La préposition dans la voix passive / après le verbe habiter

Langue française

12 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à vous tous!

Je voudrais demander quelques questions sur l'emploi de la préposition.

Il a convaincu son auditoire de la gravité de la situation/ par la gravité de la situation.

Cette fois, tout le monde était convaincè par son avis/ à son avis/ de son avis.

Le petit prince habitait dans/ à une planète à peine plus grande qu'une maison.

Le petit prince haitait une planète à peine plus grande qu'une maison.

Quelle phrase est correcte?

Je me trompe toujours de l'emploi de la préposition. C'est trop comliqué.

Pourriez-vous m'aider?
Merci à l'avance!
à a souvent le sens 'en partant de moi vers un autre' (latin AD)
de a souvent le sens 'à partir des autres vers moi' (latin DE)

par = de ce moyen, de ce cause

Il a convaincu son auditoire de la gravité de la situation.
Cette fois, tout le monde était convaincu par son avis.
Le petit prince habitait sur une planète à peine plus grande qu'une maison.
Le petit prince habitait une planète à peine plus grande qu'une maison.
Habiter dans ce dernier cas pourrait aussi dire "investir"/"occuper complètement".
Il a convaincu son auditoire de la gravité de la situation/

Cette fois, tout le monde était convaincu par son avis/ à son avis/ de son avis.
Non 🙂 on n'est convaincu ni par, ni de, ni à un avis ; on se range à un avis ou on s'aligne sur un avis

Le petit prince habitait une planète à peine plus grande qu'une maison.
Du point de vue grammatical, la préposition par introduit bien le complément d'agent dans la phrase à tournure passive.

Il est convaincu par des arguments de poids.

On a également de : la rue est jonchée de feuilles .

préposition + complément d'agent
Certes !
Mais convaincu par son avis ne me…. convainct pas, décidemment
On peut être convaincu par des arguments ; mais pas par un avis (il faut pour être convaincu que la discussion soit étayée par des arguments ; un avis, ce n'est pas des arguments convaincants)
Si on n'est pas convaincu(e) par l'avis d'un expert, où allons-nous?

Il est vrai pourtant que j'aurais préféré "par les propos" dans ce contexte.
Bonsoir,

une fois encore, ne confondons pas la grammaire et la sémantique : d'un strict point de vue de la construction, on peut être convaincu de ou convaincu par : les deux prépositions sont utilisables (c'est la question de Jia), mais le sens n'est pas le même.

Je suis convaincu de … => COI = je crois fermement que …
Je suis convaincu par … => C. d'agent d'une voix passive = on m'a convaincu grâce à …

Et on peut arriver à des phrases équivoques si l'on n'y prend pas garde :

* l'orateur nous a convaincus de sa sincérité => il nous a fait admettre qu'il est sincère (mais pas forcément fait partager ses idées).
* l'orateur nous a convaincus par sa sincérité => par la chaleur de son discours et son engagement, il nous a fait partager son point de vue.
Jia n'étant pas de langue maternelle française, nous pouvons également lui apporter quelques précisions d'ordre sémantique 🙂

Je partage l'avis de Leah 🙂

Convaincre ( lorsqu'il n'est pas un terme juridique) signifie :
amener quelqu'un, par des preuves ou par un raisonnement irréfutable, à admettre quelque chose comme vrai ou comme nécessaire
. TLFi .

Un avis, c'est une information ou une opinion communiquée , pas une argumentation ou une démonstration. Les deux ne se marient pas très bien , à mon avis 🙂
Dites-vous alors que son avis ne sait les convaincre?
AVIS : Opinion résultant d'une réflexion, d'une délibération sur une question, un problème précis, et destinée à être communiquée. Synon. appréciation, jugement, opinion. Source TFLi
Cher JSC:

"Il a convaicu l'auditoire de la gravité de la situation".
Signifie que maintenant l'auditoire sait que la situation est grave, et seulement cela.

"Il a convaicu son auditoire par la gravité de la situation".
Signifie que l'on ne sait pas de quoi il a parlé mais que la gravité de la situation a été l'argument qui a convaincu l'auditoire à propos de son discours.

le monde était convaicu par son avis.
signifie que son avis a convaincu le monde.

Le monde était convaincu "à son avis":
signifie qu'il pense que le monde est convaincu mais que, de fait, il n'en sait rien, et que de plus on ne sait rien de l'avis du monde.

Le monde était convaincu de son avis:
signifie que le monde n'avait même pas besoin de son discours pour être d'accord avec lui
ou bien
la même chose que pour "par son avis"
Tout dépend du moment de la déclaration par rapport au moment du discours.

Le petit prince habitait la planète:
signifie que la planète est son lieu de résidence habituel; ne signifie absolument pas qu'il occupe toute la planète
Cher lebeau.
Je ne suis pas du tout certain comment ceci est censé m'aider.
Je ne suis pas du tout sûr comment c'est censé à aider Jia.
Concernant
HABITER: Fig. être comme dans une demeure Synonymes Hanter,animer,posséder Source Petit Robert
Vu et compris ainsi, le petit prince habitait sa planète (qui ne fut guère plus grande qu'une maison)!
Bonsoir !

ÊTRE CONVAINCU DE / PAR

Quand je vois une construction de ce type, je me demande d’abord si c’est bien un complément de verbe passif. La réponse n’est pas simple : ce complément peut être introduit au moyen de l’une des deux prépositions PAR ou DE.

Ce qu’on peut dire en première approche, c’est que l’emploi de PAR après une construction passive révèle quasi sûrement la présence d’un complément d’agent de la voix passive, même si PAR peut aussi introduire un complément circonstanciel.
* Un bon syllogisme n'a jamais convaincu personne. (Paulhan) (Voix active)
→ Personne n’A jamais ÉTÉ CONVAINCU PAR un bon syllogisme. (Voix passive + c. d’agent)
→ Personne n’A jamais ÉTÉ CONVAINCU PAR temps de confusion. (Voix passive + c.c. de temps)
* Cette lettre m’A ÉTÉ EXPÉDIÉE PAR la poste. (CC de manière : par la voie postale, puisque la poste diffère de l’expéditeur.)

C’est pire avec la préposition DE, celle qui introduit également (mais bien moins souvent) un complément d’agent de verbe passif et qui peut aussi introduire un CC, voire un COI.
* Les bossus sont recherchés DES (= DE les) femmes lascives. (Flaubert)(Voix passive + c. d’agent)
→ Les femmes lascives recherchent les bossus. (Voix active)
* Cette lettre A ÉTÉ EXPÉDIÉE DE Bruxelles. (Voix passive + CC d’origine)

Si le complément est introduit au moyen de PAR, le test est de transformer la phrase en voix ACTIVE et de VOIR SI le complément peut en devenir le sujet.
* Les hommes très mâles SONT toujours FLAIRÉS PAR les femmes très femmes. (Talvart)
→ LES FEMMES TRÈS FEMMES flairent toujours les hommes très mâles.
Mais la mise à l’actif nous conduirait à un contresens dans :
* Nous avons été déroutés PAR Genève. → ° GENÈVE nous a déroutés…

Si le complément est introduit par DE, le test sera le même :
* Les rêves d'un chat SONT PEUPLÉS DE souris. (Proverbe libanais)
→ DES SOURIS peuplent les rêves d’un chat.
Mais une mise à l’actif nous conduirait à des contresens dans :
* Nous AVONS ÉTÉ EXPULSÉS DE notre maison. → NOTRE MAISON nous a expulsés.
À fortiori lorsque le verbe intransitif est conjugué avec l’auxiliaire être :
* Je SUIS NÉ DE paire inconnue. (San-Antonio)

ÊTRE CONVAINCU ne se construit pas indifféremment avec PAR ou avec DE :
* Nous AVONS ÉTÉ CONVAINCUS PAR ses arguments. (Voix passive + c. d’agent)
→ SES ARGUMENTS nous ont convaincus.
* Nous AVONS ÉTÉ CONVAINCUS DE sa bonne foi. (Voix passive + ?)
Il y a une situation où DE s’impose, c’est celle où convaincre quelqu’un DE quelque chose signifie : « amener quelqu’un à reconnaître sa culpabilité ».
* Ils ont été convaincus D’assassinat.
Puisqu’il n’est pas possible, dans la passivation, d’écrire « L’assassinat les a convaincus », il faut bien considérer que le complément « d’assassinat » est un COI.

RIEGEL écrit :
* Le mur était tapissé DE TOUTES SORTES DE POSTERS.
Le complément peut s’interpréter AUSSI BIEN comme le complément d’agent du verbe passif que comme complément d’objet second du verbe tapisser dans la construction passive incomplète à valeur résultative.
→ Toutes sortes de posters TAPISSAIENT le mur.
→ On AVAIT TAPISSÉ le mur DE toutes sortes de posters.
En effet, la place du sujet du verbe tapisser est principalement réservée à L’AGENT DU PROCÈS (ON), mais peut AUSSI être occupée PAR L’INSTRUMENTAL (toutes sortes de posters) si l’agent n’est pas exprimé. [Fin de la citation]

Allons-y pour L’INSTRUMENTAL ! J’avais parlé naguère d’un cumul de compléments :
* Je suis frappé DE stupeur PAR LA RESSEMBLANCE.
Seul le VÉRITABLE agent du verbe passif peut devenir sujet :
→ LA RESSEMBLANCE me frappe DE stupeur.
→ ° La stupeur me frappe PAR LA RESSEMBLANCE.
De sorte que nous avons successivement un complément « instrumental » et un complément d’agent de verbe passif dans :
* Je suis frappé DE stupeur PAR LA RESSEMBLANCE.
Comme écrit encore Riegel, « lorsque ces deux prépositions introduisent chacune un complément nominal après un verbe passif, c’est TOUJOURS le complément en PAR qui s’interprète comme complément d’agent. »

RIEGEL PRÉCISE ENCORE que la préposition DE apparaît AUJOURD’HUI comme la forme réservée aux cas où le complément introduit N’EST PAS INTERPRÉTÉ COMME UN VÉRITABLE AGENT et où, corollairement, LE SUJET PASSIF N’EST PAS EFFECTIVEMENT AFFECTÉ PAR LE PROCÈS : il s’agit essentiellement DE VERBES STATIFS DÉNOTANT :
- des SENTIMENTS (aimer, estimer, admirer, toucher, etc.),
- des OPÉRATIONS INTELLECTUELLES (connaître, oublier, accepter, etc.)
- et des LOCALISATIONS (précéder, suivre, entourer, etc.).

AINSI S’EXPLIQUENT :
1- L’INCOMPATIBILITÉ ABSOLUE de la préposition DE avec le passif DES VERBES DYNAMIQUES,
* ° Le piéton a été renversé D’un camion.

2- la distribution relativement complémentaire des deux prépositions en fonction DU RÔLE SÉMANTIQUE joué par le SUJET DU VERBE ACTIF,
* La nouvelle a été diffusée PAR la presse et est maintenant connue DU grand public.
* L’assemblée, convoquée PAR le président, est composée DES adhérents.

3- le conditionnement de l’alternance PAR / DE par des ACCEPTIONS suffisamment différentes d’un même verbe.
* Le suspect a été suivi PAR un détective. * La conférence sera suivie D’une réception.
* La valeur a été estimée PAR un expert. * Le disparu était estimé DE tous.
* La cargaison a été saisie PAR la douane. * Ils furent saisis DU même trouble.
[Fin de la citation]

JE SUIS DONC DE L’AVIS DE PIERROT :
* J'ai été convaincu DE LA SINCÉRITÉ de l’orateur. → COI.
J’admets qu'il est sincère. Mais je ne partage pas forcément son point de vue.
Voyez la difficulté d’une telle analyse : Grevisse considère qu’on est « assez proche d’un complément ADVERBIAL indiquant la manière, le moyen ». Mais ce ne doit pas être le cas ICI puisque le complément peut être pronominalisé : * J’EN suis convaincu.

* J’ai été convaincu PAR LA SINCÉRITÉ de l’orateur. → C. d'agent de la voix passive.
→ La sincérité de l’orateur m’a fait partager son point de vue.

Je le dis autrement :
* J’ai été convaincu PAR LES ARGUMENTS de l’orateur.
→ Les arguments de l’orateur m’ont convaincu.

Il me reste à dire avec Grevisse que :
1 LA LANGUE LITTÉRAIRE UTILISE « DE » ASSEZ LIBREMENT ;
* J’étais tourmenté DE la Muse. (Chateaubriand)
* À ses débuts, Marcel Duchamp fut influencé DE Braque. (Apollinaire)
* Werther est la proposition de la mort, mais encore n’est-elle acceptée DE certains qu’à un certain instant. (Malraux)
* Aussi la perspective du départ pour Leipzig fut-elle particulièrement bien accueillie DE ce garçon. (Brion)

2 « DE » ÉTAIT AUTREFOIS PLUS COURANT QUE « PAR ».
* Je suis vaincu DU temps. (Malherbe)
* Excité D’un désir curieux. (Racine)
* L’esprit de curiosité donné DE Dieu à l’homme. (Voltaire)
* Dompté D’Ajax, le guerrier sans secours / Tombe. (Chénier)

Je pense que Lebeau, comme Pierrot, a bien saisi le problème.