Ancien français

PARTIR

Étymologie

Ce verbe est issu du verbe déponent en latin classique partiri : « partager », devenu en latin tardif partire.

Ancienne langue

On peut distinguer trois grands emplois déterminés par des constructions différentes :

  • En construction transitive, le verbe avait le sens de « séparer », « partager, répartir, distribuer », « offrir en partage ».
  • En emploi absolu, il désignait une action dénotant la fin, la cessation. Ainsi, il pouvait signifier « se séparer, partir », et plus radicalement « mourir » dans l’expression euphémistique partir de cest siecle. Suivi de la préposition de et d’un infinitif, il signifiait « cesser de + infinitif ».
  • Enfin, en emploi pronominal, soi partir de signifiait « se séparer de », soi partir, « s’en aller ». Par extension, le sens de « s’en tirer, se tirer d’affaire » est également attesté.

L’infinitif peut être substantivé pour former la locution adverbiale au partir : « à la fin, enfin ».

Paradigme morphologique : les substantifs part, partie, partage (« division d’un élément en plusieurs portions en vue d’une distribution, spécialement dans un héritage ») comportent l’idée de division.

Évolution jusqu’au français moderne

  • Le premier sens n’est plus présent que dans la locution figurée toujours en usage : avoir maille à départir (1616), puis avoir maille à partir (milieu du XVIIe siècle) : « avoir un différend » [où la maille désigne une monnaie de très faible valeur en usage chez les Capétiens]. Au XVIIIe siècle, le dictionnaire de Trévoux (1771) relève encore partir d’un nombre en quatre ; partir le différend par moitié, où le sens étymologique du verbe est conservé. Mais les verbes répartir et partager (1553) ont concurrencé puis éliminé partir.
  • Le deuxième sens, qui est dérivé du premier, est en revanche florissant : en emploi intransitif, le verbe signifie « se mettre en mouvement pour quitter un lieu, s’éloigner ». Il supporte plusieurs constructions prépositionnelles : partir pour, à, dans, en, chez, etc.
  • Le sens de « mourir » en emploi absolu est attesté au XVIIe siècle (1680). Suivi de la préposition de, partir désigne l’origine spatiale ou temporelle au sens de « venir, provenir de » ou de « commencer, débuter ». La locution prépositionnelle à partir de (1787) participe de ce sens.
  • Enfin, appliqué à des choses abstraites (maladie, tache, etc.), le verbe peut signifier « s’évanouir, disparaître, ne plus se manifester ».

Conseils de lecture

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