Baudelaire, Spleen, Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle

Bonjour,

Je pense avoir enfin bientôt fini ma préparation pour ce fameux oral de français (il serait temps parce que je passe demain après-midi ... !), il ne me reste seulement que quelques points que je voudrais revoir pour être sûre de tout maîtriser ...

Je voudrais savoir quelles questions sont susceptibles d'être posées sur le poème de Baudelaire "Spleen" ("Quand le ciel est bas et lourd ..."), extrait des Fleurs du Mal. Quelqu'un peut-il m'aider ?

Merci.

SPLEEN

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l’horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l’Espérance, comme une chauve-souris,
S’en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D’une vaste prison imite les barreaux,
Et qu’un peuple muet d’infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

— Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l’Espoir,
Vaincu, pleure, et l’Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

Baudelaire, Spleen, Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle

Eh bien, appuie-toi sur l'étude que tu as faite de ce poème.

A titre d'exemples :

- Sur le plan formel : nature des strophes (ce n'est pas trop compliqué, je te l'accorde), quels vers employés, quels rimes donc quelle musique
- Pourquoi Baudelaire a-t-il intitulé ce poème "Spleen" ? (interroge-toi d'abord sur ce qu'est le spleen puis applique la définition de spleen (même si le terme de spleen reste très difficile à définir) sur ce poème : repère les champs lexicaux, éventuellement les ruptures de rythmes etc qui traduiraient un certain malaise ou un désordre intérieur)
- Quelles figures de style, très importantes dans ce poème, trouve-t-on ? (exemple : personnifications, allégorie...) mais surtout, A quoi servent-elles ? Que traduisent-elles ? Sont-elles des symboles ?

Baudelaire, Spleen, Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle

Merci pour votre réponse, elle m'a été utile dans mes révisions.

Je suis tombée précisément sur ce poème-ci à l'oral, et la question a été :
"Quelles sont les figures de rhétoriques employées dans ce poème, et comment sont-elles mises au service du sens ?"

Par simple curiosité, quel plan auriez-vous fait ?

4

Baudelaire, Spleen, Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle

Bonjour,

Toujours par rapport à Baudelaire, mais cette fois pour le poème Spleen (IV)...

Voici le texte :

       

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle

         Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis

         Et que de l'horizon embrassant tout le cercle

         Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;
 
 

5  Quand la terre est changée en un cachot humide,

   Où l'Espérance, comme une chauve-souris,

   S'en va battant les murs de son aile timide

   Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;
 
 

     Quand la pluie étalant ses immenses traînées

10  D'une vaste prison imite les barreaux,

     Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées

     Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,
 
 

     Des cloches tout à coup sautent avec furie

     Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,

15  Ainsi que des esprits errants et sans patrie

     Qui se mettent à geindre opiniâtrement.
 
 

      Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,

     Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,

     Vaincu, pleure, et l'angoisse atroce, despotique,

20  Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

En fait je ne comprends pas pourquoi mon professeur nous a dit en conclusion de l'étude : Le poète explore ses abîmes et extrait la beauté des souffrances, de son âme et de son cerveau malades.

Voila je ne vois pas en quoi les "fleurs" sont extraites du "mal" dans ce poème. Je ne vois aucun champ lexical de la beauté ...Il n'extrait aucune beauté de cette expérience ?!

Mon professeur ajoute : par un beau paradoxe s'exprime l'élan brisé de l'Espoir ...   Mais quel est ce paradoxe ?!

Merci beaucoup d'avance

Baudelaire, Spleen, Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle

L'Espoir n'est pas fait pour pleurer !

6

Baudelaire, Spleen, Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle

Ah ... oui je vois en effet ... Mais alors de quel paradoxe parle t-il ?

Mais vu que son Espoir est brisé, son Angoisse l'emporte, il n'y a pas vraiment de beauté extraite de son mal finalement ...?

Baudelaire, Spleen, Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle

Eh bien le paradoxe : as-tu déjà vu quelqu'un qui espérait (n'importe quoi, une lettre, un cadeau, une visite...) as-tu déjà vu cette personne pleurer ? imagine-t-on l'espoir en pleurs ? au contraire, on est joyeux, palpitant, exalté, anxieux ... mais pas en pleurs

La beauté extraite du mal, c'est la beauté formelle du poème ; ensuite la Beauté doit-elle être heureuse ?

8

Baudelaire, Spleen, Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle

D'accord, mais ici son Espoir s'en va justement ... d'où son mal être ... pas d'Espoir, plus d'Espoir dès le début du poème son Espoir fait faux bond au poète, le quitte ... voila pourquoi je ne saisis vraiment pas le paradoxe ...!

Je ne vois pas en quoi son espoir devrait l'exalter puisqu'il le quitte.

Baudelaire, Spleen, Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle

Oh là là ; j'ai vraiment du mal, ça me paraît tellement évident ce paradoxe que j'ai vraiment du mal à t'expliquer !
L'Espoir ne peut pas pleurer, ce n'est pas une donnée triste ou tragique ; or ici le poète pour montrer que l'Espoir est vaincu, le fait pleurer et c'est là qu'est le paradoxe, et cela montre d'autant plus la force du spleen

10

Baudelaire, Spleen, Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle

C'est bon j'ai compris !     (hum ... ce fut long ... )
  MERCI