Vous vous interrogerez sur la transmission des contes

Bonjour,

J’ai une analyse de français à faire sur 4 textes, je ne trouve pas de plan... le sujet est « vous vous interrogerez sur la transmission des contes » et les texte sont « le conteur » de Benjamin, « plaidoyer pour une initiation au conte à l’école » de Campiche, « Solibo Magnifique » de Chamoiseau et le dénouement des mille et une nuits... je pense que je ne comprends pas le sens des textes d’où mon blocage sur le plan.., des conseils à me donner ?
Merci d’avance

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Vous vous interrogerez sur la transmission des contes

Bonjour, je ne peux pas répondre sur les textes mentionnés, mais en ce qui concerne la "transmission des contes", voici peut-être quelques pistes de réflexion (à utiliser ou non, en fonction de ce qui est attendu) :

- on distingue généralement "transmission orale" et "transmission écrite" (ou littéraire). Il a souvent été dit que les "véritables" contes populaires se transmettaient par transmission orale (le conteur ou la grand-mère au coin du feu, etc.)

- mais à mieux y regarder, on s'aperçoit que souvent des contes réputés comme "populaires", de tradition orale, s'appuient sur des versions qui ont été rédigées à une époque plus ou moins ancienne (voir Straparola ou Basile en Italie par exemple). Ces versions écrites circulaient, même à échelle modeste, entre divers pays.

- de nos jours, il n'existe presque plus de "conteurs" (certains en font toutefois leur métier). Mais il existe beaucoup de gens qui écrivent des contes, pour des lectorats variés (enfants, adultes...). Penser aussi aux illustrateurs de livres de contes, qui exercent parfois une forte influence sur l'imaginaire collectif (Gustave Doré...)

- on s'est souvent demandé pourquoi des thèmes de contes bien reconnaissables se retrouvaient dans les traditions de pays très éloignés l'un de l'autre : par exemple beaucoup de contes russes sont étonnamment proches de contes bretons. Je n'ai pas trouvé de réponse vraiment satisfaisante à cette question jusqu'ici. Il est vrai que beaucoup de contes dérivent de mythes de l'Antiquité (gréco-latine, mais aussi la Bible, ou la tradition babylonienne - Gilgamesh, etc.) On note toutefois un net clivage entre les contes plus ou moins "indo-européens" et les autres contes (africains, des Indiens d'Amérique etc.)

- dans le cas d'un conteur (oral) comme d'un écrivain (Perrault...), l'intervention de ce "transmetteur" n'est jamais neutre. Chaque conteur a son style, son imaginaire, il transforme le conte à sa manière, même quand il cherche à lui être fidèle. Dans le cas des contes des frères Grimm (allemands), la version publiée constitue souvent une reconstitution ou un assemblage de diverses versions, retravaillée pour correspondre à leur philosophie du conte.

- autrefois, les conteurs, souvent illettrés, avaient souvent une mémoire fantastique, qui leur permettaient de raconter (sans notes) des histoires très longues (contes, mais aussi épopées, chansons etc.) Des collecteurs de contes se sont efforcés, dans de nombreux pays, de noter ces textes par écrit avant qu'il ne soit trop tard. Ces textes comportent souvent des "trucs" mnémotechniques (rimes, formulettes, passages psalmodiés, etc.) qui peuvent aider à les retenir.

- outre les conteurs/-euses reconnu(e)s, il existait beaucoup de conteurs amateurs, qui faisaient circuler les contes eux aussi : par exemple les soldats ou les marins. Aussi étonnant que cela puisse paraître aujourd'hui, on disait des contes dans les chambrées et sur les navires... Bien sûr, le talent (et la mémoire) du conteur étaient variables.

- aujourd'hui, les contes traditionnels (arrangés, bien sûr) font toujours l'objet de séries télévisées ou servent de base à des jeux vidéo par exemple. Les grands thèmes ressurgissent ainsi régulièrement, sous une forme ou une autre, ils sont enracinés dans la mémoire collective. Tolkien, qui a construit tout un monde imaginaire appelé à un succès universel, a réutilisé lui aussi des éléments de contes.

- les contes purement littéraires (inventés par des écrivains) sont en général moins universels, mais certains d'entre eux semblent avoir tendance à entrer eux aussi dans la mémoire collective (Andersen par exemple).

- (il faudrait aussi distinguer entre types de contes : merveilleux, effrayants, épiques, satiriques, farces, fables, etc. mais ceci outrepasse probablement le sujet).

Bon, il y aurait encore beaucoup de choses à dire, mais peut-être que vous pouvez déjà piocher quelques idées là-dedans...