Zola, Germinal, V, 5 - Les femmes avaient paru, près d’un millier de femmes…

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Je me suis décidé à demander de l'aide à mon professeur de français qui m'a conseillé, afin de m'entraîner au commentaire, d'utiliser un texte vu en cours à l'occasion de l'étude du récit réaliste. Voici donc:
Les femmes avaient paru, près d'un millier de femmes, aux cheveux épars, dépeignés par la course, aux guenilles montrant la peau nue, des nudités de femelles lasses d'enfanter des meurt-de-faim. Quelques-unes tenaient leur petit entre les bras, le soulevaient, l'agitaient, ainsi qu'un drapeau de deuil et de vengeance. D'autres, plus jeunes, avec des gorges gonflées de guerrières, brandissaient des bâtons; tandis que les vieilles, affreuses, hurlaient si fort, que les cordes de leurs cous décharnés semblaient se rompre. Et les hommes déboulèrent ensuite, deux mille furieux, des galibots, des haveurs, des raccommodeurs, une masse compacte qui roulait d'un seul bloc, serrée, confondue, au point qu'on ne distinguait ni les culottes déteintes, ni les tricots de laine en loques, effacés dans la même uniformité terreuse. Les yeux brûlaient, on voyait seulement les trous des bouches noires, chantant la Marseillaise, dont les strophes se perdaient en un mugissement confus, accompagné par le claquement des sabots sur la terre dure. Au-dessus des têtes, parmi le hérissement des barres de fer, une hache passa, portée toute droite; et cette hache unique, qui était comme l'étendard de la bande avait, dans le ciel clair, le profil aigu d'un couperet de guillotine.
Peut-être est-ce un peu court, mais bon, ce sera mon tout premier commentaire complet ! Mais déjà, le choix des axes me contraint à vous rendre visite… Voici toutes mes observations:

(1) Masse humaine anonyme / surnombre ;
(2) Déshumanisation des êtres humains ;
(3) Un comportement barbare ;
(4) Vocabulaire se rapportant au monde de la mine ;
(5) Description précise des femmes (visages, vêtements, …) ;
(6) Les enfants font l'objet d'un désir de vengeance ;
(7) Uniformisation en un groupe compact ;
(8) Vocabulaire bestiaire, champs lexical des animaux ;
(9) La hache allégorise la vengeance, assimilée au couperet de la guillotine.

Et un "plan" que j'ai tenté, mais bon, je ne m'y connais pas du tout ! Alors je vous implore de l'exigence…

I- Un Monde Réaliste
a) Description réaliste
b)
c)
II- Révolte sanguinaire
a)
b)
c)

Problématique: L'auteur substitue à une vision réaliste, l'allure sanguinaire du rassemblement.

Je sais que même pour une première fois, c'est médiocre, mais bon, j'attends beaucoup de votre aide !

Merci d'avance,
Zadek
Oui le tableau vengeur et épique est bien vu, ça fait une problèmatique très plausible.
Tu as fait une bonne lecture analytique Pour une fois qu'on en voit une !
Il te reste à développer ces aspects du texte dans tes deux parties ; par ex ceci : La hache allégorise la vengeance, assimilée au couperet de la guillotine. va en II
Les femmes avaient paru, près d'un millier de femmes, aux cheveux épars, dépeignés par la course, aux guenilles montrant la peau nue, des nudités de femelles lasses d'enfanter des meurt-de-faim. Quelques-unes tenaient leur petit entre les bras, le soulevaient, l'agitaient, ainsi qu'un drapeau de deuil et de vengeance. D'autres, plus jeunes, avec des gorges gonflées de guerrières, brandissaient des bâtons; tandis que les vieilles, affreuses, hurlaient si fort, que les cordes de leurs cous décharnés semblaient se rompre. Et les hommes déboulèrent ensuite, deux mille furieux, des galibots, des haveurs, des raccommodeurs, une masse compacte qui roulait d'un seul bloc, serrée, confondue, au point qu'on ne distinguait ni les culottes déteintes, ni les tricots de laine en loques, effacés dans la même uniformité terreuse. Les yeux brûlaient, on voyait seulement les trous des bouches noires, *chantant la Marseillaise, dont les strophes se perdaient en un mugissement confus, *accompagné par le claquement des sabots sur la terre dure. Au-dessus des têtes, parmi le hérissement des barres de fer, une hache passa, portée toute droite; et cette hache unique, qui était comme l'étendard de la bande avait, dans le ciel clair, le profil aigu d'un couperet de guillotine.
Bonjour Zadeck.
Bravo!
Il me semble que je peux ajouter très peu à l'analyse.
____________________ demandent une explication (figures de style, …)
Quel effet les allitérations portent-elles?
Compte le nombre de mots par phrase. Y a-t-il des phrases courtes? Longues? Par quel procédé Zola est-il arrivé à ce faire? Dans quelle intention?
Son utilisation de l'imparfait et le passé simple, est-elle usuelle?
Une hache entourée de verges fut aussi le symbole d'authorité des Licteurs de l'ancien Empire Romain. Ce symbole a été réutilisé par les Napoléons.
As-tu remarqué que les femmes nènent la marche? Z. Détaille les femmes par leur âge, mais ne précise pas leur nombre. Étrangement il semble plus précis pour les hommes, mais les traite en masse, tout en distinguant certains métiers.
Bonjour,

Merci beaucoup pour votre aide qui, non seulement va me faire avancer dans mon commentaire, mais qui m'a surtout redonné confiance ! J'ai essayé de compléter mon analyse avec toutes vos remarques:
Les femmes avaient paru, près d'un millier de femmes, aux cheveux épars, dépeignés par la course, aux guenilles montrant la peau nue, des nudités de femelles lasses d'enfanter des meurt-de-faim. Quelques-unes tenaient leur petit entre les bras, le soulevaient, l'agitaient, ainsi qu'un drapeau de deuil et de vengeance. D'autres, plus jeunes, avec des gorges gonflées de guerrières, brandissaient des bâtons; tandis que les vieilles, affreuses, hurlaient si fort, que les cordes de leurs cous décharnés semblaient se rompre. Et les hommes déboulèrent ensuite, deux mille furieux, des galibots, des haveurs, des raccommodeurs, une masse compacte qui roulait d'un seul bloc, serrée, confondue, au point qu'on ne distinguait ni les culottes déteintes, ni les tricots de laine en lloques, effacés dans la même uniformité terreuse. Les yeux brûlaient, on voyait seulement les trous des bouches noires, *chantant la Marseillaise, dont les strophes se perdaient en un mugissement confus, *accompagné par le claquement des sabots sur la terre dure. Au-dessus des têtes, parmi le hérissement des barres de fer, une hache passa, portée toute droite; et cette hache unique, qui était comme l'étendard de la bande avait, dans le ciel clair, le profil aigu d'un couperet de guillotine.
(10) Les femmes brandissent leurs enfants comme sources de misère et donc de vengeance.
(11) L'arrivée des femmes se caractérise par une course effrénée
(12) Sonorités frappantes (occlusives) qui ajoutent à la brutalité de la scène.
(13) Métaphores qui mettent en valeur la soif de vengeance
(14) Imparfait ayant pour fonction de décrire une scène, Passé simple qui décrit les actions brèves de premier plan.

→ Ainsi Zola mettrait en valeur l'arrivée des hommes et l'anecdote de la hache ? Mon interprétation n'est-elle pas contradictoire ?

(15) Les femmes se différencient par leur âge alors que les hommes par leurs métiers.
Compte le nombre de mots par phrase. Y a-t-il des phrases courtes? Longues? Par quel procédé Zola est-il arrivé à ce faire? Dans quelle intention?
Les phrases tournent autour de 30 mots environ, elles sont globalement toutes de la même longueur. Peut-être pourrait-on les qualifier de périodes… Zola use de ponctuations "," et relance ses phrases au moyen de participes présents et passés.



Quant au plan, pour la partie 1, la sous-partie "description réaliste" ne résumera-t-elle pas l'ensemble de ma partie ?

Merci beaucoup pour votre aide,
Zadek
En entrant 'figures de style' dans le moteur de recherche de ce site (la fenêtre en haut à gauche) j'ai trouvé ceci et cela -quand tu as beaucoup plus de temps disponible 🙂

Les plans ne sont nullement mon fort. 😐
En fait on passe sans arrêt dans ce texte du réalisme au, disons, fantastique ; ton I) Un monde réaliste recoupe en effet a) Une description réaliste ; tu pourrais résumer simplement par I) Réalisme
En II) je verrais bien une sous-partie : l'épique dans ce texte (l'épique est limite fantastique)
Zola (tu peux mettre ça en intro ?) emploie souvent ce procédé dans son roman, par ex dans la scène de l'effondrement du Voreux
Merci beaucoup Léah pour ces précisions, elles me seront bien utiles lorsque je vais m'appliquer à créer le final de mon plan. J'ai quelques idées…

Sinon, pour l'épique qui, vous dites, bascule dans le fantastique, je ne comprends pas l'allusion à ce dernier registre. En quoi as-t-on un doute entre une explication rationnelle et une explication irrationnelle ? Ou bien parliez-vous tout simplement de l'exagération si forte qu'elle bascule, non seulement dans l'épique mais aussi dans le fantastique ?

Enfin, JSC, je ne comprends pas votre lien J'ai moi-même appris mes figures de style, et je ne vois pas pour quelle partie du texte il me manque des informations. Où peut-être faut-il que je développe avec plus de précision l'ensemble des figures de style que je reconnais dans le texte ?

Merci encore,
Zadek
Zadek a écrit :Enfin, JSC, je ne comprends pas votre lien J'ai moi-même appris mes figures de style,
Pas de problème! Même si le deuxième lien contient quelques 300 références! Bravo de ta maîtrise, alors. 🙂

Non, non, l'effet d'une figure est plus important à mes yeux que de les nommer. 😉
Mais métaphore n'est pas la seule figure que j'avais indiquée et il y en a très probablement d'autres à relever.
Il n'y a pas de doutes, on voit toujours ce que décrit Zola, c'est le glissement constant vers le mode épique qui transforme cette scène. Les enfants brandis comme des drapeaux de deuil et de révolte par ex
Ne te stresse pas pour les figures de style, si tu en oublies quelques-unes ce n'est pas capital et ne te sanctionnera pas ; encore d'acc avec JSC l'important n'est pas de la nommer sans erreur, mais de voir l'effet qu'elle induit
Bonjour,

Excusez-moi de mon manque de rapidité mais les cours, enfin …
L'ironie de votre part, JSC, est justifiée, évidemment que je ne connais pas toutes les figures de styles référencées, mais les plus importantes je pense !

Je suis moi-même d'accord avec vous deux, l'effet est plus important que la figure de style en elle-même, mais voilà le problème: j'ai beaucoup de mal à discerner les effets produits par les figures de style !

Comment puis-je améliorer cette lacune ? Comment puis-je parvenir à démasquer les intentions de l'auteur par delà telle ou telle figure de style ?

Sinon, merci des précision quant à la justification du registre épique, Léah, j'ai mieux compris désormais !

Avec toute ma gratitude,
Zadek
Donc le plan le plus adapté serai lequel?
parce que moi j'ai une idée mais je ne sais pas si c'est bon
en 1er lieu je parlerai plutot d'une description naturaliste et en 2nd de la guerre mais je ne sais pas
pouvez vous me donner vos avis s'il vous plait
Bonsoir Marie,

La guerre… c'est peut-être un terme un peu fort… Une révolte, plutôt ?

Muriel
sinon c'est bon?
Qu'entends-tu par une vision naturaliste ?

Sinon, quelqu'un a-t-il été confronté au même problème que le mien (cf. page précédente) et a-t-il une solution à celui-ci ?

Merci,
Zadek
Bonsoir Zadek,

Peut-être pourrais-tu insister sur la misère, la faim. Sur la "masse" unie dans un même cri.

Tu pourrais aussi remarquer que la hache — elle seule — a le droit aux qualificatifs "d'unique", de "singulière"… Elle les représente ; mais eux, ils ne sont plus rien. Ils sont "nus", "terreux", en "guenilles", en "loques"… Ils ont faim…

La faim, la misère, ne me semblent pas assez présentes dans ton analyse. Ils crient parce qu'ils ont faim, sinon, ils se tairaient, comme d'habitude.

Muriel
*avaient paru, près d'un millier de femmes, aux cheveuxépars, dépeignés** par la course, aux guenilles montrant la peau nue, des nudités de femelles lasses d'enfanter des meurt-de-faim. Quelques-unes tenaient leur petit entre les bras, le soulevaient, l'agitaient, ainsi qu'un drapeau de deuil et de vengeance. D'autres, plus jeunes, avec des gorges gonflées de guerrières, brandissaient des bâtons; tandis que les vieilles, affreuses, hurlaient si fort, que les cordes de leurs cous décharnés semblaient se rompre. *déboulèrent ensuite, deux mille furieux, des galibots, des haveurs, des raccommodeurs, ***compacte qui roulait d'un seul bloc***, serrée, confondue***, au point qu'on ne distinguait ni les culottes déteintes**, ni les tricots de laine en loques, effacés dans la même uniformité*** terreuse****. Les yeux brûlaient, on voyait seulement les trous des bouches noires, chantant la Marseillaise, dont les strophes se perdaient en un mugissement confus, accompagné par le claquement des sabots sur la terre**** dure. Au-dessus des têtes, parmi le hérissement des barres de fer, une hache passa, portée toute droite; et cette hache unique, qui était comme l'étendard de la bande avait, dans le ciel clair, le profil aigu d'un couperet de guillotine.
Cher Zadek.
Tu me poses une question qui m'intrigue depuis un moment. Comment sentir les effets, comment savoir où les chercher dans un texte. Je rappelle que je n'ai pas de formation littéraire, mais elle ne manquait pas du côté analytique.
Pour mes nouvelles marques sur ce texte, j'ai procédé de deux façons:
lire à haute voix, ce qui donne
- le rythme des syntagmes et de phrases
- les allitérations
et
remarquer les mots
(en gras) qui me semblent spécialement choisis par Zola, où un mot plus banal serait tombé de ma plume; examiner le(s) sens du mot et son aptitude dans le contexte.
Je me demande si, en enlevant quelques adjectifs on enleve la force.
(soulignés) l'apposition de mots; quand je lis "les femmes" je cherche et trouve "Et les hommes". Quand je lis "enfanter" je cherche et trouve "meurt-de-faim" et "petit" par la suite. il renforce une idée par une subtile répétition par rappel.
Est-ce que ça te donne une idée?
Et non! je ne connais pas non plus les noms des 250 figures de style et vocabulaire littéraire. 🙂
Bonsoir,

Je vais vous répondre parce que j'ai pris connaissance de vos réponses mais pardonnez mon éventuelle brutalité, je vous préviens à l'avance que je reviens d'un devoir de Français et qui se présente sous de mauvais augures…

Merci Muriel H., ces conseils me seront utiles, j'en suis sûr ! Cependant, ayant lu Germinal, je ne suis pas totalement d'accord !

Sinon, JSC, merci beaucoup pour vos précisions fort enrichissantes vont m'aider à progresser dans ma lecture analytique. Je ne sais pas, peut-être suis-je intrigant par nature ?! J'ai parfois du mal à discerner l'importance de chaque mot, mais je m'y attèlerais avec plus d'attention pour la suite. J'ai pas mal de devoirs en ce moment, excusez-moi donc de l'absence de ré-actualisation de ce sujet.

Merci beaucoup,
Zadek
si on parle en I/ des femmes
et en II/ des hommes
est ce que cela va ou pas?
Pour faire un commentaire?
ChtiteMarie
Il faut trouver une problématique pour en tirer tes axes de lecture
Crois-tu vraiment que ceux de ce texte soit I) les hommes et II) les femmes ? Ça me paraît très réducteur pour un texte de Zola.