1. Elle ne m’a pas dit qu’elle ne me chérit plus.
C'est une affirmation insistante : je suis sûr que cela, elle ne l'a pas dit.
2. Elle ne m’a pas dit qu’elle ne me chérisse plus.
Là, on souligne une hésitation à affirmer : je pense qu'elle n'a pas dit cela, mais je n'en suis pas si sûr.
1. T’a-t-elle dit qu’elle ne te chérit plus ?
Je me renseigne simplement. T'a-t-elle dit ces mots : "Je ne te chéris plus" ?
Ou bien : Il est avéré qu'elle ne te chérit plus. Te l'a-t-elle dit?
2. T’a-t-elle dit qu’elle ne te chérisse plus ?
Je n'étais pas présent, mais je doute qu'elle ait pu te dire ça. Je demande confirmation.
Ou bien : j'étais présent, mais tu as dans doute mal compris.
Par cette question rhétorique, je veux en fait te faire comprendre que ce n'est sans doute pas ce qu'elle a dit.
grand merci Jehan pour toutes ces réponses claires.
Je tacherai de m'en faire une mini-synthèse prochainement…
Bonsoir,
Un russe qui apprend le français m'a soumis une question (sur un forum) à laquelle je n'ai pas su répondre. La voici:
Pourquoi à la fin de cette phrase: "… la seule façon que je connaisse." on utilise un subjonctif et pas l'indicatif "que je connais".
La tâche est rendue plus ardue encore par le fait que la phrase soit incomplète.
Pour moi, le subjonctif me paraît plus naturel, mais je n'ai pas pu donner une raison logique à cette préférence.
Pensez-vous qu'on puisse utiliser les deux modes ?
Si non, quel mode vous parait le meilleur et pour quelle raison grammaticale ?
Enfin, si vous pouviez donner une phrase complète en exemple qui reprenne la fin de la phrase que j'ai donnée, pour illustrer votre explication, ce serait super.
Merci beaucoup de votre aide. 🙂
Bonsoir.
Quand l'antécédent du relatif exprime une sélection, une restriction parmi un ensemble de possibilités, le subjonctif dans la subordonnée est préférable :
C'est la seule ( la meilleure, la plus belle, etc.) façon que je connaisse…
Le subjonctif exprime ici l'ensemble des possibles parmi lesquels s'opère le choix, la restriction.
L'indicatif convient souvent moins. Il présuppose un constat d'existence effective :
Subjonctif : C'est la seule chambre qui soit libre. (parmi toutes les chambres qui pourraient l'être)
Indicatif : C'est la seule chambre qui est libre. (Il n'y a que celle-là, c'est un pur constat. Les autres chambres qui pourraient l'être ne sont pas évoquées.)
Salut !
Ma question porte plutôt sur la proposition principale que sur le mode subjonctif.
Jehan a écrit :"Ça m'étonnerait"… On exprime un sentiment personnel, un point de vue sur une éventuelle réussite.
On doute de la réalité de cette réussite. La subordonnée qui suit est donc au subjonctif.
" Ça m'étonnerait qu'elle ait réussi du premier coup."
D'abord, les phrase suivantes, est-ce qu'elles sont toutes acceptables ?
1) Ça m'
étonnerait qu'elle ait réussi du premier coup. (hors de question !)
2) Ça m'
étonnera qu'elle ait réussi du premier coup.
3) Ça m'
étonne qu'elle ait réussi du premier coup.
4) Je m'
étonnerais qu'elle ait réussi du premier coup.
5) Je m'
étonnerai qu'elle ait réussi du premier coup.
6) Je m'
étonne qu'elle ait réussi du premier coup.
Sinon, laquelle(ou lesquelles) est(sont) impossible(impossibles) et pourquoi ?
Ensuite, est-ce qu'il y a, par hasard, quelques nuances entre elles ?
Merci, d'avance.
- Ça m'étonne, ça m'étonnerait mettent davantage l'accent sur le fait accompli causant mon étonnement.
- Je m'étonne, je m'étonnerais mettent davantage l'accent sur ma réaction d'étonnement.
Mais la nuance est mince.
- Ça m'étonnerait, je m'étonnerais : le fait accompli qui causerait mon étonnement n'est pas avéré, il est peu probable pour moi qu'il se soit réalisé.
- Ça m'étonne, je m'étonne : je reconnais pour vrai le fait accompli causant mon étonnement. La subordonnée reste cependant au subjonctif, puisque j'exprime mon sentiment par rapport à ce fait avéré.
- Ça m'étonnera, je m'étonnerai ne me semblent pas convenir ici.
Le fait causant l'étonnement étant accompli, on ne voit pas comment l'étonnement pourrait n'être que futur.
Jehan a écrit :- Ça m'étonnera, je m'étonnerai ne me semblent pas convenir ici.
Le fait causant l'étonnement étant accompli, on ne voit pas comment l'étonnement pourrait n'être que futur.
Merci, Jehan.
J'ai compris.
Mais, puisque tu es là, je voudrais renouveller ma question sur le futur simple.
La phrase
"Ça m'étonnera qu'elle réussisse du premier coup." est-elle correcte ?
Veuille me répondre, s'il te plait.
Hwang(moijesuisneant) a écrit :La phrase "Ça m'étonnera qu'elle réussisse du premier coup." est-elle correcte ?
Non, elle ne semble pas normale ni naturelle. Dans la mesure où l'on n'est pas sûr qu'elle réussisse du premier coup, puisqu'on parle de l'avenir, on emploie le conditionnel "ça m'étonnerait" qui indique souvent quelque chose d'incertain et non le futur "ça m'étonnera" qui indiquerait un fait certain. Or le fait est d'autant plus incertain qu'on est en train de dire qu'on en serait étonné.
On pourrait dire avec un peu plus de logique "Ça me fera plaisir qu'elle réussisse du premier coup", si l'on a tellement confiance en elle qu'on est sûr qu'elle réussira du premier coup. Dans la réalité, on n'est jamais sûr de rien, et il semble aussi préférable de dire : "ça me ferait plaisir qu'elle réussisse du premier coup", et à la première phrase qui sonne un peu bizarrement malgré tout à mes oreilles, on préférera peut-être "Ça me fera plaisir si elle réussit du premier coup".
Mais une phrase comme "Ça m'étonnera toujours qu'elle réussisse du premier coup." est correcte.
Judicieuse observation, puisque là, les faits sont avérés : elle a l'habitude de réussir du premier, j'ai l'habitude de m'en étonner (on se demande un peu pourquoi, mais bon !), donc cela m'étonnera toujours !