Conjugaison du verbe éclore

Langue française

15 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Salutations,
M'adonnant régulièrement aux joies inépuisables de l'écriture, j'ai cependant rencontré un problème avec l'un de mes derniers textes. je n'avais aucun outil comme internet ou le dictionnaire sous la main lors de l'interrogation, aussi ais-je posé la question à mon entourage, mais personne ne semblait savoir la conjugaison au passé simple du verbe éclore. Normal me diriez-vous, puisqu'après quelques recherches je me suis aperçue que ce verbe ne se conjuguait pas à ce temps.
Problématique devrais-je dire, car mon texte est au passé et qu'aucun verbe ne colle mieux que celui-ci. Après maintes réflexions, il se trouva qu'effectivement au fil des siècles le verbe éclore n'a pas eu l'opportunité d'être conjugué au passé simple ou à l'imparfait, l'action étant lente et rarement vue sous le coup. Cependant, il s'agit ici d'une métaphore qui nécessite ce verbe. Voici l'extrait (prévention relative à la lecture de cet extrait, j'ai envoyé ce que je jugeais nécessaire pour comprendre le contexte mais jeunes personnes et âmes sensibles s'abstenir):
Shuya remonta son bras droit et trancha net la gorge de sa victime. Elle n'aimait pas les achever si rapidement, mais cela était nécessaire pour ne pas éveiller l'attention des clients. Le démon jeta un coup d'œil circulaire. Personne n'avait saisi la scène. Les plus proches personnes s'embrassaient passionnellement quelques tables plus loin. Shuya continuait de caresser le cadavre d'une main tout en sortant l'œil droit de son orbite à l'aide de sa dague. Le globe oculaire s'éjecta, le démon le rattrapa et le saisit de sa langue. Suçotant l'organe, elle ouvrit le ventre de l'homme jusqu'à atteindre les côtes. Elle en brisa une et repoussa le cadavre contre le mur. Se délectant du globe, elle enracina l'os volé dans son jardin pour nourrir le précieux fruit. Elle s'accommoda ainsi dans l'ombre, offrant son âme à Démonio. Le globe implosa dans une effusion d'humeur vitreuse quand sa fleur éclot (?) Elle resta inerte quelques secondes, puis replaça l'os dans les mains de son propriétaire et embrassa le cadavre.
Que faire donc de ce présent au milieu d'un texte au passé? Il est impossible de le rendre autrement. Devons-nous toujours nous plier aux caprices de la langue, car le problème vient du fait qu'il n'a jamais eu la nécessité de se conjuguer à ces temps-là, alors que dans un cas bien précis il est possible d'usiter cette forme. Les néologismes sont-ils tolérés sans outre mesure dans un texte, le fait d'incorporer une orthographe ou conjugaison nouvelle peut-il ruiner la subtilité d'un écrit ?
J'avoue rester perplexe et sans solution jusqu'à maintenant.
Dans l'espoir que quelqu'un puisse m'éclairer,

Shuya Neferya
Bonsoir !

Eclore (de même que clore, enclore et déclore) est un verbe défectif : il ne se conjugue ni au passé simple ni à l'imparfait. Voyez Bescherelle.

Vous avez cependant quelques synonymes : s'épanouir, fleurir. s'ouvrir.

Vous pouvez aussi recourir à un verbe semi-auxiliaire inchoatif (= qui indique un commencement) :
→ sa fleur se mit à éclore.
→ sa fleur commença à éclore. (Pas euphonique)
→ sa fleur commença d'éclore.
Je n'aime pas trop les synonymes, il y a quelque chose que contient éclore que l'on ne retrouve pas chez eux.
Quant aux verbes inchoatifs pourquoi pas, je verrais ce que cela donne… Merci beaucoup pour ces réponses, si quelqu'un a autre chose à ajouter il est le bienvenu.
Bonsoir,

Il y aurait aussi : "quand sa fleur vint à éclore". Cela sonne bien, je trouve.

Muriel
Bonsoir, chère Muriel !

Comment n'y ai-je pas pensé ?
"Les vivres vin-vin-vinrent à manquer…".
Bonjour,

Pour faire suite au verbe "éclore", je suis de ceux qui pense qu'avant de contourner les règles il vaut mieux tourner sa phrase différemment. Cependant, pour l'imparfait du subjonctif, extrait relevé sur le site
https://fr.wikipedia.org/wiki/Subjonctif_imparfait :

"L'arrêté ministériel du 31 juillet 1900 (modifié par l'arrêté ministériel du 26 février 1901) indique :
« On tolérera le présent du subjonctif au lieu de l'imparfait dans les propositions subordonnées dépendant de propositions dont le verbe est au conditionnel. Ex. : il faudrait qu'il vienne ou qu'il vînt. »
Le conditionnel présent peut être suivi du subjonctif présent ou du subjonctif imparfait."

Dans le même esprit, et en utilisant ce forum comme un laboratoire d'idée : y aurait-il dans la littérature des phrases selon le modèle suivant ?
J'espérais qu'elle éclose.

Entendu, le degré de probabilité de la subordonnée pour le cas du conditionnel et, que le subjonctif imparfait du verbe "éclore" n'existe pas.

Cordialement
Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.
Ronsard emploie déclore au temps composé du passé dans Mignonne allons voir si la rose mais il pallie aux exigences de la langue en recourant à une allitération en -p à la première strophe qui restitue le phénomène de l'éclosion en temps réel, ce qui lui permet de recourir au passé sans toutefois braver la règle..
Bonjour.

Il pallie aux exigences ?
Plutôt : il pallie les exigences.

J'aurais d'ailleurs plutôt dit qu'il les contourne…

Encore que le verbe déclore est transitif , et peut très bien se conjuguer au plus-que-parfait.
Ce qui fait que, finalement, il n'a pas eu grand-chose à contourner.

Et l'on remarquera en passant qu'à son époque, le participe passé (déclose) conjugué avec avoir s'accordait toujours avec son COD (sa robe) même si celui-ci était placé après…
Bonjour à tous,

Désolé pour la réponse tardive : Merci beaucoup tequila et Jehan pour vos lumières. Il est vrai que le verbe éclore semble entaché d’une notion d’immédiateté, ou du moins, par une action rendue en temps réel.

Cependant, je ne suis pas sûr de comprendre l’effet produit par l’allitération en « p » pour restituer le phénomène de l'éclosion en temps réel… (C’est peut-être parce que les mots « temps » et « passé » contiennent cette lettre ?)

Merci beaucoup pour toute votre attention.
Bonjour.

Pour te l'avouer, je n'avais pas compris moi-même les remarques de Tequila sur l'allitération en P (pourpre, point, perdu, vesprée, plis, pourprée) et son rapport avec la conjugaison de déclore...
Bonsoir,
Ayant moi-même rencontré le même problème, j'ai trouvé la page de cette conversation et à sa lecture j'ai eu envie de réagir.
Je suis personnellement de ceux qui pensent que le français, en tant que langue vivante et non morte, est fait pour être sans cesse remodelé. Les Romains, respectueux des règles rigides de leur complexe grammaire, n'ont-ils pas eux-mêmes inventé le terme de "licence poétique"? Chez Virgile, "deorum" devient "deum" par exemple, pour une simple question de pieds… Pourquoi nous en priverions-nous? Pour tuer à jamais le français?
Passer par des chemins détournés détournera ton chemin. Au contraire, inventons la conjugaison du verbe "éclore" au passé simple et à l'imparfait! Des propositions? Soyez sans crainte, si vous n'en avez pas, j'en aurai.
Littérairement votre.
Bonsoir.

Si l'on tient à conjuguer "éclore" à tous les temps, l'imparfait "il éclosait" et le passé simple "il éclosit" me semblent les solutions les plus simples et les plus logiques. Inutile à mon avis de dépenser des trésors d'imagination pour en trouver d'autres. Elles seraient sûrement plus tarabiscotées…
Jehan,
Mon doute portait sur le passé simple, "éclot" ou "éclosit"… "éclosit" me semble plus étrange, tandis que "éclot" reprend, pour le singulier, la forme du présent, sur le modèle de "dire" au passé simple, par exemple, et offre ainsi un son plus familier. Mais cela donnerait, si on continue dans la logique de "dire", nous éclômes vous éclôtes ils éclorent. Si le dernier passe puisqu'il reprend phonétiquement le verbe à l'infinitif, les deux précédents sont pour le moins barbares… Non, inventer une conjugaison n'est pas si aisé! Qu'en pensez-vous?
Aux 2[sup]e[/sup] et 3[sup]e[/sup] groupes, il existe seulement des passés simples en i (les plus nombreux) en u, ou en in (ces derniers réservés aux verbes en -tenir et en -venir ) Un passé simple en o serait vraiment incongru.

La reprise du présent au passé simple n'est pas généralisée,
et se cantonne à des verbes en -ir ou -ire.
De plus, elle crée des homophonies et homographies entre les deux temps.
Pourquoi en rajouter une inédite ?

Les passés simples en -sit de verbes en -re ne sont pas si étranges :
cuisit, cuisîmes… conduisit, conduisîtes… nuisit…
Moins étranges que les formes en -ômes, -ôtes que vous proposez ici.

L'ancien français conjuguait clore ainsi :
clos, closis, clost, closimes, closistes, closdrent.
Une conjugaison moderne régularisée sur le modèle de cuire n'a donc rien d'aberrant.
Par ailleurs, dans le Bon usage, Grevisse cite un closit trouvé chez Queneau.

C'est donc la solution la plus logique et la plus simple.
Ne pas chercher midi à quatorze heures… 😉
Jehan a écrit :Bonsoir.
Si l'on tient à conjuguer "éclore" à tous les temps, l'imparfait "il éclosait" et le passé simple "il éclosit" me semblent les solutions les plus simples et les plus logiques. Inutile à mon avis de dépenser des trésors d'imagination pour en trouver d'autres.
C'était du reste l'avis de Littré à propos de clore, qu'on peut étendre à éclore :
Des grammairiens se sont plaints qu'on laissât sans raison tomber en désuétude plusieurs formes du verbe clore. Pourquoi en effet ne dirait-on pas : nous closons, vous closez ; l'imparfait, je closais ; le prétérit défini, je closis, et l'imparfait du subjonctif, je closisse ? Ces formes n'ont rien de rude ni d'étrange, et il serait bon que l'usage ne les abandonnât pas.
Si l'on tenait néanmoins à ressusciter les formes anciennes du verbe, il faudrait plutôt écrire esclouit ou éclouit. Mais ces formes ont périclité ; déjà Ronsard a corrigé un de ses vers
Un beau printemps s'esclouit de sa face
en
Un beau printemps s'engendra de sa face.