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Hugo, Les Travailleurs de la mer, III, 3

bonjour, je suis en licence de lettres en premiere anne et j ai cet extrait a commenter:

-maintenant, ce n’est pas pour vous retarder, mais voyez-vous, madame, je crois qu’il faut que je vous explique. Le jour qu’il y a eu ce malheur, vous étiez assise dans la salle basse, vous avez dit une parole. Vous ne vous souvenez pas, c’est tout simple. On n’est pas forcé de se souvenir de tous les mots qu’on dit. Mess Lethierry avait beaucoup de chagrin. Il est certain que c’était un bon bateau, et qui rendait des services. Le malheur de la mer était arrivé ; il y avait de l’émotion dans le pays. Ce sont là des choses, naturellement, qu’on a oubliées. Il n’y a pas eu que ce navire-là perdu dans les rochers. On ne peut pas penser toujours à un accident. Seulement ce que je voulais vous dire, c’est que, comme on disait personne n’ira, j’y suis allé. Ils disaient c’est impossible ; ce n’était pas cela qui était impossible. Je vous remercie de m’écouter un petit instant. Vous comprenez, madame, si je suis allé là, ce n’était pas pour vous offenser. D’ailleurs la p446

chose date de très loin. Je sais que vous êtes pressée. Si on avait le temps, si on parlait, on se souviendrait, mais cela ne sert à rien. La chose remonte à un jour où il y avait de la neige. Et puis une fois que je passais, j’ai cru que vous aviez souri. C’est comme ça que ça s’explique. Quant à hier, je n’avais pas eu le temps de rentrer chez moi, je sortais du travail, tais tout déchiré, je vous ai fait peur, vous vous êtes trouvée mal, j’ai eu tort, on n’arrive pas ainsi chez les personnes, je vous prie de ne pas m’en vouloir. C’est à peu près tout ce que je voulais dire. Vous allez partir. Vous aurez beau temps. Le vent est à l’est. Adieu, madame. Vous trouvez juste que je vous parle un peu, n’est-ce pas ? Ceci est une dernière minute

j'ai deja relever quelques pistes: la re interpretation de gilliat du comportement de deruchette ( la neige, l'annonce du mariage s'il part sauve le bateau), les reference a son inconscience ( le fait qu'elle ne se se souvienne pas de tout, j'y vois la une sorte de justification qu'il lui donne)
j'ai aussi dans un second temps vu la position inconfortable de gilliatt qui se sent tres mal a l aise; par la syntaxe "Ils disaient c’est impossible " mais aussi par le fit que son discours est sans cesse entrecoupe par des phrase repetitives: "je ne vous retiendrai pas plus longtemps" etc.....
et je pense qu'ensuite on peut remarquer l'adieu que contient cette lettre d'abord elle part, puis il evoque le fait qu'il s'est perdu dans les rochers, il parle d'une derniere minute, il insiste sur le temps et le vent est a l'est et si mes souvenirs du livres sont bon elle part pou le chili e il faudrait probablement des vents d'est pour aller plus vite.

a partir de ceci j'articule mon plan en trois parties:
I. la justification de gilliatt
II. sa position inconfortable, sa gene
III. les adieux

ceci dit j'ai peur d'oublier quelque chose, comme l'utilisation du mot naturellement qui me parait importante parce que il est detache de la phrase, il est mis entre deux virgule. je pense que ca sert a justifier la comportement de deruchette mais peu on le qualifier de naturel?

merci beaucoup de me repondre

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Hugo, Les Travailleurs de la mer, III, 3

Bonsoir,

Il me semble que tu n'as pas fait assez ressortir la charge pathétique de ce texte, les dernières paroles de Gilliatt avant son sacrifice final. Les apparentes incohérences des propos tiennent au fait que Gilliatt est un être fruste, timide et délicat. Il ne peut s'exprimer que de manière parcellaire et cachée. Il ne s'agit pas d'une lettre adressée à Déruchette, mais bien des dernières paroles adressées à la jeune femme au moment de son embarquement sur le Cashmere favorisé par Gilliatt.

Hugo, Les Travailleurs de la mer, III, 3

J'aurais quand même évoqué la désillusion foudroyante de Gilliat, qui confère à cet épilogue ces accents pathétiques. Il en viendra d'ailleurs à se suicider... comme nombre de héros de Hugo qui l'incarnent. Concernant Gilliat, toute son épopée se solde par un échec. Déboire terrassant.