Emploi du conditionnel après "si"

Langue française

103 réponses · Page 5 / 6

Merci d'avoir répondu si vite. Je travaille sur le point suivant : si + plus-que-parfait, conditionnel présent, et je m'aperçois qu'il est difficile de faire des phrases qui sonnent "bien".

Bonsoir à tous,

J'ai la phrase suivante : Il ne doit pas être loin car s'il était parti, il m'aurait demandé d'aller nourrir son chat.

Mais parfois, si est synonyme de "chaque fois" et dans ce cas, la combinaison "si+présent, présent" est possible. Je me demande si on peut écrire : Il ne doit pas être loin car s'il part, il me demande d'aller nourrir son chat.

J'aimerais bien avoir votre avis sur la question. Merci d'avance
Je ne suis pas certain que vous puissiez mettre si, par contre vous pouvez écrire.
Il ne doit pas être loin car quand / lorsqu' il part, il me demande d'aller nourrir son chat.
ou encore
Il ne doit pas être loin : quand / lorsqu' il part, il me demande d'aller nourrir son chat.
et peut-être même, mais avec réserves.
Il ne doit pas être loin : s'il part, il me demande d'aller nourrir son chat.

Attendre autres avis.

Si des pros pouvaient répondre à la question de Oktobrina, ce serait sympa pour elle et pour moi.
Si n'a le sens de toutes les fois que seulement s'il est utilisé avec l'imparfait ou le plus-que-parfait. Cf. Larousse
Néanmoins la phrase
Il ne doit pas être loin car s'il part, il me demande d'aller nourrir son chat.
ne me semble pas impossible, même si je préfère les premières propositions de Paulang.
Évidemment, ce n'est pas l'imparfait de répétition, d'habitude, signalé par Anne et donc "si" ne peut pas avoir le sens de "à chaque fois", mais plutôt celui de "dans l'hypothèse où".
Pourtant, la grammaire que j'ai sous les yeux dit :

si = chaque fois que

L'emploi du présent ou de l'imparfait dans la principale exprime une habitude :

En vacances, s'il pleut, nous jouons au cartes. (chaque fois qu'il pleut)

En vacances, s'il pleuvait nous jouions aux cartes. (chaque fois qu'il pleuvait)
Oui mais dans ces exemples il n'y a pas le car qui rend la phrase lourde. L'absence de la virgule après s'il pleuvait est-elle volontaire ?
Dans ces phrases, si vous enlevez l'incise ou incidente, la phrase garde sa cohérence et ne me heurte pas.

Dans Il ne doit pas être loin, s'il part, il me demande d'aller nourrir son chat. la phrase ne veut plus dire grand chose. Il ne peut rien demander puisqu'il n'est pas là.
Oktobrina a écrit :Pourtant, la grammaire que j'ai sous les yeux dit :

si = chaque fois que

L'emploi du présent ou de l'imparfait dans la principale exprime une habitude :

En vacances, s'il pleut, nous jouons au cartes. (chaque fois qu'il pleut)

En vacances, s'il pleuvait nous jouions aux cartes. (chaque fois qu'il pleuvait)
Ce n'est pas faux, mais l'imparfait est plus propre à exprimer l'habitude que le présent. Or "chaque fois" est généralement associé dans l'esprit du locuteur à un grand nombre de fois, et donc à une forte notion d'habitude.
En vacances, s'il pleuvait nous jouions aux cartes. (chaque fois qu'il pleuvait)
Là, c'est l'imparfait d'habitude, pas de problème. On peut supposer que l'expérience est fondée sur plusieurs périodes de vacances sur des années.

En vacances, s'il pleut, nous jouons au cartes. (chaque fois qu'il pleut)
Là, à cause du présent, on sent moins l'habitude, mais simplement une expérience éventuellement unique. C'est pourquoi plus haut, j'ai dit que "si" correspond plutôt au sens "dans l'hypothèse où", cette hypothèse pouvant se produire ou non, et surtout n'étant pas nécessairement fréquente. C'est juste une question de nuance.
Avec si = à chaque fois il faut, me semble-t-il, qu'il y ait eu au minimum deux fois et cela même au présent.

Rappelons que parmi les valeurs du présent, on trouve le présent d'habitude (itératif - répétition).
Mais peut-être le remplacement de si par quand fait-il mieux ressentir cette habitude.
En vacances, quand il pleut, nous jouons au cartes.. le quand renvoie peut-être mieux au vécu.
Cela pour dire que ces notions de nuance ont peu à voir avec la grammaire et varient avec le ressenti de chacun.
Bonjour à tous,

après avoir lu plusieurs réponses possibles, je ne comprends toujours pas la nuance entre le conditionnel présent et le conditionnel passé dans cet exemple :

Paul pensait que Pierre viendrait

Paul pensait que Pierre serait venu

Quelle est donc la nuance ?

Je vous remercie vivement pour vos réponses !
Bonjour,

J'ai lu les pages précédentes et ai compris que l'interrogative indirecte permettait une sorte de conditionnel à "si". Cependant, je bloque sur une construction telle que celle-ci, qui n'a pas été donnée en exemple :

"(D'aucuns affirment que) si l'homme serait égoïste par nature, ce serait / c'est parce que…"

Je sais qu'il existe d'autres façons de reformuler cette phrase, mais fait-elle partie du simple cas de l'hypothèse = incorrecte ?
Bonjour,
Actuellement au lycée, j'ai commencé à écrire un roman. Cependant, dès le premier paragraphe, j'ai rencontré un problème de grammaire avec le conditionnel, que je vous expose ci-dessous:

"Cela faisait désormais quelques minutes qu'Yseult dansait dans les bras d'un homme qu'elle n'aurait jamais osé approcher de plus de trois pas, et cela même en rêve. […] Si sa sœur, Katell, n'aurait jamais dû cautionner pareil rapprochement - d'autant plus qu'elle connaissait la profession du personnage auquel elle avait affaire - son comportement devant la scène témoignait d'une réaction diamétralement opposée."

Evidemment, cette phrase m'agace, car il me semble avoir croisé cette construction dans le passé, sans que je puisse clairement dire où… et, en même temps, l'emploi du conditionnel est dérangeant, car je n'ai jamais vu de rais avec des si!
Cependant, le 'si' de cette proposition n'a pas tout à fait le même sens qu'un 'si' classique… je peine d'ailleurs à mettre des mots sur son usage, dans ce cas… une sorte de 'alors que'? Serait-il ainsi possible de les interchanger sans que le sens de la phrase soit modifié?
Merci d'avance pour votre aide,
homelesssultanofswing
Bonsoir.

Le fameux "pas de rais avec des si" n'est à prendre en compte qu'avec les si introduisant des subordonnées de condition exprimant une hypothèse.
Or, ici, c'est une subordonnée d'opposition, le si équivalant effectivement à alors que… ou s'il est vrai que…).
Avec ce sens de si, l'on peut trouver n'importe quel temps de l'indicatif dans la subordonnée, ainsi que le conditionnel.
Bonjour.

Récemment, je me suis fait reprendre pour la phrase suivante:
"Si j'étais née vingt ans plus tard, et que mes parents m'auraient offert des jouets électroniques, je pense que je serais devenue accro."
Mon interlocuteur pense que le plus-que-parfait s'impose: "mes parents m'avaient offert…".
Je trouve que le "que" introduit une autre proposition de condition, et que la règle du "si conditionnel" ne doit pas s'impliquer dans cas.
Par contre, j'aurais peut-être dû utiliser le subjonctif: "et que mes parents m'eussent offert…"
Par ailleurs, si je remplace le "que" par "au cas où", le conditionnel est requis.

Finalement, avais-je commis une erreur?…
C'est aussi le subjonctif "m'eussent" qui me serait venu spontanément sous la plume, conformément à l'usage classique (je crois, je n'ai pas vérifié), mais à l'oral, j'aurais employé "m'avaient". En tout cas, le conditionnel ne me plaît guère ici.
Bonsoir.

Quand on utilise un que pour éviter la répétition d'un "si" de condition, l'indicatif est admis, mais pas le conditionnel.
Si j'étais née vingt ans plus tard, et que mes parents m'avaient offert des jouets électroniques, je pense que je serais devenue accro.
Ce "que" peut être également suivi d'un subjonctif (et non d'un conditionnel).
En registre courant, on peut utiliser ici le subjonctif passé à la place du subjonctif plus-que-parfait que tu proposes :
Si j'étais née vingt ans plus tard, et que mes parents m'aient offert des jouets électroniques, je pense que je serais devenue accro.

Bonjour, je viens vers vous car j ai entendu une phrase dans une série qui me perturbe. Je vous explique le contexte: c est une personne qui est accusée de meurtre car on a retrouvé l arme sous son lit. Et sa copine dit que c est sûrement qq1 qui a mis l arme là. Et donc l avocat lui demande : « est ce que tu sais si quelqu’un qui lui en voudrait ». Je n arrive pas à comprendre pk le conditionnel. Moi j aurais dit : est ce que tu sais si qq1 qui lui en veut. Ou alors est ce que tu sais si qq1 qui lui en voudrait si il faisait ça. Mais là je ne comprends pas.

merci. Bonne soirées à tous

Bonsoir.

La phrase exacte est sans doute Est-ce que tu sais si quelqu’un lui en voudrait ? ou Est-ce que tu sais s’il y a quelqu’un qui lui en voudrait ? Le conditionnel exprime une simple hypothèse, une simple supposition… Le présent de l’indicatif serait plus affirmatif.

Merci beaucoup. Ah oui désolée, j ai fait un copié collé et j ai changé de verbe et du coup j ai oublié d enlever le « qui ». J avais mis est ce que tu connais qq1 qui lui en voudrait

Bonjour à tous. Bien que la phrase de référence pour ne pas se tromper dans les modes soit "Si j’avais su, je ne serais pas venu", le modèle suivant me laisse perplexe:"Je me demande si cette pratique ne devrait pas être interdite."Il me semble que l’imparfait de l’indicatif ne convient pas ici.Qu’en est-il? Merci.

Bonjour.

Je me demande / si cette pratique ne devrait pas être interdite.

Le conditionnel "devrait" est ici tout à fait normal

Car dans cette, phrase, il ne s’agit pas d’un si introduisant une subordonnée de condition, aucune raison d’utiliser l’imparfait "devait".

Il s’agit d’un si introduisant une subordonnée interrogative indirecte.

Discours direct : Est-ce que cette pratique ne devrait pas être interdite ?