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Molière, L'École des femmes, acte V, scènes 3 et 4

Bonsoir.

Pourriez-vous m'aider à établir un plan pour le commentaire organisé svp ?
Je suis complétement bloqué et comme je suis nul en commentaires :s

Objet d'étude : théâtre et représentation
Texte d'étude : L'école des femmes, Molière

Sujet :
Vous ferez le commentaire organisé des scènes 3 et 4 de l'acte V (du début de la scène 3 jusqu'à la réplique d'Agnès "Hay !" au début de la scène 4), de manière à montrer en quoi ces deux scènes constituent un retournement tragique avant le dénouement heureux de la pièce. Pour cema, vous cuivrez le parcours de lecture suivant :
- Vous verrez en quoi en quoi le passage présente un dialogue amoureux contrarié.
- Vous étudierez comment le comique de situation de la scène tourne au tragique.

Je compte vraiment sur vous pour m'aider à établir ce plan, ça fait 30 min que je suis dessus et j'ai super mal à la tête à force de chercher par quoi commencer

Merci d'avanct en tout cas.

SCÈNE III

AGNÈS, ARNOLPHE, HORACE.

HORACE*
    Ne soyez point en peine, où je vais vous mener,
C'est un logement sûr que je vous fais donner.
1460      Vous loger avec moi, ce serait tout détruire,
Entrez dans cette porte, et laissez-vous conduire.
Arnolphe lui prend la main sans qu'elle le connaisse*.

AGNÈS
    Pourquoi me quittez-vous?

HORACE
    Chère Agnès, il le faut.

AGNÈS
    Songez donc, je vous prie, à revenir bientôt.

HORACE
    J'en suis assez pressé par ma flamme amoureuse.

AGNÈS
1465      Quand je ne vous vois point, je ne suis point joyeuse.

HORACE
    Hors de votre présence on me voit triste aussi.

AGNÈS
    Hélas! s'il était vrai, vous resteriez ici.

HORACE
    Quoi! vous pourriez douter de mon amour extrême?

AGNÈS
    Non, vous ne m'aimez pas autant que je vous aime.
(Arnolphe la tire.)
Ah l'on me tire trop!

HORACE
1470      C'est qu'il est dangereux,
    Chère Agnès, qu'en ce lieu nous soyons vus tous deux,
Et ce parfait ami de qui la main vous presse*,
Suit le zèle prudent qui pour nous l'intéresse.

AGNÈS
    Mais suivre un inconnu que...

HORACE
    N'appréhendez rien,
1475      Entre de telles mains vous ne serez que bien.

AGNÈS
    Je me trouverais mieux entre celles d'Horace.

HORACE
    Et j'aurais...

AGNÈS à celui qui la tient.
    Attendez.

HORACE
    Adieu, le jour me chasse.

AGNÈS
    Quand vous verrai-je donc?

HORACE
    Bientôt, assurément.

AGNÈS
    Que je vais m'ennuyer jusques à ce moment!

HORACE
1480      Grâce au Ciel, mon bonheur n'est plus en concurrence*,
Et je puis maintenant dormir en assurance.

SCÈNE IV

ARNOLPHE, AGNÈS.

ARNOLPHE, le nez dans son manteau.
    Venez, ce n'est pas là que je vous logerai,
Et votre gîte ailleurs est par moi préparé,
Je prétends en lieu sûr mettre votre personne.
Me connaissez-vous?

AGNÈS, le reconnaissant.
    Hay.

ARNOLPHE
1485      Mon visage, friponne,
    Dans cette occasion rend vos sens effrayés;
Et c'est à contre-cœur qu'ici vous me voyez;
Je trouble en ses projets l'amour qui vous possède,
(Agnès regarde si elle ne verra point Horace.)
N'appelez point des yeux le galant à votre aide,
1490      Il est trop éloigné pour vous donner secours;
Ah, ah, si jeune encor, vous jouez de ces tours,
Votre simplicité, qui semble sans pareille,
Demande si l'on fait les enfants par l'oreille,
Et vous savez donner des rendez-vous la nuit,
1495      Et pour suivre un galant vous évader sans bruit.
Tudieu? comme avec lui votre langue cajole*;
Il faut qu'on vous ait mise à quelque bonne école.
Qui diantre tout d'un coup vous en a tant appris?
Vous ne craignez donc plus de trouver des esprits?
1500      Et ce galant la nuit vous a donc enhardie.
Ah, coquine, en venir à cette perfidie;
Malgré tous mes bienfaits former un tel dessein,
Petit serpent que j'ai réchauffé dans mon sein,
Et qui dès qu'il se sent, par une humeur ingrate,
1505      Cherche à faire du mal à celui qui le flatte.

AGNÈS
    Pourquoi me criez-vous?

ARNOLPHE
    J'ai grand tort en effet.

AGNÈS
    Je n'entends point de mal dans tout ce que j'ai fait.

ARNOLPHE
    Suivre un galant n'est pas une action infâme?

AGNÈS
    C'est un homme qui dit qu'il me veut pour sa femme;
1510      J'ai suivi vos leçons, et vous m'avez prêché
Qu'il se faut marier pour ôter le péché.

ARNOLPHE
    Oui, mais pour femme moi je prétendais vous prendre,
Et je vous l'avais fait, me semble, assez entendre.

AGNÈS
    Oui, mais à vous parler franchement entre nous,
1515      Il est plus pour cela, selon mon goût, que vous;
Chez vous le mariage est fâcheux et pénible,
Et vos discours en font une image terrible:
Mais las! il le fait lui si rempli de plaisirs,
Que de se marier il donne des désirs.

ARNOLPHE
    Ah, c'est que vous l'aimez, traîtresse.

AGNÈS
1520      Oui je l'aime.

ARNOLPHE
    Et vous avez le front de le dire à moi-même?

AGNÈS
    Et pourquoi s'il est vrai, ne le dirais-je pas?

ARNOLPHE
    Le deviez-vous aimer*? impertinente.

AGNÈS
    Hélas!
    Est-ce que j'en puis mais? Lui seul en est la cause,
1525      Et je n'y songeais pas lorsque se fit la chose.

ARNOLPHE
    Mais il fallait chasser cet amoureux désir.

AGNÈS
    Le moyen de chasser ce qui fait du plaisir?

ARNOLPHE
    Et ne saviez-vous pas que c'était me déplaire?

AGNÈS
    Moi, point du tout, quel mal cela vous peut-il faire?

ARNOLPHE
1530      Il est vrai, j'ai sujet d'en être réjoui,
Vous ne m'aimez donc pas à ce compte?

AGNÈS
    Vous?

ARNOLPHE
    Oui.

AGNÈS
    Hélas, non.

ARNOLPHE
    Comment, non?

AGNÈS
    Voulez-vous que je mente?

ARNOLPHE
    Pourquoi ne m'aimer pas, Madame l'impudente?

AGNÈS
    Mon Dieu, ce n'est pas moi que vous devez blâmer;
1535      Que ne vous êtes-vous comme lui fait aimer?
Je ne vous en ai pas empêché, que je pense.

ARNOLPHE
    Je m'y suis efforcé de toute ma puissance;
Mais les soins que j'ai pris, je les ai perdus tous.

AGNÈS
    Vraiment il en sait donc là-dessus plus que vous;
1540      Car à se faire aimer il n'a point eu de peine.

ARNOLPHE
    Voyez comme raisonne et répond la vilaine.
Peste, une précieuse en dirait-elle plus?
Ah! je l'ai mal connue, ou ma foi là-dessus
Une sotte en sait plus que le plus habile homme;
1545      Puisque en raisonnement votre esprit se consomme*,
La belle raisonneuse, est-ce qu'un si long temps
Je vous aurai pour lui nourrie à mes dépens?

AGNÈS
    Non, il vous rendra tout jusques au dernier double*.

ARNOLPHE
    Elle a de certains mots où mon dépit redouble,
1550      Me rendra-t-il, coquine, avec tout son pouvoir
Les obligations que vous pouvez m'avoir?

AGNÈS
    Je ne vous en ai pas de si grandes qu'on pense.

ARNOLPHE
    N'est-ce rien que les soins d'élever votre enfance?

AGNÈS
    Vous avez là dedans bien opéré vraiment,
1555      Et m'avez fait en tout instruire joliment;
Croit-on que je me flatte, et qu'enfin dans ma tête
Je ne juge pas bien que je suis une bête?
Moi-même j'en ai honte, et dans l'âge où je suis
Je ne veux plus passer pour sotte, si je puis.

ARNOLPHE
1560      Vous fuyez l'ignorance, et voulez, quoi qu'il coûte,
Apprendre du blondin quelque chose.

AGNÈS
    Sans doute,
    C'est de lui que je sais ce que je puis savoir*,
Et beaucoup plus qu'à vous je pense lui devoir.

ARNOLPHE
    Je ne sais qui* me tient qu'avec une gourmade
1565      Ma main de ce discours ne venge la bravade.
J'enrage quand je vois sa piquante froideur,
Et quelques coups de poing satisferaient mon cœur.

AGNÈS
    Hélas, vous le pouvez, si cela vous peut plaire.

ARNOLPHE
    Ce mot, et ce regard désarme* ma colère,
1570      Et produit un retour de tendresse et de cœur,
Qui de son action m'efface la noirceur*.
Chose étrange! d'aimer, et que pour ces traîtresses
Les hommes soient sujets à de telles faiblesses,
Tout le monde connaît leur imperfection.
1575      Ce n'est qu'extravagance, et qu'indiscrétion;
Leur esprit est méchant, et leur âme fragile,
Il n'est rien de plus faible et de plus imbécile,
Rien de plus infidèle, et malgré tout cela
Dans le monde on fait tout pour ces animaux-là.
1580      Hé bien, faisons la paix, va petite traîtresse,
Je te pardonne tout, et te rends ma tendresse;
Considère par là l'amour que j'ai pour toi,
Et me voyant si bon, en revanche aime-moi.

AGNÈS
    Du meilleur de mon cœur, je voudrais vous complaire,
1585      Que me coûterait-il, si je le pouvais faire?

ARNOLPHE
    Mon pauvre petit bec, tu le peux si tu veux*.
(Il fait un soupir.)
Écoute seulement ce soupir amoureux,
Vois ce regard mourant, contemple ma personne,
Et quitte ce morveux, et l'amour qu'il te donne;
1590      C'est quelque sort qu'il faut qu'il ait jeté sur toi,
Et tu seras cent fois plus heureuse avec moi.
Ta forte passion est d'être brave* et leste,
Tu le seras toujours, va, je te le proteste;
Sans cesse nuit et jour je te caresserai,
1595      Je te bouchonnerai*, baiserai, mangerai;
Tout comme tu voudras, tu pourras te conduire,
Je ne m'explique point, et cela c'est tout dire.
(À part.)
Jusqu'où la passion peut-elle faire aller?
Enfin à mon amour rien ne peut s'égaler;
1600      Quelle preuve veux-tu que je t'en donne, ingrate?
Me veux-tu voir pleurer? Veux-tu que je me batte?
Veux-tu que je m'arrache un côté de cheveux?
Veux-tu que je me tue? Oui, dis si tu le veux,
Je suis tout prêt, cruelle, à te prouver ma flamme.

AGNÈS
1605      Tenez, tous vos discours ne me touchent point l'âme.
Horace avec deux mots en ferait plus que vous.

ARNOLPHE
    Ah! c'est trop me braver, trop pousser mon courroux;
Je suivrai mon dessein, bête trop indocile,
Et vous dénicherez à l'instant de la ville;
1610      Vous rebutez mes vœux, et me mettez à bout;
Mais un cul de couvent* me vengera de tout.

Rappel des règles
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.

Molière, L'École des femmes, acte V, scènes 3 et 4

moi aussi je dois faire le commentaire a partir de " Hé bien ! " et je suis dans la meme galere que toi
bon courage

Molière, L'École des femmes, acte V, scènes 3 et 4

Alors où en êtes-vous ?
J'étudie le bouquin en ce moment pour donner mes cours particuliers