Linguistique

Quelques définitions

Compétence Désigne la capacité de langage d’un individu qui a intériorisé une grammaire et un lexique. Autrement dit, c’est l’ensemble du savoir linguistique d’un locuteur. Cf. Chomsky.
(Voir aussi : performance)
Énoncé Les énoncés sont des phrases en situation. Lorsque la phrase dit le contraire de l’énoncé, il y a ironie (différence entre le dire et le vouloir-dire).
(Voir aussi : phrase)
Grammaire
  • La grammaire, c’est la « description complète de la langue, c’est-à-dire des principes d’organisation de la langue »1.
  • La grammaire descriptive s’intéresse aux caractéristiques d’une langue.
  • La grammaire normative énonce des règles pour éviter les incorrections.
  • La grammaire historique étudie l’évolution des structures morphologiques et syntaxiques d’une langue dans le temps.
  • La grammaire comparée (comparatisme) compare différentes langues, notamment leurs éléments grammaticaux.
  • La grammaire générative d’une langue est « un ensemble de règles, d’instructions, dont l’application mécanique produit les énoncés admissibles (= grammaticaux) de cette langue, et eux seuls »2. C’est l’étude d’une langue « comme un ensemble fini d’éléments et de règles permettant d’engendrer une infinité de phrases grammaticales »3.
Linguistique (terme du XIXe siècle)
  • Étude comparative des langues (grammaire comparée)
  • Étude historique des langues (philologie)
  • Depuis la fin du XIXe / le début du XXe siècle (avec Saussure), le terme linguistique désigne la science qui a pour objet l’étude des langues et du langage (étude de la langue en tant que système).

Phonétique : c’est la description des sons du langage.
La phonétique historique s’intéresse à l’évolution des phonèmes dans l’histoire.

Phonologie : c’est l’étude des sons d’une langue.

La phonétique est une science historique ; elle analyse des événements, des transformations et se meut dans le temps. La phonologie est en dehors du temps, puisque le mécanisme de l’articulation reste toujours semblable à lui-même.
Ferdinand de Saussure (1857-1913), Cours de linguistique générale

Grammaire (terme du XIIe siècle, mais la discipline est plus ancienne)

  • Morphologie (du grec morphê, « forme » ; la morphologie est l’étude des formes) : elle traite des mots, pris indépendamment de leurs rapports dans la phrase.
  • Sémantique : étude des significations
    Lexicographie : c’est la « technique mise en œuvre dans l’élaboration des dictionnaires. »4
    Lexicologie : c’est l’étude du lexique.
  • Syntaxe (du grec suntaxis, « assemblage » ; la syntaxe étudie les liaisons entre les éléments) : elle traite de la combinaison des mots dans la phrase.
Paradigmatique (axe)

C’est l’axe vertical des sélections, l’axe du choix des mots. Quand un locuteur dit le petit garçon boit de l’eau, il refuse la, grande, fille, lait, etc. Sur l’axe paradigmatique, tous les mots peuvent être remplacés en un même point de la chaîne (à condition qu’ils aient la même nature et la même fonction) :

  • La
  • grande
  • fille
  • mange
  • du
  • chocolat.

(Voir aussi : axe syntagmatique, cette discussion dans le forum, cette définition ou celle-ci.)

Paradigme C’est l’ensemble des mots qui peuvent apparaître en un point de la chaîne parlée.
Performance C’est l’extériorisation (par la parole) du lexique et de la grammaire.
(Voir aussi : compétence)
Phrase La phrase est une suite de mots organisés conformément à la syntaxe. La phrase est constituée de syntagmes. Contrairement à l’énoncé, la phrase est une unité linguistique détachée de tout contexte.
(Voir aussi : énoncé)
Référent Le référent est ce que désigne le nom. C’est ce à quoi renvoie un signe ; c’est l’élément du monde qui est désigné par un signe.
Signe Signes inorganiques
  • Signes naturels : par exemple, l’éclair est le signe de l’orage, la fumée peut être le signe d’un incendie.
  • Signes technologiques : par exemple, la sonnerie du téléphone.
Signes organiques : les signes animaux et humains.

Le signe linguistique est un signe organique émis par l’homme. Il est intentionnel (sauf le lapsus) : parler, c’est vouloir signifier. Mais pas toujours : l’argot, par exemple, permet d’être compris par un groupe restreint. Le signe linguistique est l’association de deux éléments :

  • le signifiant : une suite de sons, c’est la forme sonore d’un mot ;
  • le signifié : une idée, c’est le sens.

La question du rapport entre les noms et les choses : l’arbitraire du signe : entre le signe et son référent, le lien est arbitraire. Cela veut dire que les mots ne sont pas commandés par leurs référents  : « pris isolément, le mot poirier n’a pas plus vocation que le mot chêne à désigner un arbre particulier. » 2
(Voir aussi : cratylisme)

Syntagmatique (axe) C’est l’axe horizontal sur lequel se suivent les unités constitutives de la phrase.
(Voir aussi : axe paradigmatique et syntagme.)

Références

  • 1 J. Dubois et al., Dictionnaire de linguistique, Larousse.
  • 2 O. Ducrot et J.-M. Schaeffer, Nouveau dictionnaire encyclopédique des sciences du langage, Éditions du Seuil.
  • 3 H. Bénac et B. Réauté, Vocabulaire de la dissertation et des études littéraires, Hachette.
  • 4 M. Arrivé et al., La grammaire d’aujourd’hui, Flammarion.

Lectures suggérées

Lexique des notions linguistiques
F. Neveu, Lexique des notions linguistiques, A. Colin.

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