Bonjour, je suis en lettres modernes et j'ai un oral a présenter sur un poème de René char:
tu es pressé d'écrire
comme si tu étais en retard sur la vie
s'il en est ainsi fais cortège à tes sources
hâte-toi
hâte-toi de transmettre
ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance
effectivement tu es en retard sur la vie
la vie inexprimable
la seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t'unir
celle qui t'es refusée chaque jour par les êtres et par les choses
dont tu obtiens péniblement de-ci de-là quelques fragments décharnés
au bout de combats sans merci
hors d'elle tout n'est qu'agonie soumise fin grossière
si tu rencontres la mort durant ton labeur
reçois-là comme la nuque en sueur trouve bon le mouchoir aride
en t'inclinant
si tu veux rire
offre ta soumission
jamais tes armes
tu as été créé pour des moments peu communs
modifie-toi disparais sans regret
au gré de la rigueur suave
quartier suivant quartier la liquidation du monde se poursuit
sans interruption
sans égarement
essaime la poussière
nul ne décèlera votre union.
je ressens beaucoup de choses à la lecture de ce poème des notions d'espoir, d'éloge à la vie et en même temps une terrible lucidité. Cependant je n'arrive pas à organiser mes axes de lecture.
tout est confus.Pourriez vous m'aidez à trouver des axes de lectures cohérents et une problématique?
(je continu à travailler dessus et je vous envoie, ce soir, plus de matière sur le sujet).
merci.
OK je reviens tout-à-l'heure
De quel recueil est ce poème ?
Ce poème (tu es pressé d'écrire…) est tiré du MARTEAU SANS MAITRE, moulin premier, commune présence. Je suis toujours sur (tu es pressé d'écrire), pourrait on parler d'éloge à la vie.Vie au combien aimée mais douloureuse?
pensez vous que je sois dans le vrai quant à mes idées écrites précédemment?
tu es pressé d'écrire
comme si tu étais en retard sur la vie
s'il en est ainsi fais cortège à tes sources
¹hâte-toi
¹hâte-toi de transmettre
ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance
effectivement tu es en retard sur la vie
la vie inexprimable
la seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t'unir
celle qui t'es refusée chaque jour par les êtres et par les choses
dont tu obtiens péniblement de-ci de-là quelques fragments décharnés
au bout de combats sans merci
hors d'elle tout n'est qu'agonie soumise fin grossière
²si tu rencontres la mort durant ton labeur
reçois-là comme la nuque en sueur trouve bon le mouchoir aride
en t'inclinant
²si tu veux rire
offre ta soumission
jamais tes armestu as été créé pour des moments peu communs
modifie-toi disparais sans regret
au gré de la rigueursuavequartier suivant quartier la liquidation du monde se poursuit
³sans interruption
³sans égarement
essaime la poussière
nul ne décèlera votre union.
Le dernier vers me semble être la clef. S'il n'y a pas union visible dans la présence commune, il devrait y avoir confrontation. Les paires de mots colorés soulignent cette opposition.
Les chiffres pour une figure de style (il y en a des autres).
il me semble qu'il y a des phrases qui racontent une naissance "hâte-toi de transmettre ta part…", la nuque en sueur", "ton labeur", "tu as été créé" (masculin).
En Angleterre "cortège" suggère automatiquement procession funèbre, mais je sais qu'en français ce n'est pas ça. Pourtant il y a bcp question de vie et de mort "disparais", "liquidation", "en t'inclinant", "agonie".
Char a célébré la vie, la nature et l'amour ; donc oui un éloge
Et pour les axes je pense qu'il y a aussi l'idée de la fin inéluctable, mais devant laquelle il ne baisse pas les armes
1932 il épouse Georgette Goldstein, 1934 il publie Marteau sans Maître.A-t-il eu un enfant? Un mort-né?
Après 1934 il 'abandonne' progressivement le surréalislme.
C'est très intéressant, mais ça n'apporte rien au commentaire sur le texte
Pour un commentaire on demande en intro à l'élève de situer rapidement l'auteur dans son siècle et les mouvements littéraires ; mais ni une biographie ni une bibliographie
"Un oral à présenter sur un poème" à l'université, je crois.
{As-tu vu mon msg #5 ?}
LA demande de Tzilla porte clairement sur les axes de lecture ; et même à la fac on ne demande pas non plus une biographie détaillée de l'auteur
Surtout que le temps de l'exposé est limité ! on ne fait jamais une tartine sur l'auteur
bon
Mes "axes de lecture"
- opposition
- vie et mort
- naissance
- figures de style
n'ont aucune mérite.
La théorie de la naissance n'a pas bcp de valeur sinon soutenu par un événement dans la vie de RC.
Si on va estimer si le poème est oui/non/un peu surréel, vaudrait mieux savoir que l'années de sa composition était années charnière pour son style!
Mais je suis à côté de la plaque……ignore-moi, Tzilla, je ne suis pas du tout poète pour donner les axes en deux mots. 😞
Vivement Vendredi Saint = pleine lune. 😜
Tout d'abord, merci beaucoup à tous les deux.
Ensuite , je pense avoir encore moultes questions à vous poser…
_Comment comprenez-vous les 2 derniers vers?Et "essaime"? Selon la dédinition du larousse, je pourrais le comprendre comme épouse la poussière donc la mort?
_je pensais diviser le poème en 4 mouvement
de "tu es pressé" à "bienfaisance"
de " effectivement" à "grossière"
de "si tu rencontre" à "rigueur suave"
de "quartier à "égarement" ou à union"?
Voila pour l'instant, mais il risque d'y en avoir d'autres…
merci
essaime la poussière
nul ne décèlera votre union.
essaime la poussière : il y a cette idée de répandre, je dirai activement Mais quelle poussière ? celle de la poésie je crois, celle des mots
Il peut aussi s'agir d'une poussière qui cache l'union avec la vie (Char fut un grand amoureux…)
Pour moi, l'union est celle du titre "présence commune".
Si je tiens à l'idée qu'il y a deux choses qui s'affrontent, il n'y a pas contradiction. Des opposés peuvent s'attirer, comme un pôle nord et un pôle sud d'un aimant.
que pensez vous de l'organisation de mes mouvements et que choisiriez vous pour le dernier?
tu es pressé d'écrire
comme si tu étais en retard sur la vie
s'il en est ainsi fais cortège à tes sources
hâte-toi
hâte-toi de transmettre
ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance
effectivement tu es en retard sur la vie
la vie inexprimable
la seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t'unir
celle qui t'es refusée chaque jour par les êtres et par les choses
dont tu obtiens péniblement de-ci de-là quelques fragments décharnés
au bout de combats sans merci
hors d'elle tout n'est qu'agonie soumise fin grossière
si tu rencontres la mort durant ton labeur
reçois-là comme la nuque en sueur trouve bon le mouchoir aride
en t'inclinant
si tu veux rire
offre ta soumission
jamais tes armes
tu as été créé pour des moments peu communs
modifie-toi disparais sans regret
au gré de la rigueur suave
quartier suivant quartier la liquidation du monde se poursuit
sans interruption
sans égarement
essaime la poussière
nul ne décèlera votre union.
Quelle est la différence entre mouvement et découpage?
Pourquoi tu découpes ainsi le poème?
"Tu", c'est qui?