au tout début du roman, lorsque Balzac débute ainsi, «vautrin, l'homme de 40 ans, aux favoris peints […] vers les pages 28-29 du texte intégral, vous avez une petite idée?
Balzac et le réalisme
27 réponses · Page 2 / 2
avez-vous une petite idée, s'il vous plaît, me répondre car j'ai à remettre ce travail bientôt. ahh!
merci beaucoup voilà une version numérique du père Goriot.
https://gallica.bnf.fr/
13ième paragraphe, la description entière de Vautrin
Merci
merci beaucoup voilà une version numérique du père Goriot.
https://gallica.bnf.fr/
13ième paragraphe, la description entière de Vautrin
Merci
Bonjour,
Tu ne connais donc pas le copier-coller.
- un personnage d'extraction populaire,
- des détails triviaux,
- le rôle de l'argent,
- des activités manuelles,
- des connaissances peu reluisantes…
mais le personnage n'est pas qu'un type vulgaire :
- son mystère,
- son ascendant,
- ses connaissances encyclopédiques,
- sa révolte contre l'ordre social…
Tu ne connais donc pas le copier-coller.
Entre ces deux personnages et les autres, Vautrin, l'homme de quarante ans, à favoris peints, servait de transition. Il était un de ces gens dont le peuple dit: Voilà un fameux gaillard! Il avait les épaules larges, le buste bien développé, les muscles apparents, des mains épaisses, carrées et fortement marquées aux phalanges par des bouquets de poils touffus et d'un roux ardent. Sa figure, rayée par des rides prématurées, offrait des signes de dureté que démentaient ses manières souples et liantes. Sa voix de basse-taille, en harmonie avec sa grosse gaieté, ne déplaisait point. Il était obligeant et rieur. Si quelque serrure allait mal, il l'avait bientôt démontée, rafistolée, huilée, limée, remontée, en disant: Ça me connaît. " Il connaissait tout d'ailleurs, les vaisseaux, la mer, la France, l'étranger, les affaires, les hommes, les événements, les lois, les hôtels et les prisons. Si quelqu'un se plaignait par trop, il lui offrait aussitôt ses services. Il avait prêté plusieurs fois de l'argent à madame Vauquer et à quelques pensionnaires; mais ses obligés seraient morts plutôt que de ne pas le lui rendre, tant, malgré son air bonhomme, il imprimait de crainte par un certain regard profond et plein de résolution. A la manière dont il lançait un jet de salive, il annonçait un sang-froid imperturbable qui ne devait pas le faire reculer devant un crime pour sortir d'une position équivoque. Comme un juge sévère, son oeil semblait aller au fond de toutes les questions, de toutes les consciences, de tous les sentiments. Ses moeurs consistaient à sortir après le déjeuner, à revenir pour dîner, à décamper pour toute la soirée, et à rentrer vers minuit, à l'aide d'un passe-partout que lui avait confié madame Vauquer. Lui seul jouissait de cette faveur. Mais aussi était-il au mieux avec la veuve, qu'il appelait maman en la saisissant par la taille, flatterie peu comprise! La bonne femme croyait la chose encore facile, tandis que Vautrin seul avait les bras assez longs pour presser cette pesante circonférence. Un trait de son caractère était de payer généreusement quinze francs par mois pour le gloria qu'il prenait au dessert. Des gens moins superficiels que ne l'étaient ces jeunes gens emportés par les tourbillons de la vie parisienne, ou ces vieillards indifférents à ce qui ne les touchait pas directement, ne se seraient pas arrêtés à l'impression douteuse que leur causait Vautrin. Il savait ou devinait les affaires de ceux qui l'entouraient, tandis que nul ne pouvait pénétrer ni ses pensées ni ses occupations. Quoiqu'il eût jeté son apparente bonhomie, sa constante complaisance et sa gaieté comme une barrière entre les autres et lui, souvent il laissait percer l'épouvantable profondeur de son caractère. Souvent une boutade digne de Juvénal, et par laquelle il semblait se complaire à bafouer les lois, à fouetter la haute société, à la convaincre d'inconséquence avec elle-même, devait faire supposer qu'il gardait rancune à l'état social, et qu'il y avait au fond de sa vie un mystère soigneusement enfoui.Pour te mettre sur la piste d'une description réaliste :
- un personnage d'extraction populaire,
- des détails triviaux,
- le rôle de l'argent,
- des activités manuelles,
- des connaissances peu reluisantes…
mais le personnage n'est pas qu'un type vulgaire :
- son mystère,
- son ascendant,
- ses connaissances encyclopédiques,
- sa révolte contre l'ordre social…
Le réalisme est un courant littéraire et artistique développé entre 1848 et 1890 et né en réaction contre l'idéalisme du romantisme. Il se caractérise par la volonté de reproduire le réel tel quel.
Comme Pearle, qui l'a cité dans sa réponse, je vous invite à lire l'excellent livre de Georg Lukacs : « Balzac et le réalisme français », La Découverte, 1999 (réédition du livre publié en 1967 aux éditions Maspéro), il doit valoir autour de 6 €.
Lukacs établit un parallèle entre Balzac et Zola des plus intéressants au point de vue de l'Histoire littéraire.
Lukacs établit un parallèle entre Balzac et Zola des plus intéressants au point de vue de l'Histoire littéraire.
Il y a chez Balzac une ambition de décrire la société, dont les réalistes se sont beaucoup inspirés. Mais si on regarde la cohérence de l'oeuvre de Balzac, on voit par exemple qu'il existe des oeuvres fantastiques comme la peau de chagrin, qui se font dans un cadre "réaliste". Dans la peau de chagrin les évènements se produisent de manière vraisemblable, mais en vertu d'une loi occulte. Les objets réels ne sont pas perçus uniquement comme tels, ils sont des signes de puissances les dépassant. Et de fait Vautrin représente une toute puissance qui a quelque chose de fantastique, et qui s'exprime néanmoins dans des détails vraisemblables. Si on considère le réalisme comme un mouvement littéraire précis, alors Balzac n'en fait pas partie, les figures qu'il déploie même dans un cadre social très défini et précis tendent vers des fantasmes romantiques. Si on considère le réalisme comme une technique romanesque qui vise à une représentation du réel, alors Balzac, malgré les arcanes de son oeuvre, l'emploie largement.
Est ce que le Père Goriot est un pessimiste?Ou Balzac? pourquoi cette dissertation sur le pessimisme? Je suis pessimiste…