Je suis une Légende, de Richard Matheson

Littérature

11 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
J'ai vu le film Je suis une Légende



… et ai voulu lire le roman de Richard Matheson : Grâce à PriceMinister, j'ai trouvé la première édition de 1955, avec un prix correct.
Evidemment, je l'ai lu. Une agréable lecture, dirais-je. Ce roman ne raconte pas ce qu'on voit vraiment dans le film avec Will Smith.

Un jour, comme par hasard, j'ai feuilleté quelques pages de ce roman : Suspense absolue ! C'est bien le même titre, bien le même auteur… mais pas le même tracteur !
Donc il y a deux versions de ce romans :
Je suis une légende (le livre) de Richard Matheson, traduit de l'américain par Claude Elsen, a connu différentes éditions françaises :

* Denoël, coll. « Présence du futur », n°10, 1955 (rééditions en 1972, 1977, 1979, 1983, 1990, 1991, 1993, 1999) ;
* C.A.L., coll. « Les chefs-d'œuvre de la science-fiction et du fantastique », 1973 ;

Une nouvelle traduction de Nathalie Serval est parue aux éditions suivantes :

* Gallimard, coll. « Folio SF », n°53, traduction de Nathalie Serval, 2001
* Denoël, coll. « Lune d'encre », 2003.
(Wikipédia)
Alors je vous demande, si vous avez lu ces deux versions différentes, quelle traduction préférez-vous ?
Celle de Claude Elsen (la première) ou celle de Nathalie Serval (la seconde) ?
Et c'est lequel le plus proche à notre actualité: le film ou le livre?
Et c'est lequel le plus proche à notre actualité: le film ou le livre?
Ni l'un ni l'autre !
A savoir que, dans le roman, le héros, Robert Neville, est un blanc aux cheveux blonds (alcoolique parce qu'il est seul comme survivant) qui erre seul sans chien — qui n'est qu'un animal ajouté seulement pour le film, et non dans le roman.
Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais j'ai trouvé marrant !
Robert Neville est un anagramme de terrible novel (en français : roman terrible)…
Ou plutôt roman pas terrible!
je trouve le livre vraiment très agréable, mais je ne connais pas les traductions française. Le film serait parfait s'il nous épargnait un happy end des plus inutile: le rôle féminin était bien mieux dans le livre;
Cela dit, je réponds surtout pour remercier Wolf: merci pour l'anagramme, il est effectivement très intéressant! je crois pourtant que c'est le meilleur livre de Mattheson
c'est faut, le chien n'est pas ajouté dans le film pour fair bien, il était présent, je dispose de l'édition denoël collection de 1988 me semble t'il et le chien y est, certe il est peu important et très peu présent (3 pages environ) mais il y était !
Et je trouve ce livre merveilleux
Je sais qu’il est de bon ton de faire preuve d’un certain relativisme, de dire que tout est affaire de goût, mais au risque d’en froisser quelques-uns, je me lance.
Le film de Francis Lawrence ne saurait être comparé au roman de Matheson. Le film est un blockbuster à la gloire d’un héros (un personnage interprété par Will Smith ne saurait être un pauvre type), un scientifique de renom qui est aussi (bien sûr) un homme d’action avec des pectoraux ; il lutte contre des vampires qui ne sont évidemment que des monstres qu’il convient d’éliminer jusqu’au dernier. Le roman au contraire est centré sur un personnage lambda au bord du désespoir, confronté à des enjeux qui le dépassent, un homme réchappé du désastre par hasard, et qui se forme sur le tas pour chercher un remède au vampirisme. Après avoir tué de nombreux vampires, sans plaisir aucun, il découvre que certains d’entre eux ont créé une nouvelle civilisation, vouée à succéder à celle des hommes. Quant au titre lui-même, si dans le film il faut le prendre tout bêtement au premier degré, dans le roman il fait écho à l’ironie résignée du personnage principal.
Je m’arrête là, je pourrais disséquer longuement ces deux œuvres pour démonter le film, un gros film d’action fait pour attirer les foules, et chanter les louanges du roman, le plus beau peut-être du grand Richard Matheson (je recommande aussi, dans une atmosphère très différente, Le jeune homme, la mort et le temps).

(J’ai cru remarquer, wolf-w, que tu avais choisi Philip K. Dick comme avatar : un choix que je ne saurais qu’approuver, tant le divin Philip figure haut dans mon panthéon de la science-fiction et de la littérature…).
O'Brien a écrit :(je recommande aussi, dans une atmosphère très différente, Le jeune homme, la mort et le temps.)
Ce n'est pas faux ! Je le recommande aussi.
Il existe également en version cinématographique dont j'ai oublié – à tort – le titre, mais c'est avec Christopher "Superman" Reeves et Jane "Dr Queen" Seymour.
O'Brien a écrit :(J’ai cru remarquer, wolf-w, que tu avais choisi Philip K. Dick comme avatar : un choix que je ne saurais qu’approuver, tant le divin Philip figure haut dans mon panthéon de la science-fiction et de la littérature…)
Heureux qu'on partage la même adoration fidèle pour Philip K. Dick. Il fait parti de ma liste des top 5 en ordre alphabétique, car il m'est impossible de les classer au meilleur sommet.
Entre nous deux, es-tu au courant que les trois prochains films tirés de ses romans :
🙂 The Owl in Daylight (2009) (d'une nouvelle, Owl in Daylight : Je ne l'ai jamais entendu parlé…)
🙂 Screamers 2 (2009) (d'une nouvelle, Nouveau modèle (Second Variety) – la suite du premier évidemment !)
🙂 Radio Free Albemuth (2008) (du roman, Radio libre Albemuth)

Et pour finir, je te laisse cet interview qui pourrait t'intéresser : https://www.dickien.fr/dossiers/tony-grisoni/interview-tony-grisoni-owl-daylight.html https://www.dickien.fr/dossiers/tony-grisoni/interview-tony-grisoni-owl-daylight.html
Merci pour ce lien, voilà un site que je visiterai régulièrement…
L'interview en question est très intéressante, et laisse bien augurer du projet, tant le scénariste semble avoir compris l'essence de l'oeuvre dickienne.
C'est vrai que de manière générale, l'adaptation des oeuvres de Dick au cinéma est pour le moins inégale : cela va du chef-d'oeuvre (Blade runner), à l'excellent (Minority Report, sauf les 20 dernières minutes complètement ratées) au très bon (A Scanner darkly) en passant par l'honnête (Screamers, en français Planète hurlante), le mauvais (Paycheck) et l'abominable (Total Recall, dont le héros est interprété par Schwarzenegger : comment ont-ils pu faire ça à Philip K. Dick ?).
On peut s'étonner de voir un auteur resté toute sa vie un marginal et aujourd'hui tant adapté au cinéma, mais les thèmes qui parcourent son oeuvre, en particulier la paranoïa, sont des ressorts qui peuvent très efficacement nourrir une intrigue.
Pour ceux qui n'ont rien lu de ce génial auteur (par ailleurs admirateur de Proust), qu'ils ne soient pas effrayés par l'étiquette "science-fiction" qu'on lui accole. Chez lui, pas de batailles dans l'espace, pas de duels au pistolet laser ou autres gracieusetés : Philip K. Dick, c'est la perpétuel recherche de l'humain, ce sont des intrigues bien bâties, des personnages forts, émouvants, qui cherchent leur place dans un monde qu'ils ne comprennent pas, ou qui leur paraît hostile. Un de mes romans préférés, dans la dernière manière de Philip K. Dick, est A scanner darkly, en français Substance mort. Le personnage principal est un policier, infiltré au milieu de drogués et de junkies, dont il a pris certain(e)s en affection. Son chef direct, qui ne connaît pas son visage (pour sa sécurité) lui confie la mission de surveiller un drogué qui n'est autre que… lui-même (d'où des scènes ubuesques, comme celle où il doit visionner des cassettes de vidéosurveillance pour voir ce qu'il y a de suspect dans son propre comportement !). Cette situation, ajoutée à la prise de stupéfiants divers, alimente d'autant plus sa schizophrénie et sa paranoïa… La drogue, ses effets euphorisants et ses ravages sont d'autant mieux décrits que Dick les a vécus lui-même. Un roman noir, magnifique, parcouru par la folie et (apparemment seulement) le désespoir. J'en relis régulièrement des passages en écoutant OK Computer (il paraît que Radiohead s'est inspiré de Dick pour écrire Paranoid android).
C'est un bon livre, agréable à lire.