Emploi du participe présent

Langue française

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JSC, un exemple me contredisant ?
Bonjour, Aulignyetram. 🙂

Le participe présent s'est très longtemps accordé en nombre et en genre, et ce n'est qu'en 1679 que l'Académie l'a décrété invariable, pour le différencier de l'adjectif verbal. Mais l'usage ne s'est que très lentement conformé à ce décret… Ne trouve-t-on pas encore des vestiges de variabilité (même pas raciniens) dans des expressions comme "séance tenante", "toutes affaires cessantes" ou "les ayants droit" ?
Bonjour,

Moi je voulais juste savoir s'il fallait bien accorder l'adjectif dans : "Les temps étant durs, je me sens contraint de… etc…"
Oui l'accord se fait entre le sujet et son attribut, quel que soit le verbe, quel que soit le temps et le mode.
Muriel a écrit :Réflexion faite, je pense qu'il s'agit plutôt d'un participe passé composé : le gérondif passé aurait été dans cette phrase :
- En ayant jeté un regard sur la nouvelle voiture, l'homme s'est exposé à la convoitise.

Mais j'avoue que j'ai toujours eu des difficultés à saisir les nuances de ces différentes formes… Encore maintenant, d'ailleurs.
Clarifions un peu… pour autant que ma grammaire ne soit pas obsolète.

On parle de gérondif lorsque le participe présent est précédé de en. Le gérondif est au fond la forme nominale de l'infinitif: en jetant = par le fait de jeter ou pendant le fait de jeter.

Sinon, le participe présent est "jetant".
"Ayant jeté" est le participe passé actif.
"Jeté" est quant à lui le participe passé passif. L'habitude d'employer l'expression "participe passé" (tout court) pour le participe passé passif est source de confusion et explique l'embarras à identifier ayant jeté comme un participe passé.

De la même façon (tant que j'y suis), on tend à ignorer de nos jours l'existence en français de plusieurs infinitifs: infinitif présent, certes (jeter) mais aussi passé (avoir jeté) et futur (devoir jeter*). Et au passif: être jeté, avoir été jeté, devoir être jeté*.

*"Devoir" s'entendant bien sûr, non au sens d'obligation, mais au sens "d'être sur le point de" ou "être voué à".

Cordialement,
JLP.
Le gérondif est avant tout l'équivalent d'un complément de phrase à valeur circonstancielle :

Je l'ai appelé en rentrant (CC de temps.)
En partant, vous avez mal agi. (CC de cause)
En vous excusant, vous arrangerez tout. (condition)
Il a réussi en ne faisant rien. (concession)
Il est parti en pleurant. (manière).

Il y a des gérondifs sans "en", reliquats de l'ancienne syntaxe :
ce disant, strictement parlant, chemin faisant…

Le participe présent, lui, se rapporte à un nom ou à un pronom,
qu'il qualifie à la manière d'un adjectif ou d'une relative :

Les enfants mangeant à la cantine = les enfants qui mangent…
Bonjour,

J'a toujours eu du mal à différencier le participe présent de l'adjectif verbal. Un jour je comprends, et le lendemain j'oublie !

J'avais retenu la règle avec l'exemple "j'ai rencontré des hommes parlant le chinois" ; "parlant" est ici un participe présent, car on ne peut pas le mettre au féminin (des femmes parlantes le chinois).

Mais dans la phrase "ils avaient les cheveux ruisselant de neige", je n'arrive pas à savoir si "ruisselant" est un adjectif et prend donc un -s, ou si c'est un participe et reste donc invariable. J'ai tenté mon subterfuge au féminin, mais pour moi les deux fonctionnent : "des chevelures ruisselantes/ruisselant de neige".

Je pense que c'est simplement une question de nuance.

Merci d'avance !
"ils avaient les cheveux ruisselant de neige"
Il me semble qu'ici les deux interprétations sont possibles.
D’une façon générale, le participe présent exprime souvent une action qui progresse, nettement délimitée dans la durée, simplement passagère ; — tandis que l’adjectif verbal exprime un état, sans délimitation de la durée, et indique, en général, une qualité plus ou moins permanente.
(Grevisse)

En faisant une recherche avec les deux termes, vous trouverez des sites donnant des critères de différenciation.
Je ressors une réponse que m'avait formulée l'ami Jehan :
Signalons aussi qu'en français jusqu'à l'époque classique (à l'imitation du latin, justement), le participe présent, qu'il soit employé adjectivement ou non, s'accordait toujours.
Cf. Racine : "La veuve d'Hector pleurante à vos genoux"). Boileau : "des laquais, ll'un l'autre s'agaçants". La Fontaine : "donner la chasse aux gens / Portants bâtons…"

Ce n'est qu'en 1679 que l'Académie a décidé de faire la différence. Il reste néanmoins quelque vestiges : toutes affaires cessantes, les ayants droit.
Concluez que depuis 1679, le participe présent ne s'accorde que s'il est employé adjectivement.

J'ai rencontré des hommes parlant le chinois = J'ai rencontré des hommes qui parlent le chinois.
Participe présent > pas d'accord.

En revanche, la seconde phrase permet deux hypothèses :
Ils avaient les cheveux ruisselant de neige = qui ruisselaient de neige ;
Ils avaient les cheveux ruisselants de neige = adjectif.

A reconfirmer par un spécialiste 🙂.

Cordialement.

Edit : Devancé par Anne.
C'est vrai, on peut hésiter.
Avec la tournure donnée en exemple, je pencherais toutefois pour l'adjectif :

Ils avaient les yeux bleus = Leurs yeux étaient bleus.
Ils avaient les cheveux ruisselants (saupoudrés) de neige = Leurs cheveux étaient ruisselants (saupoudrés) de neige.

Mais ce serait plutôt un participe dans une phrase du genre :
Leurs cheveux ruisselant de neige, ils demandèrent des serviettes. = Comme leurs cheveux ruisselaient de neige…
C'est forcément un participe dans une proposition participiale !

Ce qui me fait hésiter, et donc pas trancher, c'est que l'on peut mettre un adverbe avant : Ils avaient les cheveux tout ruisselants de neige, donc adjectif, ou après : Ils avaient les cheveux ruisselant abondamment de neige, donc participe.
Le critère qui fait pencher la balance vers l'adjectif est la possibilité de remplacer par une relative Ils avaient les cheveux qui ruisselaient de neige impossible avec la participiale : Leurs cheveux qui ruisselaient de neige, ils demandèrent des serviettes est agrammaticale !
Bon, finalement : adjectif !
D'ailleurs, "les cheveux tout ruisselants de neige" (adjectif )
cela me semble plus naturel que "les cheveux ruisselant abondamment de neige" (verbe )… Mais ce n'est qu'une impression toute personnelle !
Bonjour,

On pourrait faire un parallèle avec cet exemple :
- Cette viande suintante de gras m'écœure (adjectif) ;
- Cette viande suintant le gras m'écœure (participe).

Et dire :
- Leurs cheveux ruisselantsde neige (adjectif) ;
- Leurs cheveux ruisselant la neige (participe présent (et poétique ! 😜)).

Muriel
Bonjour, Muriel. =)

Effectivement, quelle audace poétique dans ce complément d'objet interne inédit !
Oui, mais c'était pour une bonne cause, à valeur démonstrative !

Ce verbe, employé au « participe présent + de », ne pourrait l'être, pour moi, qu'à la forme pronominale :
- Leurs cheveux se ruisselant de neige.
Bonsoir,

J'ai ne question pourquoi l'adjectif verbale au lieu du participe présent est utilisé dans cette phrase?
Il me semble que après le participe présent peut exister une préposition par exemple à

Ce triangle est équivalent à ce rectangle
En géométrie équivalent à un sens précis :
Spéc. GÉOM. [En parlant de figures, de volumes] De surface égale, de volume égal, mais non superposable.
Tlfi
Merci beaucoup🙂
Il y a d'autre exceptions concernant le participe présent?
Je ne comprends pas ce qui peut vous paraître comme une exception.
Peut-être MN veut-il parler des participes présents à forme distincte de celle de l'adjectif verbal, comme excellant / excellent, différant / différent, etc.

Vous aviez vous-même donné la liste de ces adjectifs verbaux en -ent distincts des participes en -ant :
La liste des adjectifs verbaux en -ent se distinguant du participe présent est assez courte :
adhérent, affluent, coïncident, compétent, convergent, déférent, détergent, différent, divergent, émergent, équivalent, excellent, expédient, influent, interférent, négligent, précédent, résident, somnolent, violent.