Flaubert, Madame Bovary, III, 3 - Ils se couchaient sur l’herbe ; ils s’embrassaient à l’écart...

bonjour,
je m'excuse du dérangement mais j'ai vraiment de gros soucis.
je vous présente tout d'abord l'extrait:

"Ils se couchaient sur l’herbe ; ils s’embrassaient à l’écart sous les peupliers ; et ils auraient voulu, comme deux Robinsons, vivre perpétuellement dans ce petit endroit, qui leur semblait, en leur béatitude, le plus magnifique de la terre. Ce n’était pas la première fois qu’ils apercevaient des arbres, du ciel bleu, du gazon, qu’ils entendaient l’eau couler et la brise soufflant dans le feuillage ; mais ils n’avaient sans doute jamais admiré tout cela, comme si la nature n’existait pas auparavant, ou qu’elle n’eût commencé à être belle que depuis l’assouvissance de leurs désirs.

À la nuit, ils repartaient. La barque suivait le bord des îles. Ils restaient au fond, tous les deux cachés par l’ombre, sans parler. Les avirons carrés sonnaient entre les tolets de fer ; et cela marquait dans le silence comme un battement de métronome, tandis qu’à l’arrière la bauce qui traînait ne discontinuait pas son petit clapotement doux dans l’eau.

Une fois, la lune parut ; alors ils ne manquèrent pas à faire des phrases, trouvant l’astre mélancolique et plein de poésie ; même elle se mit à chanter :

Un soir, t’en souvient-il ? nous voguions, etc.

Sa voix harmonieuse et faible se perdait sur les flots ; et le vent emportait les roulades que Léon écoutait passer, comme des battements d’ailes, autour de lui.
Elle se tenait en face, appuyée contre la cloison de la chaloupe, où la lune entrait par un des volets ouverts. Sa robe noire, dont les draperies s’élargissaient en éventail, l’amincissait, la rendait plus grande. Elle avait la tête levée, les mains jointes, et les deux yeux vers le ciel. Parfois l’ombre des saules la cachait en entier, puis elle réapparaissait tout à coup, comme une vision, dans la lumière de la lune.

Léon, par terre, à côté d’elle, rencontra sous sa main un ruban de soie ponceau.

Le batelier l’examina et finit par dire :

– Ah ! c’est peut-être à une compagnie que j’ai promenée l’autre jour. Ils sont venus un tas de farceurs, messieurs et dames, avec des gâteaux, du champagne, des cornets à pistons, tout le tremblement ! Il y en avait un surtout, un grand bel homme, à petites moustaches, qui était joliment amusant ! et ils disaient comme ça : « Allons, conte-nous quelque chose…, Adolphe…, Dodolphe…, je crois. »

Elle frissonna.

– Tu souffres ? fit Léon en se rapprochant d’elle.

– Oh ! ce n’est rien. Sans doute, la fraîcheur de la nuit.
– Et qui ne doit pas manquer de femmes, non plus, ajouta doucement le vieux matelot, croyant dire une politesse à l’étranger."

Puis, crachant dans ses mains, il reprit ses avirons."

voilà, alors je dois faire un commentaire composé de cet extrait.
pouvez-vous me donner des pistes?
ne croyez-pas que c'est parce que je n'ai pas travaillé je vous assure que j'essaie mais je n'aboutis à rien, je tourne en rond. 
aidez-moi s'il vous plaît...

je pensais faire ma première partie sur la description du paysage/del'environnement à travers quoi est décrit leur amour, et également parler du fait que le dialogue est quasi inexistant entre eux.
mis à part cela, je ne sais pas trop...

merci d'avance si vous me répondez!!

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Flaubert, Madame Bovary, III, 3 - Ils se couchaient sur l’herbe ; ils s’embrassaient à l’écart...

J'ai exactement le même travail à faire et le même souci de plan . A part le stéréotype du topos  du discours Romantique je ne vois pas trop

Flaubert, Madame Bovary, III, 3 - Ils se couchaient sur l’herbe ; ils s’embrassaient à l’écart...

Tout d'abord, vous pouvez parler du romantisme dans le premier paragraphe. les sentiments des amants,la description de la nature, l'illusion et la grande passion..
Ensuite,vous pouvez montrer l'ironie de ce sentimentalisme en analysant le dialogue entre l'homme du bateau et Emma. Il parle de Rodolphe qui était le dernier amant d'Emma.
Flaubert critique  le romantisme ici.

Flaubert, Madame Bovary, III, 3 - Ils se couchaient sur l’herbe ; ils s’embrassaient à l’écart...

Ce qui me frappe, c'est le regard glacé. La situation pourrait être romantique, mais le narrateur s'y refuse à un tel point qu'on pourrait croire à un cours d'entomologie. Il ne "marche" pas du tout. Non seulement, il ne s'identifie pas aux personnages, mais il vous interdit de le faire. C'est plus sec qu'un rapport de gendarmerie. C'est ricanant.