Ancien français

PREUDOM

Étymologie

Il s’agit d’un mot composé par soudure de l’adjectif « preu », de la préposition de et du substantif home (issu du latin classique homo).

Ancienne langue

L’idée dominante est celle d’« homme de valeur » ; les notions associées à cette valeur peuvent varier en fonction des époques.

  • Le terme désigne d’abord un « homme vaillant, plein de hardiesse au combat ». C’est le type même du chevalier parfait. On porte alors un jugement sur sa valeur physique.
  • Par glissement, le terme a acquis une valeur morale : il s’applique à un « homme vertueux, sage ». Il qualifie souvent un « vieillard », révéré comme sage dans la civilisation médiévale. On peut en outre le trouver au sens d’« ermite » pour désigner un « homme vivant retiré du monde pour prier ».
  • À partir du XIIIe siècle, le mot s’emploie également pour un « homme d’expérience, reconnu compétent dans un domaine spécialisé (la justice, la médecine, le commerce, l’artisanant, etc.) ».

Évolution jusqu’au français moderne

  • La graphie moderne prud’homme ou prudhomme a été fixée au XVIIe siècle. On fait de moins en moins le rapprochement avec l’adjectif preux.
  • Le français moderne n’a conservé que le sens technique de l’ancienne langue. En effet, dans le domaine du droit du travail, ce terme se retrouve dans l’expression conseil de prudhommes, qui signifie « assemblée de personnes qui juge des différends d’ordre professionnel entre employeurs et employés ».
  • En s’éloignant de son sens initial, le terme a perdu sa connotation laudative et en vient même à désigner au XIXe siècle un « type de bourgeois sot, satisfait de soi et solennel ». En témoigne le personnage de comédie créé par Henry Monnier dans Grandeur et décadence de M. Joseph Prudhomme.

Conseils de lecture

Vocabulaire d’ancien français Fiches de vocabulaire
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→ Bibliographie pour le Capes de lettres

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