Brodsky, Le cimetière juif

LE CIMETIÈRE JUIF, Iossip Brodsky.

Le cimetière juif près de Leningrad.
Une clôture boiteuse de planches pourries.
Et derrière la clôture gisent côte à côte
Juristes, commerçants, musiciens, révolutionnaires

.Ils ont chanté pour eux-mêmes.
Ils se sont enrichis pour eux-mêmes.
Ils sont morts pour les autres.
Ils ont toujours payé leurs impôts,
respecté le règlement,
Et dans ce monde matériel comme une impasse
Ils commentèrent le Talmud
et restèrent des idéalistes.

Peut-être ont-ils vu au-delà du réel.
Peut-être ont-ils cru aveuglément.
Mais ils ont appris aux enfants
à être patients
à devenir têtus.
Ils n'ont pas semé de blé,
ils n'ont jamais semé de blé.

Ils se sont tout simplement allongés dans la terre
comme du grain,
Ils se sont assoupis pour des siècles,
ensevelis dans la poussière,
on a pour eux allumé les cierges,
au jour du grand pardon
des vieillards affamés à la voix aiguë
suffoquant de froid hurlaient à leur paix éternelle.
Ils l'ont trouvée,
dans la désintégration de la matière.
Sans rien se rappeler.
Sans rien oublier.

Derrière la clôture de planches humides.
Quatre kilomètres après le terminus de tramway.

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Alors voilà, je dois avoir fait un commentaire littéraire sur ce poème en TPE et mon problème c'est que je n'ai absolument aucune idée de comment m'y prendre.
J'ai fait une analyse mais je ne sais pas comment faire le plan, si vous avez des idées je vous serais reconnaissante de bien vouloir avoir pitié et d'les partager avec moi (et si possible quelques idées au niveau de l'analyse aussi).

Merci d'avance

Brodsky, Le cimetière juif

Fais-nous part de ce que tu as déjà trouvé, ça permettra d'organiser tes idées pour faire un plan

Brodsky, Le cimetière juif

Bonsoir Vinette,

Voici la fiche du site pour le commentaire composé. Adapte-la car ce poème est traduit... Ne tiens pas compte de ses sonorités.

Muriel

Brodsky, Le cimetière juif

Voilà ce que j'ai trouvé jusqu'ici :

- Le champs lexical de la mort : "cimetière"; "planches pourries"; "morts"; "poussière"; "désintégration"

- Référence à l'occupation des 900 jours à Leningrad (St Petersbourg) par les Allemands et massacre des juifs : "leningrad"

- Anaphore avec "peut-être ont-ils"

- Répétition avec "semé de blé"

- Expression de dégoût face au massacre des Juifs dans le dernier paragraphe (ce sont des gens comme les autres, pas de raison au massacre..)

- Vision subjective de la part de l'auteur avec l'emploi de mots durs, il parle aussi clairement de ce qui est arrivé, son langage est cru. Il utilise le lyrisme pour faire parler ses sentiments perçus dans l'intonation qui, par ailleurs, se veut triste.

Brodsky, Le cimetière juif

Bonsoir a tous.
Bien je vais être brève et expliquer rapidement mon problème. J'ai un commentaire à faire sur Brodsky en TPE (oui je sais, il y a déjà eu un topique dessus). J'ai fait l'analyse que par la suite je vais vous donner, mais je ne trouve pas de plan, ce qui me bloque. Et donc j'aimerai que vous m'aidiez à en trouver un. Merci d'avance.

Poème:

LE CIMETIÈRE JUIF
  Le cimetière juif près de Leningrad.          v1
  Une clôture boiteuse de planches pourries.
  Et derrière la clôture gisent côte à côte
  Juristes, commerçants, musiciens, révolutionnaires

  Ils ont chanté pour eux-mêmes.        v5
  Ils se sont enrichis pour eux-mêmes.
  Ils sont morts pour les autres.
  Ils ont toujours payé leurs impôts,
  respecté le règlement,
  Et dans ce monde matériel comme une impasse      v10
  Ils commentèrent le Talmud
  et restèrent des idéalistes.

  Peut-être ont-ils vu au-delà du réel.
  Peut-être ont-ils cru aveuglément.
  Mais ils ont appris aux enfants         v15
  à être patients
  à devenir têtus.
  Ils n'ont pas semé de blé,
  ils n'ont jamais semé de blé.

  Ils se sont tout simplement allongés dans la terre        v20
  comme du grain,
  Ils se sont assoupis pour des siècles,
  ensevelis dans la poussière,
  on a pour eux allumé les cierges,
  au jour du grand pardon                v25
  des vieillards affamés à la voix aiguë
  suffoquant de froid hurlaient à leur paix éternelle.
  Ils l'ont trouvée,
  dans la désintégration de la matière.
  Sans rien se rappeler.         v30
  Sans rien oublier.

  Derrière la clôture de planches humides.
  Quatre kilomètres après le terminus de tramway.

Mon analyse:

→ Poésie nerveuse,tendue et vif. Un lyrisme très présent dans le poème par l'expression de ses sentiments intenses.

→ Champ lexical de la mort (des le début avec le titre) : cimetière (v1), boiteuse(v2),pourries(v2), morts(v7),poussière(v23),paix éternelle(v27), désintégration(v29)

→ Langage cru et violent. Il est directe et ne cache pas ses mots, cependant on observe une graduation entre le début, où les propos sont dur et brute, avec la fin ou ils s'adoucissent.

→ Anaphore de "peut être ont ils"(v.13-14) et de "sans rien"(v30-31)
Répétition de "pour eux même"(v5-6) insistant sur le fait qu'ils ne sont rien aux yeux des autres. Répétition de "ils n'ont pas semé de blé"(v19-20) avec une gradation croissante avec les mots "pas" et "jamais".

→ 1paragraphe une description péjoratif du cimetière, citation de métiers dont les juifs possédaient lors de la guerre.

→ v20 et 21 comparaison des juifs a du grain. Montrant la cruauté et le non respect dont ils sont victimes jusqu'à leur mort. Ils sont enterré pelle mêle comme des bêtes sans même de nom.

→ Poème a référence historique. "Leningrad"(v1)=> siège de Leningrad, occupation lors de la deuxième guerre mondial par les allemands (900jours) du 8septembres 1941 au 8janvier 1944.famine du premier hivers 10 000morts en janvier par jour en tout 2 000 000morts dont de nombreux juifs par le nazisme.

Bien voila, bon je vous l'accorde, mon analyse n'est pas terrible, mais bon je n'ai rien trouvé de plus. J'espère que vous avez un plan a me proposer, je vous en serai reconnaissante.
Merci encore.

Bonne soirée

Brodsky, Le cimetière juif

Bonsoir Glopix,

Tu pourrais comparer les deux premiers vers :

Le cimetière juif près de Leningrad.          v1
  Une clôture boiteuse de planches pourries.

aux deux derniers :

Derrière la clôture de planches humides.
  Quatre kilomètres après le terminus de tramway.

Remarque comme le "près" du début, qui joint le cimetière juif à Leningrad, est remplacé à la fin par une mise à l'écart géographique, au loin, et constituant le dernier vers, après un point. La condition de parias des Juifs est accentuée.

Pour "Ils n'ont jamais semé de blé", sache que les métiers touchant à la terre étaient strictement interdits aux Juifs dans la plupart des pays d'Europe.

Édit : Dans ce poème, ils n'ont droit à la terre qu'au cimetière, c'est-à-dire morts.

Muriel

Brodsky, Le cimetière juif

Ah effectivement je n'avais pas vu cela...  Ce poème montre l'extrème discrimination ou plutôt le génocide tout simplement dont ils ont été victimes.

D'ailleurs j'ai pensé que je pourrais faire mon plan en deux parties. Une partie ou l'on verrait ce génocide (champ lexical de la mort etc) et une autre partie ou l'on verrait le contexte historique dans le poème.
Je ne pense pas que ce plan soit bon...mais j'ai du mal à trouver.Qu'en pensez vous? avez vous une idée de plan par hasard?
merci

Brodsky, Le cimetière juif

Bonjour!

Euh bon voila je crois avoir un idée de plan moins "foireux" :s
Alors en première partie : les caractéristiques du poème
             deuxième partie: L'histoire,la visé de ce poème a référence historique.

voila alors?
merci