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Devenir traducteur de textes latins

Bonjour,

Voilà, je suis en L3 de Lettres Modernes et j'aimerais savoir si quelqu'un a des renseignements sur le métier de traducteurs de langue latine... Certes, certes, j'ai choisi la filière Moderne et je suis en train de vous parler de langue morte. Cependant, mon attrait pour le latin demeure.

Je sais qu'encore aujourd'hui, beaucoup de textes n'ont pas été traduits et j'avoue que l'idée de faire un tel travail de fond et de forme ne me serait pas désagréable.
Maintenant, je ne sais pas s'il y a une sorte de formation à la traduction latine... Et s'il faut en passer par prof, alors je pense abandonner ce projet car pour l'instant, je n'ai aucune envie de me lancer dans un CAPES ou une agrégation, n'ayant pas la fibre enseignante.

Alors si une bonne âme est à même de me donner un petit tuyau, je l'en remercie par avance !

Devenir traducteur de textes latins

Habituellement, les traductions latines sont faites par des agrégés de lettres classiques ou de grammaire, des maîtres de conf. et professeurs des universités en langue latine. Oh, certes, il doit bien y avoir deux ou trois chercheurs en langue latine au CNRS ou assimilé, mais la filière habituelle - désolé - , c'est prof !

Devenir traducteur de textes latins

Je confirme : n'être que traducteur de latin, ça n'existe pas! A moins que tu sois très riche et que tu n'aie pas besoin de travailler pour vivre, à ce moment là tu auras la possibilité de faire du latin pour le plaisir...
Le problème c'est que les textes latins non traduits n'intéressent pas grand-monde, à part le petit monde des universitaires.
Si c'est vraiment ça que tu veux faire, pourquoi ne pas essayer de faire enseignant-chercheur à l'université? OK il te faudra enseigner, mais ce ne sera pas que ton seul rôle. En plus, pour ton mémoire, voire ta thèse, tu pourras travailler sur des textes non traduits, cela te permettra d'être sûr que cela te plaît vraiment.

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Devenir traducteur de textes latins

Je confirme les remarques ci-dessus: personne n'est traducteur professionnel de latin.
Mais, en tant que professeur de lettres classiques, j'ai été amené quelquefois à faire des petites traductions pour des éditeurs.

Quant aux textes à traduire, il ne reste pas énormément d'inédits palpitants.
Mais beaucoup de grands classiques sont très mal traduits, et n'ont pas eu depuis cinquante ans de nouvelle traduction. Même dans la collection des Belles Lettres (Budé), certaines traductions mériteraient un bon ravalement. J'y trouve régulièrement des contresens, et le style en est souvent vieillot. Il y a donc de quoi faire. Simplement, c'est un boulot de prof, ou d'enseignant-chercheur.

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Devenir traducteur de textes latins

On peut toutefois citer l'exemple de Pierre-Emmanuel Dauzat. Philosophe et essayiste, il est surtout un traducteur boulimique : plusieurs centaines de traductions à son actif. La plupart d'auteurs anglo-saxons (Kershaw, Diamond, Friedländer, Applebaum, Steiner...) mais pas seulement, voir une mini bio ici.

Il a récemment retraduit les lettres de l'empereur Julien, dans la collection Classiques de poche.

Mais dans l'absolu, c'est à ma connaissance le seul cas de traducteur de langues anciennes qui ne soit pas universitaire. Trouvant l'érudition du personnage impressionnante, je trouvais utile de le mentionner !

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Devenir traducteur de textes latins

C'est tout à fait anecdotique et je m'en excuse par avance, mais il y a un personnage de traductrice de latin dans le joli film Saltimbank (de Jean-Claude Biette, 2003). Si je me souviens bien, elle traduit des pièces de théâtre...

Fin de la parenthèse. Bien que le latin ne soit pas du tout dans mes cordes de traductrice (!), je confirme que je n'ai jamais rencontré de confrères/-soeurs latinistes dans la traduction littéraire (au sens large de traduction d'ouvrages publiés). Il est déjà quasi-impossible de vivre de la seule traduction littéraire quand on a des langues de travail "vivantes", ça me semble encore plus périlleux avec le latin.

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Devenir traducteur de textes latins

Jean-Luc Picard a écrit :

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Quant aux textes à traduire, il ne reste pas énormément d'inédits palpitants.

Pour les textes de l'antiquité, c'est vrai. Mais il y a encore beaucoup de textes forts intéressants du moyen âge et de la renaissance qui n'ont pas été traduits. Sinon je rejoins ce qui a été dit : il est impossible de gagner sa vie comme simple traducteur de latin. Il est vrai qu'il existe une radio finlandaise qui présente quotidiennement les nouvelles en latin, mais je ne pense pas que cela suffise à créer de grands débouchés.