La question peut paraître idiote. Mais, je doute: je suis en train de composer un dossier sur Antigone, que je fonde sur une lecture comparée des oeuvres de Sophocle, de Cocteau et d'Anouilh.
En cherchant un titre à mon exposé je me suis retrouvé face à un problème: faut-il accorder un nom de personnage au pluriel ?
J'avais pensé au titre " Trois Antigone(s)", aussi dois-je y mettre le "s" ou serait-ce une erreur? Y-a-t-il des règles précises dans ce cas?
Merci de m'éclairer, et de me donner des conseils sur mon exposé qui pourraient m'être utiles, j'accepte toute idée 🙂.
Voici ce que Riegel écrit :
Un certain nombre de noms propres dont le référent implique la pluralité (états associés, massifs, archipels, etc.) ont une forme plurielle : les Etats-Unis, les Vosges, les Seychelles, etc.
L'usage est de pourvoir de la marque -S du pluriel les noms de dynasties (les Condés, les Capets, mais les Horace et les Curiace, car ils ne constituent pas une lignée).
Il est plus hésitant pour les noms propres employés métonymiquement (des Picasso) ou métaphoriquement (Ce sont des Tartuffes). (FIN DE CITATION)
La difficulté est évacuée pour les noms que le Petit Robert enregistre comme des noms communs, avec une minuscule évidemment :
→ des tartuffes ou des tartufes ;
→ des harpagons.
D'autre part, il est étrange qu'on écrive les Stuarts, alors qu'on écrit les Habsbourg ; ils sont pourtant francisés l'un autant que l'autre.
Personnellement, je dirais : les trois Antigone. (Oeuvres littéraires)
Comme :
* Il y a, dans les deux Iphigénie, oracles, prodiges, sacrifices humains. (Lemaître)
* Chacune des deux Phèdre. (Gourmont)
Mais, voici un écart :
* De quoi alimenter vingt Iliades. (Rolland)
Bonjour,
En faisant une recherche, je suis tombé sur un livre de
George Steiner publié en 1986 et qui a pour titre (traduit)
Les Antigones.
Je croyais que "Les Duponds" était une expression autorisée depuis une dizaine d'années. (Mais je me suis trompé sur "courriel" car les Ministères ont reviré….😞 )
PLURIEL DES SUBSTANTIFS
Pluriel des noms propres. — La plus grande obscurité régnant dans les règles et les exceptions enseignées dans les grammaires, on tolérera dans tous les cas que les noms propres, précédés de l'article pluriel, prennent la marque du pluriel : les Corneilles comme les Gracques ; — des Virgiles (exemplaires), comme des Virgiles (éditions). Il en sera de même pour les noms propres de per sonnes désignant les oeuvres de ces personnes. Ex. : des Meissoniers.
Sourcehttps://www.inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson/document.php?id=3311 INRP
Merci dans tous les cas de vous pencher avec tant de précision sur ma question, je me réjouis d'avoir soulevé une question intéressante 🙂.
Je pense donc opter pour "Trois Antigone".
JSC
Depuis Tintin, ce sont les DuponDT 🙂
Bonjour !
"Eden"est devenu un nom commun, bien qu'il soit tiré d'un nom propre. Je dois donc bien écrire "des édens"?
Mais oui, comme Simone de Beauvoir, citée par le Tlf :
… à Mexico les courses de taureaux les avaient écœurés; en revanche les villages indiens du Honduras et du Guatémala leur semblaient de poétiques édens.
Un autre exemple, tiré d'un ouvrage de l'historien Michel Winock :
On a rêvé des édens où les hommes seraient tous heureux, des édens où ils seraient tous bons.
Et pour finir, un alexandrin de Victor Hugo, tiré de
La Légende des siècles :
Quelques-uns ont été des édens et des astres.
Une réponse détaillée et qui cite ses sources ! Merci !