Théâtre : l'évolution de la représentation du destin

Bonjour,

J'aurais vraiment besoin de votre aide, s'il vous plaît.
Dans mon descriptif (pour l'oral du bac de français), je suis censée parler de l'évolution de la représentation du destin dans le théâtre, du 17ème au 20ème siècle ; or, nous n'en avons absolument pas parler.

Je sais que le destin, la fatalité est propre au théâtre tragique ; ainsi on trouvera cette fatalité chez Racine (avec Phèdre, par exemple). Néanmoins, le personnage principal peut être maître de son destin (comme c'est le cas dans le Cid).
C'est tout ce que j'ai pour le 17 ème siècle  ; de plus, je suis censée aborder ce sujet à l'aide d'auteurs (pas forcément tous) bien définis : Molière, Corneille, Racine, Beaumarchais, Musset, Jarry et Beckett. J'imagine que je peux me servir d'autres auteurs, mais je ne vois absolument pas comment a évolué cette représentation du destin.

Merci d'avance !

2 (Modifié par floreale 11/06/2019 à 15:57)

Théâtre : l'évolution de la représentation du destin

Théâtre : l'évolution de la représentation du destin

C'est un sujet énorme.
Quelles pièces as-tu étudiées ?

Des pistes :
- L'influence des dieux, la malédiction
- Des personnages qui incarnent le destin (Le vieux domestique dans Le Malentendu de Camus, La statue du Commandeur dans Don Juan)
- Des objets (Le poison, le poignard ...)
- Des énigmes :

Beckett affirmait en vieux renard qu’il n’avait pas la moindre idée de qui était Godot, nom qui revient cinquante fois dans la pièce. Cependant, comme pour Dieu, il n’y a pas de preuve matérielle de son existence. Il n’a de sens que dans son absence, que si les protagonistes croient en lui, restant le bâton de vieillesse d’une détresse pitoyable. Seul Godot les fait exister sur terre et sur une scène où le dénouement théâtral ne tient plus aucune promesse : Godot n'est pas venu, aucune résolution n'a établi un ordre, une justice, une métaphysique qui n'existent pas.

http://www.thierry-guinhut-litteratures … 35177.html

Du fatum antique, implacable et cruel, aux scènes modernes qui font intervenir parfois une douteuse
fatalité, du hasard et de la contingence – à qui dame Fortune et Occasion (la bien nommée) faisaient jouer un rôle parfois exorbitant – à la divine Providence, aux desseins insondables mais aux plans toujours mûrement prémédités, du destin subi par l’homme à la destinée qu’il paraît quelquefois en mesure de se forger, le théâtre a su, au fil du temps, prendre en compte, avec toujours la même gravité (parfois, cependant, en jouant sur le registre du dérisoire) et la même obstination, l’affrontement de l’homme au sort qui est le sien sur terre et ce théâtre a tenté – de mille manières et avec des réussites inégales – de mettre en scène ce qui définit le mieux sa condition : son dur « métier de vivre », comme eût dit Cesare Pavese.
Les études du présent recueil ont tenté, dans les divers domaines qu’elles ont explorés, d’aborder les
relations entre Fortune et Providence, entre destin imposé et subi, d’une part, et destin accompli dans l’exercice de la plus grande liberté, d’autre part. Nous avons vu que, dans la commedia italienne du cinquecento (chez Grazzini dit Lasca notamment) comme dans le théâtre anglais de la Renaissance (Shakespeare en étant ici, avec Richard II, Hamlet et Macbeth, l’illustre représentant), dans la comedia du siècle d’or espagnol (chez Lope de Vega) comme dans le Faust de Marlowe ou de Goethe, dans ce théâtre allemand, précisément, du temps de l’Aufklärung, comme sur les scènes lyriques européennes des siècles passés (avec Monteverdi, Mozart, Verdi, Wagner et tant d’autres), chez des auteurs aussi différents que Rilke ou Claudel, Marivaux ou De Filippo, chez de jeunes dramaturges comme Jacqueline Leloup ou Gracia Morales, sont toujours présentes les notions de hasard et de Fortune, de destin et de Providence – sans cesse reprises et renouvelées, « réactualisées », thèmes éternels sur lesquels l’homme n’en a pas fini de méditer, les évoquant dans le théâtre au kibbutz, s’aventurant sur la planète « Moralia » pour mieux observer le grand théâtre du monde ou s’interrogeant sur le paradoxe que peut constituer, en définitive, cette étrange relation, cette surprenante « coexistence du hasard et de la nécessité » au coeur de laquelle est plongée la condition humaine.

http://www.theatresdumonde.com/numero15.pdf