Anthologie poétique sur le thème du naufrage

Entraide scolaire

8 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

J'ai une anthologie de 10 poémes à rendre pour aprés les vacances. Ces poémes doivent s'inscrire dans un théme. J'ai choisit comme théme le naufrage. C'est un choix qui me semble un peut pointilleux, mais je veux quand même essayer. Nos poémes peuvent être de toutes les époques, et de tous les auteurs que l'on veux. J'ai besoin d'aide pour le choix de mes poémes. J'en ai trouver déja pas mal mais je sais pas si ils s'inscrivent totalement dans ce théme. Sachant que la perception d'un théme est assez subjective en poésie, je ne veux pas parler que du "naufrage en mer" mais aussi d'autre ruptures irréversibles. Voilà merci de votre aide =)

Quelques uns des poémes que j'ai selectioné : Est-ce un bon choix?
Naufrage de Suzanne Scheinert-Servais

Personne n’a frappé à ma porte aujourd’hui
Semblable au ressac, je me heurte à moi-même,
Au cri né de toi et qui se perd en moi,
J’oppose le poids des soupirs du vent,
Ténébrante nuit qu’une bulle illumine,
Voici l’heure où s’accouplent les saturnies,
Et j’ai à les entendre l’âme ouverte.
Une odeur d’algue traîne sur ma blessure,
L’océan brame, les natures s’entrechoquent.
Sur l’aussière tranchée, je descelle les liquides.
Esclave de l’eau, l’écume rejoint le feu que le marin devant la mort consigne.

Suzanne Scheinert-Servais
naufrage de la mort
poème
par Anca Garnita



si loin était le ciel
qu'on oubliait notre monde souterrain
chaque nuit un clochard traversait la ville
cloué à son lit vertical
tel un lierre sur les remparts
il m'apprit l'instant
du naufrage de la mort
Pablo Neruda
Une chanson désespérée


Ton souvenir surgit de la nuit où je suis.
La rivière à la mer noue sa plainte obstinée.


Abandonné comme les quais dans le matin.
C'est l'heure de partir, ô toi l'abandonné!


Des corolles tombant, pluie froide sur mon coeur.
Ô sentine de décombres, grotte féroce au naufragé!


En toi se sont accumulés avec les guerres les envols.
Les oiseaux de mon chant de toi prirent essor.


Tu as tout englouti, comme fait le lointain.
Comme la mer, comme le temps. Et tout en toi fut un naufrage!


De l'assaut, du baiser c'était l'heure joyeuse.
lueur de la stupeur qui brûlait comme un phare.


Anxiété de pilote et furie de plongeur aveugle,
trouble ivresse d'amour, tout en toi fut naufrage!


Mon âme ailée, blessée, dans l'enfance de brume.
Explorateur perdu, tout en toi fut naufrage!


Tu enlaças la douleur, tu t'accrochas au désir.
La tristesse te renversa et tout en toi fut un naufrage!


Mais j'ai fait reculer la muraille de l'ombre,
j'ai marché au-delà du désir et de l'acte.


Ô ma chair, chair de la femme aimée, de la femme perdue,
je t'évoque et je fais de toi un chant à l'heure humide.


Tu reçus l'infinie tendresse comme un vase,
et l'oubli infini te brisa comme un vase.


Dans la noire, la noire solitude des îles,
c'est là, femme d'amour, que tes bras m'accueillirent.


C'était la soif, la faim, et toi tu fus le fruit.
C'était le deuil, les ruines et tu fus le miracle.


Femme, femme, comment as-tu pu m'enfermer
dans la croix de tes bras, la terre de ton âme.


Mon désir de toi fut le plus terrible et le plus court,
le plus désordonné, ivre, tendu, avide.


Cimetière de baisers, dans tes tombes survit le feu,
et becquetée d'oiseaux la grappe brûle encore.


Ô la bouche mordue, ô les membres baisés,
ô les dents affamées, ô les corps enlacés.


Furieux accouplement de l'espoir et l'effort
qui nous noua tous deux et nous désespéra.


La tendresse, son eau, sa farine légère.
Et le mot commencé à peine sur les lèvres.


Ce fut là le destin où allait mon désir,
où mon désir tomba, tout en toi fut naufrage!


Ô sentine de décombres, tout est retombé sur toi,
toute la douleur tu l'as dite et toute la douleur t'étouffe.


De tombe en tombe encore tu brûlas et chantas.
Debout comme un marin à la proue d'un navire.


Et tu as fleuri dans des chants, tu t'es brisé dans des courants.
Ô sentine de décombres, puits ouvert de l'amertume.


Plongeur aveugle et pâle, infortuné frondeur,
explorateur perdu, tout en toi fut naufrage!


C'est l'heure de partir, c'est l'heure dure et froide
que la nuit toujours fixe à la suite des heures.


La mer fait aux rochers sa ceinture de bruit.
Froide l'étoile monte et noir l'oiseau émigre.


Abandonné comme les quais dans le matin.
Et seule dans mes mains se tord l'ombre tremblante.


Oui, bien plus loin que tout. Combien plus loin que tout.


C'est l'heure de partir. Ô toi l'abandonné.
Merci. Pas de reponses?

siou plait…

merci
Le bateau ivre Rimbaud
Tu peux regarder du côté des mystiques, poésie qui implique un “naufrage” de l'ego. Omar Khayyam, Rumi….
J'ai pris le bâteau ivre de Rimbaud. Mais je me pose une question, dans mon anthologie les poémes doivent "vraiment" traiter du "naufrage" ou alors sa peut être seulement sous- entendu?

merci
Tu peux sans problèmes déborder du sens strict de ce mot, mais prends soin dans ta Préface de t'en expliquer.
merci =)

Je me pose (encore) une question,
j'ai trouvé un poéme d'Aragon qui parle du naufrage "en creux"(naufrage du coeur dans les yeux d'elsa : naufrage dans le sesn perdre pied) , mais ce poéme est aussi un blason, qui décrit les yeux d'Elsa d'ou son titre, entre t'il dans mon théme ou en est il trop éloigné?

merci
Les Yeux d'Elsa


Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire
J'ai vu tous les soleils y venir se mirer
S'y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire

À l'ombre des oiseaux c'est l'océan troublé
Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent
L'été taille la nue au tablier des anges
Le ciel n'est jamais bleu comme il l'est sur les blés

Les vents chassent en vain les chagrins de l'azur
Tes yeux plus clairs que lui lorsqu'une larme y luit
Tes yeux rendent jaloux le ciel d'après la pluie
Le verre n'est jamais si bleu qu'à sa brisure

Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée
Sept glaives ont percé le prisme des couleurs
Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs
L'iris troué de noir plus bleu d'être endeuillé

Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche
Par où se reproduit le miracle des Rois
Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois
Le manteau de Marie accroché dans la crèche

Une bouche suffit au mois de Mai des mots
Pour toutes les chansons et pour tous les hélas
Trop peu d'un firmament pour des millions d'astres
Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux

L'enfant accaparé par les belles images
Écarquille les siens moins démesurément
Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens
On dirait que l'averse ouvre des fleurs sauvages

Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où
Des insectes défont leurs amours violentes
Je suis pris au filet des étoiles filantes
Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d'août

J'ai retiré ce radium de la pechblende
Et j'ai brûlé mes doigts à ce feu défendu
Ô paradis cent fois retrouvé reperdu
Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes

Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa
Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent
Moi je voyais briller au-dessus de la mer
Les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa
Louis Aragon
Extrait de "Les Yeux d'Elsa"
édition Séghers.
Il me semble t'avoir répondu sur les débordements possibles…
Mais merci de nous rappeler ce superbe poème.
Une derniére question, tu me parles des mystiques "poémes qui incluent un naufrage de l'égo", honnêtement, je ne vois pas tellement le rapport :s
les mystiques sont des poémes religieux, et/ou qui évoquent les rapports du poétes avec la religion ?
J'ai trouvé pas mal d'auteurs persans qui en ont écrit, et j'ai du mal à ressentir "un naufrage", aprés tout c'est assez subjectif, mais j'aimerais connaître ta définition des mystiques?.

merci bcp
Pour revenir au thème du naufrage, je pense au "Suave Mari Magno…" dans le De Natura Rerum de Lucrèce