De par

J'ai deux ou trois fois dans ma vie lu et/ou entendu des phrases de ce genre :

"De par sa constitution, il ne peut quitter son domicile."

Le redoublement de/par m'intrigue.

D'où cela peut-il venir ? Est-ce correct, grammaticalement ?

De par

Bonsoir Lebeau,

"de par" est une locution prépositive grammaticalement correcte. Je cite donc Hanse pour trouver le joint à votre question:

1.  N'est plus guère en usage dans le sens de «de la part de», «par ordre de»: De par le roi (altération de part ).

2. Aujourd'hui l'expression s'emploie dans De par le monde: «quelque part dans le monde» ou «à travers le monde».

3. Et surtout dans un sens causal: Il était, de par son caractère, fait pour agir (...). Dans cette grande pièce qui, de par la tradition, sert à la fois de bureau (...) et de salle de réunion (Gaulle, Ch. de, L'appel). J'en ai la force, de par la confiance que me fait le peuple français (...). Stratégiquement les terres françaises devaient, de par la nature, jouer un rôle capital (Id., Le salut ).
On voit que, dans ces quatre phrases, de par correspond successivement à: 1) par ou en raison de, par effet de, 2) conformément à, par (non suivi d'un article), 3) grâce à, 4) en raison de .

4. Autre sens dans la langue familière: Il est de par ici (du côté de, des environs de; il est de cette région). Êtes-vous de par chez nous? (de chez nous). Tout ce qui venait de par chez moi était son butin préféré (Claudel, P., Le soulier de satin).

Voilà, en espérant avoir été suffisamment clair.

Cordialement vôtre,

ip.

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De par

Bonjour à tous,
je suis en train de devenir fou.

Doit-on écrire : " de part ma formation je sais tout sur tout" ou "de par ma formation je me pose des questions"

vous l'aurez compris la question est "avec ou sans t ?"

merci à tous pour votre aide et bonne journée.

A222

De par

de par 

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De par

De par 

De par

Bonsoir !

* DE PAR ma formation, je sais tout sur tout.
* DE PAR ma formation, je me pose des questions.

Il est exact que, dans l’état actuel de la langue, c’est « DE PAR » qu’il faut écrire ; le sens actuel est « À CAUSE DE, GRÂCE À » ; cette locution prépositive renforce le simple « par ».
* Si les Français étaient Allemands DE PAR leur nature, c’est pour lors que les Allemands les admireraient. (Franz Kafka. Journal)
* Tout individu, DE PAR sa constitution héréditaire, possède une originalité de principe. (Jean Rostand. Pensées d’un biologiste)
* Investi, DE PAR sa valeur et DE PAR la force des choses, d’une sorte de mission permanente de coordination. (Charles de Gaulle. Mémoires de guerre)

Il n’est pas inutile de savoir que « de par » (ALTÉRATION DE « DE PART ») :
1 a encore SON SENS PREMIER « DE LA PART DE » dans des formes figées,
* DE PAR le roi, DE PAR la loi.
* DE PAR le Roi, défense à Dieu / De faire miracle en ce lieu. (Anonyme. Contre l’ordonnance de Louis XV fermant le cimetière Saint-Médard)
* Ouvrez la porte, DE PAR le diable ! (Mérimée)

2 se trouve aussi dans « DE PAR LE MONDE » (= QUELQUE PART DANS LE MONDE).
* Il a DE PAR LE MONDE un cousin qui a fait une grande fortune. (Académie)
* Il n’y a pas, DE PAR LE MONDE ENTIER, deux mains ou deux nez absolument pareils. (Maupassant. Pierre et Jean)

CONCLUSION : une seule graphie, « DE PAR », mais trois significations :
1 à cause de, grâce à (la plus fréquente),
2 de la part de, au nom de,
3 quelque part + dans le monde.

Source : Grevisse n°1022/7.

De par

de par → par : préposition

ex : de par ma formation

à ne pas confondre avec

de part → part : nom féminin

ex : de part et d'autre
ex : de part en part

Merci Edy, je n'avais pas pensé (et ne connaissais pas) à la forme "de par" en tant qu'altération "de part"

De par

"De par une réflexion du conseil municipal, nous avons décidé blablabla..."

Cette locution me choque sans pouvoir expliquer pourquoi. Peut-on parler ici de lourdeur de style ? Est-ce "sémantiquement" correct ?

De par

Bonjour.

Quoique autrefois critiquée dans ce sens par certains puristes (par risque de confusion avec l'ancien et spécialisé de par = de la part de, au nom de) , cette locution de par signifiant "du fait de, à cause de" est maintenant tout à fait admise.

Dans l'exemple cité, elle me semble cependant peu appropriée.
En l'occurrence, j'écrirais plutôt :
"A la suite d'une réflexion du conseil municipal, nous avons décidé blablabla..."

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De par

Sur le fond, un conseil municipal qui réfléchit, c'est bien. Toutefois, les décisions ne sont-elles pas prises après discussion ou débat plutôt qu'après simple réflexion ?

Sur la forme, on peut évidemment faire mieux que cette énonciation alambiquée : après réflexion (ou après y avoir réfléchi), le conseil municipal décide blablabla >> après en avoir débattu, le conseil municipal décide blablabla.

Et comme j'ai l'esprit tordu et rigolard, je trouve un rien amphibologique la proposition de Maître Jehan : « à la suite d'une réflexion du conseil municipal […] » = « le conseil municipal nous ayant fait une réflexion [désagréable, la réflexion : dit comme cela, on ne saurait se méprendre !], nous avons décidé blablabla... »