Accord - Tel / Telle ?

Langue française

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

J'aimerais savoir comment s'accorde "tel" et "telle". Par exemple : "L'image se tortille, tel(le ?) un zoom infernal…" ; "Elle ensorcèle tel(le ?) un chant de sirènes", "Le ballon partit illico tel(le ?) une boule de billard", "Constituer un choc, tel(le ?) était la vraie nature de l'excentricité", "ces grincements qui nous côtoyaient de leurs doigts spectraux, tel(le) une caresse froide", "J'avais si faim et si soif que je ne ressentais plus rien, telle cette intoxication psychique"… ?
Ce qui m'intéresse ici, c'est l'emploi de "tel" quand il n'est PAS suivi d'un déterminant : un tel, une telle…
Merci d'avance. 🙂
Bonjour Jérémy,

Si j'ai bien compris ta demande : Tel (+ nom ou pronom).
Tel s'accorde normalement avec le nom ou le pronom qui suit :
- telle est ma décision ;
- il est l'auteur de plusieurs beaux livres, telles les « Règles grammaticales » ;
- plusieurs participants, tels les membres du conseil, lui ont reproché son action ;
- les jeunes filles se rapprochèrent telle une couvée d'oisillons.

Il fendit la pomme, tel Guillaume. 🙂
Merci Jean-Luc, je dois avouer que ma confusion est née d'une remarque écrite d'un professeur d'Histoire : "Le sujet est moyennement compris. Vous vous noyez tel une victime de Carrier dans les considérations sans rapport avec lui" :/

Si on te suit Jean-Luc, le prof a fait une faute… non ?
Bonsoir Jérémy,

Il semble que ton professeur d'histoire ait été lui-même "victime" d'une étourderie révolutionnaire à réprimer tel Carrier…
C'est de bonne guerre, j'apprécie l'effet grinçant 😜
Merci Jean-Luc, ce qui n'enlève rien au talent de ce prof d'Histoire jacobin avoué certes, mais qui a de grandes qualités, notamment dans sa spécialité médiéviste 😀
Mais je suis réconcilié avec "tel", merci beaucoup.
Bonsoir !

Serais-je un empêcheur d'accorder en rond ?

Voici ce que je lis dans La Grammaire d'aujourd'hui, de Michel Arrivé et consorts, Flammarion.

* Tel utilisé comme comparatif pose un problème d'accord : doit-on écrire "il court tel ou telle une fusée" ?

Ce petit problème strictement graphique est généralement résolu au profit de l'accord avec le second terme (le féminin dans l'exemple choisi).

Mais l'usage contemporain fournit des exemples d'accord avec le premier terme (ce qui ferait apparaître le masculin dans l'exemple).

Le problème ne se pose pas quand tel, suivi de que, ne peut renvoyer qu'au syntagme nominal auquel il se rapporte et avec lequel il s'accorde : "il court tel qu'une fusée" (archaïque ou affecté).
FIN DE CITATION

Hanse écrit que l'usage, les grammairiens et les écrivains hésitent visiblement. Il encourage cependant l'accord avec le nom qui suit.

Grevisse : sous l'influence de tel que, on trouve parfois l'accord, non avec le terme qui suit tel, mais avec celui qui fait l'objet de la comparaison.
Il donne une douzaine de références d'écrivains dans ce sens.
* Tel une bête, il semblait vivre. (Bosco)

Il convient, selon moi, de suivre ces recommandations, en sachant que l'autre accord a du répondant.

Grevisse, jamais en reste, a même relevé tel invariable, comme si c'était l'adverbe ainsi :
* Ma race ne se souleva jamais que pour piller : tel les loups. (Rimbaud. Saison en enfer. Mauvais sang)
* … dignes seulement d'être tués à coups de pierres, tel jadis les hermaphrodites. (Montherlant. Songe)
J'aime la langue française 😀
Merci pour ces précisions Edy.
Bonjour Edy,

Je me doutais bien que vous apporteriez la pomme de discorde tel Guillaume. 🙂
J'apprécie la précision de vos interventions et je partage vos recommandations.

La difficulté est qu'il y a toujours un écrivain pour justifier un emploi différent ou divergent.
Je me rallie de préférence à l'usage académique en vigueur pour éviter de pénaliser nos amis étudiants.
La langue est un phénomène plus complexe que les normes dans lesquelles nous prétendons l'enfermer.

J'ajoute quelques citations commentées pour me faire pardonner mes incongruités.

Car tel est notre plaisir.
Anonyme
La devise des écrivains

Que l'homme parle est un fait dû à la nature; mais qu'il parle de telle ou telle façon, la nature s'en remet ensuite à vous, selon votre plaisir.
Dante Alighieri
Voilà un grand grammairien

Telle est la négligence que l'on apporte en général à rechercher la vérité, à laquelle on préfère les idées toutes faites.
Thucydide
Celle-là est pour moi.

Telle femme résiste à l'amour qu'elle éprouve, qui ne résiste pas à l'amour qu'elle inspire.
Gay, Sophie

Être capable d'occuper intelligemment ses loisirs, tel est l'ultime produit de la civilisation.
Russell, Bertrand
Nous ne serions pas sur ce site à discuter du sexe des anges.

Toujours nous trouverons qu'on se fait du tort en ne voulant pas faire simplement ce qui est juste et que telle est l'origine de tous les malheurs.
Démosthène
Avis à ceux qui s'écartent des leçons de nos maîtres bien-aimés !

Une montée sablonneuse sous les pas d'un vieillard: telle est une femme bavarde pour un homme tranquille.
Ecclésiaste
L'auteur sacré aurait-il parlé de la grammaire ?

Toutes les femmes deviennent comme leur mère. Tel est leur drame. Les hommes ne le deviennent jamais. Tel est le leur.
Oscar Wilde

Tellement orgueilleuse que, lorsqu'elle commettait une erreur, elle disait : "Je suis vraiment la femme la plus bête du monde ! "
Gilbert Cesbron


Bien amicalement !
Bonjour,

Si je comprends bien, les éléments de dicorde viennent des écrivains. Pourquoi les suivre ?
Dans ce cas, on se met tous à écrire selon nos (ses ?) désirs et il n'y a plus de règles de grammaire. Je ne suis pas d'accord, les seules règles valables doivent provenir de l'Académie. Voilà, c'était la minute de mécontentement.
Cordialement

Kararina
je suis d'accord avec Edy. EN constatant la première question de JEremy, j'ai voulu répondre. Puis j'ai eu un doute. Je suis allé vérifier dans ma grammaire portative : et mon doute s'est renforcé. J'ai compulsé une autre grammaire, plus volumineuse (la riegel et alii), et j'hésitais toujours. Je pensais qu'il fallait accorder avec le comparé (l'antécédent) et non avec le comparant (postcédent) :

Marc voyageait TEL une sirène.

Et cependant je me pouvais m'empêcher de pouvoir également l'écrire :

Marc voyageait TELLE une sirène.

Je pencherai tout de même pour la première. :/
Le Grand Robert signale "tel" comme prenant dans ce cas le sens de "comme". Il propose cependant d'accorder.

Tel que je ressens cette construction, et s'il prend la valeur et le sens de "comme", moi, je n'accorde pas le mot "tel", et j'écrirais, par exemple:

Tel une ondine dormant sur l'eau, il fermait les yeux en faisant la planche.

Il semble que l'évolution de la langue, à laquelle tout un chacun participe, fasse aussi changer les mots de catégorie, comme certains prénoms ont changé de sexe….
Merci, Jean-Luc !

A l'intention de tous, voici un extrait de mon livre qui vous fera sans doute sursauter. Il s'agit d'une critique de la grammaire.
Il importe de se souvenir que, sur certains points, il peut y avoir des controverses, surtout lorsque l'Académie ne s'est pas prononcée. Avec objectivité, Grevisse s'en fait l'écho : sa grammaire est plus descriptive que normative. Mais il prend néanmoins position, en fonction de ce qu'on appelle le bon usage, qui est d'ailleurs le titre de son livre. Il signale également les divers niveaux de langue.

* Il y a autant de grammaires que de grammairiens, et même davantage. (ÉRASME. ÉLOGE DE LA FOLIE)
* La plupart des occasions des troubles du monde sont grammairiennes. (MONTAIGNE. ESSAIS)
* Ces gens doctement ridicules, / Parlant de tout, nourris de vent, / Et qui pèsent si gravement / Des points, des mots et des virgules. (VOLTAIRE)
* Je tiens pour un malheur public qu'il y ait des grammaires françaises. (ANATOLE FRANCE)
* Les grands écrivains n’ont jamais été faits pour subir la loi des grammairiens, mais pour imposer la leur, et non pas seulement leur volonté, mais leur caprice. (PAUL CLAUDEL. POSITIONS ET PROPOSITIONS SUR LE VERS FRANÇAIS)
* C’est à l’audace de leurs fautes de grammaire que l’on reconnaît les grands écrivains. (HENRY DE MONTHERLANT)
* Les écrivains doivent connaître la grammaire comme les escrocs le code. (MAURICE CHAPELAN. AMOURS AMOUR)
L'Académie elle-même n'est pas toujours "univoque". J'en ai parlé récemment à propos du NE explétif avec "avant que" :
* Avant qu'il NE fasse froid. (Académie)
* J'irai le voir avant qu'il parte. (Académie)

Grevisse dit que le NE explétif est facultatif et qu'il ressortit à la langue soutenue. Personnellement, je m'efforce donc de l'éviter, d'autant que certains y voient une négation, ce qu'il n'est pas.
Ce que j'aime dans le "ne" explétif, c'est qu'il harmonise le rythme de la phrase. Je pense, en effet, que "avant qu'il ne parle" "coule" mieux que "avant qu'il parle", celui-ci me laissant de plus une impression d'inachevé sémantique, même si ce ne l'est pas.
Coucou !
Bon, allons-y pour l'anarchie grammairienne alors ! Dans un sens, cela arrange le modeste écrivain que je suis.
Amitiés
Katarina
Bonsoir, Katarina !

Qu'il y ait des contestations, des zones d'ombre et des couacs, soit ! Mais ne parlez pas d'anarchie grammaticale : pour l'essentiel, la grammaire est un socle sur lequel on peut s'appuyer.

Ne sortez pas du sillon grammatical. Votre éditeur risquerait de refermer votre manuscrit. Attendez d'abord d'être une écrivaine confirmée… C'est ce que je vous souhaite.

Cordialement,
Edy
Je viens de relire ce point d'étude dans son entier et j'ai encore des réticences. Quel "tel" utiliser ? Celui qui s'accorde avec le mot qui suit ou celui qui s'accorde comme un "semblable" dans ce cas cela donnerait "vous vous noyé (moi) tel une victime" ? Et surtout, est-ce que la seconde catégorie est considérée comme une erreur grammaticale ?
Relisant un texte aussi officiel que professionel, je suis tombé sur une expression que j'avais souvent entendue, sans jamais l'avoir lue:
" en tant que de besoin"

Je la trouve horrible, et pourtant expressive à sa manière; je ne peux l'imaginer dans un texte "littéraire".
Mais je la laisse à la sagacité des membres le soin de nous l'historiser, de nous la disséquer et de nous l'expliquer…
Pour Jérémy

Voici l'extrait de Arrivé que j'ai recopié au début de la discussion ; il résume fort bien la question.

* Tel utilisé comme comparatif pose un problème d'accord : doit-on écrire "il court tel ou telle une fusée" ?

Ce petit problème strictement graphique est généralement résolu au profit de l'accord avec le second terme (le féminin dans l'exemple choisi).

Mais l'usage contemporain fournit des exemples d'accord avec le premier terme (ce qui ferait apparaître le masculin dans l'exemple).

Le problème ne se pose pas quand tel, suivi de que, ne peut renvoyer qu'au syntagme nominal auquel il se rapporte et avec lequel il s'accorde : "il court tel qu'une fusée" (archaïque ou affecté).

CONCLUSION
* Il court telle une fusée.
* Il court tel qu'une fusée.
* … telle une victime.

Pour Lebeau
Il s'agit d'une locution du langage administratif, et plus spécialement juridique.
Mais on rencontre plus souvent : pour autant que de besoin.
Signification : pour autant que cela soit nécessaire.
Merci beaucoup Edy. 😉