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Recherche de textes littéraires sur le langage

Bonjour à tous,
Je recherche des textes LITTERAIRES sur le langage, son lien avec la pensée, l'expression...
En dehors de Boileau et Orwell je n'ai pas grand choses pour le moment
De mémoire il existe un texte (je me demande si ce n'est pas dans Robinson Crusoé) où le personnage appelle les choses par un autre nom. ça vous dit quelque chose ?
Merci pour vos idées 

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Recherche de textes littéraires sur le langage

Boris Vian. Raymond Queneau. Georges Perec ...

Recherche de textes littéraires sur le langage

Jean Tardieu...

Notamment "Un mot pour un autre", "Le Professeur Frœppel".

4 (Modifié par Titania91 15/08/2019 à 13:30)

Recherche de textes littéraires sur le langage

floreale a écrit :

Boris Vian. Raymond Queneau. Georges Perec ...

Aurais-tu des textes précis à me suggérer ?

Il me faudrait surtout des textes littéraire qui explicitent leur réflexion sur le langage en tant qu'expression d'une pensée 

Recherche de textes littéraires sur le langage

Dans la correspondance de Flaubert ?

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Recherche de textes littéraires sur le langage

Bonjour,

Dans Sous le Soleil de Satan de Bernanos :

D’un côté, « L’illustre vieillard exerce, depuis un demi-siècle, la magistrature de l’ironie. Son génie, qui se flatte de ne respecter rien, est de tous le plus docile et le plus familier. S’il feint la pudeur ou la colère, raille ou menace, c’est pour mieux plaire à ses maîtres, et, comme une esclave obéissante, tour à tour mordre ou caresser. Dans la bouche artificieuse, les mots les plus sûrs sont pipés, la vérité même est servile. […] Aussi bien qu’une fille instruite et polie par l’âpre expérience du vice, il sait que la manière de donner vaut mieux que ce qu’on donne, et, dans sa rage à se contredire et à se renier, il arrive à prêter chaque fois au lecteur un homme tout neuf. » Saint-Marin est à l’image de la grande Prostituée de l’Apocalypse. C’est un zélateur de Satan en direction des intellectuels car le démon est « le suborneur subtil, avec sa langue dorée… Sur ses lèvres, les mots familiers prennent le sens qu’il lui plaît, et les plus beaux nous égarent mieux. » De l’autre, il y a l’âpre langage du rustre, la simplicité bredouillante du timide innocent et la forte vérité de l’enfant : « Nulle éloquence, et même aucune de ces naïvetés savoureuses dont les blasés s’émerveilleront plus tard, et presque toutes, d’ailleurs, d’authenticité suspecte. La parole du futur curé de Lumbres est difficile ; parfois même elle choppe sur chaque mot, bégaye. C’est qu’il ignore le jeu commode du synonyme et de l’à-peu-près, les détours d’une pensée qui suit le rythme verbal et se modèle sur lui comme une cire. Il a souffert longtemps de l’impuissance à exprimer ce qu’il sent, de cette gaucherie qui faisait rire. […] Il entre dans son sujet d’emblée, à la grâce de Dieu. Il dit ce qu’il a à dire, et les plus grossiers l’écouteront bientôt sans se défendre, ne se refuseront pas. C’est qu’il est impossible de se croire une minute la dupe d’un tel homme : où il vous mène on sent qu’il monte avec vous. La dure vérité, qui tout à coup d’un mot longtemps cherché court vous atteindre en pleine poitrine, l’a blessé avant vous. On sent bien qu’il l’a comme arrachée de son cœur. Hé non ! il n’y a rien ici pour les professeurs, aucune rareté. »
Lire la suite sur : https://www.etudes-litteraires.com/sous … -satan.php

Notre Dame de Paris, les réflexions sur l'argot

Mallarmé https://www.etudes-litteraires.com/mallarme-poesie.php

Animus et anima Claudel https://carnets-philae.typepad.fr/les_c … anima.html

Alain http://alinalia.free.fr/spip.php?article100

Valéry https://www.persee.fr/doc/colan_0336-15 … _18_1_4002

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Recherche de textes littéraires sur le langage

Merci beaucoup !
J'avais pensé à Bernanos en effet mais j'ai un peu peur de perdre les élèves

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Recherche de textes littéraires sur le langage

"Anton Voyl n'arrivait pas à dormir. Il alluma. Son Jaz marquait minuit vingt. Il poussa un profond soupir, s'assit dans son lit, s'appuyant sur son polochon. Il prit un roman, il l'ouvrit, il lut; mais il n'y saisissait qu'un imbroglio confus, il butait à tout instant sur un mot dont il ignorait la signification.
Il abandonna son roman sur son lit. Il alla à son lavabo; il mouilla un gant qu'il passa sur son front, sur son cou.
Son pouls battait trop fort. Il avait chaud. Il ouvrit son vasistas, scruta la nuit. Il faisait doux. Un bruit indistinct montait du faubourg. Un carillon, plus lourd qu'un glas, plus sourd qu'un tocsin, plus profond qu'un bourdon, non loin, sonna trois coups. Du canal Saint-Martin, un clapotis plaintif signalait un chaland qui passait.
Sur l'abattant du vasistas, un animal au thorax indigo, à l'aiguillon safran, ni un cafard, ni un charançon, mais plutôt un artison, s'avançait, traînant un brin d'alfa. Il s'approcha, voulant l'aplatir d'un coup vif, mais l'animal prit son vol, disparaissant dans la nuit avant qu'il ait pu l'assaillir."

Georges Perec La disparition