Céline, Voyage au bout de la nuit - On a repris la route tous les trois donc…

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous !

Voila je suis en seconde à Condorcet (Paris)
J'ai pas mal de difficultés à faire des commentaires, c'est pour cela que je viens demander de l'aide ici :

Voila l'extrait:
On a repris la route tous les trois donc.
« Je leur raconterai plus rien à l'avenir ! » que je me disais, vexé. Je voyais bien que c'était pas la peine de leur rien raconter à ces gens-là, qu'un drame comme j'en avais vu un, c'était perdu tout simplement pour des dégueulasses pareils ! qu'il était trop tard pour que ça intéresse encore. Et dire que huit jours plus tôt on en aurait mis sûrement quatre colonnes dans les journaux et ma photographie pour la mort d'un colonel comme c'était arrivé.. Des abrutis.
C'était donc dans une prairie d'août qu'on distribuait toute la viande pour le régiment, - ombrée de cerisiers et brûlée déjà par la fin de l'été.

Sur des sacs et des toiles de tentes largement étendues et sur l'herbe même, il y en avait pour des kilos et des kilos de tripes étalées, de gras en flocons jaunes et pâles, des moutons éventrés avec leurs organes en pagaïe, suintant en ruisselets ingénieux dans la verdure d'alentour, un bœuf entier sectionné en deux, pendu à l'arbre et sur lequel s'escrimaient encore en jurant les quatre bouchers du régiment pour lui tirer des morceaux d'abattis.
On s'engueulait ferme entre escouades à propos de graisses, et de rognons surtout, au milieu des mouches comme on en voit que dans ces moments-là importantes et musicales comme des petits oiseaux.

Et puis du sang encore et partout, à travers l'herbe en flaques molles et confluentes qui cherchaient la bonne pente. On tuait le dernier cochon quelques pas plus loin. Déjà quatre hommes et un boucher se disputaient certaines tripes à venir.
- C'est toi eh vendu ! qui l'as étouffé hier l'aloyau !…
J'ai eu le temps encore de jeter deux ou trois regards sur ce différend alimentaire, tout en m'appuyant contre un arbre et j'ai dû céder à une immense envie de vomir, et pas qu'un peu, jusqu'à l'évanouissement.

On m'a bien ramené jusqu'au cantonnement sur une civière, mais non sans profiter de l'occasion pour me barboter mes deux sacs en toile cachou.
Je me suis réveillé dans une autre engueulade du brigadier. La guerre ne passait pas.
Le manuel nous propose ce plan:
I/ Une langue originale
II/ Les relations entre les personnages
III/Une scène symbolique

Voilà, en attendant vos remarques avec impatience

Merci !
On parle de distribution de viande. Quels morceaux? Des côtes? Des rumstecks?
La pagaie de carcasses et le sans partout ne te rappellent pas une autre image?
Est-il facile à s'imaginer en guerre pendant l'été?
Pourquoi utilise-t-il ce genre de mots: barboter, dégueulasses, vomir?
Bonjour tout le monde , je passe l'oral de français dans une semaine et sur ce texte ci dessous ,je n'ai pas de plan.
J'en ai donc fait un moi même mais je ne suis pas sure qu'il convienne.

voici l'extrait :
C'était donc dans une prairie d'août qu'on distribuait toute la viande pour le régiment, - ombrée de cerisiers et brûlée déjà par la fin de l'été.

Sur des sacs et des toiles de tentes largement étendues et sur l'herbe même, il y en avait pour des kilos et des kilos de tripes étalées, de gras en flocons jaunes et pâles, des moutons éventrés avec leurs organes en pagaïe, suintant en ruisselets ingénieux dans la verdure d'alentour, un bœuf entier sectionné en deux, pendu à l'arbre et sur lequel s'escrimaient encore en jurant les quatre bouchers du régiment pour lui tirer des morceaux d'abattis.
On s'engueulait ferme entre escouades à propos de graisses, et de rognons surtout, au milieu des mouches comme on en voit que dans ces moments-là importantes et musicales comme des petits oiseaux.

Et puis du sang encore et partout, à travers l'herbe en flaques molles et confluentes qui cherchaient la bonne pente. On tuait le dernier cochon quelques pas plus loin. Déjà quatre hommes et un boucher se disputaient certaines tripes à venir.
- C'est toi eh vendu ! qui l'as étouffé hier l'aloyau !…
J'ai eu le temps encore de jeter deux ou trois regards sur ce différend alimentaire, tout en m'appuyant contre un arbre et j'ai dû céder à une immense envie de vomir, et pas qu'un peu, jusqu'à l'évanouissement.

On m'a bien ramené jusqu'au cantonnement sur une civière, mais non sans profiter de l'occasion pour me barboter mes deux sacs en toile cachou.
Je me suis réveillé dans une autre engueulade du brigadier. La guerre ne passait pas.
et voici le plan que j'ai fais :


I/ Des conditions de vie misérable
a) la nourriture malsaine
b) l'absurdité des conflits

II/ le mal-être de Bardamu
a) l’Environnement malsain
b) le comportement des hommes

voilà , si vous avez des remarques, des suggestions ou des idées pour améliorer le plan , n'hésitez pas 🙂
merci d'avance
C'est curieux, vous voulez tous un plan de commentaire, comme si on allait vous demander de commenter le texte !
Depuis dix bonnes années, les candidats ne doivent plus commenter, mais répondre à une question, question en lien avec l'objet d'étude.

Ce qui saute aux yeux dans ce texte, c'est l'actualisation de la métaphore, comme on dit : prendre une image au pied de la lettre. Exemple célèbre d'actualisation : « Prenez la porte ! » dit le professeur en colère, et l'élève dégonde la porte pour l'emporter…
Ici, la métaphore c'est la guerre comme boucherie.
Actualisation de la métaphore, doublée d'un reportage : oui, il fallait bien nourrir les soldats, et il y avait des bouchers à l'arrière.

L'objet d'étude étant le personnage de roman, il faut aussi se pencher sur la façon dont Céline met en scène ses personnages : nous ne sommes plus dans les méandres psychologiques de Mme de Lafayette, ni dans la peinture du milieu façon Zola.

Attendez sereinement la question de l'examinateur.

P.S. Il y a une grosse faute dans ce copier/coller, la même dans les deux, ce qui fait penser à une source commune :
ce différent alimentaire : il ne s'agit pas de l'adjectif différent, mais du nom différend, synonyme de dispute.
C'est vrai Delia mais je ne peux pas aller a mon examen de français en me disant que j'attendrai la question de l'examinateur. En classe , nous avons très peu étudié le roman ( alors que celui-ci occupe 1/4 de notre programme ).
Je pense qu'avoir le plan de commentaire en tête peut aider lors de la préparation de l'oral ( donner des pistes etc… ) . Après , je pense que la question de l'examinateur a généralement des points communs avec une ou plusieurs parties du plan du commentaire ( du moins , c'est ce qu'il m'arrivait lors des oraux blanc ).
Sinon , tes remarques m'ont bien aidé sur la boucherie et l'actualisation de la métaphore ( je commence à mieux cerné le texte 🙂 ).

P.S. : je n'ai pas fait attention en relisant le texte , vu que nous avions sensiblement le même extrait avec Morpion , j'ai simplement copié/collé le texte afin de ne pas avoir à tout recopier 🙂
I/ Des conditions de vie misérable
a) la nourriture malsaine
b) l'absurdité des conflits

II/ le mal-être de Bardamu
a) l’Environnement malsain
b) le comportement des hommes
Ce plan n'est pas un plan d'étude littéraire, mais un plan d'étude de document. Je n'y vois rien concernant l'écriture, un comble quand il s'agit de Céline.
La guerre ne passait pas.
Autre métaphore actualisée : Bardamu vomit la guerre, littéralement.

Vite fait sur le gaz, je vous suggérerais :

I une scène naturaliste à la Zola (on doit pouvoir trouver l'équivalent dans la Débâcle, sur la guerre de 70).
II un tableau symbolique et prophétique : la plupart des termes s'appliquent à un tableau de champ de bataille.
des moutons éventrés avec leurs organes en pagaïe,
Les combattants de la Grande Guerre se comparaient à des moutons que l'on conduit à l'abattoir. Certains montaient en ligne en imitant des bêlements.

Bref, la page résume toute la guerre.
Au milieu, un narrateur personnage très peu individualisé, mouton parmi les moutons.