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À nouveau et de nouveau

De nouveau s'emploie dans le cas d'une seconde fois.
A nouveau, dans le cas d'une nouvelle fois (seconde) mais laisse entendre une manière différente ou sur une base différente.

Dans le cas précis:

"Je lève à nouveau mon nez du livre"

ou "Je lève de nouveau mon nez du livre" ?

J'ai préféré "à nouveau", il y a un "du" qui suit dans la phrase. Il s'agit d'une seconde fois d'une même manière, ce devrait être "de nouveau" Nous aurons alors "de nouveau... du..." pour un "de" "du" qui se suivent. "A nouveau" n'est-il pas mieux choisi dans ce cas exceptionnel ?

Merci

À nouveau et de nouveau

Une fois de plus, je lève mon nez du livre 

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À nouveau et de nouveau

Eh oui, Léah, ce serait une solution pour contourner la difficulté ! 
Mais pas possible ! Avant, il y a déjà le mot "une fois de plus". Répétition pas possible !  Voilà la raison de ma torture !

À nouveau et de nouveau

Bonsoir !

L'Académie fait une distinction entre :
- de nouveau : une fois de plus,
- à nouveau : de façon complètement différente.

Grevisse (n°967) fait observer que l'usage n'a pas suivi cette distinction "artificielle".
* Agréez à nouveau l'assurance de mes sentiments... (Lamartine)
* Il pleuvait à nouveau. (Aragon)
Il cite aussi Hugo, Baudelaire, Littré, France, Barrès, Colette, etc.)

Hanse confirme que les deux locutions sont interchangeables dans le sens de "une fois de plus". A nouveau peut cependant être employé dans le sens de "de façon complètement différente" ; c'est le contexte qui lui donnera ce sens.
* Ce travail est manqué, il faut le refaire à nouveau.
[Evidemment, puisque "une fois de plus" est déjà dans REfaire.]

Le Robert des difficultés reprend la distinction de l'Académie ; mais il admet que les meilleurs auteurs ne la font plus : à nouveau = répétition pure et simple. Il termine en disant que les médias ne connaissent plus guère "de nouveau". Ceci m'étonne.

À nouveau et de nouveau

Les médias ne connaissent plsu grand-chose cher Edy ! enfin, votre télé ou radio belges sont peut-être “mieux causantes” que les nôtres 

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À nouveau et de nouveau

Bonsoir Edy,

Ce qui signifie dans le cas:
"Je lève à nouveau mon nez du livre" que je lève d'une façon différente mon nez du livre. Pas faux si l'on change la manière de lever son nez du livre, plus soudaine ou avec un sourcillement. Plutôt que de lever de nouveau mon nez du livre, je le lèverai donc  à nouveau mon nez du livre, usage qui scande moins avec "de" et "du" et qui exprimera une façon sous-entendue différente de le faire. Non ?

Le Robert des difficultés reprend la distinction de l'Académie ; mais il admet que les meilleurs auteurs ne la font plus : à nouveau = répétition pure et simple. Il termine en disant que les médias ne connaissent plus guère "de nouveau". Ceci m'étonne.

C'est dommage que l'on ne fasse plus la différence, pourtant si importante en indications. L'emploi que je fais est exceptionnellement en "à nouveau" pour éviter le "d..." deux fois si près. On peut imaginer que ce soit une façon différente, cette fois-ci, de lever son nez.

À nouveau et de nouveau

Chère Francyne
je ne sais à qui vous destinez ces phrases si pointilleusement travaillées et retravaillées, mais je doute fort que beaucoup de destinataires en saisissent les subtilités !

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À nouveau et de nouveau

Certains n'y verront rien, mais d'autres le verront. Je ne voudrais pas employer ici cette expression très verte... et pourtant je vais m'employer à la citer autrement... Parfois un travail profondément articulé est un miel ou un beurre de qualité. Ceux qui consommeront ce miel ou ce beurre, n'apprécieront pas forcément la qualité, faute de savoir les différences entre moindre qualité et meilleure qualité... Mais s'ils savaient le voir, ils aimeraient ces subtilités. Ne tienne qu'à moi de donner le plus d'indices possibles lors de la conception pour jalonner de lumières pour éclairer les lanternes.
Il y aura des personnes qui aimeront la préparation d'un met de choix (par le travail dont elles se rendront compte), il faut donc s''employer à faire de son mieux. Donner le meilleur de soi, c'est un souci de respect, de qualité. Ce serait fort dommage de piétiner la qualité déjà conçue en matière de langue française ! Mais il est difficile de marcher bien, sans jamais piétiner la langue française. Faire de son mieux... On se doit, de toute façon, de donner un bon met à ceux qui viendront le consommer à notre table, qu'ils sachent ou non apprécier les articulations du gigot ! On se doit de s'exprimer dans un français correct. Si l'on s'explique mal, il faut que ce soit par choix mais non par incorrection. Passe encore si c'est par ignorance.  L'ignorance est mal vue et mal venue, dans certains cas. Nécessité de combler ses lacunes, vérifier de transmettre le minimum d'erreurs à celui qui apprend, afficher le minimum de fautes sous les yeux de celui qui maîtrise la connaissance de la langue française.

Lorsque l'on sort d'un restaurant ayant fait un fort bon repas, même n'ayant pas su apprécier auparavant les subtilités goûteuses, on s'en souviendra. Les saveurs voulaient réveiller le palais. Le cuisinier doit savoir y faire et ne vais pas rendre son tablier au moment de servir !

Il faut se dire qu'un bon plat de  saveurs subtiles sent toujours bon. On ne l'oublie pas comme on le pourrait d'un plat sans petites touches qui ne cherche pas à réveiller le palais, car sans petites touches. L'astuce, c'est que ce travail doit avoir l'air de rien mine de rien, la simplicité pour celui qui lit, et le judicieux pour celui qui compose avec des jalons sur le travail et une petite idée derrière la tête de mener le tout à point.

Moi ? J'en apprends tous les jours, et c'est donc tous les jours que je vais à l'école. C'est formidable !  "Il faut cultiver son jardin"...

À nouveau et de nouveau

Bonsoir, Léah et Francyne !

J'écoute les radios et télévisions aussi bien de France que de Belgique.
(Outre du Canada et de Suisse via TV5 Monde.)

Je suis étonné que le Robert dise que "de nouveau" n'Y est plus guère employé. En effet, j'aurais sursauté en entendant "à nouveau", étant donné que moi-même je n'utilise que "de nouveau".

Au cours de ma carrière, je n'ai entendu "à nouveau" que dans la bouche des comptables et des financiers : "report à nouveau". (Il s'agit, vous le savez, du bénéfice ou de la perte que l'assemblée décide de reporter à l'exercice suivant.)

Quand il faut refaire quelque chose complètement, je dis, par exemple, recommencer à zéro, sans recourir à la locution "à nouveau", qui semble avoir perdu le sens indiqué par l'Académie, même chez d'excellents auteurs.

Je concède qu'il y a là une regrettable perte de sens. Mais, l'usage étant ce qu'il est, il me paraît vain de recourir au sens académique de "à nouveau", qui ne sera vraisemblablement pas compris.

On va perdre aussi des nuances ailleurs, puisque laissé + infinitif peut (tolérance) être invariable dans toutes les situations. J'en ai parlé ailleurs.

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À nouveau et de nouveau

Cher Edy,

On ne va pas changer "une façon de parler" chez quelqu'un ayant pratiqué l'usage du "de nouveau" et du "à nouveau" depuis ses premiers pas dans l'écriture. Je veux dire que j'ai toujours fait la différence à l'emploi, l'ayant apprise à l'école, me l'étant fait confirmer ensuite. Dommage pour ceux qui ne verront pas la différence, parce que néanmoins cette différence existe, et en bonne pratiquante du "à nouveau" et du "de nouveau", je continuerai avec chacun comme d'habitude.  Histoire peut-être d'attachement et de rattachement à la vieille école de mes souvenirs. 

Quant à "à zéro", c'est encore autre chose : tout effacer et tout recommencer ! "A nouveau" = d'une autre façon... dont on a pas forcément effacé ce qui précédait.