Bonjour,
Je suis en 1ère L et je dois faire le commentaire du texte suivant, extrait du
Dialogue du chapon et de la poularde de Voltaire
LA POULARDE
Que la gourmandise a d’affreux préjugés ! J’entendais l’autre jour, dans cette espèce de grange qui est près de notre poulailler, un homme qui parlait seul devant d’autres hommes qui ne parlaient point ; il s’écriait que « Dieu avait fait un pacte avec nous et avec ces autres animaux appelés hommes ; que Dieu leur avait défendu de se nourrir de notre sang et de notre chair6 ». Comment peuvent-ils ajouter à cette défense positive la permission de dévorer nos membres bouillis ou rôtis ? Il est impossible, quand ils nous ont coupé le cou, qu’il ne reste beaucoup de sang dans nos veines ; ce sang se mêle nécessairement à notre chair ; ils désobéissent donc visiblement à Dieu en nous mangeant. De plus, n’est-ce pas un sacrilège de tuer et de dévorer des gens avec qui Dieu a fait un pacte ? Ce serait un étrange traité que celui dont la seule clause serait de nous livrer à la mort. Ou notre créateur n’a point fait de pacte avec nous, ou c’est un crime de nous tuer et de nous faire cuire, il n’y a pas de milieu.
LE CHAPON
Ce n’est pas la seule contradiction qui règne chez ces monstres, nos éternels ennemis. Il y a longtemps qu’on leur reproche qu’ils ne sont d’accord en rien. Ils ne font des lois que pour les violer ; et, ce qu’il y a de pis, c’est qu’ils les violent en conscience. Ils ont inventé cent subterfuges, cent sophismes pour justifier leurs transgressions. Ils ne se servent de la pensée que pour autoriser leurs injustices, et n’emploient les paroles que pour déguiser leurs pensées. Figure-toi que, dans le petit pays où nous vivons, il est défendu de nous manger deux jours de la semaine : ils trouvent bien moyen d’éluder la loi ; d’ailleurs cette loi, qui te paraît favorable, est très barbare ; elle ordonne que ces jours là on mangera les habitants des eaux : ils vont chercher des victimes au fond des mers et des rivières. Ils dévorent des créatures dont une seule coûte souvent plus de la valeur de cent chapons : ils appellent cela jeûner, se mortifier. Enfin je ne crois pas qu’il soit possible d’imaginer une espèce plus ridicule à la fois et plus abominable, plus extravagante et plus sanguinaire.
Je n’arrive pas à définir une problématique donc si vous pouviez me donner des pistes …
Merci d’avance.
Bonjour Nym,
Le thème : Dans son combat contre l'ignorance, l'obscurantisme et la superstition, Voltaire utilise un dialogue caustique entre deux succulentes volailles pour s'en prendre à son grand ennemi : le catholicisme romain. Le débat porte sur les interdits religieux alimentaires qui révèlent les contradictions et la mauvaise foi du clergé.
A toi de définir la problématique !
C'est un apologue de Voltaire : par un récit simple, facile à lire, amusant, l'auteur faire réfléchir son lecteur sur des sujets loin d'être légers. Cf. ce qu'a dit Jean-Luc.
Bonjour,
Merci pour votre aide.
J'ai défini la problématique suivante: En quoi ce texte amusant a-t-il une portée critique?
Qu'en pensez-vous?
Bonjour Nym,
Tu pourrais préciser
En quoi ce dialogue animalier amusant a-t-il une portée critique contre la religion ?
Bonjour ,
J'ai à étudier le discours du chapon et de la poularde de Voltaire.
(voir texte ci dessous) .
Cependant on me pose une question préliminaire, à laquelle je n'arrive pas à répondre :
- Quelle est la thèse qui se dégage de ce texte ?
Je n'arrive pas à saisir la thèse . Est-ce la violence humaine critiquée ironiquement par deux volailles ?
Je ne suis vraiment pas sure . Merci de m'aider 🙂
Voltaire, Dialogue du chapon et de la poularde (1763)
LE CHAPON.
Eh, mon Dieu ! ma poule, te voilà bien triste, qu’as-tu ?
LA POULARDE.
Mon cher ami, demande-moi plutôt ce que je n’ai plus. Une maudite servante m’a prise sur ses genoux, m’a plongé une longue aiguille dans le cul, a saisi ma matrice, l’a roulée autour de l’aiguille, l’a arrachée et l’a donnée à manger à son chat. Me voilà incapable de recevoir les faveurs du chantre du jour, et de pondre.
LE CHAPON.
Hélas ! ma bonne, j’ai perdu plus que vous ; ils m’ont fait une opération doublement cruelle : ni vous ni moi n’aurons plus de consolation dans ce monde ; ils vous ont fait poularde, et moi chapon. La seule idée qui adoucit mon état déplorable, c’est que j’entendis ces jours passés, près de mon poulailler,raisonner deux abbés italiens à qui on avait fait le même outrage afin qu’ils pussent chanter devant le pape avec une voix plus claire1. Ils disaient que les hommes avaient commencé par circoncire leurs semblables, et qu’ils finissaient par les châtrer : ils maudissaient la destinée et le genre humain.
LA POULARDE.
Quoi ! c’est donc pour que nous ayons une voix plus claire qu’on nous a privés de la plus belle partie de nous-mêmes ?
LE CHAPON.
Hélas ! ma pauvre poularde, C’est pour nous engraisser, et pour nous rendre la chair plus délicate.
LA POULARDE.
Eh bien ! quand nous serons plus gras, le seront-ils davantage ?
LE CHAPON.
Oui, car ils prétendent nous manger.
LA POULARDE.
Nous manger ! ah, les monstres !
LE CHAPON.
C’est leur coutume ; ils nous mettent en prison pendant quelques jours, nous font avaler une pâtée dont ils ont le secret, nous crèvent les yeux pour que nous n’ayons point de distraction ; enfin, le jour de la fête étant venu, ils nous arrachent les plumes, nous coupent la gorge, et nous font rôtir. On nous apporte devant eux dans une large pièce d’argent ; chacun dit de nous ce qu’il pense ; on fait notre oraison funèbre : l’un dit que nous sentons la noisette ; l’autre vante notre chair succulente ; on loue nos cuisses, nos bras, notre croupion ; et voilà notre histoire dans ce bas monde finie pour jamais.
LA POULARDE.
Quels abominables coquins ! je suis prête à m’évanouir. Quoi ! on m’arrachera les yeux ! on me coupera le cou ! je serai rôtie et mangée ! Ces scélérats n’ont donc point de remords ?
LE CHAPON.
Non, m’amie ; les deux abbés dont je vous ai parlé disaient que les hommes n’ont jamais de remords des choses qu’ils sont dans l’usage de faire.
LA POULARDE.
La détestable engeance ! Je parie qu’en nous dévorant ils se mettent encore à rire et à faire des contes plaisants, comme si de rien n’était.
LE CHAPON.
Vous l’avez deviné ; mais sachez pour votre consolation (si c’en est une) que ces animaux, qui sont bipèdes comme nous, et qui sont fort au-dessous de nous, puisqu’ils n’ont point de plumes, en ont usé ainsi fort souvent avec leurs semblables. J’ai entendu dire à mes deux abbés que tous les empereurs chrétiens et grecs ne manquaient jamais de crever les deux yeux à leurs cousins et à leurs frères ; que même, dans le pays où nous sommes, il y avait eu un nommé Débonnaire2 qui fit arracher les yeux à son neveu Bernard. Mais pour ce qui est de rôtir des hommes, rien n’a été plus commun parmi cette espèce. Mes deux abbés disaient qu’on en avait rôti plus de vingt mille pour de certaines opinions qu’il serait difficile à un chapon d’expliquer, et qui ne m’importent guère.
LA POULARDE.
C’était apparemment pour les manger qu’on les rôtissait.
LE CHAPON.
Je n’oserais pas l’assurer ; mais je me souviens bien d’avoir entendu clairement qu’il y a bien des pays, et entre autres celui des Juifs, où les hommes se sont quelquefois mangés les uns les autres.
LA POULARDE.
Passe pour cela. Il est juste qu’une espèce si perverse se dévore elle-même, et que la terre soit purgée de cette race3. Mais moi qui suis paisible, moi qui n’ai jamais fait de mal, moi qui ai même
nourri ces monstres en leur donnant mes oeufs, être châtrée, aveuglée, décollée, et rôtie ! Nous traite-t-on ainsi dans le reste du monde ?
LE CHAPON.
Les deux abbés disent que non. Ils assurent que dans un pays nommé l’Inde, beaucoup plus grand,plus beau, plus fertile que le nôtre, les hommes ont une loi sainte qui depuis des milliers de siècles
leur défend de nous manger ; que même un nommé Pythagore, ayant voyagé chez ces peuples justes,avait rapporté en Europe cette loi humaine, qui fut suivie par tous ses disciples. Ces bons abbés
lisaient Porphyre le Pythagoricien, qui a écrit un beau livre contre les broches4.O le grand homme ! le divin homme que ce Porphyre ! Avec quelle sagesse, quelle force, quel respect tendre pour la Divinité il prouve que nous sommes les alliés et les parents des hommes ;que Dieu nous donna les mêmes organes, les mêmes sentiments, la même mémoire, le même germe inconnu d’entendement qui se développe dans nous jusqu’au point déterminé par les lois éternelles,
et que ni les hommes ni nous ne passons jamais ! En effet, ma chère poularde, ne serait-ce pas un outrage à la Divinité de dire que nous avons des sens pour ne point sentir, une cervelle pourne point penser ? Cette imagination digne, à ce qu’ils disaient, d’un fou nommé Descartes5, ne serait-elle pas le comble du ridicule et la vaine excuse de la barbarie ? Aussi les plus grands philosophes de l’antiquité ne nous mettaient jamais à la broche. Ils s’occupaient à tâcher d’apprendre notre langage, et de découvrir nos propriétés si supérieures à celles de l’espèce humaine. Nous étions en sûreté avec eux comme dans l’âge d’or. Les sages ne tuent point les animaux, dit Porphyre ; il n’y a que les barbares et les prêtres qui les tuent et les
mangent. Il fit cet admirable livre pour convertir un de ses disciples qui s’était fait chrétien par gourmandise.
LA POULARDE.
Eh bien ! dressa-t-on des autels à ce grand homme qui enseignait la vertu au genre humain, et quisauvait la vie au genre animal ?
LE CHAPON.
Non, il fut en horreur aux chrétiens qui nous mangent, et qui détestent encore aujourd’hui sa mémoire ; ils disent qu’il était impie, et que ses vertus étaient fausses, attendu qu’il était païen.
LA POULARDE.
Que la gourmandise a d’affreux préjugés ! J’entendais l’autre jour, dans cette espèce de grange qui
est près de notre poulailler, un homme qui parlait seul devant d’autres hommes qui ne parlaient point ;il s’écriait que « Dieu avait fait un pacte avec nous et avec ces autres animaux appelés hommes ; que Dieu leur avait défendu de se nourrir de notre sang et de notre chair6 ». Comment peuvent-ils ajouter à cette défense positive la permission de dévorer nos membres bouillis ou rôtis ? Il est impossible,
quand ils nous ont coupé le cou, qu’il ne reste beaucoup de sang dans nos veines ; ce sang se mêle nécessairement à notre chair ; ils désobéissent donc visiblement à Dieu en nous mangeant. De plus,
n’est-ce pas un sacrilège de tuer et de dévorer des gens avec qui Dieu a fait un pacte ? Ce serait un étrange traité que celui dont la seule clause serait de nous livrer à la mort. Ou notre créateur n’a point fait de pacte avec nous, ou c’est un crime de nous tuer et de nous faire cuire, il n’y a pas de milieu.
LE CHAPON.
Ce n’est pas la seule contradiction qui règne chez ces monstres, nos éternels ennemis. Il y a longtemps qu’on leur reproche qu’ils ne sont d’accord en rien. Ils ne font des lois que pour les violer ; et, ce qu’il y a de pis, c’est qu’ils les violent en conscience. Ils ont inventé cent subterfuges, cent sophismes pour justifier leurs transgressions. Ils ne se servent de la pensée que pour autoriser leurs injustices, et n’emploient les paroles que pour déguiser leurs pensées. Figure-toi que, dans le petit
pays où nous vivons, il est défendu de nous manger deux jours de la semaine : ils trouvent bien moyen d’éluder la loi ; d’ailleurs cette loi, qui te paraît favorable, est très barbare ; elle ordonne que ces jourslà
on mangera les habitants des eaux : ils vont chercher des victimes au fond des mers et des rivières. Ils dévorent des créatures dont une seule coûte souvent plus de la valeur de cent chapons : ils appellent cela jeûner, se mortifier. Enfin je ne crois pas qu’il soit possible d’imaginer une espèce plus ridicule à la fois et plus abominable, plus extravagante et plus sanguinaire.
LA POULARDE.
Eh, mon Dieu ! ne vois-je pas venir ce vilain marmiton de cuisine avec son grand couteau ?
LE CHAPON.
C’en est fait, m’amie, notre dernière heure est venue ; recommandons notre âme à Dieu.
LA POULARDE.
Que ne puis-je donner au scélérat qui me mangera une indigestion qui le fasse crever ! Mais les petits se vengent des puissants par de vains souhaits, et les puissants s’en moquent.
LE CHAPON.
Aïe ! on me prend par le cou. Pardonnons à nos ennemis.
LA POULARDE.
Je ne puis ; on me serre, on m’emporte. Adieu, mon cher chapon.
LE CHAPON.
Adieu, pour toute l’éternité, ma chère poularde.
Bonsoir Merino,
Oui Voltaire s'attaque à la barbarie humaine, mais il va plus loin, il montre comment cette violence s'enracine dans les préjugés (en particulier religieux). En contrepoint, il promeut l'usage de la raison (intelligence critique et mesure).
La thèse qui se dégage de ce texte est donc la barbarie humaine la façon qu'à cette violence de s'enraciner dans les préjugés et l'usage de la raison ?
Pour répondre à la question j'ai juste à developer ça ?
La problématique est plutôt : "les préjugés religieux sont source de barbarie, ils doivent être combattus par l'usage de la raison".
Ok merci beaucoup de votre aide 🙂
Pour le commentaire j'ai fais cette introduction . Est elle correcte ?
Voltaire, grand auteur français du XVIIIe siècle, est reconnu comme le père des contes philosophiques. « Dialogue du chapon et de la poularde » est un de ses apologues les plus marquants. A travers son texte, Voltaire dénonce les mœurs humains et donne une leçon de morale. Nous étudierons donc ce discours en deux parties : premièrement « De longues tirades utilisées pour démontrer l’absurdité des hommes, des institutions religieuses » puis « Une leçon de morale ».
Merci encore .
Bonsoir Merino,
Voltaire, grand auteur français du XVIIIe siècle, est reconnu comme le père des contes philosophiques
(le dialogue appartient plutôt au genre du discours philosophique et non au conte, montre comment les philosophes du siècle des Lumières ont utilisé ce genre, Diderot avec le Supplément au voyage de Bougainville ou le dialogue avec la Maréchale de***). « Dialogue du chapon et de la poularde » est un de ses apologues les plus marquants. A travers son texte, Voltaire dénonce les mœurs humain
Es et donne une leçon de morale. Nous étudierons donc ce discours en deux parties : premièrement « De longues tirades utilisées pour démontrer l’absurdité des hommes, des institutions religieuses » puis « Une leçon de morale ».
Essaie de caractériser le texte et d'en montrer l'intérêt pour le lecteur d'aujourd'hui.
Regarde la fiche de méthode
ici.
Bonsoir,
Je suis en Première L, je passe à l'oral Mardi =S et je n'arrive pas à trouver un plan pour mon commentaire….
La question est : Selon ce texte qu'est ce qu'un conte Philosophique ?
Dialogue du chapon et de la Poularde de Voltaire, de "Eh bien, quand nous serons plus gras (…)" jusqu'à " (…) et qui ne m'importent guère"