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Hugo, Les Travailleurs de la mer, II, 1, 13 - À l'extrémité de la cave, qui était oblongue, sous...

bonjour j ai cette extrait a commenter, je suis en premiere annee de lettres modernes.

à l’extrémité de la cave, qui était oblongue, sous une archivolte cyclopéenne d’une coupe singulièrement correcte, dans un creux presque indistinct, espèce d’antre dans l’antre et de tabernacle dans le sanctuaire, derrière une nappe de clarté verte interposée comme un voile de temple, on apercevait hors du flot une pierre à pans carrés ayant une ressemblance d’autel. L’eau entourait cette pierre de toutes parts. Il semblait qu’une déesse vînt d’en descendre. On ne pouvait s’empêcher de rêver sous cette crypte, sur cet autel, quelque nudité céleste éternellement pensive, et que l’entrée d’un homme faisait éclipser. Il était difficile de concevoir cette cellule auguste sans une vision dedans ; l’apparition, évoquée par la rêverie, se recomposait d’elle-même ; un ruissellement de lumière chaste sur des épaules à peine entrevues, un front baigné d’aube, un ovale de visage olympien, des rondeurs de seins mystérieux, des bras pudiques, une chevelure dénouée dans de l’aurore, des hanches ineffables modelées en pâleur dans une brume sacrée, des formes de nymphe, un regard de vierge, une Vénus sortant de la mer, une ève sortant du chaos ; tel était le songe qu’il était impossible de ne pas faire. Il était invraisemblable qu’il n’y eût point là un fantôme. Une femme toute nue, ayant en elle un astre, était probablement sur cet autel tout à l’heure. Sur ce piédestal d’où émanait une indicible extase, on imaginait une blancheur, vivante et debout. L’esprit se représentait, au milieu de l’adoration muette de cette caverne, une Amphitrite, une Téthys, quelque Diane pouvant aimer, statue de l’idéal formée d’un rayonnement et regardant l’ombre avec douceur. C’était elle qui, en s’en allant, avait laissé dans la caverne cette clarté, espèce de parfum lumière sorti de ce corps étoile. L’éblouissement de ce fantôme n’était plus là ; on n’apercevait pas cette figure, faite pour être vue seulement par l’invisible, mais on la sentait ; on avait ce tremblement, qui est une volupté. La déesse était absente, mais la divinité était présente.

je ne sais pas vraiment par quoi commencer, le texte me parait surrealiste, mais si j'evoque cette notion je fais un anachronisme, je vois bien qu'il traite de differentes divinites liés a la mer mais ej ne vois comment je peut construire un plan en partant uniquement de ceci.

auriez vous quelques idees?

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Hugo, Les Travailleurs de la mer, II, 1, 13 - À l'extrémité de la cave, qui était oblongue, sous...

Bonsoir,

Ce texte n'est pas surréaliste, il est pétri de l'imagination puissante et baroque de Victor Hugo.
Il faudrait d'abord situer le passage. Le lieu est une vaste grotte sous l'écueil qui a été fatal à la Durande. Ce lieu, alliance improbable entre terre et mer, est à la fois attirant et repoussant. C'est l'endroit où aura lieu le combat entre Gilliatt et le poulpe immense.
Hugo laisse affleurer ses fantasmes.
Tu peux noter le vocabulaire religieux, l'érotisme, la menace sous-jacente.
Dans ce lieu mystérieux, Hugo pose un décor fait de fascination : la mer féminine est une séductrice cruelle, l'homme, entré par effraction, court en fait un danger mortel.
La description est ici au service de l'action romanesque qu'elle prépare.

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Hugo, Les Travailleurs de la mer, II, 1, 13 - À l'extrémité de la cave, qui était oblongue, sous...

bonsoir, merci beaucoup de votre reponse.

j'ai reussi a trouver en fin d'apres-midi un debut de plan tres bref.

I. description
evoquer la description avec le champs lexical de la religion. le fait que Hugo utilise les themes du romantisme et effectivement le baroque.

II. les divinites
faire une sorte d'explication des divinités choisies, toutes sont liés a la mer. mais cette partie me pose probleme car je n'ai que tres peu de matiere pour la develloper.

III. une reverie
insister sur "l'exil" de gillatt qui lui cree une sorte d'hallucinations qui est effectivement un prelude a la suite du roman.



je n'ai rien contre ce plan, mais je le trouve troip basique, il ne contient a mes yeux pas assez de matiere pour le develloper. qu'en pensez vous?

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Hugo, Les Travailleurs de la mer, II, 1, 13 - À l'extrémité de la cave, qui était oblongue, sous...

Bonjour,

Je ne pense pas que ce plan convienne car il est trop fonctionnel et présente des redites.
Il faudrait d'abord définir un parcours de lecture : par ex. un lieu secret et mystérieux ou le temple de la mer…

Tu peux alors définir tes axes : par ex.
1 - une grotte sanctuaire
2 - l'invitation à la rêverie érotique
3 - un endroit trompeur

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Hugo, Les Travailleurs de la mer, II, 1, 13 - À l'extrémité de la cave, qui était oblongue, sous...

bonjour,

je suis assez d'accord avec votre première parie, qui me permetra de detailler la description d'Hugo.
Vos deux autres parties me semble correct, mais m'ennuie un peu.
en quoi y'a t il une invitation a la révêrie erotique? ce n'est que Gilliatt qui le vit, le lecteur n'est aucunement appeller. il y a effectivement l'appartition du champs lexical de l'erotisme dans l'extrait mais c'est tout. dois je le rapporter a la "féminité" de la la mer, et au faite qu'elle soit une séductrice cruelle?
quand à la dernière partie je ressens le même problème, je ne peut le lier uniquement a l'extrait, je me sens obligé d'anticiper le combat avec la pieuvre géante.

le fait de ne pas me fixer uniquement sur l'extrait est il un mal? c'est mon premier commentaire de texte en université et ja i envie de bien faire.

en tout cas merci beaucoup de vos réponses.

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Hugo, Les Travailleurs de la mer, II, 1, 13 - À l'extrémité de la cave, qui était oblongue, sous...

Bonjour,

L'invitation à la rêverie érotique est bien destinée à Gilliatt, elle est un piège destiné à faire tomber les préventions du marin. Remarque que c'est le lecteur qui est finalement l'objet de la séduction par la prose poétique expressive d'Hugo et par l'usage du on généralisateur. Bien sûr que cette évocation des charmes féminins est à relier à la féminité de la mer, féminité qui va se révéler traîtresse.

Quant à la dernière partie, nul besoin de se référer au combat titanesque avec la pieuvre. As-tu relevé trois expressions qui sont des signes avertisseurs : antre (le domaine de la bête sauvage), autel (avec sa connotation sacrificielle)  et ombre ? Il est vrai qu'ils peuvent passer inaperçus dans l'entreprise de séduction, mais le subconscient de Gilliatt veille...

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Hugo, Les Travailleurs de la mer, II, 1, 13 - À l'extrémité de la cave, qui était oblongue, sous...

merci beaucoup de votre aide, je vais remanier tout mon plan afin de faire quelque chose d'excellent, je vous redirai ma note .

a bientot

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Hugo, Les Travailleurs de la mer, II, 1, 13 - À l'extrémité de la cave, qui était oblongue, sous...

voila j ai tenter de faire un condensé de tout ce que j'ai trouver, dites moi honnetement s'il est correct, si des changements sont a faire ou s'il y a un contresens.

j'ai redigé en plus l'introduction.




Victor Hugo a publié les travailleurs de la mer en 1866, c’est le premier roman qu’il publie depuis les misérables. Depuis 14 ans il est exile, il s’installe en 1855 a Guernesey, bien que la loi lui permette de revenir en France il décide de rester en exil temps que la république ne sera pas revenu, c’est donc un exil volontaire, cette idée est importante chez Hugo, pour lui un auteur est quelqu’un qui est toujours en exil, il faut prendre ceci au sens fort du terme, au sens symbolique. 
L’extrait que nous allons étudier se passe dans l’écueil ou la durande a fait naufrage, Gilliatt dans le but d’épouser deruchette part pour sauver l’épave.  C’est durant une exploration dans l’écueil afin de trouver des outils archaïques que gilliatt découvre une sorte « d’antre dans l’antre », un endroit qui l’étonne et l’attire.  Une grotte qui est l’alliance improbable entre terre et mer.
Des lors nous nous interrogerons sur ce lieu mystérieux et secret, ce qu’il  inspire, ce qu’il connote.
Nous étudierons dans une première partie la grotte comme un sanctuaire, nous nous attarderons sur le vocabulaire religieux employer puis nous étudierons l’invitation a la rêverie érotique et en dernier nous tenterons de démontrer que cette endroit est trompeur et que la menace y est sous-jacente.


I . Une grotte sanctuaire
1. le thème religieux
Abondance de mots faisant référence a la religion et aux divinités. A noter que toutes ces divinités sont liés a la mer.  Exemple : autel, sanctuaire, temple,  Téthys, diane etc.…..
2. une grotte dessine par la mer
Présence de l’eau omniprésente « l’eau entourait cette pierre de toutes parts ».
Il faut rappeler que cette grotte est dans un écueil et que gilliatt est le premier a y mettre les pieds, tous les ornements qu’il voit sont tous sans exception fait, dessiné par la mer, le fait qu’il y ait une archivolte aussi. C’est un paradoxe car une grotte par définition est un endroit sans artifice, très simple, naturel or ici on remarque qu’il y a un vocabulaire architectural précis, un langage religieux a propos des « objets » présents : « un autel ». C’est un paradoxe, mais il exprime le fait que la mer soit puissante et séduisantes. D’ailleurs le lieu est ainsi décrit attirant et repoussant. Cette description est au service de l’action romanesque, elle annonce la suite du roman.
    II. Invitation a une rêverie érotique
1.    La mer face a gilliatt et au marin
La mer est une « séductrice cruelle », elle attire l’homme dans des situations difficiles, et elle disparait, « l’entrée d’un homme faisait éclipser », la mer est envisager comme une personne féminine qui s’avérera être une traitresse.  Cette séduction est destiné a Gilliatt , dans le but de lui faire perdre ces préventions. Cette rêverie érotique est une piège destiné à faire perdre les préventions des marins.

2.    La séduction des lecteurs
On peut remarquer que c’est aussi le lecteur qui est l’objet de la séduction par la prose poétique d’Hugo. Et par l’usage du « on » généralisateur.  Bien que ce soit gilliatt qui subit cette séduction le lecteur est lui aussi en train de la subir puisqu’il observe aussi la scène avec passion,  et que le on l’entraine malgré lui dans la description.

    III. un endroit trompeur
1.    Par ses expressions
Il y a des expressions qui sont des signes avertisseurs : antre (le domaine de la bête sauvage), autel (avec sa connotation sacrificielle)  et ombre.  Toutes ces expressions connotent le danger de la mer.  Le fait que l’homme, gilliatt ici, ne soit qu’une petite chose dans la mer. Et qu’il est dominé par elle.  On l’a vue tout au long du roman avec tous les avertissements d’Hugo sur les dangers de la mer, sur le fait que personne ne pourrait sauver la Durande car c’est trop périlleux, et on le constatera de nouveau âpres par le combat impressionnant entre gilliatt et la pieuvre géante.

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Hugo, Les Travailleurs de la mer, II, 1, 13 - À l'extrémité de la cave, qui était oblongue, sous...

tiens c'est marrant je travaille aussi sur les travailleurs de la mer ! de hugo...perso j'ai eu du mal avec ce roman...beaucoup de descriptions...bref ! j'ai fais un devoir dessus, une dissert ! je crois dailleur que je n'es pas tout à fait réussie nous verrons !

le sujet cetait " la mer n'est elle qu'un décors dans les oeuvres aux programmes " ...cetait assez compliqué. J'attends ma note !

courage en tout cas !

amandine

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Hugo, Les Travailleurs de la mer, II, 1, 13 - À l'extrémité de la cave, qui était oblongue, sous...

Bonjour,

Ce premier jet est nettement insuffisant parce qu'il ne creuse pas le texte et ne s'y réfère pas assez.

Dans l'introduction, ce qui a trait à l'exil est inutile dans la mesure où cette information n'apporte rien au commentaire. Il vaudrait mieux parler du rôle de la mer dans le roman et justifier le titre.

Je n'ai pas le temps de tout corriger et ce n'est d'ailleurs pas le but du site qui souhaite donner des pistes et non faire le travail à votre place.

Je regarderai ton 1.
Tu ne démontres pas assez que cette grotte est un temple, tu ne relèves pas les allusions au téménos ou au saint des saints du temple de Jérusalem.
Tu n'expliques pas que Gilliatt est un profane qui viole le caractère sacré du lieu.
Tu ne regardes pas assez quelles sont les divinités évoquées. Diane n'est pas une divinité océanique. Pourquoi est-elle évoquée alors ? C'est une divinité liée à la chasse, or, ailleurs dans le roman, Hugo a parlé des meutes qui traquent le marin au cours de la tempête… Pense aux légendes qui sont attachées à son nom : Un jour, Actéon, dans une partie de chasse, la surprend au bain : elle lui jette de l'eau au visage ; il est aussitôt métamorphosé en cerf et dévoré par ses chiens. Quelle peut en être la signification prophétique pour le roman ?
Tu ne relies pas la rêverie érotique de Gilliatt à son amour idéalisé pour Déruchette…
Cette scène joue le rôle de l'initiation comme dans les romans courtois. Gilliatt est un preux chevalier des temps modernes. Il faudrait noter ce qui donne un caractère épique à l'extrait avec l'introduction de la divinité, des forces qui dépassent l'homme, avec la transgression commise par Gilliatt.

Il te reste beaucoup de travail précis à mener sur ce texte.