Rebonjour, et bonnes vacances à ceux qui y sont tout comme moi.
Notre prof nous a donné à faire un Sujet d'Invention ,ayant pour but d'écrire un Incipit à la manière de Michel Butor, comme dans son oeuvre "La Modification".
Donc, ne pas faire une description physique importante, et accorder beaucoup d'importance aux sensations, tout en livrant quelques informations sur la vie du personnage.
Voici mon texte. Je l'ai déjà rendu, c'est juste pour avoir votre avis dessus. Merci d'Avance.
PS: Je suis en 1ère S, donc vous comprendrez que le domaine littéraire n'est pas mon fort 😀
UN TREMPLIN
Un bruit de klaxon détone à proximité des tes oreilles, te sortant de tes rêves tourmentés qui ponctuent chacune de tes nuits, hachées par des sursauts d’anxiété. Le bruit sourd vient souffler dans tes oreilles, suivi d’une douleur lancinante à l’intérieur de ton crâne, qui ne cessera que tard dans la matinée. Ca y est, l’heure du réveil a sonné, une fois de plus par le même klaxon, par le même conducteur, avec la même rengaine, qui se répète jours après jours, à n’en plus finir, et tu oses espérer qu’aujourd’hui, ça changera.
Tes paupières s’ouvrent légèrement, bloquées par un fin beurre squameux accroché aux cils, et laissent passer un mince filet lumineux, brûlant tes yeux sensibles, asséchés par cette nuit écoulée. Cette agression matinale te rend déjà d’une humeur irritable, et pourtant, ce n’est que le début de la galère quotidienne dans laquelle tu es embarquée depuis le virage social que tu as pris. Tu te décides enfin à te lever, tentes de remuer en vain l’extrémité de tes doigts engourdis par le froid, et te rends compte que l’ensemble de ton bras, de ton épaule à l’extrémité de tes phalanges, ne répond pas, complètement anesthésié par le vent glaciale qui a soufflé cette nuit. Tu te forces à faire fonctionner tes muscles inertes, faisant converger toutes ton énergie dans ton unique bras droit, et tu ressens, enfin, une chaleur, un flux liquide désagréable, longeant petit à petit chaque partie de ton bras, jusqu’à atteindre le bout de tes doigts, lui donnant une couleur rosâtre rassurante.
Malgré cette sensation agréable d’avoir retrouvé le contrôle de toi, le froid est toujours là, apporté par un vent pénétrant, glacial, vicieux, s’insinuant dans chaque ouverture de tes vêtements, parcourant sans répit ton torse et caressant froidement, tel un murmure, la courbe de ta colonne vertébrale. Tu te retournes dans tous les sens, labourant tes omoplates et tes lombaires sur un goudron gelé, cherchant la position qui te permettra de contrer cet ennemi dangereux, invisible, omniprésent. La douleur croissante du frottement du dos sur les granules du goudron commence à prendre le dessus sur le souffle désagréable du vent, et tu t’efforces de te lever, pour chasser les fourmis que tu as dans les jambes, et étirer tous ces muscles endoloris par le sol inégal sur lequel tu as dormis.
Tout en poussant fébrilement sur ton bras gauche pour te dresser, tu tâtes à l’aveuglette le sol geler de ta main droite, cherchant à atteindre une coupelle posée à quelques centimètres de tes chaussures. Cette position t’arrache un gémissement de douleur, étirant brutalement les muscles de ton dos et de tes reins, t’obligeant à t’agripper au volet du supermarché à côté duquel tu as dormi. Tout en te relevant, la couverture d’aluminium dans laquelle tu dormais tombe de tes cuisses, laissant échapper une vague de frisson parcourant tes jambes. Tu es enfin debout, les premiers rayons du soleil pointe à l’horizon, et parviennent enfin à ouvrir tes petits yeux restés encore discrets, marquant ainsi le véritable début de ta journée, d’une journée difficile.
Tu déglutis plusieurs fois, à cause de la salive pâteuse qui s’est accumulée pendant toutes ces semaines au fond de ta bouche, sur ton palais et sur ta langue, te faisant arracher un énorme bâillement de fatigue. Celui-ci même qui te décroche la mâchoire et craquèle tes lèvres gercées par le froid. Tu te dépêches alors de fermer la bouche, mais c’est trop tard, toute la journée tu auras ces craquelures suintantes au niveau des lèvres, te faisant grimacer de douleur.
La tête encore dans le brouillard, tu te grattes frénétiquement la barbe et les cheveux poisseux pour te réveiller et stopper ces démangeaisons insupportables à la base des poils. Tu te trouves alors au milieu d’une gigantesque fourmilière, le jour se lève, la circulation se fait de plus en plus dense, les gens passent, courent, roulent, te regardent avec médisance en murmurant des mots incompréhensibles, s’évanouissant au fil de leur pas.
L’odeur des pots d’échappement et du goudron brûlant se fait plus forte, et vient démanger l’entrée de tes narines. Tu es au milieu de tout le monde, et en même temps tu te sens seul, triste, abandonné. Tu essayes alors de tendre ta petite coupelle, au bord du trottoir, avec quelques tremblements de froid dans le bras droit, en espérant que ce jour ne soit pas comme les autres.
Le bourdonnement dans ton oreille causé par le klaxon vient de cesser, tu es réveiller, ta journée ne fais que commencer et tu as, à ton lever, une vue magnifique et imprenable sur la Tour Eiffel, qui, malgré l’attrait qu’elle suscite, ne vaut pas la chaleur d’un bon foyer.
Voilà. Merci.
Notre prof nous a donné à faire un Sujet d'Invention ,ayant pour but d'écrire un Incipit à la manière de Michel Butor, comme dans son oeuvre "La Modification".
Donc, ne pas faire une description physique importante, et accorder beaucoup d'importance aux sensations, tout en livrant quelques informations sur la vie du personnage.
Voici mon texte. Je l'ai déjà rendu, c'est juste pour avoir votre avis dessus. Merci d'Avance.
PS: Je suis en 1ère S, donc vous comprendrez que le domaine littéraire n'est pas mon fort 😀
UN TREMPLIN
Un bruit de klaxon détone à proximité des tes oreilles, te sortant de tes rêves tourmentés qui ponctuent chacune de tes nuits, hachées par des sursauts d’anxiété. Le bruit sourd vient souffler dans tes oreilles, suivi d’une douleur lancinante à l’intérieur de ton crâne, qui ne cessera que tard dans la matinée. Ca y est, l’heure du réveil a sonné, une fois de plus par le même klaxon, par le même conducteur, avec la même rengaine, qui se répète jours après jours, à n’en plus finir, et tu oses espérer qu’aujourd’hui, ça changera.
Tes paupières s’ouvrent légèrement, bloquées par un fin beurre squameux accroché aux cils, et laissent passer un mince filet lumineux, brûlant tes yeux sensibles, asséchés par cette nuit écoulée. Cette agression matinale te rend déjà d’une humeur irritable, et pourtant, ce n’est que le début de la galère quotidienne dans laquelle tu es embarquée depuis le virage social que tu as pris. Tu te décides enfin à te lever, tentes de remuer en vain l’extrémité de tes doigts engourdis par le froid, et te rends compte que l’ensemble de ton bras, de ton épaule à l’extrémité de tes phalanges, ne répond pas, complètement anesthésié par le vent glaciale qui a soufflé cette nuit. Tu te forces à faire fonctionner tes muscles inertes, faisant converger toutes ton énergie dans ton unique bras droit, et tu ressens, enfin, une chaleur, un flux liquide désagréable, longeant petit à petit chaque partie de ton bras, jusqu’à atteindre le bout de tes doigts, lui donnant une couleur rosâtre rassurante.
Malgré cette sensation agréable d’avoir retrouvé le contrôle de toi, le froid est toujours là, apporté par un vent pénétrant, glacial, vicieux, s’insinuant dans chaque ouverture de tes vêtements, parcourant sans répit ton torse et caressant froidement, tel un murmure, la courbe de ta colonne vertébrale. Tu te retournes dans tous les sens, labourant tes omoplates et tes lombaires sur un goudron gelé, cherchant la position qui te permettra de contrer cet ennemi dangereux, invisible, omniprésent. La douleur croissante du frottement du dos sur les granules du goudron commence à prendre le dessus sur le souffle désagréable du vent, et tu t’efforces de te lever, pour chasser les fourmis que tu as dans les jambes, et étirer tous ces muscles endoloris par le sol inégal sur lequel tu as dormis.
Tout en poussant fébrilement sur ton bras gauche pour te dresser, tu tâtes à l’aveuglette le sol geler de ta main droite, cherchant à atteindre une coupelle posée à quelques centimètres de tes chaussures. Cette position t’arrache un gémissement de douleur, étirant brutalement les muscles de ton dos et de tes reins, t’obligeant à t’agripper au volet du supermarché à côté duquel tu as dormi. Tout en te relevant, la couverture d’aluminium dans laquelle tu dormais tombe de tes cuisses, laissant échapper une vague de frisson parcourant tes jambes. Tu es enfin debout, les premiers rayons du soleil pointe à l’horizon, et parviennent enfin à ouvrir tes petits yeux restés encore discrets, marquant ainsi le véritable début de ta journée, d’une journée difficile.
Tu déglutis plusieurs fois, à cause de la salive pâteuse qui s’est accumulée pendant toutes ces semaines au fond de ta bouche, sur ton palais et sur ta langue, te faisant arracher un énorme bâillement de fatigue. Celui-ci même qui te décroche la mâchoire et craquèle tes lèvres gercées par le froid. Tu te dépêches alors de fermer la bouche, mais c’est trop tard, toute la journée tu auras ces craquelures suintantes au niveau des lèvres, te faisant grimacer de douleur.
La tête encore dans le brouillard, tu te grattes frénétiquement la barbe et les cheveux poisseux pour te réveiller et stopper ces démangeaisons insupportables à la base des poils. Tu te trouves alors au milieu d’une gigantesque fourmilière, le jour se lève, la circulation se fait de plus en plus dense, les gens passent, courent, roulent, te regardent avec médisance en murmurant des mots incompréhensibles, s’évanouissant au fil de leur pas.
L’odeur des pots d’échappement et du goudron brûlant se fait plus forte, et vient démanger l’entrée de tes narines. Tu es au milieu de tout le monde, et en même temps tu te sens seul, triste, abandonné. Tu essayes alors de tendre ta petite coupelle, au bord du trottoir, avec quelques tremblements de froid dans le bras droit, en espérant que ce jour ne soit pas comme les autres.
Le bourdonnement dans ton oreille causé par le klaxon vient de cesser, tu es réveiller, ta journée ne fais que commencer et tu as, à ton lever, une vue magnifique et imprenable sur la Tour Eiffel, qui, malgré l’attrait qu’elle suscite, ne vaut pas la chaleur d’un bon foyer.
Voilà. Merci.



