Hugo, Fonction du poète

Entraide scolaire

48 réponses · Page 3 / 3

Bonjour,
je viens de faire ce commentaire sur Fonction du poète dans les Rayons et les ombres, les trois derniers dizains. Je ne suis pas très satisfaite de ce que j'ai écrit. Je ne pense pas avoir fait de grosse erreur, mais ça me semble un peu plat. Si vous avez d'autres idées…

« Fonction du poète » est le premier poème du recueil les Rayons et des ombres. Dans cet extrait nous avons donc les trois derniers dizains en octosyllabes. La versification est régulière, avec des rimes croisées, suivies ou embrassées. Dans ce poème, Hugo définit de façon didactique quels sont les rôles du poète dans la société. Nous verrons dans un premier temps que le poète est l’intermédiaire entre Dieu et les hommes et dans une seconde partie nous étudierons le rôle du poète.

1) Le poème est didactique. Il s’ouvre par une apostrophe solennelle aux peuples. On peut noter les exclamations qui donnent un aspect grandiloquent au discours. Le poète est également l’auteur et le sujet du discours ; il parle donc de lui-même à la troisième personne du singulier ce qui confère au texte une grande solennité. On note l’anaphore qui scande le texte « écoutez » et sert l’objectif didactique. On peut remarquer dans tout le poème des phénomènes de reprise des mots qui donnent une facilité de lecture et de compréhension « Ramassant la tradition/ De la tradition féconde… »
2) Le poète se présente en opposition avec les autres. Il y a opposition entre les pronoms de la troisième personne du singulier qui désignent le poète et le déterminant possessif « votre » qui désigne le lecteur, les peuples, les hommes. Ainsi le poète se dresse seul face à l’humanité. On peut remarquer la force de ce singulier. Il aurait pu, en effet, parler des poètes mais la puissance évocatrice est plus importante avec le singulier. L’anaphore de « lui-seul » souligne l’opposition dont nous venons de parler.
3) Le poète a un rapport particulier à Dieu
« Dieu parle à voix basse à son âme ». Le poète présente une forme de complicité avec Dieu ; sorte d’élu, il est également victime d’un sort christique : les allusions à Jésus-Christ sont contenues dans les vers 11 à 13 : « C’est lui qui, malgré les épines/ L’envie et la dérision/ Marche courbé dans vos ruines, ».

Le poète a donc, de par son statut d’élu et d’interlocuteur entre dieux et les hommes un rôle de guide spirirtuel.
1) Il a un rôle d’éclaireur comme le montre l’importance à travers tout le texte du champ lexical de la lumière « le front éclairé », « il rayonne », il « jette sa flamme, « il la fait resplendir pour l’âme/d’une merveilleuse clarté », « il inonde de sa lumière ».
Sorte de mage, le poète a la lucidité de deviner ce qui va se produire. Il a un rôle dans le progrès de l’esprit humain, comme le montre la métaphore des idées en arbre : « toute idée, humaine ou divine,/ Qui prend le passé pour racine/ A pour feuillage l’avenir. » Il y a là progression par rapport à l’idée du germe dans le premier dizain.
Il est également un pont entre le passé et l’avenir. Cette idée est traduite par la métaphore d’une tradition que l’on « ramasse » comme un objet à terre.
2) Rôle de mage ou de prophète ; il ya aussi progression dans le texte entre ce qui relève des hommes et ce qui relève de Dieu. Le poème se termine en apothéose par la comparaison de la poésie avec l’étoile du berger qui guida les rois mages vers Jesus-Christ la nuit de Noël. Le champ lexical de la lumière est mélioratif. Elle symbolise la vérité que le poète est capable de révéler pour le bien de tous.
3) Le poète s’adresse en effet à tous les hommes comme le montrent les vers26 à 28 : « Ville et déserts, Louvre et chaumière/ Et les plaines et les hauteurs !/ A tous ». On remarque une progression ascendante dans le texte. De courbé qu’il était dans les ruines le poète se retrouve presque à planer dans le ciel. Cependant son discours s’adresse aux plus humbles comme le montre la fin du dernier vers qui rejette le sujet de la phrase à la fin soulignant le rapprochement des plus grands et des plus humbles « rois et pasteurs ».

Pour conclure, le poète est un être presque divinisé. Sa grandeur d’âme et sa lucicité en font un être exceptionnel. Le vers 8 souligne son essence paradoxale : " Homme il est doux comme une femme ». Dieu s’adresse à lui comme à la nature « Dieu parle à voix basse à son âme/ Comme aux forêts et comme aux flots ». On voit dans ce texte la place privilégiée que Hugo attribue à la poésie et au poète. Ce dernier garant de la mémoire du passé est aussi à l’avant-garde. Il est engagé dans la vie des hommes qu’il a pour charge de guider.
Bonjour à tous !
Alors voilà, je suis en 1ère STMG, d'habitude je m'en sors plutot bien en français, mais alors là..
Ma prof de français m'a donné un poème de Victor Hugo qui est celui-ci :

J'aurais penseé que tous les strophe represente un poete engagé, qui se fit prophète non ..?
Pourquoi t'exiler, ô poète,
Dans la foule où nous te voyons?
Que sont pour ton âme inquiète
Les partis, chaos sans rayons?
Dans leur atmosphère souillée
Meurt ta poésie effeuillée;
Leur souffle égare ton encens.
Ton cœur, dans leurs luttes serviles,
Est comme ces gazons des villes
Rongés par les pieds des passants.

Dans les brumeuses capitales
N'entends-tu pas avec effroi,
Comme deux puissances fatales,
Se heurter le peuple et le roi?
De ces haines que tout réveille
A quoi bon emplir ton oreille,
O poète, ô maître, ô semeur!
Tout entier au Dieu que tu nommes,
Ne te mêle pas à ces hommes
Qui vivent dans une rumeur!

Va résonner, âme épurée,
Dans le pacifique concert!
Va t'épanouir, fleur sacrée,
Sous les larges cieux du désert!
O rêveur, cherche les retraites,
Les abris, les grottes discrètes,
Et l'oubli pour trouver l'amour,
Et le silence, afin d'entendre
La voix d'en haut, sévère et tendre,
Et l'ombre, afin de voir le jour!

Va dans les bois! va sur les plages!
Compose tes chants inspirés
Avec la chanson des feuillages
Et l'hymne des flots azurés!
Dieu t'attend dans les solitudes;
Dieu n'est pas dans les multitudes;
L'homme est petit, ingrat et vain.
Dans les champs tout vibre et soupire.
La nature est la grande lyre,
Le poète est l'archet divin!

Sors de nos tempêtes, ô sage!
Que pour toi l'empire en travail,
Qui fait son périlleux passage
Sans boussole et sans gouvernail,
Soit comme un vaisseau qu'en décembre
Le pêcheur, du fond de sa chambre
Où pendent ses filets séchés,
Entend la nuit passer dans l'ombre
Avec un bruit sinistre et sombre
De mâts frissonnants et penchés!


Puis, sa question est :
Quel est le role du poète dans chaque strophe ?

Alors voilà si vous pourriez m'aider, car je ne m'en sors vraiment pas..

Merci 🙂

PS : J'ai déjà effectue ce travail sur un autre poeme mais sur celui ci je 'y arrive pas
Bonjour à tous !

Je tiens à préciser que j'ai déjà cherché ma réponse sur le forum mais je n'ai pas trouvé.

Alors voilà, je suis en 1ère STMG, d'habitude je m'en sors plutôt bien en français, mais alors là..
Ma prof de français m'a donné un poème de Victor Hugo qui est celui-ci :

Pourquoi t'exiler, ô poète,
Dans la foule où nous te voyons?
Que sont pour ton âme inquiète
Les partis, chaos sans rayons?
Dans leur atmosphère souillée
Meurt ta poésie effeuillée;
Leur souffle égare ton encens.
Ton cœur, dans leurs luttes serviles,
Est comme ces gazons des villes
Rongés par les pieds des passants.

Dans les brumeuses capitales
N'entends-tu pas avec effroi,
Comme deux puissances fatales,
Se heurter le peuple et le roi?
De ces haines que tout réveille
A quoi bon emplir ton oreille,
O poète, ô maître, ô semeur!
Tout entier au Dieu que tu nommes,
Ne te mêle pas à ces hommes
Qui vivent dans une rumeur!

Va résonner, âme épurée,
Dans le pacifique concert!
Va t'épanouir, fleur sacrée,
Sous les larges cieux du désert!
O rêveur, cherche les retraites,
Les abris, les grottes discrètes,
Et l'oubli pour trouver l'amour,
Et le silence, afin d'entendre
La voix d'en haut, sévère et tendre,
Et l'ombre, afin de voir le jour!

Va dans les bois! va sur les plages!
Compose tes chants inspirés
Avec la chanson des feuillages
Et l'hymne des flots azurés!
Dieu t'attend dans les solitudes;
Dieu n'est pas dans les multitudes;
L'homme est petit, ingrat et vain.
Dans les champs tout vibre et soupire.
La nature est la grande lyre,
Le poète est l'archet divin!

Sors de nos tempêtes, ô sage!
Que pour toi l'empire en travail,
Qui fait son périlleux passage
Sans boussole et sans gouvernail,
Soit comme un vaisseau qu'en décembre
Le pêcheur, du fond de sa chambre
Où pendent ses filets séchés,
Entend la nuit passer dans l'ombre
Avec un bruit sinistre et sombre
De mâts frissonnants et penchés!
Puis, sa question est :
Quel est le role du poète dans chaque strophe ?

J'ai déjà analysé les figures de style, ce qui ne m'a pas aidé !

Alors voilà si vous pourriez m'aider, car je ne m'en sors vraiment pas..

Merci smile
Il faut t'intéresser au sens.
Analyse chaque strophe.
Pour te mettre sur la voie, la 1re strophe aborde les dangers à rester dans la foule ; la 2de évoque la futilité du combat politique…
Ces strophes examinent ce qui peut faire perdre son âme au poète, puis là où doit être la source de son inspiration…
C'est un programme inspiré du premier romantisme…
Alors déjà merci beaucoup de votre réponse ! 😀

D'accord je pense avoir compris. Donc ensuite si je dis que le poète cherche à être guide des éxilés, et qu'il se fait prophète envoyé par Dieu, ca correspond ? 🙂
Ça ne correspond pas aux strophes qui te sont proposées.
Ici Hugo propose aux poètes de chercher leur inspiration dans la nature loin de la ville. C'est une conception romantique du poète chargé de découvrir la voix de Dieu dans les beautés naturelles.
🙂 bonjour, je dois répondre et en faire un commentaire composé et donc bien argumenter a des questions urgentes mais je n'y arrive pas , les questions sont :
a qui le poète s'adresse t il et quel est le message

j 'ai remarqué un champs lexical de l'obscurité et des rimes croisés , des hyperboles anaphores
Courage donc, esprit, pensées.
Cerveaux d’anxiétés rongés.
Cœurs malades, âmes blessées.
Vous qui priez, vous qui songez !

Ô générations ! courage !
Vous qui venez comme à regret,
Avec le bruit que fait l’orage
Dans les arbres de la forêt !

Douteurs errant sans but m trêve,
Qui croyez, étendant la main.
Voir les formes de votre rêve
Dans les ténèbres du chemin !

Philosophes dont l’esprit soutire,
Et qui, pleins d’un effroi divin.
Vous cramponnez au bord du gouffre,
Pendus aux ronces du ravin !

Naufrages de tous les systèmes.
Qui de ce flot triste et vainqueur
Sortez tremblants, et de vous-mêmes
N’avez sauvé que votre cœur !

Sages qui voyez l’aube éclore
Tous les matins parmi les fleurs.
Et qui revenez de l’aurore.
Trempés de célestes lueurs !

Lutteurs qui pour laver vos membres
Avant le jour êtes debout !
Rêveurs qui rêvez dans vos chambres,
L’œil perdu dans l’ombre de tout !

Vous, hommes de persévérance,
Qui voulez toujours le bonheur,
Et tenez encor l’espérance.
Ce pan du manteau du Seigneur !

Chercheurs qu’une lampe accompagne !
Pasteurs armés de l’aiguillon !
Courage à tous sur la montagne !
Courage à tous dans le vallon !

Pourvu que chacun de vous suive
Un sentier ou bien un sillon ;
Que, flot sombre, il ait Dieu pour rive.
Et, nuage, pour aquilon ;

Pourvu qu’il ait sa foi qu’il garde ;
Et qu’en sa joie ou sa douleur
Parfois doucement il regarde
Un enfant, un astre, une fleur ;

Pourvu qu’il sente, esclave ou libre.
Tenant à tous par un côté.
Vibrer en lui par quelque fibre
L’universelle humanité ;

Courage ! — Dans l’ombre et l’écume
Le but apparaîtra bientôt !
Le genre humain dans une brume.
C’est l’énigme et non pas le mot !

Assez de nuit et de tempête
À passé sur vos fronts penchés.
Levez les veux ! levez la tête !
La lumière est là-haut ! marchez !
Tu as dû remarquer le procédé de l'apostrophe qui désigne le destinataire et la liste est longue :
Une analyse, crayon en main …

esprit/pensées/cerveaux rongés d'anxiété/cœurs malades/âmes blessées/Vous/générations/douteurs errants/philosophes/naufragés de tous les systèmes/sages/lutteurs/rêveurs/hommes de persévérance/chercheurs …