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Flaubert, L'Éducation sentimentale, I, 5 - À la nouvelle du départ d’Arnoux, une joie...

Bonjour, j'ai un commentaire composé à faire pour samedi, c'est le premier et je sais pas du tout comment m'y prendre ! En plus je trouve le texte assez difficile donc si quelqu'un pouvais m'aider ce serait super ! Voici l'extrait étudié :

A la nouvelle du départ d’Arnoux, une joie l’avait saisi. Il pouvait se présenter là-bas, tout à son aise, sans crainte d’être interrompu dans ses visites. La conviction d’une sécurité absolue lui donnerait du courage. Enfin il ne serait pas éloigné, ne serait pas séparé d’elle ! Quelque chose de plus fort qu’une chaîne de fer l’attachait à Paris, une voix intérieure lui criait de rester.
Des obstacles s’y opposaient. Il les franchit en écrivant à sa mère ; il confessait d’abord son échec, occasionné par des changements faits dans le programme, — un hasard, une injustice ; — d’ailleurs, tous les grands avocats (il citait leurs noms) avaient été refusés à leurs examens. Mais il comptait se présenter de nouveau au mois de novembre. Or, n’ayant pas de temps à perdre, il n’irait point à la maison cette année ; et il demandait, outre l’argent d’un trimestre, deux cent cinquante francs, pour des répétitions de droit, fort utiles ; — le tout enguirlandé de regrets, condoléances, chatteries et protestations d’amour filial.
Mme Moreau, qui l’attendait le lendemain, fut chagrinée doublement. Elle cacha la mésaventure de son fils, et lui répondit « de venir tout de même » . Frédéric ne céda pas. Une brouille s’ensuivit. A la fin de la semaine, néanmoins, il reçut l’argent du trimestre avec la somme destinée aux répétitions, et qui servit à payer un pantalon gris perle, un chapeau de feutre blanc et une badine à pomme d’or.
Quand tout cela fut en sa possession :
— « C’est peut-être une idée de coiffeur que j’ai eue ? » songea-t-il.
Et une grande hésitation le prit.
Pour savoir s’il irait chez Mme Arnoux, il jeta par trois fois, dans l’air, des pièces de monnaie. Toutes les fois, le présage fut heureux. Donc, la fatalité l’ordonnait. Il se fit conduire en fiacre rue de Choiseul.
Il monta vivement l’escalier, tira le cordon de la sonnette ; elle ne sonna pas ; il se sentait près de défaillir.
Puis il ébranla, d’un coup furieux, le lourd gland de soie rouge. Un carillon retentit, s’apaisa par degrés ; et l’on n’entendait plus rien. Frédéric eut peur.
Il colla son oreille contre la porte ; pas un souffle ! Il mit son oeil au trou de la serrure, et il n’apercevait dans l’antichambre que deux pointes de roseau, sur la muraille, parmi les fleurs du papier. Enfin, il tournait les talons quand il se ravisa. Cette fois, il donna un petit coup, léger. La porte s’ouvrit ; et, sur le seuil, les cheveux ébouriffés, la face cramoisie et l’air maussade, Arnoux lui-même parut.
— « Tiens ! Qui diable vous amène ? Entrez ! »
Il l’introduisit, non dans le boudoir ou dans sa chambre, mais dans la salle à manger, où l’on voyait sur la table une bouteille de vin de Champagne avec deux verres ; et, d’un ton brusque :
— « Vous avez quelque chose à me demander, cher ami ? »
— « Non ! rien ! rien ! » balbutia le jeune homme, cherchant un prétexte à sa visite.
Enfin, il dit qu’il était venu savoir de ses nouvelles, car il le croyait en Allemagne, sur le rapport d’Hussonnet.
— « Nullement ! » reprit Arnoux. « Quelle linotte que ce garçon-là, pour entendre tout de travers ! »
Afin de dissimuler son trouble, Frédéric marchait de droite et de gauche, dans la salle. En heurtant le pied d’une chaise, il fit tomber une ombrelle posée dessus ; le manche d’ivoire se brisa.
— « Mon Dieu ! » s’écria-t-il, « comme je suis chagrin d’avoir brisé l’ombrelle de Mme Arnoux. »
A ce mot, le marchand releva la tête, et eut un singulier sourire. Frédéric, prenant l’occasion qui s’offrait de parler d’elle, ajouta timidement :
— « Est-ce que je ne pourrai pas la voir ? »
Elle était dans son pays, près de sa mère malade.
Il n’osa faire de questions sur la durée de cette absence. Il demanda seulement quel était le pays de Mme Arnoux.
— « Chartres ! Cela vous étonne ? »
— « Moi ? non ! pourquoi ? Pas le moins du monde ! »
Ils ne trouvèrent, ensuite, absolument rien à se dire. Arnoux, qui s’était fait une cigarette, tournait autour de la table, en soufflant. Frédéric, debout contre le poêle, contemplait les murs, l’étagère, le parquet ; et des images charmantes défilaient dans sa mémoire, devant ses yeux plutôt. Enfin il se retira.
Un morceau de journal, roulé en boule, traînait par terre, dans l’antichambre ; Arnoux le prit ; et, se haussant sur la pointe des pieds, il l’enfonça dans la sonnette, pour continuer, dit-il, sa sieste interrompue. Puis, en lui donnant une poignée de main :
— « Avertissez le concierge, s’il vous plaît, que je n’y suis pas ! »
Et il referma la porte sur son dos, violemment.
Frédéric descendit l’escalier marche à marche. L’insuccès de cette première tentative le décourageait sur le hasard des autres. Alors commencèrent trois mois d’ennui. Comme il n’avait aucun travail, son désœuvrement renforçait sa tristesse.
Il passait des heures à regarder, du haut de son balcon, la rivière qui coulait entre les quais grisâtres, noircis, de place en place, par la bavure des égouts, avec un ponton de blanchisseuses amarré contre le bord, où des gamins quelquefois s’amusaient, dans la vase, à faire baigner un caniche. Ses yeux délaissant à gauche le pont de pierre de Notre-Dame et trois ponts suspendus, se dirigeaient toujours vers le quai aux Ormes, sur un massif de vieux arbres, pareils aux tilleuls du port de Montereau. La tour Saint-Jacques, l’hôtel de ville, Saint-Gervais, Saint-Louis, Saint-Paul se levaient en face, parmi les toits confondus, — et le génie de la colonne de Juillet resplendissait à l’orient comme une large étoile d’or, tandis qu’à l’autre extrémité le dôme des Tuileries arrondissait, sur le ciel, sa lourde masse bleue. C’était par derrière, de ce côté-là, que devait être la maison de Mme Arnoux.
Il rentrait dans sa chambre ; puis, couché sur son divan, s’abandonnait à une méditation désordonnée plans d’ouvrage, projets de conduite, élancements vers l’avenir. Enfin, pour se débarrasser de lui-même, il sortait.

J'attend votre aide, merci d'avance

Rappel des règles
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Flaubert, L'Éducation sentimentale, I, 5 - À la nouvelle du départ d’Arnoux, une joie...

Bonjour, fande.
As-tu essayé d'entrer COMMENTAIRE COMPOSE dans le moteur de recherche de ce site (la fenêtre en haut à gauche)?

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Flaubert, L'Éducation sentimentale, I, 5 - À la nouvelle du départ d’Arnoux, une joie...

Alors j'ai cherché des infos sur le commentaire, je sais qu'il faut essayer de faire une 'grille de lecture' répertoriant tous les procédés d'écritude que l'on trouve (thèmes, temps verbaux, figures de style...) puis passer de cette grille à un plan.

Introduction : présentation passage, oeuvre, auteur, annonce du plan

Dvpt :

I] : première idée
II] 2e idée

Conclusion : récapitulation des grands axes, phrase d'ouverture comparative avec un autre texte

C'est pas mal ?

Flaubert, L'Éducation sentimentale, I, 5 - À la nouvelle du départ d’Arnoux, une joie...

La grille de lecture ne doit pas répertorier seulement les procédés d'écriture, mais aussi le axes du texte (idées principales) et la problématique
Elle résulte en effet de la lecture approfondie du texte

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Flaubert, L'Éducation sentimentale, I, 5 - À la nouvelle du départ d’Arnoux, une joie...

Après une lecture attentive du texte, j'ai a peu près tout compris : Frederic est éperduement amoureux de Mme Arnoux (en lisant un résumé j'ai cru comprendre qu'il a eu le coup de foudre pour elle sur un bateau). Il se réjouit du départ du mari de celle-ci pour pouvoir aller lui rendre visite chez elle. Malheureusement pour lui, M. Arnoux n'est pas parti, et c'est Mme Arnoux qui n'est pas là. Il doit donc trouver une excuse pour sa visite. Il rentre finalement chez lui découragé, reste à sa fenêtre, contemple Paris et cherche la maison de sa belle. Puis il va dans sa chambre et réfléchit, il médite à son avenir.

Est ce que ma comprehension du texte est bonne ?

J'ai remarqué que le texte s'inscrit dans le mouvement réaliste, c'est bon ?

Sinon j'ai trouvé quelques procédés d'écriture, mais ma grille de lecture ne se rempli pas vite. J'ai du mal à trouver les champs lexicaux, les figures de styles et j'ai du mal a cerner l'effet produit :S

Flaubert, L'Éducation sentimentale, I, 5 - À la nouvelle du départ d’Arnoux, une joie...

Oui bon début
Prends ton temps, si tu en as un peu bien sûr. Un texte d'un génie comme Flaubert est comme une belle femme, il ne se dévoile pas d'un seul coup 

Flaubert, L'Éducation sentimentale, I, 5 - À la nouvelle du départ d’Arnoux, une joie...

La pudeur confondue à la beauté?

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Flaubert, L'Éducation sentimentale, I, 5 - À la nouvelle du départ d’Arnoux, une joie...

Je cherche, je cherche et sa commence à prendre forme Vous auriez pas 2-3 coups de pouce pour les effets produits ? J'aiun peu de mal avec çà :S

pour JSC : c'est à dire ?

Flaubert, L'Éducation sentimentale, I, 5 - À la nouvelle du départ d’Arnoux, une joie...

A la nouvelle du départ d'Arnoux, une joie l'avait saisi. Il pouvait se présenter là-bas, tout à son aise, sans crainte d'être interrompu dans ses visites. La conviction d'une sécurité absolue lui donnerait du courage. Enfin il ne serait pas éloigné, ne serait pas séparé d'Elle ! Quelque chose de plus fort qu'une chaîne de fer l'attachait à Paris, une voix intérieure lui criait de rester.

²Des obstacles s'y opposaient. Il les franchit en écrivant à sa mère ; il confessait d'abord son échec, occasionné par des changements faits dans le programme, -- un hasard, une injustice ; -- d'ailleurs, tous les grands avocats (il citait leurs noms) avaient été refusés à leurs examens. Mais il comptait se présenter de nouveau au mois de novembre. Or, n'ayant pas de temps à perdre, il n'irait point à la maison cette année ; et il demandait, outre l'argent d'un trimestre, deux cent cinquante francs, pour des répétitions de droit, fort utiles ; -- le tout enguirlandé de regrets, condoléances, chatteries et protestations d'amour filial.

Mme Moreau, qui l'attendait le lendemain, fut chagrinée doublement. Elle cacha la mésaventure de son fils, et lui répondit " de venir tout de même " . Frédéric ne céda pas. Une brouille s'ensuivit. A la fin de la semaine, néanmoins, il reçut l'argent du trimestre avec la somme destinée aux répétitions, et qui servit à payer un pantalon gris perle, un chapeau de feutre blanc et une badine à pomme d'or.

Quand tout cela fut en sa possession :

-- " C'est peut-être une idée de coiffeur que j'ai eue ? " songea-t-il.

Et une grande hésitation le prit.

Pour savoir s'il irait chez Mme Arnoux, il jeta par trois fois, dans l'air, des pièces de monnaie. Toutes les fois, le présage fut heureux. Donc, la fatalité l'ordonnait. Il se fit conduire en fiacre rue de Choiseul.

Il monta vivement l'escalier, tira le cordon de la sonnette ; elle ne sonna pas ; il se sentait près de défaillir.

Puis il ébranla, d'un coup furieux, le lourd gland de soie rouge. Un carillon retentit, s'apaisa par degrés ; et l'on n'entendait plus rien. Frédéric eut peur.

Il colla son oreille contre la porte ; pas un souffle ! Il mit son oeil au trou de la serrure, et il n'apercevait dans l'antichambre que deux pointes de roseau, sur la muraille, parmi les fleurs du papier. Enfin, il tournait les talons quand il se ravisa. Cette fois, il donna un petit coup, léger. La porte s'ouvrit ; et, sur le seuil, les cheveux ébouriffés, la face cramoisie et l'air maussade, Arnoux lui-même parut.

-- " Tiens ! Qui diable vous amène ? Entrez ! "

Il l'introduisit, non dans le boudoir ou dans sa chambre, mais dans la salle à manger, où l'on voyait sur la table une bouteille de vin de Champagne avec deux verres ; et, d'un ton brusque :

-- " Vous avez quelque chose à me demander, cher ami ? "

-- " Non ! rien ! rien ! " balbutia le jeune homme, cherchant un prétexte à sa visite.

Enfin, il dit qu'il était venu savoir de ses nouvelles, car il le croyait en Allemagne, sur le rapport d'Hussonnet.

-- " Nullement ! " reprit Arnoux. " Quelle linotte que ce garçon-là, pour entendre tout de travers ! "

Afin de dissimuler son trouble, Frédéric marchait de droite et de gauche, dans la salle. En heurtant le pied d'une chaise, il fit tomber une ombrelle posée dessus ; le manche d'ivoire se brisa.

-- " Mon Dieu ! " s'écria-t-il, " comme je suis chagrin d'avoir brisé l'ombrelle de Mme Arnoux ! "

A ce mot, le marchand releva la tête, et eut un singulier sourire. Frédéric, prenant l'occasion qui s'offrait de parler d'elle, ajouta timidement :

?    " Est-ce que je ne pourrai pas la voir ? "

Elle était dans son pays, près de sa mère malade.

Il n'osa faire de questions sur la durée de cette absence. Il demanda seulement quel était le pays de Mme Arnoux.

-- " Chartres ! Cela vous étonne ? "

-- " Moi ? Non ! Pourquoi ? Pas le moins du monde ! "

Ils ne trouvèrent, ensuite, absolument rien à se dire. Arnoux, qui s'était fait une cigarette, tournait autour de la table, en soufflant. Frédéric, debout contre le poêle, contemplait les murs, l'étagère, le parquet ; et des images charmantes défilaient dans sa mémoire, devant ses yeux plutôt. Enfin il se retira.

Un morceau de journal, roulé en boule, traînait par terre, dans l'antichambre ; Arnoux le prit, et, se haussant sur la pointe des pieds, il l'enfonça dans la sonnette, pour continuer, dit-il, sa sieste interrompue. Puis, en lui donnant une poignée de main :

-- " Avertissez le concierge, s'il vous plaît, que je n'y suis pas ! "

Et il referma la porte sur son dos, violemment.

Frédéric descendit l'escalier marche à marche. L'insuccès de cette première tentative le décourageait sur le hasard des autres. Alors commencèrent trois mois d'ennui. Comme il n'avait aucun travail, son désœuvrement renforçait sa tristesse.

Il passait des heures à regarder, du haut de son balcon, la rivière qui coulait entre les quais grisâtres, noircis, de place en place, par la bavure des égouts, avec un ponton de blanchisseuses amarré contre le bord, où des gamins quelquefois s'amusaient, dans la vase, à faire baigner un caniche. Ses yeux délaissant à gauche le pont de pierre de Notre-Dame et trois ponts suspendus, se dirigeaient toujours vers le quai aux Ormes, sur un massif de vieux arbres, pareils aux tilleuls du port de Montereau. La tour Saint-Jacques, l'Hôtel de Ville, Saint-Gervais, Saint-Louis, Saint- Paul se levaient en face, parmi les toits confondus, -- et le génie de la colonne de Juillet resplendissait à l'orient comme une large étoile d'or, tandis qu'à l'autre extrémité le dôme des Tuileries arrondissait, sur le ciel, sa lourde masse bleue. C'était par-derrière, de ce côté-là, que devait être la maison de Mme Arnoux.

Il rentrait dans sa chambre ; puis, couché sur son divan, s'abandonnait à une méditation désordonnée : plans d'ouvrages, projets de conduite, élancements vers l'avenir. Enfin, pour se débarrasser de lui-même, il sortait.

² Le "il" du narrateur semble être personnalisé dans le "je" du sujet.

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Flaubert, L'Éducation sentimentale, I, 5 - À la nouvelle du départ d’Arnoux, une joie...

Dans les choses que tu as mises en gras, il y en a pas mal que j'avais relevées   

Je suis en train d'observer les temps verbaux, je remarque du passé simple et de l'imparfait. Je vais aller chercher les valeurs tout de suite

Je n'ai pas trouvé de figures de style du tout ! Il y en a ?