Est-ce que le nom "séparation" est le déverbal du verbe "séparer" ?
Merci pour vos réponses !
Pas d'après mon interprétation de sa définition:
que voici.Moi non plus je ne le pense pas puisque le déverbal est plutôt le verbe moins la terminaison (Ex: marche et embauche de marcher et embaucher)
Merci. Mais que puis-je dire du mot "séparer" par rapport au mot "séparation". Qu'ils sont de la même racine, mais quoi d'autre ?
C'est une dérivation suffixale ( ajout du suffixe -(a)tion) . Elle permet d'obtenir des noms d'action à partir de verbes : bifurcation, perturbation, etc.
Popurquoi ne dit-on pas "le séparer"?
Mystère 🙂 Ce procédé était courant en ancien français , et moins fréquent en français contemporain.
Le penser = l'acte de penser….
Latin separare => séparer (1314, d'après Robert Historique)
Latin separatio => séparation (1314 idem).
Merci pour vos réponses !
Bonsoir !
Est-ce que le nom "séparation" est le DÉVERBAL du verbe "séparer" ?
Deux choses : déverbal et postverbal sont des noms et sont des synonymes.
Comme j’ai l’habitude de taper le résultat de mes recherches pour en tirer une argumentation, je vous livre la totalité de ma cogitation.
PETIT ROBERT : le mot dénote deux situations :
1 un nom formé à partir DU RADICAL d’un verbe (porter → portage) ;
2 un nom formé au départ d’un verbe, SANS SUFFIXE (bouffer → bouffe).
ROBERT HISTORIQUE : un substantif qui exprime L’ACTION ET dont le suffixe est ZÉRO (= pas de suffixe) par rapport au verbe (chanter → chant).
LAROUSSE (Dictionnaire et Grammaire) : le mot dénote deux situations :
1 un nom formé au départ d’un RADICAL VERBAL (marcher → marche) ;
2 idem + avec un suffixe ZÉRO (bondir → bond).
GREVISSE :
Des noms et des adjectifs constitués par le RADICAL d’un verbe,
- radical tel quel (galoper → galop),
- ou allongé d’un E (transir → transe, gauchir → gauche),
- avec éventuellement un changement phonétique dans le radical (avouer → aveu ; relever → relief ; refuser → refus).
ARRIVÉ : le mot dénote deux situations :
1 nom formé par dérivation sur un verbe existant, par SUPPRESSION DES MARQUES VERBALES (cumuler → cumul) ;
2 nom formé à partir d’un verbe à l’aide d’un SUFFIXE.
T.L.F.I.
1 Ce sont des noms exprimant l’action ET dont le suffixe est ZÉRO par rapport au verbe (crier → cri, appeler → appel, avouer → aveu).
2 Déverbatif : verbe dérivé d’un verbe (canere → chanter).
RIEGEL
De nombreux noms ont été formés par suppression de la terminaison d’un verbe.
Dans une perspective purement synchronique [= état d’une langue à un moment donné, par opposition à la diachronie = évolution de la langue dans le temps], on ne peut pas savoir, SANS RECOURS À L’HISTOIRE, si un couple verbe-nom est obtenu à partir DU NOM OU DU VERBE.
D’autant que le nom et le verbe présentent en fait la MÊME BASE (galop) puisque le –er de la forme verbale est une désinence catégorielle au même titre que –ons, et surtout le –s du pluriel de galops. Il y a donc simplement conversion, quelle que soit L’ORIENTATION du processus. [Fin de la citation]
APPLICATION
La dérivation VERBE → NOM est-elle ici vraie ? SÉPARATION EST-IL UN DÉVERBAL ?
Au vu des définitions, je pense pouvoir répondre par la négative :
1 Séparation a été construit en ajoutant au radical sépar- le suffixe -ation, ce qui a produit un nom féminin d’action (d’action comme le verbe).
Nous ne sommes pas dans le cadre du suffixe ZÉRO, condition que CERTAINES sources exigent pour qu’on puisse parler de déverbal.
2 Comme le précise le Petit Robert dans sa liste des suffixes, la plupart des noms français en -tion et –ation sont directement empruntés aux mots latins correspondants.
Séparer et séparation ont tous les deux 1314 comme DATATION. ON NE PEUT DONC PAS SAVOIR LEQUEL A DÉRIVÉ DE L’AUTRE.
D’autant plus que le véritable descendant (origine populaire) de separare est SEVRER. Je suppose qu’au XIVe siècle, SÉPARER (doublet de sevrer) a été objet d’une reconstitution SAVANTE et que, simultanément, les érudits exhumaient SÉPARATION, qui descendait de SEPARATIO EN FILIATION DIRECTE.
3 Remontons donc au latin, la langue souche.
Separatio dérive de separare.
Selon mon Dictionnaire des racines, ils se rattachent tous les deux à PARARE (préparer, se procurer). D’où, separare / seperare, qui signifie « préparer de côté, par retranchement ». Allons plus loin même si c’est un hors-sujet.
Au départ d’une racine PER-, nous avons, en nous limitant au français :
- parer, parement, parure ;
- apparat, apprêts ;
- appareil, appareiller, appareillage ;
- préparer, préparatif, préparation ;
- réparer, réparation, réparateur ;
- séparer, (in)séparable, séparation, séparément, séparatif, séparateur, séparatiste, séparatisme ;
- sevrer (= séparer du sein), sevrage ;
- empire (imperare = prendre des mesures, commander), empereur, impératrice, impérial, impérieux, impératif.
Par l’espagnol : parage (lieu), parade (défilé + escrime). parer (escrime).
Mon dictionnaire met en tête parare ; separatio ne vient qu’ensuite. En latin, celui-ci serait-il donc un déverbal par anticipation, malgré l’absence de la condition ZÉRO ?
CONCLUSION
1 Impossible de savoir qui est à l’origine de l’autre : séparer ? séparation ? Datation identique.
2 Si nous supposons séparer → séparation, nous constatons que le second n’est pas un déverbal, du moins dans une optique restrictive : pas de suffixe zéro.
3 La réponse au point 1 doit être recherchée dans l'histoire, dans le latin. (Riegel)
4 Le nom separatio semble bien être un dérivé de separare, mais ce serait sans doute un anachronisme d’en déduire la qualité de déverbal.
5 Je parlerais uniquement :
- de radical : sépar- est commun à séparer et à séparation ;
- de racine latine : per- est commun à (se)parare et à (se)paratio.
Et avec le verbe "souffler" :
Le verbe "souffla". Ce dernier verbe est répété avec le déverbal « souffle » un peu plus tard dans le livre La Peste, c’est-à-dire avec un suffixe zéro par rapport au verbe correspondant qui est « souffler ».
Est-ce que cette affirmation est juste ? Merci !
Merci beaucoup ! Dernière question : le verbe "soulever" est issu du verbe "lever" ? "Sou" est-il un préfixe ?
Oui, sou- raccourci de sous.
Latin sub => sous.
Latin levare => lever.
Soulever <= souslever (XIIIe s.) <= soslever (1130) <= sozlever (XIe s.) <= soslevar (IXe s.).
Il te faut absolument le Robert Historique en deux volumes 'poche'. 🙂