11

Hugo, Le Dernier Jour d'un condamné - Questions

Bonsoir,
Veuillez rectifier mes réponses dans le cas où elles sont fausses. Je vous en remercie d'avance.
Voici le 39ème chapitre de Le dernier jour d'un condamné de Victor Hugo :


Ils  disent que ce n'est rien, qu'on ne souffre pas, que c'est une fin douce, que la mort de cette façon est bien simplifiée.
      Eh ! qu'est-ce donc que cette agonie de six semaines et ce râle de tout un jour ? Qu'est-ce que les angoisses de cette journée irréparable, qui s'écoule si lentement et si vite ? Qu'est-ce que cette échelle de tortures qui aboutit à l'échafaud ?
      Apparemment ce n'est pas là souffrir.

      Ne sont-ce pas les mêmes convulsions, que le sang s'épuise goutte à goutte, ou que l'intelligence s'éteigne pensée à pensée ?
      Et puis, on ne souffre pas, en sont-ils sûrs ? Qui le leur a dit ? Conte-t-on que jamais une tête coupée se soit dressée sanglante au bord du panier et qu'elle ait crié au peuple : Cela ne fait pas de mal !

      Y a-t-il des morts de leur façon qui soient venus les remercier et leur dire : C'est bien inventé. Tenez-vous-en là. La mécanique est bonne.
      Est-ce Robespierre ? Est-ce Louis XVI ?...

      Non, rien ! moins qu'une minute, moins qu'une seconde, et la chose est faite. – Se sont-ils jamais mis, seulement en pensée, à la place de celui qui est là, au moment où le lourd tranchant qui tombe mord la chair, rompt les nerfs, brise les vertèbres... Mais quoi ! une demi-seconde ! la douleur est escamotée...

      Horreur !

QUESTIONS :

1- A qui renvoie le pronom personnel "ils" dans ce texte ? A quel pronom personnel s'oppose-t-il ? Comment comprenez-vous cette opposition ?
2- Exprimez explicitement le thème du débat annoncé dans la première phrase du texte.
3- Quelle thèse le narrateur cherche-t-il à réfuter ? Relevez les arguments appuyant cette réfutation.
4- Quel aspect de la thèse adverse l'auteur met-il en évidence dans son argumentation ? Quel ton utilise-t-il ? Pourquoi ?

RÉPONSES :

1-Le pronom personnel "ils" renvoie aux gens qui sont pour la peine de mort. Probablement, Hugo réfère ici à certains personnages de l'œuvre, entre autres : le prêtre, les magistrats, les gendarmes, et peut-être aussi la société.
"Ils" s'oppose à "Je". Les opposants (les magistrats, la société, le prêtre, la société...) veulent que le condamné soit exécuté.
Comment comprenez-vous cette opposition ?==> Je n'en ai aucune idée.

2-L'expression explicite du débat dans la première phrase du texte :
La mort d'un condamné à mort est simple et douce, puisqu'il ne souffre pas... (Je crois que c'est quand même incomplet)

3-La thèse que le narrateur cherche à réfuter est : La condamnation  à mort est une souffrance, voire une lente mort du condamné.
Les arguments soutenant cette thèse :
- La condamnation à mort est une longue agonie.
- Le sang du condamné s'épuise goutte à goutte.
- L'intelligence s'éteint pensée à pensée.

4- L'aspect de la thèse adverse que l'auteur met en évidence dans son argumentation est la raillerie.
Il utilise le ton pathétique (j'ai ausi un doute qu'il utilise un ton satirique).
Il inspire au lecteur une émotion et suscite sa compassion, sa pitié, son attendrissement. D'un autre côté, Hugo commence par reconnaître la thèse et les arguments adverses avant de les réfuter et de défendre les siens. Ainsi, c'est le raisonnement concessif.

Qu'en pensez-vous ? Veuillez me montrer les fautes en me les corrigeant.

P.S : Ce n'est pas un devoir scolaire, c'est juste une préparation à l'examen régional.

12

Hugo, Le Dernier Jour d'un condamné - Questions

Bonsoir,

Monsieur Hugo cherche ici à dénoncer la pratique de l'échafaud ! Il désapprouve la torture mentale qui précède la mise à mort.

Il apparaît donc évident, particulièrement dans ce passage, que V. Hugo cherche à révolter le lecteur pour mieux le convaincre, pour le rallier à sa cause.

Bonne soirée,
Zadek

13

Hugo, Le Dernier Jour d'un condamné - Questions

Bonsoir,

1- L'autre pronom est ON
ILS a une valeur exclusive, c'est le clan en faveur de la peine de mort. ON a ici d'abord une valeur de JE (modalisation qui cacherait la trop grande implication d'un MOI par un ON plus pudique) mais aussi une valeur inclusive à rattacher à son étymologie : l'homme en général, soit chacun de nous, le lecteur bien disposé.

2- Tu n'abordes pas le déni de l'angoisse ou la banalisation de cette forme de châtiment.

3- Il te faut aller jusqu'au bout du raisonnement : C'est donc une torture morale.

Les arguments soutenant cette thèse :
- La condamnation à mort est une longue agonie.
- Le sang du condamné s'épuise goutte à goutte. Non c'est une comparaison
- L'intelligence s'éteint pensée à pensée. Non c'est une comparaison

A revoir donc.

4- L'aspect de la thèse adverse que l'auteur met en évidence dans son argumentation est la raillerie.

Non l'absence de souffrance.

Il utilise le ton pathétique Oui.
J'ai aussi un doute qu'il utilise un ton satirique : si, mais plus haut dans cette formule ironique "Y a-t-il des morts de leur façon qui soient venus les remercier et leur dire : C'est bien inventé. Tenez-vous-en là. La mécanique est bonne.")
Il inspire au lecteur une émotion et suscite sa compassion, sa pitié, son attendrissement (je dirais plutôt sa révolte par l'horreur, mot qui clôt l'extrait).
D'un autre côté, Hugo commence par reconnaître la thèse et les arguments adverses avant de les réfuter et de défendre les siens. Ainsi, c'est le raisonnement concessif. Oui

14

Hugo, Le Dernier Jour d'un condamné - Questions

Bonjour,

1)

1- A qui renvoie le pronom personnel "ils" dans ce texte ? A quel pronom personnel s'oppose-t-il ? Comment comprenez-vous cette opposition ?

Comme Jean-Luc, je dirais que ils s'oppose à on: valeur de moi , bien sûr, puisque c'est le condamné à mort qui s'exprime, homme en général oui, mais j'y vois encore une nuance supplémentaire: - le ils permet d'imaginer un groupe dénombrable formés d'individus , ici, ceux qui pensent , qui «disent».
Le pronom On renvoie à un groupe indéterminé , où l'individu n'est pas pris en compte par les ils, le groupe des criminels ,au fond de la racaille.  Dans cette opposition entre le ils et le on, il me semble qu' Hugo montre aussi le cynisme ,le mépris des
uns ( ceux qui sont du bon côté de la société) pour le groupe indistinct à supprimer.
Ce n'est qu'une analyse personnelle , soumise à vos avis 

2)

2- Exprimez explicitement le thème du débat annoncé dans la première phrase du texte.

D'accord avec Jean Luc . Le débat ouvre sur la notion de douleur ? est-elle seulement physique ? On revient à l'idée que le groupe ils considère l'autre groupe , celui des condamnès presque comme des non-humains , animaux, capables éventuellement de souffrir dans leur corps, mais non susceptibles de souffrance psychique ou morale .
Et , oui, la banalisation: comment peut-on dire «la mort est bien simplifiée»: on dirait qu'il s'agit de résoudre un problème matériel, technique ! La mort semble vidée de sens!

3: les arguments pour réfuter:

Pense peut-être à cette question de savoir si on reconnaît à l'autre le statut de semblable, d'humain ? Le problème de ce qu'est la souffrance.

4: l'aspect de la thèse réfutée : d'accord il réfute l'argument de non-souffrance. Peut-on dire qu'il met aussi en évidence le cynisme de cette thèse? Est-ce que le mot aspect pourrait recouvrir cette notion?

15

Hugo, Le Dernier Jour d'un condamné - Questions

Bonjour Codrila,

Cette analyse me paraît pertinente. Je n'y avais pas songé.
J'avais vu une opposition entre ILS (une 3e personne qui éloigne) et un ON (= nous, qui rapproche). Il y aurait alors une stratégie de séduction à l'égard du lecteur pour le recruter dans le camp humain du ON.

Le ILS des notables bien-pensants peut aussi s'opposer à la masse indistincte du peuple souffrant. Nous aurions alors une stratégie de dénonciation, de rejet à l'encontre de ces nouveaux barbares.

Il me semble que les deux mouvements sont simultanés. Hugo est bien un virtuose de la langue, surtout si l'on envisage qu'il fait parler son condamné de manière un peu familière en mettant la verdeur du langage au service d'une pensée très ferme et très aboutie.

16

Hugo, Le Dernier Jour d'un condamné - Questions

Bonjour,
Je vous remercie infiniment pour vos réponses.

Voici tous les remaniements que j'a effectués aux réponses :

1-Le pronom personnel "ILS" renvoie aux gens qui sont pour la peine de mort. Probablement, Hugo réfère ici à certains personnages de l'œuvre, entre autres : le prêtre, les magistrats, les gendarmes, et peut-être aussi la société.
- "ILS" s'oppose à "ON". Les opposants (les magistrats, la société, le prêtre, la société...) veulent que le condamné soit exécuté.
- "ILS" a une valeur exclusive, c'est le clan en faveur de la peine de mort. "ON" a ici d'abord une valeur de "JE" (modalisation qui cacherait la trop grande implication d'un "MOI" par un "ON" plus pudique) mais aussi une valeur inclusive à rattacher à son étymologie : l'homme en général, soit chacun de nous, le lecteur bien disposé.

2-L'expression explicite du débat dans la première phrase du texte :
La mort d'un condamné à mort est simple et douce, puisqu'il ne souffre pas. A travers cette phrase, Hugo met en évidence le déni de l'angoisse du condamné ou la banalisation de cette forme de châtiment.

3-La thèse que le narrateur cherche à réfuter est : La condamnation à mort n'est pas une souffrance. Que la mort de cette façon est une fin si simple et si douce.
Les arguments soutenant cette thèse :
- Il n'y a pas quelque chose qui prouve que ce n'est pas une souffrance.
- Il n'y avait pas de tête qui est venue leur dire que la mécanique est bonne, et que cela ne fait pas de mal.
- Il n'y a pas de morts qui ont ressuscité, et sont venus les informer que cela est bien inventé.
- Donner l'exemple de Robespierre et de Louis XVI.

4- L'aspect de la thèse adverse que l'auteur met en évidence dans son argumentation est l'absence de la souffrance.
Il utilise le ton pathétique. Egalement, il utilise le ton satirique dans la phrase suivante : "Y a-t-il des morts de leur façon qui soient venus les remercier et leur dire : C'est bien inventé. Tenez-vous-en là. La mécanique est bonne."
Il inspire au lecteur une émotion et suscite sa compassion, sa pitié, son attendrissement, ou encore sa révolte par l'horreur, mot qui clôt le chapitre. D'un autre côté, Hugo commence par reconnaître la thèse et les arguments adverses avant de les réfuter et de défendre les siens. Ainsi, c'est le raisonnement concessif.

Merci beaucoup pour votre aide...

17

Hugo, Le Dernier Jour d'un condamné - Questions

3-La thèse que le narrateur cherche à réfuter est : La condamnation  à mort est une souffrance, une lente mort, voire une torture morale de l'état psychique du condamné.

Bonjour Younesagma,

réfuter = contredire, nier, rejeter . Donc c'est le contraire .

Ceux qui sont pour la peine de mort ne disent pas que " c'est une mort lente..... condamné".

18

Hugo, Le Dernier Jour d'un condamné - Questions

Oh ! Merci Cordila... Je n'y ai pas fait attention...

19

Hugo, Le Dernier Jour d'un condamné - Questions

Excuse moi, je réfléchis tout en écrivant 

Quelque chose ne va pas là-dedans: la réponse aux questions 3 et 4 ne peut pas être la même: absence de souffrance. Sinon, quel serait l'intérêt de poser deux questions différentes?

C'est également une des raisons pour lesquelles, j'interprète le mot aspect autrement. Je ne suis pas sûre qu'il signifie contenu .

Attends d'autres avis 

20

Hugo, Le Dernier Jour d'un condamné - Questions

Bon, les questions 3) et 4) biensûr ne sont pas les mêmes, mais on peut les assembler en une seule question, du fait qu'elles traitent la même thèse.

Codrila a écrit :

C'est également une des raisons pour lesquelles, j'interprète le mot aspect autrement. Je ne suis pas sûre qu'il signifie contenu.

→ D'accord, mais comment l'interprètes-tu ?