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Le roman arthurien

Qui serait en mesure de me donner les grands traits fondamentaux du roman arthurien ? Ainsi que du style gothique ?
merci.

Le roman arthurien

pour le roman arthurien, c'est assez difficil, on en touvre du XII siècle au XV siècle, vous vous imaginerez aisément que les enjeux évolus considérablement...

il faudrait préciser votre question...

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Le roman arthurien

Je m'intéresse plus au roman arthurien entre le XIIe et le XIIIe siècle. Je recherche les caractéristiques pour pouvoir ensuite m'intéresser aux romans "réalistes", à l'esthétique gothique au XIIIe siècle.

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Le roman arthurien

Bonjour Sabribri,

Le cycle arthurien pourrait être divisé schématiquement en plusieurs étapes :

1. La légende arthurienne primitive
Elle présente dans un texte de Nennius, l’Historia Brittonum, écrit au IXe siècle, un chef de guerre combattant aux côtés des Bretons contre les Saxons, nommé Arthur, on retrouve aussi des allusions dans des traditions galloises et armoricaines. A partir du IXe siècle, des conteurs présentent l'histoire de la Grande-Bretagne et les aventures de sa classe noble et guerrière à l'époque d'un roi moins historique que légendaire.

2. La Table ronde
Guillaume de Malmesbury écrit en 1125 la Gesta regum Anglorum dans laquelle Arthur et son neveu Gauvain sont présentés comme des modèles de vertus chevaleresques. C'est lui qui donne à la figure d’Arthur toute son ampleur. Geoffroi de Monmouth compose comme pour faire d'Arthur un autre Charlemagne. Son ouvrage réunit tous les ingrédients de la future légende arthurienne.
Passée sur le continent, la légende arthurienne va devenir l'épine dorsale de ce que l'on a pu appeler la MATIÈRE DE BRETAGNE.
Dès 1155, Robert Wace écrit Le Roman de Brut qui est plus une création romanesque qu’une simple traduction en français du roman de Geoffroi de Monmouth. En effet, Wace ajoute un certain nombre d’éléments constitutifs comme la « Table Ronde » mentionnée pour la première fois dans son roman et l'adjonction du sentiment amoureux idéalisé qui pousse les chevaliers à se dépasser. Wace s'intéresse à la psychologie de ses personnages.
La légende du roi Arthur se propage à toute l’Europe. Les récits suivent les transformations de la société : essentiellement la tradition féodale puis l'amour courtois. Arthur devient secondaire et ce sont ces chevaliers qui passent sur le devant de la scène. Un cycle littéraire est né. Le succès de la légende auprès des écrivains est dû à la liberté d'imaginer de nouveaux personnages, de nouveaux motifs tels l’amour courtois, le merveilleux et surtout le personnage du chevalier errant.
Dans ce cycle, il faut noter un auteur prédominant : CHRÉTIEN DE TROYES
C’est l’écrivain médiéval le plus célèbre auprès du public contemporain. Ses romans arthuriens sont au nombre de cinq : Érec et Énide (vers 1170) ; Cligès (vers 1176) ; Lancelot ou le Chevalier de la Charrette (vers 1177-1181) ; Yvain ou le Chevalier au Lion (vers 1176-1179) et enfin Perceval ou le Conte du Graal (vers 1180-1191) inachevé.
C'est Chrétien de Troyes qui a fixé les bases des romans arthuriens : la cour du roi Arthur est le pôle de ralliement des meilleurs chevaliers du monde, et un lieu magique ; la référence temporelle est le règne du roi Arhur. Arthur est le pivot des aventures de ses chevaliers. Sa cour est l'expression parfaite de la vie en société où l’amour courtois est l’idéal chevaleresque. Sa mission est de pérenniser la Table Ronde et de permettre à ses chevaliers de partir « à l’aventure ». Les personnages sont cycliques. Le motif du chevalier errant est central. Enfin Chrétien de Troyes ajoute des éléments très romanesques dans lesquels le merveilleux occupe une place importante : animaux fantastiques, fées, passages entre la réalité et un monde surnaturel. Les héros de Chrétien sont aussi des individus très marqués, leur créateur s'intéresse à leur vie privée. Il ajoute le roman d'amour. Les sentiments des héros (et des héroïnes) sont aussi importants que leurs exploits guerriers. Chacun de ses romans pose un problème sentimental et courtois.

3. La quête du Graal
Dans son dernier roman, Perceval ou le Conte du Graal, Chrétien de Troyes renouvelle la légende arthurienne. La Table ronde n’est plus au centre de l’histoire, le Graal, la lance qui saigne et l’épée qui doit se briser deviennent le nouvel univers thématique.
Dès la fin du XIIe siècle, des écrivains ont cherché une fin à ce roman inachevé, c’est ce qu’on appelle les « Continuations ».
À la même époque, Robert de Boron écrit le Roman de l’Estoire dou Graal et affiche clairement les significations chrétiennes de la légende. En effet, pour lui, le Graal est le calice de la Cène, celui qu'a utilisé le Christ et qui a été confié à Joseph d’Arimathie. Ce même calice a recueilli le sang du Christ au calvaire. Dans les Continuations, Perceval est le vainqueur de la Quête du Graal. Mais dans le cycle du Lancelot-Graal c'est Galaad, fils de Lancelot qui achève la quête. Dans ce cycle à l'unité assurée, la visée des chevaliers change : ils ne doivent plus agir par amour mais doivent servir de Dieu. Galaad est le prototype de ce « chevalier nouveau » qui succède au « chevalier ancien » son père mû par l’amour félon pour la reine Guenièvre.
Vers la fin du premier quart du XIIIe siècle, ce cycle du Lancelot-Graal, retrace aussi l'épopée du royaume d'Arthur depuis ses origines jusqu'à la chute de ce petit univers civilisé qu'était la Table ronde dans une fin lourde de trahison qui voit la fine fleur de la chevalerie disparaître. Il ne s'agit plus de faire triompher l'idéal militaire de la chevalerie, mais de l'enrichir d'une sainte mission. Les valeurs spirituelles succèdent aux exigences mondaines.

4. Tristan et Iseut
La légende de Tristan et Iseut est intégrée dès le XIIIe siècle à la légende arthurienne avec le Tristan en prose écrit sur le modèle du Lancelot. Tristan devient un chevalier de la Table Ronde et Arthur son protecteur.

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Le roman arthurien

Merci beaucoup pour cette réponse !
Et en ce qui concerne le roman gothique ?
Merci pour tout.
sabribri

Le roman arthurien

Qu'entends-tu par roman gothique Sabribri ?

Le roman arthurien

Je ne pense qu'on puisse parler de romans "réalistes" au XIIe siècle. Toute la littérature d'alors est plongée dans le merveilleux, d'origine chrétienne (les licornes, les animaux qui parlent, les anges ou les fées qui interviennent sans cesse dans la vie des hommes...)

Le roman arthurien

sabribri a écrit :

Merci beaucoup pour cette réponse !
Et en ce qui concerne le roman gothique ?
Merci pour tout.
sabribri

Ce qu'on appelle le roman gothique, c'est le roman anglais de la fin du XVIIIe/début XIXe, appelé aussi roman noir anglais.
Appelé ainsi car ils se déroulent dans de vieux châteaux...

Ann Radcliffe, Les Mystères du chateau d'Udolphe, Lewis, Le Moine etc.

Aucun rapport avec le roman du Moyen Âge.

Le roman arthurien

Merci Ysabel.
Mais alors, y a-t-il une relation entre ce roman gothique et le cycle arthurien ?
(Relation qui existe dans les romans de Marion Zimmer Bradley)

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Le roman arthurien

Léah a écrit :

Je ne pense qu'on puisse parler de romans "réalistes" au XIIème siècle. Toute la littérature d'alors est plongée dans le merveilleux, d'origine chrétienne (les licornes, les animaux qui parlent, les anges ou les fées qui interviennent sans cesse dans la vie des hommes...)

D'origine chrétienne...? C’est vraiment pas sûr !