Zola, Germinal, V, 5 - Les femmes avaient paru, près d’un millier de femmes…
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Je ne sais pas si c'est à moi que tu réagissais, mais c'était pour ceci que je ne suis pas d'accord:
"Ils crient parce qu'ils ont faim, sinon, ils se tairaient, comme d'habitude."
Ils crient parce qu'ils y a eu un élan qui les a convaincu de l'injustice de leur situation ! Cet élan est incarné par Étienne Lantier, personnage qui va d'ailleurs se rendre compte de l'absurdité de ses efforts face à la fatalité qui les accable tout au long du roman !
Ce n'est pas pour autant qu'ils mangeaient à leur guise et adoptaient un comportement oisif avant l'arrivée d'Étienne ! Il joue le rôle d'une certaine prise de conscience selon moi…
Au passage, ils sont non seulement révoltés par la faim qui les guette, mais il y a également une autre raison, bien que subalterne : les conditions de travail.
Sinon, ton plan était plus intéressant à la base, je pense ! Quant à moi, je retourne à mon analyse et vous exposerais prochainement le fruit de mon labeur !
Zadek
Ils hurlent aussi à cause de l'effet de foule (cf les manifestations syndicales/estudiantines…)
Rappelle-moi: il y avait un accident à la mine; ont-ils saboté l'accès par la suite?
oui je m'en doutais
je savais que ce n'étais pas très bien loool
mais je sais pas quoi dire comme truc
JSC
Oui c'est Lantier qui a saboté l'accès à la mine.
Merci, Léah.
J'étais frappé par la pensée que "donnez-nous du travail; donnez-nous de meilleures conditions de travail" est accompagné de "je détruis la source de notre travail". Paradoxal.
Se lutter sans possibilité de retravailler est lutter pour lutter, se révolter pour se révolter. "La lutte finale". "Rien à perdre". En regardant l'excellent film (avec Gérard Depardieu) avec son excellente bande sonore, je ne m'en suis pas rendu compte.
Donc, ce geste de révolte a été futile pour ces mineurs-là, mais contribuait à modifier le climat d'opinion sous lequel d'autres travailleurs avaient pu bénéficier de meilleures conditions.
Bonjour,
Excusez-moi de réagir sans encore avoir eu le temps d'avancer dans mes recherches, mais votre réponse m'a interpellé, Léah !
Qui sabote l'accès à la mine ?
Evidemment, le mouvement révolutionnaire propulsé par Étienne va déborder au point qu'il ne le contrôle plus ! Les manifestations vont devenir violentes et barbares (.), d'ailleurs, ils vont chevaucher à travers la campagne pour démolir les mines encore en activité (la Compagnie) et massacrer les ouvriers qui ne font pas grève.
Cependant, l'utilisation de "la mine" me dérange un peu ! Il y a plusieurs mines appartenant à la compagnie, mais ce déterminant me laisse à penser que vous parler de la mine du Voreux, dans laquelle est embauché Étienne, n'est-ce pas ? Si oui, alors ce n'est pas Étienne qui sabote son accès, non ! C'est Souvarine, son ami, par un désir de changer le monde en brûlant tout pour tout y reconstruire. Acte qui, d'ailleurs, n'est commis qu'après l'abandon des grèves.
Zadek
En effet ! j'ai eu un doute, mais pas envie de rechercher mon bouquin ; merci de la précision.
bonjour,
j'ai un commentaire de français à faire sur Germinal partie V de ZOLA pourriez vous m'aider a trouver les axes et a expliquer differents mots
merci
L'as-tu lu?
L'ayant lu, quels en sont tes impressions?
Fais une liste de chacue de tes idées avec le passage qui l'inspire.
En organisant tes idées, tu auras les axes.
Bonsoir,
Me revoilà ce soir pour vous exposer une lecture analytique que j'ai tenté de compléter, d'améliorer. J'ai tout repris, malgré quelques difficultés qui, malgré moi, se sont empirées. Voici une ébauche de travail fraîchement réalisée: (j’ai entre temps réinvesti la technique de Magister)
PROGRESSION LOGIQUE :
Femmes → Hommes → Réunion en un Groupe
Le passage étudié est un passage descriptif, d’où la présence de l’imparfait qui est ici un imparfait de description (scène) introduit par un plus-que-parfait qui marque l’antériorité : « Les femmes avaient paru ». Il est donc notable de dire que les femmes sont sur place avant tout le monde.
[lien invalide]
Merci de m'aider à compléter / finir mon analyse, vous me serez de grande utilité !
Zadek
Bonjour,
Malgré mes doutes quant à mon analyse, j'ai tenté un plan. Mais faites-moi signe tout de même si mon analyse est incomplète ou si j'ai fait (et/ou refait) des erreurs.
Je rappelle tout d'abord le texte:
Les femmes avaient paru, près d'un millier de femmes, aux cheveux épars, dépeignés par la course, aux guenilles montrant la peau nue, des nudités de femelles lasses d'enfanter des meurt-de-faim. Quelques-unes tenaient leur petit entre les bras, le soulevaient, l'agitaient, ainsi qu'un drapeau de deuil et de vengeance. D'autres, plus jeunes, avec des gorges gonflées de guerrières, brandissaient des bâtons; tandis que les vieilles, affreuses, hurlaient si fort, que les cordes de leurs cous décharnés semblaient se rompre. Et les hommes déboulèrent ensuite, deux mille furieux, des galibots, des haveurs, des raccommodeurs, une masse compacte qui roulait d'un seul bloc, serrée, confondue, au point qu'on ne distinguait ni les culottes déteintes, ni les tricots de laine en loques, effacés dans la même uniformité terreuse. Les yeux brûlaient, on voyait seulement les trous des bouches noires, chantant la Marseillaise, dont les strophes se perdaient en un mugissement confus, accompagné par le claquement des sabots sur la terre dure. Au-dessus des têtes, parmi le hérissement des barres de fer, une hache passa, portée toute droite; et cette hache unique, qui était comme l'étendard de la bande avait, dans le ciel clair, le profil aigu d'un couperet de guillotine.
Tout d'abord, j'ai classé mes informations dans un tableau (que je ne peux recopier ici) :
I- Récit réaliste:
(1)
Action qui dure, interminable.
(2)
Impression réaliste, univers réel et familier.
(3)
La scène nous apparait laide, grossière, triviale.
(4)
Les personnages ne sont plus hommes, ils sont transformés en animaux sauvages, barbares…
(5)
Aspect miséreux rendu sensible dans ce passage.II- Vision épique:
(6)
Apparition démesurée, impression d'une masse d'homme imposante: grand nombre.
(7) Anonymat au profit d'une vision de groupe, de troupe.
(8)
La révolte prend un caractère sanguinaire. Soif de vengeance inépuisable: actions inéluctables.
(9)
Le "feu de la veangeance" est présent (ravageur) dans tous les esprits de toutes les personnes rassemblées.
J'ai essayer un plan pour la première partie:
I- RECIT REALISTE a) Impression réaliste: (1) (2)
b) Contexte de misère: (3) (5)
c) Comportement barbare des hommes (hommes déshumanisés): (4)
J'attends vos réactions ! Et vous remercie à l'avance,
Zadek
Bonjour Zadek,
Si tu tiens compte de ton analyse (ton message 30), c'est bon.
Muriel
Merci de ta réponse,
Je précise tout de même que je ne me contente pas du minimum ! Et vu la tournure de votre phrase il apparaît évident que mon analyse semble et est incomplète ! J'attends donc vos précisions …
Zadek
Je précise tout de même que je ne me contente pas du minimum !
Mais je le sais bien ! 🙂 tu m'as mal comprise… je voulais dire, au contraire, que ton analyse (message 30), était suffisante pour nourrir toutes tes parties…
Muriel
Soit ! Mais n'y a-t-il vraiment rien à ajouter ? Question inutile et irréfléchie, étant donné qu'il y a toujours à dire… Je reprends: Quels éléments essentiels m'ont échappés ?
Merci de ton intervention,
Zadek
Bonjour,
J'ai continué:
Je rappelle tout d'abord le texte:
Les femmes avaient paru, près d'un millier de femmes, aux cheveux épars, dépeignés par la course, aux guenilles montrant la peau nue, des nudités de femelles lasses d'enfanter des meurt-de-faim. Quelques-unes tenaient leur petit entre les bras, le soulevaient, l'agitaient, ainsi qu'un drapeau de deuil et de vengeance. D'autres, plus jeunes, avec des gorges gonflées de guerrières, brandissaient des bâtons; tandis que les vieilles, affreuses, hurlaient si fort, que les cordes de leurs cous décharnés semblaient se rompre. Et les hommes déboulèrent ensuite, deux mille furieux, des galibots, des haveurs, des raccommodeurs, une masse compacte qui roulait d'un seul bloc, serrée, confondue, au point qu'on ne distinguait ni les culottes déteintes, ni les tricots de laine en loques, effacés dans la même uniformité terreuse. Les yeux brûlaient, on voyait seulement les trous des bouches noires, chantant la Marseillaise, dont les strophes se perdaient en un mugissement confus, accompagné par le claquement des sabots sur la terre dure. Au-dessus des têtes, parmi le hérissement des barres de fer, une hache passa, portée toute droite; et cette hache unique, qui était comme l'étendard de la bande avait, dans le ciel clair, le profil aigu d'un couperet de guillotine.
Tout d'abord, j'ai classé mes informations dans un tableau (que je ne peux recopier ici) :
I- Récit réaliste:
(1)
Action qui dure, interminable.
(2)
Impression réaliste, univers réel et familier.
(3)
La scène nous apparait laide, grossière, triviale.
(4)
Les personnages ne sont plus hommes, ils sont transformés en animaux sauvages, barbares…
(5)
Aspect miséreux rendu sensible dans ce passage.II- Vision épique:
(6)
Apparition démesurée, impression d'une masse d'homme imposante: grand nombre.
(7) Anonymat au profit d'une vision de groupe, de troupe.
(8)
La révolte prend un caractère sanguinaire. Soif de vengeance inépuisable: actions inéluctables.
(9)
Le "feu de la vengeance" est présent (ravageur) dans tous les esprits de toutes les personnes rassemblées.
J'ai essayer un plan pour la deuxième partie :
II- VISION EPIQUE a) Arrivée massive d'un groupe: (6) (7) (9)
b) Une révolte sanguinaire : (8)
Je crois qu'il faut trois paragraphes, donc il me manque quelque chose… J'attends vos conseils qui me permettront d'avoir un résultat à peu près correcte.
Lien vers mon analyse
Zadek
Bonjour,
Puisqu'aucune remarque ne s'est présentée, j'ai commencé la rédaction. (au passage, désolé pour le triple-poste).
I- RECIT REALISTE:
a) Impression réaliste:
Tout d'abord, le récit se construit et se développe dans un contexte réaliste. Cette impression de réalisme est issue d'une description minutieuse voire exhaustive de l'action qui nous est présentée, ainsi, le récit est accompagné d'un long passage descriptif, d'où l'usage de l'imparfait, utilisé pour décrire la scène: "tenaient", l.4 ; "hurlaient", l.7-8. Le réalisme de ce récit est souligné par l'utilisation de termes techniques propres au vocabulaire de la mine: "galibots, haveurs, raccommodeurs", l.10. La présence d'une multitude de champs lexicaux tels que celui du corps: "cheveux", "peaux", "gorges", "cous", "yeux", "bouche" ou celui des vêtements: "culottes", "tricots de laine en loque" ajoutent à la force du passage descriptif. De plus, on remarque la présence importante des effets du temps marqué tout d'abord par l'emploi de périodes (24,22,32,48,34 mots) allongées à l'aide d'adjectifs, de propositions complétives, d'un retardement de la phrase principale… L'usage de l'imparfait précédé d'un plus-que-parfait introduit le récit dans la durée et rend sensible la vision du temps. Enfin, quelques anaphores retardent les phrases: "aux cheveux épars, […] aux guenilles montrant la peau nue".
b) Contexte de misère:
Ensuite, l'auteur s'attache à rendre compte du contexte miséreux dans lequel nous nous trouvons dans ce passage. En effet, la scène nous apparait laide, grossière, vulgaire par l'usage de certains procédés scripturaux. Tout d'abord, l'utilisation de périphrases pour désigner les êtres humains marque la misère de la situation comme "meurt-de-faim", l. 3-4 qui fait allusion aux enfants. En outre, on observe que les champs lexicaux sont associés à des termes dont la connotation est négative, dont la résonance est péjorative: ainsi, le champ lexical du corps est lié à des qualificatifs dépréciatifs: "cheveux épars, dépeignés", "peau nue", "gorges gonflées", de même pour le champ lexical des vêtements: "culottes déteintes", "les tricots de laines en loques, effacés". Enfin, on relève des adjectifs qualificatifs explicites de la misère: "noires", "terreuse", "dure", "nue", … participant à donner une vision pitoyable de la condition des êtres mis en scène.
Merci d'être francs, peu importe la brutalité de vos paroles !
Merci beaucoup,
Zadek.
Un texte assez bien écrit et réfléchi. Quelques rectifications:
1)"cette impression de réalisme est rendue par/se caractérise par" plutôt que "est issue de"
2)"la présence de nombreux champs lexicaux" plutôt qu' "une multitude de"
3)"l'usage de l'imparfait avec pour arrière-plan le plus-que-parfait" plutôt que "précédé"
En ce qui concerne le b)
1)"ainsi que le laisse entendre l'expression "meurt-de-faim"" plutôt que "comme "meurt-de-faim""
2)"…les champs lexicaux sont associés à des termes dont la connotation est péjorative."
3)"…on relève des adjectifs qualificatifs…concourant à donner" plutôt que "participant à donner"
Dans ton a) je parlerai du point de vue externe, qui est dit "neutre" et qui marque la volonté de représenter le réel avec objectivité. Une réalité toutefois exagérée dans ce passage. Zola parlait d'ailleurs d'"hypertrophie du réel" à propos du naturalisme: grossir la réalité pour mieux la révéler.
Merci beaucoup, je vais ajouter ou modifier mon travail en fonction de vos remarques. J'ai tout de même continué:
c) Comportement barbare des hommes:
Pour finir, on assiste à une déshumanisation voire même à une déshumanisation du comportement des hommes. En effet, la lecture de l'extrait nous laisse penser à des animaux plutôt qu'à des êtres humains(, et ce grâce à diverses procédés scripturaux). Tout d'abord, certaines périphrases pour désigner les personnages présents semblent s'inscrire dans ce phénomène de déshumanisation, on relève par exemple: "nudités de femelles", "un mugissement confus", ou encore "le claquement des sabots" qui participe à l'animalisation des êtres humains. Enfin, l'auteur souligne la barbarisation du comportement humain au moyen de diverses figures de styles: ainsi, "les trous des bouches noires" est une synecdoque qui donne au lecteur l'impression que les personnages ne sont plus humains du fait de l'unique présence du trou de leur bouche.
Je trouve ce paragraphe beaucoup moins bien, un peu répétitif parfois et des tournures assez maladroites mais je ne parviens pas à l'améliorer !
Merci de m'aider,
Zadek
Bonjour,
J'ai donc continué mon travail, désolé pour le double-post !
II- VISION EPIQUE:
a) Arrivée massive d'un groupe:
Tout d'abord, l'auteur s'efforce de rassembler les hommes et les femmes en une masse imposante d'êtres humains qui pense et agit dans la même visée. En effet, l'arrivée du groupe produit sur le lecteur une impression démesurée grâce aux précisions chiffrées apportées par l'auteur: "un millier de femmes", "deux-mille furieux". Ensuite, le narrateur dissimule l'identité des personnages au profit d'une vision de groupe. En effet, les individus ne sont nommés que par des termes assez vagues et peu explicites comme "les hommes", "les femmes" ou encore "leurs petits"; et sont classés en fonction de l'âge et du métier, ainsi, "plus jeunes", "les vieilles" désignent les femmes et "des galibots, des haveurs, des raccommodeurs" désignent les hommes. De plus, on remarque que l'uniformisation du groupe évolue en même temps* que le récit jusqu'à atteindre son paroxysme. Cela est particulièrement visible dans** l'évolution des phrases dont le sujet devient "une masse compacte" et non plus "les hommes" ni "les femmes". Enfin, le locuteur s'attache à démontrer le caractère communautaire du désir de vengeance***. En effet, la lecture de l'extrait nous laisse penser que le "feu de la vengeance" anime tous les esprits de toutes les personnes rassemblées; par exemple, la métaphore "tous les yeux brûlaient" tend à souligner l'aspect uniforme du désir de justice.
* ou " évolue au fur et à mesure que le récit avance ?
** ou "cela est particulièrement visible par" ?
*** ou "le locuteur s'attache à démontrer le caractère communautaire que revêt le désir de vengeance" ?
J'aimerais votre opinion ! N'est-ce pas un peu lourd ?
Merci de votre aide,
Zadek