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Peut-on concevoir la justice sans l'État ?

En latin, justus = Homme juste.   Individu.
Justus=> Justitia = justice, le sentiment moral de l'équité.   Rélations entre individus.

Le mot arrive en français dès le XIème siècle pour inclure la conformité au droit (individuel ou collectif) ainsi que le principe moral d'après quoi la Loi doit être respectée (par tous).  Puis 1155 le mot est étendu à la vertu qui consiste à être équitable (entre individus ou l'individu dans une société).

Roméo "fait justice" en tuant Tybalt (qui avait précédement tué Mercutio, ami de Roméo, dans un duel sans raison). Il ne passe pas devant les tribunaux de Vérone!

Peut-on concevoir la justice sans l'État ?

Cher JSC, vous êtes passé de Justus à Justitia puis à justice.
Une bonne partie de la discussion réside dans ce passage de la majuscule à la minuscule!

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Peut-on concevoir la justice sans l'État ?

Je ne pense pas car déjà avec il y a toujours des injustices alors sans ça risque d'être le carnage !

lili chipie

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Peut-on concevoir la justice sans l'État ?

J'ai cru que cette section était plus appropriée pour accueillir un tel sujet...

Bonsoir à tous !

Voici donc le sujet de dissertation sur lequel je planche durant ces vacances... Outre la problématique, une autre condition du travail est d'utiliser cinq textes que mon professeur a choisis. Parmi eux, on trouve Tocqueville, Marx, Hegel, Levi-Strauss et... Rousseau !
Rousseau qui me pose bien des problèmes, car si je comprends le rapport des autres textes avec la problématique, celui du genevois m'échappe complétement... Je vous mets donc ici l'extrait pour que vous m'éclaircissiez.



Dire qu'un homme se donne gratuitement, c'est dire une chose absurde et inconcevable; un tel acte est illégitime et nul, par cela seul que celui qui le fait n'est pas dans son bon sens. Dire la même chose de tout un peuple, c'est supposer un peuple de fous: la folie ne fait pas droit.
     Quand chacun pourrait s'aliéner lui-même, il ne peut aliéner ses enfants; ils naissent hommes et libres; leur liberté leur appartient, nul n'a droit d'en disposer qu'eux. Avant qu'ils soient en âge de raison le père peut en leur nom stipuler des conditions pour leur conservation, pour leur bien-être; mais non les donner irrévocablement et sans condition; car un tel don est contraire aux fins de la nature et passe les droits de la paternité. Il faudrait donc pour qu'un gouvernement arbitraire fut légitime qu'à chaque génération le peuple fût le maître de l'admettre ou de le rejeter: mais alors ce gouvernement ne serait plus arbitraire.
     Renoncer à sa liberté c'est renoncer à sa qualité d'homme, aux droits de l'humanité, même à ses devoirs. Il n'y a nul dédommagement possible pour quiconque renonce à tout. Une telle renonciation est incompatible avec la nature de l'homme, et c'est ôter toute moralité à ses actions que d'ôter toute liberté à sa volonté. Enfin c'est une convention vaine et contradictoire de stipuler d'une part une autorité absolue et de l'autre une obéissance sans bornes. N'est-il pas clair qu'on n'est engagé à rien envers celui dont on a droit de tout exiger, et cette seule condition, sans équivalent, sans échange n'entraîne-t-elle pas la nullité de l'acte? Car quel droit mon esclave aurait-il contre moi, puisque tout ce qu'il a m'appartient, et que son droit étant le mien, ce droit de moi contre moi-même est un mot qui n'a aucun sens?

JEAN-JACQUES ROUSSEAU, DU CONTRAT SOCIAL, CHAPITRE IV, DE L'ESCLAVAGE

Je dégage de ce texte les idées suivantes:
-L'aliénation d'une personne autre qu'elle même est impossible car:
  -Par le lien parental, l'enfant grandit et le père ne doit donc plsu exercer sur lui son autorité.
  -Par l'esclavage, le don gratuit de soi-même est impossible, puisque rien ne vient en échange. Seuls les "fous" le pourraient.

C'est pour l'instant ce que j'ai réussi à comprendre... Mais surtout, si vous pouviez m'aider à voir le rapport entre ma problématique et le texte...

Merci beaucoup !

Nicolas