1 (Modifié par Jehan 25/11/2019 à 22:44)

La Fontaine, Fables - Le mensonge peut-il être un moyen d'atteindre la vérité ?

Bonsoir,
Je suis élevé de 1ère
Mon sujet de dissert est :
Dans le dépositaire infidèle, la fontaine écrit «  le doux charme de  maint songe ...nous offre la vérité »
Pensez vous que « le mensonge » peut être un moyen d’atteindre la vérité ? Répondez à cette question en vous fondant sur les fables livre 7 à 11

Je trouve que ce sujet peut vite nous inciter à partir sur un registre plus philosophique sur la vérité
Bref, j’ai formulé la problématique : la fable est elle réellement un moyen d’atteindre la vérité ?
Avec un plan didactique
I/ la fable comme récit qui peut énoncer des vérités
- la fable qui permet d’exposer et rendre abordables des concepts philosophies ( la mort)
- l’auteur use de figures symboliques pour faire valoir la vérité ( le lion qui symbolise le roi)
- la fable rend le savoir accessible et propose de véritables expériences en pensee

II/ la fable est un récit imaginaire donc opposé à la vérité
- au niveau sémantiques les termes s’opposent
- Pascal définit l’imagination comme source d’erreurs...
Mais je n’ai pas d’exemples
- la Fontaine cherche à plaire, à divertir le lecteur avec des exemples de fables

III/
Je n’ai pas d’arguments,
Nous ne l’avons pas encore étudié en classe et je ne sais pas comment aborder cette partie

Si vous pouvez m’éclairer sur certains points et me confirmer que je ne suis pas hors sujet !!
En vous remerciant

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La Fontaine, Fables - Le mensonge peut-il être un moyen d'atteindre la vérité ?

Grâce aux filles de Mémoire,
             J'ai chanté des animaux ;
             Peut-être d’autres héros
             M'auraient acquis moins de gloire.
             Le loup, en langue des dieux,
             Parle au chien dans mes ouvrages.
             Les bêtes, à qui mieux mieux,
             Y font divers personnages,
             Les uns fous, les autres sages :
             De telle sorte pourtant
             Que les fous vont l'emportant :
             La mesure en est plus pleine.
             Je mets aussi sur la scène
             Des trompeurs, des scélérats,
             Des tyrans et des ingrats,
             Mainte prudente pécore,
             Force sots, force flatteurs ;
             Je pourrais y joindre encore
             Des légions de menteurs :
             « Tout homme ment », dit le Sage.
             S'il n'y mettait seulement
             Que les gens du bas étage,
             On pourrait aucunement
             Souffrir ce défaut aux hommes ;
             Mais que tous tant que nous sommes,
             Nous mentions, grand et petit,
             Si quelqu'un d'autre l'avait dit,
             Je soutiendrais le contraire.
             Et même qui mentirait
             Comme Esope et comme Homère,
             Un vrai menteur ne serait :
             Le doux charme de maint songe
             Par leur bel art inventé,
             Sous les habits du mensonge
             Nous offre la vérité.
             L'un et l'autre a fait un livre
             Que je tiens digne de vivre
             Sans fin, et plus, s'il se peut.
             Comme eux ne ment pas qui veut.
             Mais mentir comme sut faire
             Un certain dépositaire
             Payé par son propre mot,
             Est d'un méchant et d'un sot.
         Voici le fait. Un trafiquantde Perse,
         Chez son voisin, s'en allant en commerce,
         Mit en dépôt un centde fer un jour.
         «Mon fer ? dit-il, quand il fut de retour.
- Votre fer ? il n'est plus. J'ai regret de vous dire
             Qu'un rat l'a mangé tout entier.
J'en ai grondé mes gens ; mais qu'y faire ? un grenier
A toujours quelque trou.» Le trafiquant admire
Un tel prodige, et feint de le croire pourtant.
Au bout de quelques jours il détourne l'enfant
Du perfide voisin ; puis à souper convie
Le père qui s'excuse, et lui dit en pleurant:
             « Dispensez-moi, je vous supplie ;
             Tous plaisirs pour moi sont perdus.
             J'aimais un fils plus que ma vie ;
Je n'ai que lui ; que dis-je ? hélas ! je ne l'ai plus.
On me l'a dérobé : plaignez mon infortune.»
Le marchand repartit :« Hier au soir, sur la brune,
Un chat-huant s'en vint votre fils enlever.
Vers un vieux bâtiment je le lui vis porter.»
Le père dit : « Comment voulez-vous que je croie
Qu'un hibou  pût jamais emporter cette proie ?
Mon fils en un besoin eût pris le chat-huant.
- Je ne vous dirai point, reprit l'autre, comment ;
Mais enfin je l'ai vu, vu de mes yeux, vous dis-je,
             Et ne vois rien qui vous oblige
D'en douter un moment après ce que je dis.
             Faut-il que vous trouviez étrange
             Que les chats-huants d'un pays
Où le quintal de fer par un seul rat se mange,
Enlèvent un garçon pesant un demi-cent ?»
L'autre vit où tendait cette feinte aventure :
             Il rendit le fer au marchand,
             Qui lui rendit sa géniture.
Même dispute avint entre deux voyageurs,
             L'un d'eux étant de ces conteurs
Qui n'ont jamais rien vu qu'avec un microscope.
Tout est géant chez eux. Ecoutez les, l'Europe,
Comme l'Afrique, aura des monstres à foison.
Celui-ci se croyait l'hyperbole permise.
« J'ai vu, dit-il, un chou plus grand qu'une maison.
- Et moi, dit l'autre, un pot plus grand qu'une église. »
Le premier se moquant, l'autre reprit : « Tout doux ;
             On le fit pour cuire vos choux. »
L'homme au pot fut plaisant ; l'homme au fer fut habile.
Quand l'absurde est outré,  l'on lui fait trop d'honneur
De vouloir par raison combattre son erreur.
Enchérir est plus court, sans s'échauffer la bile.


Dans cette fable, une première anecdote, un mensonge grossier que l'interlocuteur fait mine de croire.  Dans la seconde anecdote, loin d'essayer de contrer le mensonge par le raisonnement, c'est un autre mensonge plus gros encore qui est proposé. Et finalement cette méthode s'avère plus convaincante et on arrive à la sagesse de chacun.

La difficulté de ce sujet est que la question porte non seulement sur la fable dont est tirée la citation mais sur un ensemble de fables des livres 7 à 11. Cela suppose donc une analyser pour commencer.

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La Fontaine, Fables - Le mensonge peut-il être un moyen d'atteindre la vérité ?

Bonjour,

La difficulté du sujet réside dans l'ambiguïté du terme mensonge.
En effet la fiction n'est pas la réalité.  Elle est invention. Cette invention est-elle vraisemblable ?
Je verrais bien une problématique comme " dans quelle mesure la fiction du fabuliste peut-elle atteindre la vérité humaine ?"
Je définirais d'abord ce qu'est le mensonge, son but avec le placere, docere.
Ensuite les codes à respecter
Enfin l'importance de la morale explicite ou implicite.

La Fontaine, Fables - Le mensonge peut-il être un moyen d'atteindre la vérité ?

bonjour,

merci pour vos réponses.
votre problématique rejoint la mienne, mais votre orientation "dans quelle mesure..." fait opter pour un plan plus analytique.
Est ce qu'envisager un plan didactique est une erreur ?
en vous remerciant