Montesquieu, Lettres persanes, 161

Entraide scolaire

3 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir, j'ai un commentaire a faire pour mercredi mais je ne comprend pas les axes que l'on me demande…Je ne sais que mettre dans ces axes.

Axe1: Vous montrerez comment cette lettre exprime la révolte de Roxane envers Usbek et le sérail.

Axe2: Vous etudierez comment Roxane parvient a faire de sa mort une victoire ( sur Usbek)

Le texte:
LETTRE CLXI.
ROXANE A USBEK.

A Paris.


Oui, je t'ai trompé; j'ai séduit tes eunuques; je me suis jouée de ta jalousie; et j'ai su de ton affreux sérail faire un lieu de délices et de plaisirs.
Je vais mourir; le poison va couler dans mes veines: car que ferais-je ici, puisque le seul homme qui me retenait à la vie n'est plus? Je meurs; mais mon ombre s'envole bien accompagnée: je viens d'envoyer devant moi ces gardiens sacrilèges, qui ont répandu le plus beau sang du monde.
Comment as-tu pensé que je fusse assez crédule, pour m'imaginer que je ne fusse dans le monde que pour adorer tes caprices? que, pendant que tu te permets tout, tu eusses le droit d'affliger tous mes désirs? Non: j'ai pu vivre dans la servitude; mais j'ai toujours été libre: j'ai réformé tes lois sur celles de la nature; et mon esprit s'est toujours tenu dans l'indépendance.
Tu devrais me rendre grâces encore du sacrifice que je t'ai fait; de ce que je me suis abaissée jusqu'à te paraître fidèle; de ce que j'ai lâchement gardé dans mon coeur ce que j'aurais dû faire paraître à toute la terre; enfin de ce que j'ai profané la vertu en souffrant qu'on appelât de ce nom ma soumission à tes fantaisies.
Tu étais étonné de ne point trouver en moi les transports de l'amour: si tu m'avais bien connue, tu y aurais trouvé toute la violence de la haine.
Mais tu as eu longtemps l'avantage de croire qu'un coeur comme le mien t'était soumis. Nous étions tous deux heureux; tu me croyais trompée, et je te trompais.
Ce langage, sans doute, te paraît nouveau. Serait-il possible qu'après t'avoir accablé de douleurs, je te forçasse encore d'admirer mon courage? Mais c'en est fait, le poison me consume, ma force m'abandonne; la plume me tombe des mains; je sens affaiblir jusqu'à ma haine; je me meurs.

Du sérail d'Ispahan, le 8 de la lune de Rebiab 1, 1720.
Je vous en prie, aidez moi j'ai tellement reviser pour mon oral de francais et d'histoire qui se tient mardi et jeudi que j'avais completement oublié ce commentaire que l'on vient de me rapeller 😞

Merci d'avance
Bonjour,

Voici le texte en question:
Oui, je t'ai trompé; j'ai séduit tes eunuques; je me suis jouée de ta jalousie; et j'ai su de ton affreux sérail faire un lieu de délices et de plaisirs.
      Je vais mourir; le poison va couler dans mes veines.
Car que ferais-je ici, puisque le seul homme qui me retenait à la vie n'est plus? Je meurs; mais mon ombre s'envole bien accompagnée: je viens d'envoyer devant moi ces gardiens sacrilèges, qui ont répandu le plus beau sang du monde.
      Comment as-tu pensé que je fusse assez crédule, pour m'imaginer que je ne fusse dans le monde que pour adorer tes caprices? que, pendant que tu te permets tout, tu eusses le droit d'affliger tous mes désirs?
Non: j'ai pu vivre dans la servitude; mais j'ai toujours été libre: j'ai réformé tes lois sur celles de la nature; et mon esprit s'est toujours tenu dans l'indépendance.
      Tu devrais me rendre grâces encore du sacrifice que je t'ai fait; de ce que je me suis abaissée jusqu'à te paraître fidèle; de ce que j'ai lâchement gardé dans mon cœur ce que j'aurais dû faire paraître à toute la terre; enfin de ce que j'ai profané la vertu en souffrant qu'on appelât de ce nom ma soumission à tes fantaisies.
      Tu étais étonné de ne point trouver en moi les transports de l'amour: si tu m'avais bien connue, tu y aurais trouvé toute la violence de la haine.
      Mais tu as eu longtemps l'avantage de croire qu'un cœur comme le mien t'était soumis. Nous étions tous deux heureux; tu me croyais trompée, et je te trompais.
      Ce langage, sans doute, te paraît nouveau. Serait-il possible qu'après t'avoir accablé de douleurs, je te forçasse encore d'admirer mon courage? Mais c'en est fait, le poison me consume, ma force m'abandonne; la plume me tombe des mains; je sens affaiblir jusqu'à ma haine; je me meurs.
J'ai rédigé un plan détaillé et trouvé la problématique suivante :


Comment Roxane prend-t-elle le pouvoir grâce à ce texte testamentaire ?

I. Une femme libre
A. Grâce à la parole
registre lyrique : utilisation du 'je' → émergence de l'individu au sein d'un groupe
affirmation de Roxane par le « oui » . Parataxe (= au dernier paragraphe) avec un rythme crescendo (opposition affreux et délices).
Roxane se met au centre avec 4 'je' comme sujet et 'tu' (désignant Usbek) comme complément.
antithèse avec Oui et Non ( (revendication) qui amène de la force au récit.

B. Dans l'esprit et dans son coeur
champ lexical de la liberté : « permettre », « libre », « esprit », « indépendance », « courage ».
alitération en v «  Je vais mourir; le poison va (présent de futur proche) couler dans mes veines » → corps de Roxane lui appartient
« j'ai pu vivre dans la servitude; mais j'ai toujours été libre »
(en apparence) opposition (en esprit)
« le plus beau sang du monde » hyperbole faisant référence à la mort de l'amant de Roxane.
→ atteinte à la fierté d'Usbek : Roxane prend du plaisir avec un autre homme que lui
Roxane a un amour sincère dans un lieu d'enfermement appartenant à son mari : le serail → elle domine le lieu

C. Par la mort
champs lexical de la mort : « mourir », « poison », « sang » et de la religion : « sacrilèges », « sacrifice »
registre pathétique : champ lexical de la souffrance
sacrifice : la liberté de la femme
mort delivrant → elle rejoint l'etre aimé. Elle domine le destin : au lieu d'être tué par Usbek, elle choisi sa mort. (= registre tragique)
Son courage la rend supérieur à Usbek

II. Qui denonce
A. La vie au sérail
Roxane : porte-parole des femmes du sérail
Remise en cause de la vision qu'Usbek a de Roxane à travers des questions rhétoriques qui animent la lettre (au subjonctif imparfait pour souligner la valeur hypothétique), auxquels Roxane répond par elle même «  non ».
nous (pronom cité une seule fois dans le texte) suivi d'un verbe au passé, délié après une subordonnée par un 'tu' et un 'je' → mort du 'nous'
Opposition entre « affreux » et « délices ». Plaisir rime avec mourir. Caprices rime avec délices.
Dans le 3ème paragraphe Roxane s'adresse à Usbek indirectement, la 2ème personne n'est pas utilisée. → elle l'exclu de sa vie

B. L'aveuglement d'Usbek
champ lexical de l'apparence : « imaginer », répétition « paraître », « croire »
registre polémique : accusation de Usbek
Aveu : vengeance a posteriori
chiasme antithétique « tu me croyais trompée, et je te trompais » : jeu de pronom (tu me / je te) + passage de l'actif à passif
→ passage de pouvoir
→ vie de Roxane reposant sur mensonge par opposition à la vie d'Usbek reposant sur l'illusion.
Haine pour Usbek lui servant à simuler le déduit.
« sans doute » → adjectif demonstratif ayant pour fonction modélisateur ironique
«  tu as eu » → passé composé : c'est fini !
Antithèse : « les transports de l'amour » « la violence de la haine »
Roxane raille Usbek avec une alitération en J : «  je me suis jouée de ta jalousie »


Merci de me dire ce qui va, qui va pas.
Avant d'autres réponses, ce petit détail à rectifier :
« sans doute » → adjectif demonstratiflocution adverbiale ayant pour fonction modélisateur ironique